3 janvier 2013 : un TGV file vers son destin à portée de regard des employés du Centre national de football à Tubize. Il y a 12 mois exactement que Benoît Thans est en quelque sorte le chef de cette gare qui restera inachevée tant que les Diables Rouges n'y fixeront pas leurs pénates.
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3 janvier 2013 : un TGV file vers son destin à portée de regard des employés du Centre national de football à Tubize. Il y a 12 mois exactement que Benoît Thans est en quelque sorte le chef de cette gare qui restera inachevée tant que les Diables Rouges n'y fixeront pas leurs pénates. Et ce n'est pas demain la veille car Marc Wilmots et ses boys ont trouvé un outil de travail plus moderne à Neerpede, le bijou d'Anderlecht. Tubize n'a toujours pas d'hôtel et de vaste parking. Planté dans un décor de zoning industriel, ce centre ne sera jamais comparable au Clairefontaine des Bleus mais, heureusement, on y respire mieux depuis que l'équipe nationale a redressé la tête. Dans les bureaux, la jeunesse est au pouvoir. Une envie saute aux yeux : y mettre un coup pour que le renouveau du football en noir, jaune et rouge mérite une samba mondiale en 2014. Successeur de Michel Sablon, Thans couve les jeunes qui remplaceront un jour nos vedettes actuelles. " Nous basculons dans une autre époque. La Belgique a compris que son avenir passe par la formation ", avance Thans. " Cela saute aux yeux quand on voit le talent des Diables Rouges mais aussi de toutes nos équipes nationales de jeunes. Les clubs belges consacrent en moyenne 9 % de leur budget à la formation. C'est bien, même mieux que le top européen, mais ils peuvent aller jusqu'à 15 %. Quand je vois ce que Zulte Waregem réalise avec des jeunes de chez nous, je dis : - Chapeau Francky Dury. Oui, je suis un indécrottable optimiste. Je bosse avec plaisir et j'adore parler de football. On avance et tant pis pour ceux qui ne veulent pas le voir. " Benoît Thans : Au départ, en plus de l'envie d'avoir des idées et d'en suivre le mûrissement et le cheminement au sein de la plus grande fédération sportive du pays, il y a eu le discours novateur de Steven Martens. Le CEO modernise la fédération dans toutes ses composantes. La Maison de Verre a pris un coup de jeune et est de plus en plus en phase avec le monde qui nous entoure. Il suffit de voir avec quelle maestria la fédé a établi le contact entre l'équipe nationale et son public. Ma mission est uniquement sportive. Je suis un homme du football, c'est mon domaine et le travail est énorme. Non pas parce qu'il s'agit de l'Union Belge, mais en raison des évolutions permanentes du football international. Et, dans ce concert, la Belgique retrouve une image positive. Les Diables Rouges y sont pour beaucoup. Il reste évidemment du pain sur la planche. On ne travaille plus comme ça. Un homme ne peut pas porter un projet sur ses seules épaules. C'est toute une équipe qui fonctionne et qui apporte ses compétences. Le contact a tout de suite été positif et chaleureux avec le président de la Commission Technique, Philippe Collin. Dans son rôle, il vit dans le sillage des Diables Rouges. Il prend les décisions, souvent importantes, et associe des personnes dans sa réflexion. Collin m'a demandé mon avis avant de confier l'équipe nationale à Wilmots. En tant que DTN, j'ai assisté aux discussions avec Wilmots. Je le connais, j'ai joué avec lui au Standard et j'ai toujours mesuré la force de son caractère, le soin dans son travail au quotidien, la clarté de ses idées. Le coach fédéral n'est pas devenu un partisan du jeu offensif, il l'a toujours été. Je le sais depuis plus de 20 ans et je l'ai dit à Collin : j'apporte mon know-how à ceux qui en ont besoin. J'ai aussi été consulté à propos de Vital Borkelmans le T2 de Marc