On a récemment joué au tennis à Club Bruges-Genk (2-6) et le gardien des Limbourgeois Logan Bailly (22 ans) y a fait un match de fou avant de remettre un gros coup de couteau dans la plaie ouverte chez Jacky Mathijssen, au moment de quitter le terrain... Le coach des Brugeois était prostré sur son banc, Bailly s'est avancé vers lui en lui tendant ironiquement son maillot rose qu'il venait d'enlever. Mathijssen n'a pas bronché.
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On a récemment joué au tennis à Club Bruges-Genk (2-6) et le gardien des Limbourgeois Logan Bailly (22 ans) y a fait un match de fou avant de remettre un gros coup de couteau dans la plaie ouverte chez Jacky Mathijssen, au moment de quitter le terrain... Le coach des Brugeois était prostré sur son banc, Bailly s'est avancé vers lui en lui tendant ironiquement son maillot rose qu'il venait d'enlever. Mathijssen n'a pas bronché. Logan Bailly : Non, je ne cherchais pas à provoquer Mathijssen. (Il rigole). Il n'y avait rien de méchant. C'était juste ma petite réponse à quelques phrases assassines que Mathijssen avait lancées à mon propos. Il avait notamment dit, avant le match aller, qu'il souhaitait me voir avec mon maillot rose sur le terrain, comme ça ses attaquants me verraient facilement et pourraient me tromper sans problème. Ce soir-là, Bruges avait gagné chez nous, donc je n'avais rien à répondre. Cette fois-ci, par contre, j'avais tout en main pour prendre ma revanche. Je ne serais pas allé offrir mon maillot à Mathijssen si nous avions gagné 0-1 ou 1-2. Mais ce 2-6, c'était une occasion rêvée pour me venger. Le score, la manière : tout était là. Je me suis aussi souvenu qu'il m'avait déjà tacklé la saison dernière, avant notre match à Charleroi. Il avait déclaré que son équipe pouvait gagner ce match parce que Bailly était dans le but de Genk. J'avais très mal joué, nous avions perdu 4-1, c'était notre première défaite de la saison. Donc, impossible pour moi de répliquer après cette claque. Maintenant, j'ai enfin eu ma revanche. Mathijssen adore lancer des petites piques pour déstabiliser les adversaires. Parfois ça marche, parfois ça peut se retourner contre lui. Mais attention, c'est un entraîneur que je respecte. J'ai le choix entre plusieurs couleurs et c'est celui-là que je préfère. Désolé, mais je ne peux pas en dire beaucoup plus. C'est un ami qui me l'a offert la saison dernière et depuis lors, je le porte à chaque match. Il a une signification très particulière mais j'ai promis à mon pote de ne pas la dévoiler. Mais ce n'est pas pour faire le malin que je porte un t-shirt de Superman ! D'ailleurs, qui savait, avant le match à Bruges, que j'avais ce t-shirt sous mon maillot ? Je ne crâne pas, il y a des gens qui n'apprécient pas ce que je fais mais on ne peut pas plaire à tout le monde. S'il y en a qui ne me supportent pas, c'est plus leur problème que le mien. C'est le jeu, désolé. Il m'avait titillé, j'ai répondu. Je ne regrette rien. Et si Mathijssen devient un jour entraîneur de l'équipe nationale, je sais qu'il sera assez intelligent pour faire sa sélection en fonction du talent et de la forme des joueurs, pas en tenant compte du passé. Pire que maintenant... (Il réfléchit). René Vandereycken fait des choix et il les assume. La Belgique a aussi joué des bons matches avec lui. Ce n'est pas lui qui est sur le terrain. Il ne peut pas récupérer des ballons et marquer des buts. C'est facile de tout mettre sur son dos. Les joueurs sont beaucoup plus responsables que l'entraîneur. Tout ce qu'on demande à Vandereycken, c'est de sélectionner les meilleurs joueurs, de les placer au poste qui leur convient le mieux et de définir une tactique. C'est clair que ça ne marche pas toujours... Mais parfois, il essaye aussi des trucs étonnants qui fonctionnent. Par exemple, personne ne comprenait qu'il titularise Kevin Mirallas pour le match à domicile contre la Serbie. C'était un jeune qui n'avait encore