Notre rencontre promettait d'être très sympa. On devait participer, du 19 au 23 mars, à une étape du Rallye Aïcha des Gazelles du Maroc, en compagnie notamment de Rafaella Szabo, l'épouse d'Axel Witsel. Le Covid-19 a retourné le programme. Le rallye n'a pas eu lieu. En route, donc, pour une interview de Madame Witsel à Liège. Mais ça, c'était avant l'interdiction des déplacements non essentiels. Nouveau changement de programme, donc. L'interview se fait via les moyens de communication modernes. Pas de quoi la rendre moins intéressante.

Comment vous vivez cette période de confinement ? Et si tu devais donner des conseils autour de toi ?

RAFAELLA WITSEL : Je pense que le maître mot dans cette histoire, c'est la patience. Nous, on a la chance d'avoir une maison avec un jardin, donc on ne doit sûrement pas se plaindre. On pense aux gens qui vivent dans un appartement de cinquante mètres carrés sans balcon. À part ça, c'est important d'obéir aux consignes. Se laver les mains régulièrement, éviter les contacts, rester à la maison. C'est crucial. Si on me demande mon avis, je réponds qu'il faut répéter à tout le monde de faire tout ça.

Axel doit s'entraîner à la maison, tu trouves ça sympa ?

WITSEL : Qu'il s'entraîne au club ou à la maison, ça ne change pas énormément de choses pour moi. Pour Axel, c'est évidemment beaucoup plus facile de travailler au centre d'entraînement de Dortmund, où il a toutes les facilités à portée de main. Là-bas, il peut aussi s'entraîner sans s'encombrer l'esprit, il n'a pas autour de lui des enfants qui crient et qui circulent. Finalement, le plus compliqué, c'est d'occuper nos deux filles pendant des journées entières.

Si tout se passe bien, le Rallye Aïcha des Gazelles du Maroc aura lieu en septembre et tu y seras. Comment es-tu arrivée là-dedans ?

WITSEL : Je ne connaissais pas du tout le concept. Mon amie Rachel Licata, qui est organisatrice de mariages, m'a parlé de ça l'année dernière quand on passait nos vacances ensemble à Dubaï. Elle m'a dit qu'elle rêvait d'y participer. Ça m'a intriguée. J'y ai réfléchi pendant un mois puis je lui ai demandé de m'envoyer des infos sur ce rallye. Quand j'ai découvert de quoi il s'agissait exactement, j'ai été directement séduite. J'aime bien me lancer des défis, j'aime bien repousser mes limites. Comme on se connaît très bien, on n'a pas dû réfléchir longtemps pour savoir qui allait faire quoi. On a décidé que je piloterais et qu'elle serait ma copilote.

Gérer les déménagements et tout ce qui va avec, j'ai un peu de mal avec ça. " Rafaella Witsel

Et Axel est le parrain de votre équipage...

WITSEL : C'est ça, oui. Pour nous, c'était logique. Il est connu, c'est un personnage public, il nous a aidées à partager notre aventure via ses médias sociaux et ça nous a permis de trouver des sponsors.

" Je suis impatiente de sortir de ma zone de confort "

Vous allez faire ce rallye avec une Suzuki Jinny... Pourquoi une Suzuki ?

WITSEL : On cherchait une voiture adaptée à un rallye comme celui-là et on est entrées en contact avec la marque. Rachel connaît quelqu'un là-bas et elle avait parlé de notre projet. On nous a proposé une Jinny adaptée et ça nous a plu directement.

Tu roules avec quel genre de voiture au quotidien ? Aussi un SUV ?

WITSEL : Oui, un SUV Mercedes. Je suis souvent sur la route, je fais régulièrement des navettes entre l'Allemagne et la Belgique, entre Dortmund et la famille à Liège. Le plus souvent, les enfants voyagent avec moi. En tant que parent, tu veux évidemment avoir une voiture sûre et qui tient bien la route.

Le rallye traversera le désert marocain, vous allez dormir dans des tentes et partager les sanitaires. Ton bain chaud ne va pas te manquer ? Ou alors, tu es plutôt aventurière ?