que j'ai souvent croisé sur les pelouses de D1. Je n'entrerai pas dans ce débat-là. Leekens aimait aussi savoir ce qui se passait avec les jeunes internationaux. Il venait aux nouvelles à propos de l'un ou l'autre. Marc, c'est la même chose et il a souvent des échanges avec Johan Walem à propos des Espoirs. C'est important. Christian Benteke casse la baraque en Angleterre. Pour beaucoup, c'est une surprise, mais pas pour nous. Je me souviens l'avoir vu avec les Espoirs et, après une défaite 4-0 en Angleterre, j'ai affirmé : Il est presque prêt. Je ne me suis pas intéressé au résultat, même si nous méritions un point, mais à sa façon de jouer, à ses décrochages, ses contrôles, etc. En panne à Genk, il avait été le meilleur sur le terrain. Notre gardien de but, Koen Casteels, avait été tout bon aussi. Là, nous sommes dans notre rôle et on le signale en réunion, au staff des Diables Rouges. Il faut parler, communiquer, échanger car le football est vaste. J'étais certain que Marc était le coach idéal. Sa réussite ne m'étonne pas du tout. Il est dans son trip, cela saute aux yeux. Son enthousiasme a tout changé. Il sait ce qu'il fait, où il va. Son groupe veut aller loin. Ses joueurs feront le maximum pour atteindre leur objectif. Leur sérénité m'étonne et ils savent que ce sera rude jusqu'au bout : le Brésil ne leur sera pas offert en cadeau. Ils ne lâchent rien et en sont récompensés jusqu'à présent. Contre l'Ecosse, j'ai vu tout un stade qui avait la chair de poule. Je discute de temps en temps avec Marc : c'est toujours positif. Il partage son plaisir. Il connaissait la maison, avait travaillé avec Dick Advocaat et Leekens. Dans mon domaine, je veux accentuer les progrès des jeunes, leur donner le meilleur outil de travail possible. La formation explique aussi la renaissance de l'équipe nationale. Plusieurs Diables Rouges actuels ont appris leur métier à l'étranger. Quand on voit comment les clubs de D1 résorbent leur retard en matière de formation, je me dis que le talent restera plus longtemps chez nous. Tout le monde sera alors gagnant : la D1, les clubs, les joueurs... J'ai lu les révélations de votre magazine. Il m'a parlé de ses projets il y a quelques mois. Ce sont des idées et des visions à la hauteur d'un personnage intelligent, visionnaire. Dans le domaine qui me concerne (jeunes, éducation, formation), je pense qu'un homme comme lui, de 26 ans à peine, a tout compris. C'est un débat fantastique. Il y a forcément du talent dans la région bruxelloise. Cela a suscité la réflexion et, sur cette lancée, je me dis que d'autres choses doivent bouger et bougeront. Mais tout à fait. Vince apporte de l'eau au moulin de ceux qui s'occupent des jeunes. Je ne sais pas où cela le mènera mais, indirectement, il a valorisé le travail des clubs et de la fédération au profit des jeunes. Quand une telle icône s'intéresse à une problématique, c'est positif pour tout le monde. Cela dit, il est temps que les équipes Espoirs de D1 jouent en D3 ou en Promotion. On ne peut plus attendre. Il faut y arriver rapidement. En 2014, j'espère. Sur cette lancée, j'estime qu'il y a trop d'équipes premières chez nous. Il faudrait permettre à des clubs d'avoir uniquement des équipes de jeunes : c'est un de mes grands objectifs. Un club bien géré et uniquement formateur peut rendre de grands services à tout le football belge. J'insiste pour que les gamins jouent le plus souvent possible. La fédé est totalement dans son rôle quand elle forme des coachs pour les jeunes de ces clubs. De plus, les différentes équipes nationales regroupent régulièrement plus de 500 jeunes internationaux à Tubize. Je suis content, très heureux quand je vois ce qui se passe avec Praet, Bruno, Mpoku, Batshuayi. Nous les connaissons, ils fréquentent nos équipes nationales. Il faut