Si l'année passée, à la même époque de la saison, Ahmed Hassan laissait encore planer une incertitude sur son avenir sportif, le doute, cette fois, n'est plus permis : au terme de son bail, le 30 juin prochain, l'Egyptien mettra un point final à ses deux campagnes anderlechtoises pour s'en retourner au pays. A Al-Ahly, plus précisément, où l'attend un contrat de trois ans.
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Si l'année passée, à la même époque de la saison, Ahmed Hassan laissait encore planer une incertitude sur son avenir sportif, le doute, cette fois, n'est plus permis : au terme de son bail, le 30 juin prochain, l'Egyptien mettra un point final à ses deux campagnes anderlechtoises pour s'en retourner au pays. A Al-Ahly, plus précisément, où l'attend un contrat de trois ans. Ahmed Hassan : Ma famille. J'ai été un père quasi toujours absent pour mon épouse et mes trois enfants ces dernières années. Il est grand temps que je les voie enfin grandir. C'est la raison pour laquelle je rentre au Caire. Pendant la CAN, j'ai reçu bon nombre de propositions de pays du golfe Persique. Lors de notre réception à Dubaï, après le sacre au Ghana, on m'a même fait un pont d'or pour que je signe là-bas. Mais on peut m'offrir tout l'argent du monde, je rejoins les miens, c'est beaucoup plus important à mes yeux. C'était l'un ou l'autre. Si j'ai privilégié le National, c'est parce qu'il s'est montré souvent plus performant que son rival ces dernières années. Comme j'arrive en fin de carrière, je voudrais profiter de cette conjoncture pour remporter avec lui l'un ou l'autre trophée. La Ligue des Champions africaine, par exemple, qui a échappé à ce club cette année suite à une défaite en finale face à l'Etoile du Sahel. Auparavant, toutefois, il l'avait remportée à cinq reprises déjà. C'est dire s'il ne manque pas de références. La comparaison tient la route, effectivement. Il y a pas mal de similitudes entre les deux clubs : 31 titres pour le National contre 29 à Anderlecht, création en 1907 alors que le RSCA remonte à 1908. Il n'y a que les couleurs, somme toute, qui sont différentes : Al-Ahly joue en rouge et blanc ( il rit) Parce que mon contrat avec le Sporting vient à échéance le 30 juin. Et je tiens à l'honorer jusqu'au bout. Je ne voudrais pas qu'on croie que je prends les choses à la légère sous prétexte que j'ai déjà signé ailleurs. Je suis anderlechtois pour le moment et cette situation ne changera pas avant le 1er juillet. Sauf si on m'autorise à m'en aller plus tôt. Je sens peut-être un peu moins de chaleur, c'est vrai. Mais ça ne m'empêche pas de me donner à fond, même si mon temps de jeu est limité. Je le fais par respect pour le club, les dirigeants, mes partenaires et, surtout, le public. Mon plus beau souvenir ici, c'est cette communion extraordinaire entre les fans et moi. C'est pas difficile d'être une star chez soi. En revanche, c'est plus compliqué de se faire accepter ailleurs. Il m'a fallu des années pour conquérir la foule en Turquie. Ici, il m'a suffi d'un seul match, le tout premier que j'ai joué pour le compte du club : la Supercoupe face à Zulte Waregem. Jamais encore, je n'avais entendu scander mon nom comme ça. Et c'est resté. Qui sait, le public anderlechtois et moi, on se reverra peut-être un jour. Inch Allah ! Je vais vous faire une confidence : une clause du contrat que je vais signer avec Al-Ahly stipule que je peux partir à tout moment. Dans ces conditions, tout est possible : un retour en Belgique ou, éventuellement, une fin de trajectoire dans les Emirats. Mais si je reviens en Belgique, ce sera à Anderlecht. Je veux bien porter du rouge et blanc en Egypte mais pas ici ( il rit). Cela fait dix ans exactement que j'ai quitté mon pays. Durant tout ce temps, j'ai quand même été habitué à un certain style de vie. Ce qui m'a plu en Belgique, par rapport à l'Egypte et même à la Turquie, c'est la quiétude. Je pouvais réellement organiser mon quotidien comme je l'entendais. Au Caire, ce sera différent. Je serai immanquablement récupéré par ma famille, et sollicité à gauche et à droite. De deux choses l'une : ou bien je m'habituerai à tout ça, ou bien je prendrai du recul. Mais je débuterai bel et bien à Al-Ahly en juillet prochain. J'ai souvent opéré dans ce registre avant de partir à l'étranger, où on m'a destiné à des fonctions plus offensives, comme à Anderlecht. Dans la mesure où Abou Treika ne peut jouer qu'à une seule place alors que je suis plus polyvalent, le coach a opté pour cette solution. Si on me l'avait demandé à Anderlecht, j'aurais pu assumer ce rôle aussi. Arracher les ballons sur sa classe, comme Lucas Biglia le fait, j'en suis tout à fait capable. Le propulser vers l'avant et marquer également ( il rit). Mais ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit : l'Argentin est un très bon joueur dont la place ne se discute pas. J'étais à la Coupe d'Afrique des Nations quand l'équipe a commencé à recueillir les fruits du travail effectué par le nouvel entraîneur. Je puis admettre son point de vue quand il prétend qu'on ne change pas une équipe ou une conception qui gagne. Dès lors, je ne chicane pas mon rôle de réserviste. Mais de là à me faire monter au jeu pour deux ou trois minutes seulement, comme contre le Cercle, il y a une marge. Je suis professionnel et il faut que je m'incline devant les décisions du staff technique. Mais je me pose tout de même des questions. Quand j'apprends que l'entraîneur a dit qu'ilfautchoyerAhmedHassanetqu'Anderlecht adelachanced'avoirunjoueurdecettequalitédanssesrangs, je trouverais quand même logique d'être sur le terrain et non sur le banc. Ou bien tout ça c'est du vent. Alors, oui, pour répondre à votre question, j'estime mériter une tout autre considération. Je pense d'ailleurs qu'elle vaut pour tous les anciens. Comme Bart Goor, comme Daniel Zitka... T'as trois minutes pour prouver que t'es Magic. Et j'y suis presque parvenu. Mon ballon remisé en plein vol pour Guillaume Gillet aurait logiquement dû nous valoir un quatrième but. Ce geste, c'était la manière d'exprimer mon coup de patte. La carte, c'était pour mon mécontentement, en effet. Un match ? Trois minutes, vous voulez dire ? Ah oui ? Donnez-moi un exemple ! Exact, je m'en souviens. Mais j'aurais de toute façon marqué sans cette histoire. Là aussi, on m'avait manqué de respect. Sur ce point-là, je le concède, je suis en tort et je m'en repens. Ceci dit, je n'aurais été d'aucune utilité à mes coéquipiers, dans la mesure où j'étais blessé. Reste que j'aurais dû, pour bien faire, soigner ce mal en Belgique au lieu de faire la fête au pays. Mais il faut me comprendre : je venais d'être sacré pour la troisième fois champion d'Afrique et je n'avais que l'Egypte en tête à ce moment-là. Ce qui m'irrite, c'est que la presse ne s'est focalisée que sur ce seul détail alors que je venais quand même de rentrer dans l'histoire de la CAN. Soit, j'ai été mis à l'amende et tout ça appartient au passé. Ce match avait lieu le jeudi soir à Sousse. Comment, dans ces conditions, aurais-je pu être présent à l'entraînement du vendredi matin ? On m'avait dit qu'il était programmé l'après-midi et je suis rentré dans les temps dans l'optique de cette séance-là. Je me suis levé à quatre heures du matin et j'ai rallié la capitale, Tunis, où j'ai pris le premier avion à destination de la Belgique. Si j'avais su que l'entraînement avait été déplacé au matin, je ne me serais pas hâté. De quoi me payer une Porsche, en effet. J'ai toujours aimé les bolides et autres marques de prestige. Je suis d'ailleurs à la tête d'une flotte de limousines au Caire. Il n'est pas interdit de penser que je me lancerai dans le tourisme aussi si je m'installe pour de bon là-bas. Mais durant quelques années encore, le football aura ma priorité. Je n'oublierai jamais les bons moments que j'ai vécus ici : le titre, la saison passée et, je l'espère, la Coupe cette année. Il est dommage que l'équipe n'ait commencé à tourner à plein régime qu'au deuxième tour, sans quoi nous aurions été des rivaux pour le Standard. Il n'empêche que l'équipe liégeoise ne manque vraiment pas de mérite. Puisque vous le dites ! Cela me plairait de figurer au palmarès de ces prix, mais si ce n'est pas le cas je n'en ferai pas un drame. Il y a des choses plus importantes dans la vie. Mais il y a quand même de quoi se poser des questions : je file tout droit vers les 150 matches officiels avec les Pharaons, j'ai remporté trois CAN, j'ai été désigné meilleur joueur de cette compétition en 2006 et meilleur acteur de la finale en 2008. Mais ici, à l'heure des récompenses, d'autres semblent plus méritants que moi. Je n'en veux pas à Steven Defour, qui est un beau Soulier d'Or, mais à son âge, a-t-il déjà prouvé plus que moi ? Au décompte final, je ne pense pas avoir loupé beaucoup de matches avec le Sporting. Je n'ai peut-être pas toujours été aussi performant mais je suis rarement passé à côté de mon sujet. Un seul joueur ne peut pas le faire. Il faut que chacun y aille de son écot. Si ça ne s'est pas produit, c'est que l'opposition était tout simplement meilleure. Trois finales victorieuses en CAN, je n'appelle pas ça des petits matches. Il reste le Standard et le Club Bruges pour une mise au point. Mais pour ça, il faut que je joue. Une poignée de minutes, c'est un peu juste pour se mettre en valeur. Je veux la Coupe. Si je quitte le Sporting, ce sera par la grande porte et non par une issue dérobée. par bruno govers