WITSEL : L'un n'empêche pas l'autre. J'adore mon bain chaud, mais je suis aussi très aventurière. Je suis impatiente de vivre cette aventure unique et de sortir de ma zone de confort. J'aime bien découvrir des nouvelles choses : sauter en parachute, dormir en tente dans la plaine du Serengeti,... J'ai fait tout ça et j'ai adoré. Par contre, je ne veux pas faire des trucs qui comportent des risques importants.

Tu es une bête de compétition ? La victoire, pour toi, c'est important ?

WITSEL : Pour moi, participer, c'est beaucoup plus important que gagner. Je veux donner le meilleur de moi-même et atteindre mes buts. Et si, en plus de ça, il y a la victoire au bout du chemin, c'est encore mieux. Ça ne peut en tout cas être qu'une expérience positive.

" À chaque transfert d'Axel, il faut tout recommencer "

C'est comment, l'esprit de compétition à la maison ? Tu es nerveuse pendant les matches d'Axel ? Et de mauvaise humeur quand il a perdu ?

WITSEL : Évidemment, je le soutiens à fond, toujours, mais ce n'est pas pour ça que je suis de mauvais poil s'il perd un match. Parce qu'il y a des choses plus graves. Et à quoi ça servirait qu'on soit tous les deux fâchés après une défaite ? C'est mieux que je conserve ma bonne humeur, comme ça j'arrive à lui faire penser à d'autres choses !

Vos filles Maï-Li (cinq ans) et Evy (trois ans) ont déjà un certain esprit de compétition ?

WITSEL : Quelque part, oui. Elles sont en compétition sur des petites choses : qui sera habillée la première, qui aura fini avant l'autre de ranger ? Evy est une vraie fan de foot. Et une grande supportrice d'Axel. En plus, elle fait rire les gens. Quand elle assiste à un match en tribune, elle crie " Allez Papa ! " et elle chante l'hymne du Borussia. Elle applaudit, elle n'arrête pas de se lever de son siège. C'est marrant à voir.

Ce sont les mêmes caractères ?

WITSEL : Maï-Li est très zen, perfectionniste. Elle adore apprendre des nouvelles choses et elle veut tout faire le mieux possible. Elle aime le ballet et le dessin. Evy est complètement à l'opposé. Elle ne tient pas en place, son plus jeune âge y est probablement pour quelque chose. Elle se déconcentre vite et quand elle fait de la peinture, elle en mettrait plus sur les murs que sur sa feuille... Elle aime la danse, la course et la gymnastique.

En quoi la vie avec un footballeur professionnel est particulière ?

WITSEL : Ce qui me frappe le plus, c'est l'incertitude permanente par rapport à l'endroit du monde où on sera quelques mois plus tard.

Tu n'as jamais l'impression de vivre dans une cage dorée ?

WITSEL : J'ai parfois du mal avec l'impossibilité de vivre des moments normaux en famille à l'extérieur de la maison. Flâner dans un parc ou aller au restaurant, c'est compliqué parce qu'on est toujours accostés. Il y a aussi le fait qu'après chaque transfert d'Axel, on doive tout recommencer. Une nouvelle ville, une nouvelle maison, une nouvelle école pour les filles. Il faut se faire des nouveaux amis, abandonner ceux qu'on avait à l'endroit qu'on quitte, on doit accepter d'être loin de nos familles. Gérer les déménagements et tout ce qui va avec, j'ai un peu de mal avec ça. Notre vie a beaucoup d'aspects positifs, mais les gens ont tendance à ne se focaliser que là-dessus, sans voir les côtés négatifs.

© BELGAIMAGE

" Nos filles ne pourront jamais oublier d'où on vient "

C'est comment, au quotidien, la vie d'une WAG ?

WITSEL : Dans mon cas, ça ressemble à la vie d'une mère de famille comme les autres. J'ai un chouette boulot de photographe, je m'occupe de mes deux filles, j'entretiens la maison. Évidemment, on a la chance de pouvoir faire des voyages magnifiques et d'avoir du temps libre. Il y a quelques années, on est allés en Polynésie française, ça reste le plus beau voyage de ma vie. J'ai trouvé Bora Bora fantastique. Pendant le même voyage, on a fait une halte à Orlando, on est passés par un parc d'attractions et on s'y est éclatés comme des gosses. C'était inoubliable. Mais pour nous, ce qui compte plus que tout le reste, c'est notre famille. On veut garder les pieds sur terre et enseigner les bonnes valeurs à nos filles. Elles ne pourront jamais oublier d'où on vient, elles devront apprendre que rien n'est jamais acquis, avoir de bonnes manières, faire toujours de leur mieux et essayer d'aider les autres. Le temps qu'on passe entre nous, c'est le plus précieux pour moi.

