L'éducation, on en parlait la semaine dernière. Elle peut sauver le monde. Teintée de tradition, elle peut l'embellir. Tout de suite, maintenant.
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L'éducation, on en parlait la semaine dernière. Elle peut sauver le monde. Teintée de tradition, elle peut l'embellir. Tout de suite, maintenant. La tradition a du bon, comme le cochon, même s'il faut pas trop en abuser. Deux exemples venus d'Angleterre et d'Espagne sont très éloquents sur le lien qui unit parfois des êtres tellement loin les uns des autres. Tellement différents par leurs vie mais qui se ressemblent et se rassemblent par une vision commune du football. Robin van Persie quitte Arsenal. Comme Cesc Fabregas et Samir Nasri un an plus tôt. Comme beaucoup d'autres depuis très longtemps. Pas comme des voleurs. Mais pour les fans Gunners, c'étaient des bijoux de plus qui partaient chercher l'éclat ailleurs. Comme un hold-up en costard cravate. Et que voit-on avant le match d'ouverture contre Sunderland ? Des sourires. Des commentaires : " Il en avait envie. C'est bien qu'on le laisse partir. " , " Je suis dévastée mais je lui souhaite bonne chance. ", " Ça sert à rien de retenir un joueur. " Pas de haine, pas de ranc£ur. On n'a pas la mémoire courte ni pour l'un ni pour les autres. Les autres, ce sont les dirigeants et surtout le coach qui décide de tout. Dans le stade, toujours la même banderole. In Wenger we trust (En Wenger, on a confiance). Pourtant, ça fait sept saisons sans titres. Les meilleurs qui se cassent mais pas de casse. Respect pour le club, son histoire, et ceux qui l'ont écrite même si les bilans positifs que révèle l'encre ne sont plus sportifs mais bien comptables. Rien n'appartient aux supporters, si ce n'est le respect de l'amour d'un club que leurs ancêtres leur ont transmis. Un joueur qui part, c'est une histoire de famille. Des investisseurs qui arrivent, ce sont des intrus qui s'y imposent. Pas la même chose. Pas la même réaction. Ça peut cogner dur, comme à ManU. Même si les titres suivent. Le seul point commun, c'est le club. Leur famille. Sur d'autres terres, dans d'autres contrées, rien à voir. Là, ça gueule tout le temps. Quand une star s'en va, on casse. On ne respecte plus rien. Normal, le foot n'est pas une raison de vivre mais une raison d'exister. Le club, rien à foutre. Les joueurs, pas grand-chose. Un peu comme la vie quoi. Sans éducation ou tradition, la vie ne montre qu'un profil. Le moche. Et puis, il y a ces petits îlots de surprise. Ces petits coins où la tradition pousse à l'indépendantisme mais c'est pour mieux soigner le collectif. L'Athlétic Bilbao est un club vraiment à part. Que des Basques. De sang, d'éducation ou encore de formation. Magnifique, unique. Et la famille, on la quitte pas. Fernando Llorente et Javi Martinez ont avoué leur envie de partir. Pas de manifestation devant le club pour exiger des dirigeants qu'ils les gardent. Pas de vitres cassées, pas de voitures incendiées. Non, on manifeste pour dire aux deux joueurs : " Cassez-vous ! ". " Chez nous, on y joue par amour. " Avec le c£ur dans la poche intérieure qui palpite large. Qui laisse pas la place pour des sentiments bien rangés dans le portefeuille. Pas de mercenaires à Bilbao. Sans Llorente ça va être très dur ? Pas grave. Y a l'amour. Ce maillot, on l'aime. Il représente quelque chose. Y a pas de hasard. Ce maillot ligné rouge et blanc, il vient d'Angleterre. Il vous rappelle pas ceux de Sunderland ou de Southampton ? Cela dit, y a plusieurs versions pour le maillot. Bilbao est un port et fin 19e les ouvriers anglais viennent y gagner leur croûte de jambon en n'oubliant pas d'amener leur fameuse tradition. Parmi elles : le foot. Ils créent l'Athlétic Club. Un terme anglais pour une liaison directe par la mer. D'autres disent que ce sont les étudiants basques partis s'instruire en Angleterre qui ont ramené les maillots. Peu importe. Le propos est qu'il n'y a pas de hasard. Dans le foot, dans la vie, tout se tient. Pour certains, un stade est l'endroit où l'on vient chanter son amour. Pour d'autres gueuler sa haine de la vie. Pour certains, on fait semblant d'aimer, pour les autres, c'est impossible." Pas de mercenaires à Bilbao. Sans Llorente ça va être très dur ? Pas grave. Y a l'amour. "