Depuis qu'il a réalisé le triplé en 2013 sous la direction de Jupp Heynckes, le Bayern a fait appel à des entraîneurs de styles très différents. Il y a eu, d'abord, le fanatique et exigeant Pep Guardiola, puis la figure paternaliste Carlo Ancelotti, Jupp Heynckes à nouveau et, enfin, Niko Kovac.
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Depuis qu'il a réalisé le triplé en 2013 sous la direction de Jupp Heynckes, le Bayern a fait appel à des entraîneurs de styles très différents. Il y a eu, d'abord, le fanatique et exigeant Pep Guardiola, puis la figure paternaliste Carlo Ancelotti, Jupp Heynckes à nouveau et, enfin, Niko Kovac. Le Germano-Croate est ambitieux mais n'a pas encore fait ses preuves au niveau international. L'homme, âgé de 46 ans, ne pense pas que c'est un handicap. Il connaît la maison, lui qui a joué pour le Bayern de 2001 à 2003. De retour, comme coach cette fois, il a convaincu durant ses premières semaines. Il dispense des séances aussi dures et intenses que Felix Magath, dont la réputation en la matière n'est plus à faire. Quant à son discours, il est clair et structuré. Kovac est un bon communicateur, ce qui est indispensable avec une pareille palette de vedettes et des conflits latents : Robert Lewandowski qui doit rester, Arjen Robben et Franck Ribéry qui devraient moins jouer et un entrejeu où la concurrence fait rage. Niko Kovac sait ce qu'il veut : le succès. Il est un fin tacticien, comme il l'a démontré en finale de la coupe d'Allemagne, en déréglant le jeu du Bayern avec l'Eintracht Francfort. Il a fait ses adieux à la capitale financière avec classe, sur une victoire 3-1, remportant son premier titre au poste d'entraîneur de club. D'autres doivent logiquement suivre au Bayern. Kovac ne manque pas d'assurance. Début 2016, quand il a prolongé son contrat à Francfort, il a fait insérer une clause, au cas où le Bayern s'intéresserait à lui. Avait-il perçu un signal ? NIKO KOVAC : Tout être humain a des rêves et des projets. J'ai été footballeur professionnel pendant 18 ans. Quand je jouais pour Hambourg, j'avais reçu une offre du Bayern. Les clauses permettent d'orienter plus facilement une carrière. Et j'étais convaincu que la mienne pouvait suivre la bonne voie. On dit que le Bayern a versé 2,2 millions d'indemnités à Francfort pour s'assurer vos services. Ce n'est rien du tout, comparé aux transferts des joueurs. Trouvez-vous ça juste ? KOVAC : On devrait instituer des indemnités plus élevées pour les entraîneurs. Ça leur permettrait d'avoir plus de chances de survie. On ne veut pas perdre trop vite quelqu'un qui a coûté cher. C'est monnaie courante pour les joueurs, pourquoi pas pour nous ? Dans les entreprises, ce sont les personnes ayant des responsabilités qui sont les mieux payées. KOVAC : Mais en football, les joueurs sont plus importants que l'entraîneur. Ce sont eux qui doivent prester sur le terrain. L'entraîneur est une partie de l'équipe. Vous avez déclaré que le Bayern ne devait pas beaucoup investir dans l'intensité car un bon jeu de position pouvait tout arranger. Tendez-vous vers un nouveau style de jeu ? KOVAC : Le Bayern possède beaucoup de qualités qu'il faut développer. Nous devons continuer à travailler pour essayer d'améliorer tous les aspects. Les joueurs partagent mon avis. Je suis impressionné par la manière dont on réfléchit et travaille, par la mentalité des joueurs, l'intensité générale. Tous veulent progresser jour après jour. Ils me l'ont clairement dit dans les entretiens que j'ai menés. La préparation a été très dure mais personne ne s'est plaint, au contraire : ils ont tous trouvé ça bien. Ils ne jouent pas au Bayern grâce à leur seul talent naturel mais aussi grâce à leur volonté de travailler. Il paraît que vous préparez chaque match avec le même souci du détail que Pep Guardiola. KOVAC : Comme tous les entraîneurs de Bundesliga, je crois. Le football est un sport fascinant aux multiples facettes. Il m'occupe tous les jours. C'est comme ça que je me suis bonifié à Francfort et il en ira de même à Munich. J'aime apprendre et progresser. Si j'y parviens, je pourrai aussi aider ceux qui m'entourent à progresser. Et vice-versa. Avez-vous toujours été empreint de cette envie d'apprendre ? KOVAC : Je me suis essayé à de nombreuses disciplines sportives et que je le dise moi-même, j'étais bon en tout mais pas autant qu'en football. Nous n'avions que le sport, dans le temps, mes copains et moi. Nous avons joué au football mais aussi au tennis, au volley et au handball. Nous faisions du sport dès que nous quittions l'école. Je voulais progresser dans tout ce que je faisais. J'aurai toujours cet état d'esprit. Quel sceau voulez-vous imprimer au Bayern ? KOVAC : Une équipe doit pouvoir varier son jeu. Ça dépend aussi de l'adversaire. Le Bayern est très dominant. Il opère une transition rapide, en perte de balle comme quand il la récupère. Je l'ai déjà remarqué pendant la préparation. J'ai décelé énormément d'éléments qui me plaisent mais il faut tout maîtriser. Le football ne se résume pas à l'attaque. Il faut aussi défendre. Misez-vous sur des leaders ou préférez-vous la notion de groupe ? KOVAC : Chaque équipe a besoin de quelques fortes personnalités, des joueurs qui sont le relais de l'entraîneur et qui contrôlent le vestiaire. L'entraîneur ne peut pas s'occuper de tout, le métier est devenu trop complexe. Mais chaque joueur est important et on ne peut obtenir le succès qu'en opérant collectivement. Avez-vous déjà eu des contacts avec votre prédécesseur, Jupp Heynckes ? KOVAC : Non, je n'en ai pas encore eu le temps mais j'ai l'intention de bavarder bientôt avec lui et d'écouter ses expériences. Je m'intéresse à tout. En savoir beaucoup ne donne pas mal à la tête. Vous avez signé un contrat de trois ans, ce qui est très long actuellement. KOVAC : Parce que la pression de l'extérieur est plus forte, ce qui engendre de l'impatience. Et des changements. Je suis d'un naturel positif. Un optimiste mais aussi un réaliste. En football, seul le succès compte.