Je me suis lancée dans des études de médecine parce que, dès mon plus jeune âge, mes parents espéraient que j'allais devenir médecin. " Rafaella Witsel

Vous n'avez pas de problèmes d'argent, ton mari a un boulot qui l'occupe beaucoup, tes filles vont à l'école : comment tu occupes tes journées ? C'est quoi, pour toi, une journée type ?

WITSEL : Le réveille sonne à 7h30. On se prépare, on prend le petit-déjeuner puis on conduit les petites à l'école. Axel part à l'entraînement. Je fais éventuellement quelques courses, j'entretiens la maison, je suis des formations en ligne ou je passe quelques heures à retoucher des photos que j'ai prises pendant le week-end. Quand Axel joue en déplacement, je rentre en Belgique pour le week-end et j'en profite pour faire des shootings. Quand j'ai repris les filles à l'école, il y a les activités extrascolaires, la gymnastique et la danse. Puis il est temps de rentrer à la maison, de donner les bains, de préparer le repas et ensuite de mettre les enfants au lit. À partir de ce moment-là, on a deux heures à deux. On se couche généralement vers 23h30, minuit.

Rafaella et ses filles Maï-Li (cinq ans) et Evy (trois ans).

" On n'est pas bien préparé aux études supérieures "

Si tu n'étais pas devenue Madame Witsel, qu'est-ce que tu aurais fait ou voulu faire dans ta vie professionnelle ?

WITSEL : J'aurais bien aimé devenir pédiatre, mais après deux années de médecine, j'ai conclu que ce n'était pas fait pour moi. Au contraire de ce qui se fait aujourd'hui, je trouve qu'on n'était pas bien préparé aux études supérieures, pas bien guidé non plus dans le choix de la meilleure orientation. Je me suis lancée en médecine parce que, dès mon plus jeune âge, mes parents espéraient que j'allais devenir médecin. Je me suis moi-même convaincue que c'était ma vocation, mais j'ai vite compris que je me trompais. Après ça, j'ai essayé d'autres choses. J'ai compris que le commerce international n'était pas mon truc. J'ai aussi pensé à une carrière dans l'esthétique, j'aime bien ça, mais c'était difficile de lancer quelque chose dans ce domaine en déménageant continuellement. Entre-temps, je me suis lancée dans la photo, depuis un an et demi, et je suis vraiment passionnée. Je suis contente d'avoir pu en faire mon boulot, contente aussi de pouvoir organiser mes horaires professionnels en fonction de notre style de vie.

Si tous les gens du monde du football donnaient 1% de leur salaire à des oeuvres, ce serait une aide énorme. " Rafaella Witsel

" Nos meilleurs souvenirs sont en Russie "

Etre " la femme de ", ce n'est pas compliqué à vivre ?

WITSEL : Je sais que je serai toujours " la femme de " aux yeux du public, je ne peux rien y faire. Mais les gens qui me connaissent savent que je suis bien plus que ça. L'important pour moi, c'est l'avis des gens que j'apprécie. Les autres, je ne m'en préoccupe pas.

Vous avez vécu au Portugal, en Russie, en Chine, maintenant en Allemagne. Quel pays t'a le plus marquée ?

WITSEL : La Russie, sans hésiter. C'est aussi là-bas qu'on a vécu le plus longtemps. Saint-Pétersbourg est une ville magnifique et on s'y est fait des amis formidables. Notre vie en Russie nous laisse des très bons souvenirs.

Axel se sent bien en Allemagne ?

WITSEL : Très bien. Il ne manque de rien. En plus, on est à deux heures de route de nos familles, ça facilite les choses.

Il a 31 ans, comment il voit son avenir, son après-football ?