jamais été appelé chez les Diables. Mais après une demi-heure, il marquait déjà un but. S'il avait été mauvais et si la Belgique avait perdu ce soir-là, on aurait encore entendu des remarques du style : -Mais c'est quoi, ce Mirallas ?Je suis surtout conscient d'une chose : je ne fais pas une saison fabuleuse. Maintenant, de là à dire que je ne méritais pas d'être dans le groupe pour ce match... En tout cas, mes objectifs ne varient pas : je veux être un jour le numéro 1 des Diables et je sais que j'y arriverai. Vraiment, j'espère être dans les buts belges en Chine. Je sortais d'une saison difficile, pleine, où nous avions lutté pour le titre jusqu'à deux journées de la fin. Mentalement et physiquement, j'étais épuisé. Et j'ai eu du mal à enchaîner directement avec un tournoi pareil. Selon moi, c'est pour cela que je suis passé un peu à côté de mes matches. Un petit 6 sur 10. C'est faux. De la pression, j'en avais eu pendant toute la saison et elle était énorme, vu notre parcours en championnat. Du début à la fin, tout le monde n'avait pas arrêté de parler de Genk. Ouais... C'est clair que devenir un nouveau Piot, ce serait formidable. Mais j'aimerais bien savoir ce que Georges Heylens entend par sautes d'humeur. Je trouve que j'ai toujours su rester les pieds sur terre. Enfin bon, je prends le pronostic et le compliment de qui ils viennent : d'un grand connaisseur du football, d'un type qui a fait une superbe carrière et qui a donc sans doute raison quand il me prédit un grand avenir. A 22 ans, on ne peut pas être parfait partout. Mon plus gros déficit à ce stade de ma carrière, c'est mon manque d'expérience. C'est en multipliant les gros matches que je pourrai en acquérir suffisamment pour encore passer un palier. J'ai mon caractère, je suis comme ça, j'ai toujours été un type qu'on remarquait plus que certains autres. Et ce n'est pas parce que ça va un peu moins bien cette saison que je vais essayer de changer ma façon d'être. Quand la malchance s'en mêle, les floches ne sont jamais loin. Cette saison, ça tourne un peu moins bien que l'année dernière. Et quand on passe à côté d'un ballon facile, c'est toujours compliqué de trouver une explication convaincante. A choisir, oui, évidemment ! On ne m'a jamais reproché d'être trop spectaculaire. J'essaye toujours d'être efficace avant toute autre chose, mais quand je peux faire le show par la même occasion, je ne m'en prive pas car c'est quand même pour cela aussi que les gens vont au stade. Aucune idée. Ah bon... C'est agréable d'être populaire... J'ai toujours été un peu extravagant, je suppose que ça joue. Je l'ai lu. Mais c'est quand même normal que la presse francophone me pousse, non ? Je suis originaire de Liège, c'est un argument important. Va questionner les gens à Bruges : il y en a sûrement les trois quarts qui ne m'apprécient pas. Pour eux, le numéro 1, c'est d'office Stijnen. Et Olivier Renard est plus aimé en Wallonie qu'en Flandre : il n'y a rien d'étonnant dans ces raisonnements. Genk est un club flamand, mais assez proche de la Wallonie. Donc, je garde une étiquette fort francophone. Je suis sûr que je serais plus apprécié dans toute la Flandre si je jouais au Club Bruges ou au Cercle. En plus, il y a l'éternelle rivalité Liège-Bruges dans l'esprit collectif des Flamands qui joue contre moi. Mais alors, de quoi Stijnen se plaint-il ? Donne-lui ces chiffres et il comprendra qu'il est bien plus populaire que moi... Nous avons des styles complètement opposés. Il reste beaucoup plus sur sa ligne, je m'aventure beaucoup plus dans le trafic aérien. Nos caractères sont aussi fort différents : ce n'est pas lui qui va jouer en rose... Lui aussi, il a déjà gagné pas mal de points pour son équipe. Et s'il n'était pas bon, il ne serait titulaire ni à Bruges, ni chez les Diables. Nous avons une relation normale. Nous ne sommes ni les meilleurs amis, ni les pires ennemis. De mon côté, en tout cas, non... Oui, on m'a contrôlé