A deux reprises, une blessure à la cheville a écarté Benito Raman des terrains cette saison mais l'ailier gauche n'en a pas moins disputé onze matches. Durant ses premiers mois à Schalke 04, qui l'a transféré du Fortuna Düsseldorf pour 6,5 millions d'euros, il a été l'auteur de quatre buts et d'autant d'assists. Samedi, il se rend avec Schalke 04 au Borussia Dortmund, pour le derby.
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A deux reprises, une blessure à la cheville a écarté Benito Raman des terrains cette saison mais l'ailier gauche n'en a pas moins disputé onze matches. Durant ses premiers mois à Schalke 04, qui l'a transféré du Fortuna Düsseldorf pour 6,5 millions d'euros, il a été l'auteur de quatre buts et d'autant d'assists. Samedi, il se rend avec Schalke 04 au Borussia Dortmund, pour le derby. Tu es réputé avoir un caractère très sensible. Qu'en penses-tu ? BENITO RAMAN : On peut le dire mais j'ai changé, depuis lors. C'était bien pire avant. J'accordais énormément d'importance à l'opinion des autres. J'étais très touché quand quelqu'un disait du mal de moi. Sur internet, par exemple, chacun jouit de la liberté d'expression, même quand ça ne se passe pas très intelligemment. A une certaine époque, j'ai réagi. C'est terminé. Je me suis en grande partie éloigné des réseaux sociaux et ce genre de choses ne me touche plus. Friedhelm Funkel, ton entraîneur au Fortuna Düsseldorf, a déclaré, après ton départ, que tu avais besoin d'un nid douillet et d'être pris dans les bras. Il a également dit publiquement que tu te rendais plusieurs fois par semaine chez le coach mental Axel Zehle. N'est-ce pas déplacé ? RAMAN : Indépendamment du fait que selon moi, on n'a pas à divulguer ce genre de choses, j'ai surtout été surpris par ses déclarations. Je conserve des liens étroits et même amicaux avec Axel. Si un club engage un professionnel comme lui, c'est pour que les joueurs aient quelqu'un à qui parler. Axel et moi avons abordé tous les sujets possibles et imaginables : les questions du quotidien mais aussi l'adversaire et les supporters. Je fais la même chose à Schalke 04 avec Massimo Mariotti. J'aime échanger des idées avec lui. La critique te touche-t-elle moins qu'avant ? RAMAN : Ce que les gens pensent de moi ne me laisse toujours pas froid mais je gère ça autrement. Au lieu de m'en offusquer, je passe en mode " je vais vous montrer ce dont je suis capable ". Je veux prouver que ceux qui me critiques ont tort. J'en ressens fortement le besoin. Un moment spécifique symbolise-t-il ce changement ? RAMAN : Oui ! Mon tout premier but en Bundesliga pour le Fortuna Düsseldorf m'a fait pleurer. Peu de gens me croyaient capable de réussir. L'année passée, un journaliste belge a déclaré que j'avais atteint mes limites avec le Fortuna Düsseldorf et que je n'irais jamais plus loin. Ça m'a rongé. Ensuite, j'ai inscrit dix buts en une saison en Bundesliga et me voilà maintenant à Schalke 04. Des experts comme Christoph Daum disent maintenant que Schalke n'est pas mon dernier arrêt, que je peux viser plus haut. Ça me motive. Quelle serait l'étape suivante ? RAMAN : Théoriquement, la Premier League. Mais ne me comprenez pas mal : c'est un sujet d'avenir. J'ai répondu objectivement à la question, soit ce qui pourrait être mon étape suivante après Schalke 04. Mais je compte porter le maillot de ce club pendant des années encore et progresser avec lui. A quoi penses-tu, concrètement ? RAMAN : Je peux le dire : le titre. J'ai été champion de Belgique avec La Gantoise, champion de deuxième Bundesliga avec le Fortuna Düsseldorf et j'aimerais fêter un autre titre avec Schalke 04. Quelques semaines après ton arrivée, tu parlais déjà ouvertement d'Europe. Tu as été plus prolixe que tes coéquipiers. As-tu été l'objet de remontrances en interne ? RAMAN : Je peux comprendre que la plupart des membres du club soient modestes à ce propos mais je n'ai pas vécu la saison passée. Je n'étais pas à bord du navire quand il a été en proie à la tempête. Mon sentiment personnel, dès le premier jour, a été le suivant : je veux jouer en coupe d'Europe avec ce club et j'ose l'affirmer. Le déroulement du premier tour a confirmé mon impression. Tu as marqué quatre fois d'affilée, contre le Werder Brême, l'Union Berlin, le Bayer Leverkusen et l'Eintracht Francfort. Aucun Belge n'y était encore parvenu. Donc ni Kevin De Bruyne, Thorgan Hazard, Roger Van Gool, Marc Wilmots ni Émile Mpenza. RAMAN : J'ai toujours su que je marquerais plusieurs buts d'affilée dès que je me sentirais bien. Je veux encore marquer de huit à dix buts pour Schalke 04 cette saison mais mon principal objectif est de rester fit durant tout le second tour. Tu es un véritable ailier, qui s'épanouit surtout en contre. C'est à ce titre que Schalke 04 t'a transféré mais tu as également joué en pointe. RAMAN : J'y ai déjà évolué avant, en jeunes et aussi un peu au Fortuna Düsseldorf. C'est ma place préférée dans notre système, en losange. Je ne suis pas un huit. Des footballeurs comme Suat Serdar et Daniel Caligiuri sont meilleurs dans ce rôle. Au centre de l'attaque, je peux foncer droit sur un adversaire. A Leverkusen, je n'ai piqué que 29 sprints et je n'étais pas satisfait, malgré mon but. Je ne suis content que quand je peux peser sur la défense adverse et la contraindre à procéder par longs ballons. Ahmed Kutucu te talonne, Guido Burgstaller veut prouver qu'il a toujours le sens du but et le club a engagé Michael Gregoritsch. N'as-tu pas peur de perdre ta place en pointe ? RAMAN : Non. Si l'entraîneur préfère que je joue sur le flanc, je m'exécuterai. Tu mesures 1m72, soit près de vingt centimètres de moins que Gregoritsch. Etes-vous complémentaires ? RAMAN : Je pense que oui. Nous sommes différents. Michael Gregoritsch est grand et fort de la tête alors que je suis plutôt un dribbleur. Cette combinaison peut être difficile à gérer pour nos adversaires. Tu as effectué tes débuts en équipe nationale en septembre dernier. Quelles sont tes chances de sélection ? RAMAN : L'EURO est un objectif. Si je parviens à marquer encore huit à dix buts pour Schalke 04, j'entrerai peut-être en ligne de compte. Sinon, je partirai en vacances et j'essaierai d'être du Mondial 2022 au Qatar. Si ça fait rire certaines personnes, je le répète : je leur prouverai ce dont je suis capable. Ce ne serait pas la première fois.