WITSEL : Il a plusieurs projets en tête, mais il ne sait pas encore dans quel domaine il se lancera.

Il pourrait retourner en Chine ?

WITSEL : Non, je ne crois pas. Mais c'est à lui qu'il faudrait poser la question. En football, on ne sait jamais de quoi les lendemains seront faits.

Qui sont ses meilleurs amis dans le monde du foot ?

WITSEL : Son meilleur ami, c'est Nacer Chadli. Ils se connaissent depuis qu'ils sont tout petits et ils ont grandi avec la même passion. Et en Russie, on avait une très chouette bande. Des joueurs, des femmes de joueurs, les enfants, on s'entendait vraiment très bien.

On entend toujours qu'il y a une très bonne ambiance en équipe nationale. Comment ça se passe entre les femmes ?

WITSEL : L'ambiance est bonne aussi, mais on a moins l'occasion de se voir et de se découvrir. Moi, j'ai une très bonne relation avec Deborah Meunier, qui est devenue une amie.

Comment se sent Axel depuis qu'on a annoncé le report de l'EURO ?

WITSEL : Il ne s'inquiète pas pour ça. Le plus important, c'est de rester en bonne santé.

Rafaella, à droite, et sa copine, Rachel Licata, prendront, si tout se déroule comme prévu, le départ du Rallye Aïcha des Gazelles du Maroc, en septembre., AURÉLIEN LACROIX
Rafaella, à droite, et sa copine, Rachel Licata, prendront, si tout se déroule comme prévu, le départ du Rallye Aïcha des Gazelles du Maroc, en septembre. © AURÉLIEN LACROIX

Tous ensemble pour Léa

Vous participerez au Rallye Aïcha des Gazelles pour collecter des fonds pour une association, Tous ensemble pour Léa. Pourquoi cette association plutôt qu'une autre ?

RAFAELLA WITSEL : On a cherché une association qui nous tenait à coeur. Rachel Licata et moi, on est toutes les deux mamans et on voulait aider des enfants. On connaît très bien la situation de la petite Léa, donc on a directement pensé à cette association. Léa est née avec un problème rare au niveau du foie et des reins. Quand elle avait quatre mois, on lui a transplanté une partie du foie de son papa. Mais à un an et demi, on lui a découvert une insuffisance rénale terminale. En attendant une greffe, elle vit au rythme des hémodialyses. L'association Tous ensemble pour Léa récolte des fonds pour des enfants dans l'attente d'une transplantation. Le don d'organes, ça sauve des vies. Ça peut tous nous arriver, à n'importe quel moment, on n'y pense pas assez. J'invite les gens qui veulent en savoir plus à aller sur notre site : www.2rdegazelles.com

Qu'est-ce que tu penses de Common Goal, l'initiative de Juan Mata qui incite les gens du monde du foot à consacrer 1% de leur salaire à des oeuvres de charité ?

WITSEL : Je n'en ai jamais entendu parler, mais je trouve ça intéressant. Tout le monde sait qu'il y a énormément d'argent qui circule dans le monde du football, alors si les gens de ce milieu donnaient 1% de ce qu'ils reçoivent, ça représenterait une aide énorme.

Raw Highlights Photography

Tu as une spécialisation en photographie ?

RAFAELLA WITSEL : Je suis spécialisée en photos de grossesse, de nouveaux-nés et d'enfants en bas âge. J'ai aussi lancé le concept Smash the cake : je photographie dans mon studio des enfants qui fêtent leur premier anniversaire. Toutes les infos sur ma petite entreprise, Raw Highlights Photography, sont sur mon site : rawhighlights.be

Qu'est-ce qui te passionne dans ce métier ?

WITSEL : J'adore la douceur dégagée par ces moments, l'ambiance agréable et sereine dans laquelle je peux travailler.

Et tu as un scénario professionnel idéal, à plus long terme ?

WITSEL : J'espère continuer à progresser et devenir photographe full-time quand Axel arrêtera de jouer au foot.

