Cette saison, l'objectif est clair : être champion. Tu l'as déjà été avec le RC Genk. Qu'est-ce qui mue une équipe en championne ?
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Cette saison, l'objectif est clair : être champion. Tu l'as déjà été avec le RC Genk. Qu'est-ce qui mue une équipe en championne ? JELLE VOSSEN : Ça dépend parfois de détails. Quand Genk a été sacré champion, l'ambiance était excellente. Tout était clair : les postes, les fonctions... Celui qui entrait au jeu savait exactement ce qu'on attendait de lui. Comme maintenant, en quelque sorte. Michel Preud'homme essaie de mettre en place un système au sein duquel il requiert des tâches bien déterminées pour chacun. Nous devons encore nous bonifier mais nous avons déjà sensiblement progressé. VOSSEN : En effet, nous avions cet avantage au Racing de n'avoir aucune obligation et de pouvoir jouer librement. Le sentiment de devoir n'est jamais bon. Nous devons le tempérer à Bruges, même si chacun rêve du titre. VOSSEN : Et les joueurs ! Tout le monde le veut. Mais nous ne devons pas exagérer afin de ne pas nous mettre trop de pression. Ça pourrait nous paralyser. Nous devons essayer de jouer sans arrière-pensée, comme ces dernières semaines. VOSSEN : Il me demande de jouer en profondeur, de m'infiltrer. A Genk, j'avais l'habitude d'évoluer dans un système à deux attaquants et de me mouvoir autour de l'avant-centre. Maintenant, je dois plutôt créer des brèches au profit des autres. VOSSEN : Oui, dans la mesure où j'y ai appris à éviter encore plus les duels et à choisir ma position plus intelligemment. Je ne serai jamais un avant à qui on peut balancer des longs ballons. Je le sais et l'équipe aussi. Donc, on ne m'utilisera jamais dans ce registre. VOSSEN : Je suis un cas spécial. J'aime jouer entre deux eaux mais je n'attends évidemment pas à ce qu'on adapte le système à ma personne. Si on procède en 4-3-3 et qu'on m'assigne le poste de médian offensif, on évolue de facto en 4-4-2 car je confère plus de profondeur au jeu que Victor Vazquez ou Hans Vanaken. Médian offensif ou avant en décrochage sont deux postes très proches l'un de l'autre. Parfois, la différence n'est que de cinq mètres. VOSSEN : Middlesbrough a été fantastique. Burnley l'était moins, sur le terrain comme en dehors. Là, je me suis demandé pourquoi je m'étais aventuré en Angleterre. Il faut un brin de chance, tomber au bon endroit au bon moment. Ce n'était pas le cas à Burnley. VOSSEN : Pour l'instant, en parler n'aurait pas de sens. Je suis à Bruges depuis une demi-saison à peine, laissez-moi le temps de me montrer, de faire mon boulot. Je dois dire qu'au départ, le rythme m'a surpris, ici. En Angleterre, on court sans cesse d'un camp à l'autre et on chasse le ballon sans répit. Il n'y a pas le moindre temps mort. Tous les joueurs y sont constamment en mouvement. VOSSEN : Je viens d'en discuter avec Ruud Vormer. Un tacle solide, en Belgique, c'est not done. Impensable. VOSSEN : La plupart des internationaux évoluent en Angleterre. Moi aussi, a priori, j'ai été effrayé. J'ai vu des tacles qui m'ont fait penser : " Allez, les gars, vous voulez vous démolir ? " Puis la victime se relève, serre la main de son adversaire et reprend le jeu comme si de rien n'était. En Belgique, le kop serait scandalisé. VOSSEN : Je n'ai jamais eu d'entraîneur aussi travailleur, aussi occupé. Il sait comment il veut jouer et les joueurs savent exactement ce qu'il attend d'eux. Ça ne s'apprend pas en deux temps, trois mouvements. Frankie Vercauteren a repris Genk en cours de saison, l'année précédant le titre. Il lui a fallu six mois pour mettre son système en place. Nous avons recueilli les fruits de ce travail la saison suivante. Cette méthode requiert du temps. Les analyses de l'adversaire sont bonnes, bien étudiées. L'entraîneur a des informations claires sur les dix ou quinze derniers matches de l'équipe adverse. VOSSEN : Je dois mieux utiliser mon corps dans les duels. Il n'est pas nécessaire d'être le plus fort pour en remporter un. Ensuite, je dois encore travailler mon pied gauche. VOSSEN : Ce ne serait pas bon, je crois. Je volerais hors du noyau ! VOSSEN : Je pense avoir l'esprit d'équipe. Il en faut car, avec le retour des blessés, les places vont être de plus en plus chères. Si on veut s'éveiller aux plus hautes ambitions, il faut privilégier le collectif au lieu de songer à sa carte personnelle. Je suis de ceux qui peuvent s'en accommoder.PAR PETER T'KINT - PHOTO BELGAIMAGE