oser faire confiance aux jeunes. A Zulte Waregem, Dury a tout de suite été clair avec ses jeunes : ils joueront. Voyez le niveau de Malanda. Et Zulte Waregem est 2e en D1 : si ce n'est pas le chemin à suivre avec les jeunes, il faudra qu'on m'explique. Depuis que Mircea Rednic est au Standard, Batshuayi et Mpoku jouent et ils ont fait oublier Biton et Ogunjimi. Je ne dis pas que les deux jeunots peuvent tenir toute une saison mais ils sont là, existent, progressent. Bruno-Praet : c'est exceptionnel. Grâce à la confiance investie en eux, ils ont déjà découvert la Ligue des Champions. Tous sont des Diables Rouges en puissance. Les clubs et la fédé ont travaillé main dans la main. Je m'explique : quand un jeune vient chez nous, on tient compte du dialogue avec son club pour la charge de travail, ce qu'il fait dans son école de foot, etc. Il faut encore plus communiquer pour des jeunes de 18 ans, de plus en plus nombreux partout en D1 : c'est passionnant. J'ose le dire : le championnat de D1 est de meilleure qualité qu'on le dit généralement : les jeunes y sont pour beaucoup, il faut continuer. J'ai travaillé un an au service du ministre des Sports. J'ai fait le tour de toute la partie francophone du pays. J'ai rencontré beaucoup de monde et j'ai rédigé un rapport insistant notamment sur la nécessité d'avoir plus de terrains synthétiques. Il y en a plus. Ma mission s'arrêtait là. Après, j'ai eu la possibilité de rencontrer Steven Martens et Philippe Collin qui se sont intéressés à mon parcours, à ce que pouvais apporter. On y travaille, il le deviendra : Tubize vivra de mieux en mieux. Chaque chose en son temps. Marc viendra quand il le jugera utile. Le problème n'est pas à l'ordre du jour pour le moment, on verra plus tard quand Tubize aura atteint son rythme de croisière. En attendant, les Diables Rouges sont bien à Neerpede, c'est tout. Ici, il faut travailler, c'est ce qui compte. L'année passée, plus de 30.000 personnes ont eu une activité sportive sur le site (6 terrains) et Tubize doit se développer dans ce sens. Ici, je travaille étroitement avec Walem (coordinateur de toutes les équipes de jeunes, T1 des Espoirs), Ives Serneels (foot féminin), Kris Van Der Haegen (T1 à Wetteren, coaches-manager chez nous), Frédéric Veraghaene qui doit développer Tubize. Frédéric aide Hannut, a bossé au Standard, monte des événements : il doit donner un coup d'accélérateur pour qu'il y ait plus d'activités à Tubize. L'entente est excellente. Il y aura bientôt deux ailes linguistiques : pas de problèmes, il faut progresser ensemble, s'entendre. Je ne vois pas d'autres solutions. Je le vois régulièrement. Je sais, il a réalisé du bon boulot à l'UEFA, à la FIFA, etc. Mon terrain d'action numéro 1, c'est Tubize, la formation, les jeunes, etc. Mais on ne peut pas vivre en vase clos. Un DTN doit être au courant de ce qui se passe ailleurs. Cela l'aide à se forger des idées intéressantes pour le football dans sa globalité. J'ai assisté à un congrès en Pologne et j'en suis revenu avec des impressions et des idées que je me suis empressé de partager. C'est important pour anticiper, préparer l'avenir.. Johan a des relations en Italie, j'en ai de mon côté : on a ouvert les fenêtres. Je ne parle que de football. J'aime évoquer un coach, Malanda, Tottenham, le PSG, Mirallas, Boyata, Gianni Bruno, etc. Quand je vois Johan (qui suit beaucoup de matches pour Wilmots) ou Marc, on ne parle que de football. Nous sommes dans la passion pur jus et c'est tout simplement chouette à vivre. Je suis donc très heureux dans mon rôle de DTN.PAR PIERRE BILIC - PHOTOS : IMAGEGLOBE/ KETELS" Marc Wilmots n'est pas devenu subitement un partisan du jeu offensif, il l'a toujours été. " " Vincent Kompany m'avait déjà parlé de ses projets à Bruxelles il y a quelques mois. "