Notre rencontre promettait d'être très sympa. On devait participer, du 19 au 23 mars, à une étape du Rallye Aïcha des Gazelles du Maroc, en compagnie notamment de Rafaella Szabo, l'épouse d'Axel Witsel. Le Covid-19 a retourné le programme. Le rallye n'a pas eu lieu. En route, donc, pour une interview de Madame Witsel à Liège. Mais ça, c'était avant l'interdiction des déplacements non essentiels. Nouveau changement de programme, donc. L'interview se fait via les moyens de communication modernes. Pas de quoi la rendre moins intéressante. Comment vous vivez cette période de confinement ? Et si tu devais donner des conseils autour de toi ? RAFAELLA WITSEL : Je pense que le maître mot dans cette histoire, c'est la patience. Nous, on a la chance d'avoir une maison avec un jardin, donc on ne doit sûrement pas se plaindre. On pense aux gens qui vivent dans un appartement de cinquante mètres carrés sans balcon. À part ça, c'est important d'obéir aux consignes. Se laver les mains régulièrement, éviter les contacts, rester à la maison. C'est crucial. Si on me demande mon avis, je réponds qu'il faut répéter à tout le monde de faire tout ça. Axel doit s'entraîner à la maison, tu trouves ça sympa ? WITSEL : Qu'il s'entraîne au club ou à la maison, ça ne change pas énormément de choses pour moi. Pour Axel, c'est évidemment beaucoup plus facile de travailler au centre d'entraînement de Dortmund, où il a toutes les facilités à portée de main. Là-bas, il peut aussi s'entraîner sans s'encombrer l'esprit, il n'a pas autour de lui des enfants qui crient et qui circulent. Finalement, le plus compliqué, c'est d'occuper nos deux filles pendant des journées entières. Si tout se passe bien, le Rallye Aïcha des Gazelles du Maroc aura lieu en septembre et tu y seras. Comment es-tu arrivée là-dedans ? WITSEL : Je ne connaissais pas du tout le concept. Mon amie Rachel Licata, qui est organisatrice de mariages, m'a parlé de ça l'année dernière quand on passait nos vacances ensemble à Dubaï. Elle m'a dit qu'elle rêvait d'y participer. Ça m'a intriguée. J'y ai réfléchi pendant un mois puis je lui ai demandé de m'envoyer des infos sur ce rallye. Quand j'ai découvert de quoi il s'agissait exactement, j'ai été directement séduite. J'aime bien me lancer des défis, j'aime bien repousser mes limites. Comme on se connaît très bien, on n'a pas dû réfléchir longtemps pour savoir qui allait faire quoi. On a décidé que je piloterais et qu'elle serait ma copilote. Et Axel est le parrain de votre équipage... WITSEL : C'est ça, oui. Pour nous, c'était logique. Il est connu, c'est un personnage public, il nous a aidées à partager notre aventure via ses médias sociaux et ça nous a permis de trouver des sponsors. Vous allez faire ce rallye avec une Suzuki Jinny... Pourquoi une Suzuki ? WITSEL : On cherchait une voiture adaptée à un rallye comme celui-là et on est entrées en contact avec la marque. Rachel connaît quelqu'un là-bas et elle avait parlé de notre projet. On nous a proposé une Jinny adaptée et ça nous a plu directement. Tu roules avec quel genre de voiture au quotidien ? Aussi un SUV ? WITSEL : Oui, un SUV Mercedes. Je suis souvent sur la route, je fais régulièrement des navettes entre l'Allemagne et la Belgique, entre Dortmund et la famille à Liège. Le plus souvent, les enfants voyagent avec moi. En tant que parent, tu veux évidemment avoir une voiture sûre et qui tient bien la route. Le rallye traversera le désert marocain, vous allez dormir dans des tentes et partager les sanitaires. Ton bain chaud ne va pas te manquer ? Ou alors, tu es plutôt aventurière ? WITSEL : L'un n'empêche pas l'autre. J'adore mon bain chaud, mais je suis aussi très aventurière. Je suis impatiente de vivre cette aventure unique et de sortir de ma zone de confort. J'aime bien découvrir des nouvelles choses : sauter en parachute, dormir en tente dans la plaine du Serengeti,... J'ai fait tout ça et j'ai adoré. Par contre, je ne veux pas faire des