à 194 km/h, mais c'est faux de dire que mon permis m'avait été retiré. C'est ce que les journaux ont écrit, je ne sais pas où ils sont allés chercher ça. Maintenant, on va me l'enlever à cause de ce contrôle, mais c'est la toute première fois. Je ne pourrai pas conduire pendant un mois : je ferai courir la suspension pendant les vacances. Ou pendant les Jeux Olympiques si je suis sélectionné... Mais je connais plein de footballeurs qui ont été flashés. Marcin Wasilewski a été pris à 200 km/h, Thomas Chatelle à 219, Jérôme Rothen à 245... Mais il y a plein de gars qui roulent vite, partout. Le problème, c'est que c'est fort médiatisé dès que ça concerne une personne connue. Quand c'est un footballeur, un politicien ou le Prince Laurent, ça fait les gros titres... On ne m'a rien dit en face. Je l'ai seulement lu dans la presse. J'attends qu'on me le dise officiellement. Moi, je pars du principe que je suis toujours sous contrat jusqu'en 2011. J'ai été blessé aux adducteurs il y a quelques semaines, puis je suis revenu dans l'équipe dès mon rétablissement. C'est quand même la preuve qu'on compte toujours sur moi, non ? Ce serait une grosse déception. J'ai commencé ma carrière professionnelle à Genk et je serais triste de devoir sortir par la petite porte. C'est sûr, ça ! C'est inexplicable. Nous avons raté notre départ, nous avons oublié de prendre des points faciles, puis ce fut l'engrenage. Dès que l'équipe a coulé, nous n'avons pas été capables de la remettre à flots. J'ai ma part de responsabilités dans le naufrage. Mais je ne me sens ni moins, ni plus coupable que les autres joueurs. C'est tout le collectif qui est passé à travers. Maintenant, si on ne tient pas compte des dégelées au Cercle (5-1) et à Gand (5-0), nous ne sommes plus si mal placés au classement des défenses. J'ai toujours dit moi-même que c'était un très bon gardien, mais qu'on lui laisse le temps de grandir. A son âge, j'étais déjà bon aussi mais je mûrissais sur le banc. Il faudra voir ce qu'il sera capable de faire sous la pression. C'est bien d'avoir du talent, mais ce n'est pas toujours facile de le confirmer quand on joue devant 25.000 personnes. La pression, c'est ce qu'il y a de plus difficile à gérer. C'est n'importe quoi. Il y a plusieurs autres francophones dans le groupe et on ne leur a pas fait de problèmes : Faris Haroun, Eric Matoukou, Igor Lolo, David Hubert, Christian Benteke, Ndabashinze Dugary. Jamais. C'est faux. Je le jure sur la tête de ma fille. Hé, attention, je n'ai pas dit ça. Le Standard reste le Standard. J'ai joué là-bas chez les jeunes, et pour un Liégeois, ce club représente vraiment quelque chose. Pour tout dire, le Standard, j'en rêve. Et qui ne rêverait pas d'être aujourd'hui dans cette équipe qui va être championne ? J'y réfléchirai en temps voulu. Je n'en sais rien. Mais le Standard a quand même déjà des gardiens. Et s'il faut que les deux clubs négocient, je sais déjà que ce ne sera pas simple car les relations ne se sont jamais réchauffées depuis le transfert de Steven Defour. Le président de Genk ne va plus à Sclessin et la direction du Standard ne vient plus ici : ce ne sont pas les meilleures bases pour commencer une discussion. OK, alors il ne m'en reste plus que 14 % à convaincre... Est-ce que ce club a vraiment des raisons de se plaindre d'Aragon Espinoza ? Il n'a quand même pas perdu de points cette saison. Dès que ça va moins bien, on met tous les malheurs du monde sur ses épaules. Tu sais ce que c'est, pour un gardien, de devoir jouer devant un public sceptique et hostile ? C'est terrible. S'il avait les supporters du Standard dans sa poche, il serait beaucoup moins fébrile. Pas du tout. A l'époque, c'est Genk qui avait envie de me donner un contrat. C'est grâce à ce club que j'ai pu débuter chez les pros. Et c'est ici que je suis devenu titulaire dans une des meilleures équipes de D1. Pourquoi regretter tout cela ? par pierre danvoye - photos: reporters/ hamers