C'est quoi le point de départ entre toi et le foot ?

KODY : J'avais des grands frères bien plus fous de foot que moi. On a dû regarder des dizaines de vieux matchs en noir et blanc sur cassette. D'ailleurs, j'ai un oncle qui a mis un petit pont à Pelé et ce n'est pas une blague. La légende veut même que Pelé se soit arrêté et ait dit : " pas mal petit ! ". Cette partie-là de l'histoire, je ne sais pas si elle est vraie, mais en tout cas, le tonton a joué avec le Zaïre contre le Brésil à la CM 1974. C'était une grande année sportive pour le pays puisque quelques mois plus tard, il y a aussi eu le match de boxe entre Ali et Foreman à Kinshasa. Le fameux " Rumble in the jungle ". Le monde entier était focalisé sur le Zaïre. Je n'étais pas né, hein, mais personne n'a oublié ça. Comme je n'oublierai jamais ces souvenirs de foules qui défilent devant chez moi pour se rendre au stade les jours de match. Moi, je ne pouvais pas y aller parce que j'étais asthmatique. Mais j'en rêvais, il faudra que je le fasse un jour.
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KODY : J'avais des grands frères bien plus fous de foot que moi. On a dû regarder des dizaines de vieux matchs en noir et blanc sur cassette. D'ailleurs, j'ai un oncle qui a mis un petit pont à Pelé et ce n'est pas une blague. La légende veut même que Pelé se soit arrêté et ait dit : " pas mal petit ! ". Cette partie-là de l'histoire, je ne sais pas si elle est vraie, mais en tout cas, le tonton a joué avec le Zaïre contre le Brésil à la CM 1974. C'était une grande année sportive pour le pays puisque quelques mois plus tard, il y a aussi eu le match de boxe entre Ali et Foreman à Kinshasa. Le fameux " Rumble in the jungle ". Le monde entier était focalisé sur le Zaïre. Je n'étais pas né, hein, mais personne n'a oublié ça. Comme je n'oublierai jamais ces souvenirs de foules qui défilent devant chez moi pour se rendre au stade les jours de match. Moi, je ne pouvais pas y aller parce que j'étais asthmatique. Mais j'en rêvais, il faudra que je le fasse un jour. KODY : Déjà, il faut savoir que si t'écoutes tes parents, tes seules origines congolaises font de toi un grand joueur, un buteur surtout (rires).Le simple fait d'être Congolais t'oblige en quelque sorte à faire du foot. J'ai fait du mini-foot et du grand foot. C'était à Rhode-Saint-Genèse, à l'école, en club, partout. Et donc forcément, comme tout bon Congolais, j'étais un vrai buteur avec un pied gauche qui surprenait tout le monde. Après, je n'ai pas joué très longtemps, parce que je me suis passionné pour d'autres choses. Et puis, en fait, je n'ai jamais été un addict de rien. Mais cela ne m'empêche pas d'encore pouvoir me défendre aujourd'hui lors de petits matchs avec des camarades humoristes ou de la radio. J'arrive à les surprendre, mais je ne suis clairement pas le meilleur. Il y a une touche, il y a quelques bons restes, suffisamment pour que les gens se disent que j'ai joué. En fait, le problème, c'est la condition physique qui n'est plus au top. Je m'arrête au bout de 5 minutes et j'ai l'impression de voir des étoiles. Avec l'âge, dans la tête, tu as tendance à croire que tout est OK, mais ton corps lui, il peut te trahir à tout moment. C'est un lâche. KODY : Évidemment, parce que tout le monde joue au foot. Je dis ça un peu à la rigolade parce que, oui, c'est un cliché. Comme celui qui dit que les Blancs ne savent pas danser. Mais, il n'y a rien à faire, le foot est très populaire au Congo et il marque les esprits presque comme une religion, comme une passion qui se transmet. Chaque pays a un rapport très particulier au football. Tu sens bien qu'entre le Brésilien et le Suisse, le football est apprécié différemment. KODY : Tout petit, j'allais en vacances au Congo pour aller voir ma grand-mère. J'arrivais avec mes cousins à Kinshasa dans le quartier de Kasa-Vubu et on jouait dans le sable avec d'autres enfants et une petite balle rouge en caoutchouc. Bon, on ne va pas se mentir, à pieds nus et dans le sable, nous les Européens, on détonait un peu. Du coup, quand on pouvait revenir, on essayait de ramener des ballons en cuir. Pas pour se la raconter, mais vraiment dans un unique esprit de partage, de faire plaisir surtout. On était des malades, on pouvait jouer des heures. Moi, je me souviens, j'avais ma vareuse d'Anderlecht avec le gros G dessus. J'en étais tellement fier, je pensais que j'étais un supporter, mais je me suis rendu compte que non par après. C'était juste pour un avoir un maillot et parce que mon père me l'avait acheté. D'ailleurs, c'est contradictoire, mais mon père était pour le Standard tandis que mon frère et moi, ça a toujours été plus le Barça. Même si concrètement, je suis un infidèle, une sorte de polygame dans mes amours avec le foot. KODY : Peut-être bien, celle avec le Marseille 1992-1993. Ça, c'était fort. Il y avait tout dans cette équipe. Un président charismatique qui associait foot et business comme personne, un entraîneur, Raymond Goethals, tout à la fois drôle et fantasque avec des tactiques de dingue. Et puis les joueurs : des Rudi Völler, des Basile Boli, des personnalités de dingues avec des têtes particulières. Suffit de voir la coupe de cheveux de la moitié des mecs de l'équipe. C'était des fous et, sur le terrain, ils sortaient tous de l'ordinaire. KODY : Ça a mis du temps, mon deuxième amour est arrivé bien plus tard, c'était le Chelsea d'Abramovitch. C'est marrant, presque irrationnel, mais je suis quelqu'un de paradoxal. Cette équipe avait la classe, ils avaient un petit truc en plus. Un bon collectif et un esprit d'équipe incroyable. C'est ça qui m'a toujours plu dans une équipe. En fait, je crois que je suis un vrai team player. KODY : Lors de cette soirée, j'ai surtout eu l'occasion de discuter avec Florent Ibenge, le sélectionneur de la RDC. C'est un super mec, d'une simplicité rare. On n'a pas affaire à quelqu'un qui veut se mettre en avant, mais à un type qui veut faire avancer les choses. Et ça marche, l'équipe est en réels progrès. Ça fait du bien après avoir traversé toute une période plus difficile. En RDC, il y a quelque chose de très positif qui se passe. De meilleurs coaches, de meilleurs joueurs et tout ça, c'est motivant pour les jeunes. Bon, en plus, ce qui ne gâche rien, c'est que j'ai réussi à faire rire le sélectionneur de la RDC quand même. Et ça, c'est beau. PAR MARTIN GRIMBERGHS - PHOTO RTBF" Mon oncle a joué avec le Zaïre contre le Brésil au Mondial 1974 " - KODY