trucs qui comportent des risques importants. Tu es une bête de compétition ? La victoire, pour toi, c'est important ? WITSEL : Pour moi, participer, c'est beaucoup plus important que gagner. Je veux donner le meilleur de moi-même et atteindre mes buts. Et si, en plus de ça, il y a la victoire au bout du chemin, c'est encore mieux. Ça ne peut en tout cas être qu'une expérience positive. C'est comment, l'esprit de compétition à la maison ? Tu es nerveuse pendant les matches d'Axel ? Et de mauvaise humeur quand il a perdu ? WITSEL : Évidemment, je le soutiens à fond, toujours, mais ce n'est pas pour ça que je suis de mauvais poil s'il perd un match. Parce qu'il y a des choses plus graves. Et à quoi ça servirait qu'on soit tous les deux fâchés après une défaite ? C'est mieux que je conserve ma bonne humeur, comme ça j'arrive à lui faire penser à d'autres choses ! Vos filles Maï-Li (cinq ans) et Evy (trois ans) ont déjà un certain esprit de compétition ? WITSEL : Quelque part, oui. Elles sont en compétition sur des petites choses : qui sera habillée la première, qui aura fini avant l'autre de ranger ? Evy est une vraie fan de foot. Et une grande supportrice d'Axel. En plus, elle fait rire les gens. Quand elle assiste à un match en tribune, elle crie " Allez Papa ! " et elle chante l'hymne du Borussia. Elle applaudit, elle n'arrête pas de se lever de son siège. C'est marrant à voir. Ce sont les mêmes caractères ? WITSEL : Maï-Li est très zen, perfectionniste. Elle adore apprendre des nouvelles choses et elle veut tout faire le mieux possible. Elle aime le ballet et le dessin. Evy est complètement à l'opposé. Elle ne tient pas en place, son plus jeune âge y est probablement pour quelque chose. Elle se déconcentre vite et quand elle fait de la peinture, elle en mettrait plus sur les murs que sur sa feuille... Elle aime la danse, la course et la gymnastique. En quoi la vie avec un footballeur professionnel est particulière ? WITSEL : Ce qui me frappe le plus, c'est l'incertitude permanente par rapport à l'endroit du monde où on sera quelques mois plus tard. Tu n'as jamais l'impression de vivre dans une cage dorée ? WITSEL : J'ai parfois du mal avec l'impossibilité de vivre des moments normaux en famille à l'extérieur de la maison. Flâner dans un parc ou aller au restaurant, c'est compliqué parce qu'on est toujours accostés. Il y a aussi le fait qu'après chaque transfert d'Axel, on doive tout recommencer. Une nouvelle ville, une nouvelle maison, une nouvelle école pour les filles. Il faut se faire des nouveaux amis, abandonner ceux qu'on avait à l'endroit qu'on quitte, on doit accepter d'être loin de nos familles. Gérer les déménagements et tout ce qui va avec, j'ai un peu de mal avec ça. Notre vie a beaucoup d'aspects positifs, mais les gens ont tendance à ne se focaliser que là-dessus, sans voir les côtés négatifs. C'est comment, au quotidien, la vie d'une WAG ? WITSEL : Dans mon cas, ça ressemble à la vie d'une mère de famille comme les autres. J'ai un chouette boulot de photographe, je m'occupe de mes deux filles, j'entretiens la maison. Évidemment, on a la chance de pouvoir faire des voyages magnifiques et d'avoir du temps libre. Il y a quelques années, on est allés en Polynésie française, ça reste le plus beau voyage de ma vie. J'ai trouvé Bora Bora fantastique. Pendant le même voyage, on a fait une halte à Orlando, on est passés par un parc d'attractions et on s'y est éclatés comme des gosses. C'était inoubliable. Mais pour nous, ce qui compte plus que tout le reste, c'est notre famille. On veut garder les pieds sur terre et enseigner les bonnes valeurs à nos filles. Elles ne pourront jamais oublier d'où on vient, elles devront apprendre que rien n'est jamais acquis, avoir de bonnes manières, faire toujours de leur mieux et essayer d'aider les autres. Le temps qu'on passe entre nous, c'est le plus précieux pour moi. Vous n'avez pas de problèmes d'argent, ton mari a un boulot qui l'occupe beaucoup, tes filles vont à l'école : comment tu occupes tes journées ? C'est quoi, pour toi, une journée type ? WITSEL : Le réveille sonne à 7h30. On se prépare, on prend le petit-déjeuner puis on conduit les petites à l'école. Axel part à l'entraînement. Je fais éventuellement quelques courses, j'entretiens la maison, je suis des formations en ligne ou je passe quelques heures à retoucher des photos que j'ai prises pendant le week-end. Quand Axel joue en déplacement, je rentre en Belgique pour le week-end et j'en profite pour faire des shootings. Quand j'ai repris les filles à l'école, il y a les activités extrascolaires, la gymnastique et la danse. Puis il est temps de rentrer à la maison, de donner les bains, de préparer le repas et ensuite de mettre les enfants au lit. À partir de ce moment-là, on a deux heures à deux. On se couche généralement vers 23h30, minuit. Si tu n'étais pas devenue Madame Witsel, qu'est-ce que tu aurais fait ou voulu faire dans ta vie professionnelle ? WITSEL : J'aurais bien aimé devenir pédiatre, mais après deux années de médecine, j'ai conclu que ce n'était pas fait pour moi. Au contraire de ce qui se fait aujourd'hui, je trouve qu'on n'était pas bien préparé aux études supérieures, pas bien guidé non plus dans le choix de la meilleure orientation. Je me suis lancée en médecine parce que, dès mon plus jeune âge, mes parents espéraient que j'allais devenir médecin. Je me suis moi-même convaincue que c'était ma vocation, mais j'ai vite compris que je me trompais. Après ça, j'ai essayé d'autres choses. J'ai compris que le commerce international n'était pas mon truc. J'ai aussi pensé à une carrière dans l'esthétique, j'aime bien ça, mais c'était difficile de lancer quelque chose dans ce domaine en déménageant continuellement. Entre-temps, je me suis lancée dans la photo, depuis un an et demi, et je suis vraiment passionnée. Je suis contente d'avoir pu en faire mon boulot, contente aussi de pouvoir organiser mes horaires professionnels en fonction de notre style de vie. Etre " la femme de ", ce n'est pas compliqué à vivre ? WITSEL : Je sais que je serai toujours " la femme de " aux yeux du public, je ne peux rien y faire. Mais les gens qui me connaissent savent que je suis bien plus que ça. L'important pour moi, c'est l'avis des gens que j'apprécie. Les autres, je ne m'en préoccupe pas. Vous avez vécu au Portugal, en Russie, en Chine, maintenant en Allemagne. Quel pays t'a le plus marquée ? WITSEL : La Russie, sans hésiter. C'est aussi là-bas qu'on a vécu le plus longtemps. Saint-Pétersbourg est une ville magnifique et on s'y est fait des amis formidables. Notre vie en Russie nous laisse des très bons souvenirs. Axel se sent bien en Allemagne ? WITSEL : Très bien. Il ne manque de rien. En plus, on est à deux heures de route de nos familles, ça facilite les choses. Il a 31 ans, comment il voit son avenir, son après-football ? WITSEL : Il a plusieurs projets en tête, mais il ne sait pas encore dans quel domaine il se lancera. Il pourrait retourner en Chine ? WITSEL : Non, je ne crois pas. Mais c'est à lui qu'il faudrait poser la question. En football, on ne sait jamais de quoi les lendemains seront faits. Qui sont ses meilleurs amis dans le monde du foot ? WITSEL : Son meilleur ami, c'est Nacer Chadli. Ils se connaissent depuis qu'ils sont tout petits et ils ont grandi avec la même passion. Et en Russie, on avait une très chouette bande. Des joueurs, des femmes de joueurs, les enfants, on s'entendait vraiment très bien. On entend toujours qu'il y a une très bonne ambiance en équipe nationale. Comment ça se passe entre les femmes ? WITSEL : L'ambiance est bonne aussi, mais on a moins l'occasion de se voir et de se découvrir. Moi, j'ai une très bonne relation avec Deborah Meunier, qui est devenue une amie. Comment se sent Axel depuis qu'on a annoncé le report de l'EURO ? WITSEL : Il ne s'inquiète pas pour ça. Le plus important, c'est de rester en bonne santé.