Charleroi-Mons en quelques images. Côté Mons... Une défense passoire. Un entrejeu pas inspiré. Une attaque fantomatique. Une volonté de gagner qu'on n'a jamais vue. Une solidarité complètement absente. Une résignation palpable. Une équipe qui semble ne même plus croire aux barrages mais paraît foncer tête baissée vers la D2. Une banderole assassine dans le kop : Merci les mercenaires.
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Charleroi-Mons en quelques images. Côté Mons... Une défense passoire. Un entrejeu pas inspiré. Une attaque fantomatique. Une volonté de gagner qu'on n'a jamais vue. Une solidarité complètement absente. Une résignation palpable. Une équipe qui semble ne même plus croire aux barrages mais paraît foncer tête baissée vers la D2. Une banderole assassine dans le kop : Merci les mercenaires. Charleroi-Mons en quelques mots sortis de la bouche de Christophe Dessy : " On est dans une situation logique où un club paye ses multiples erreurs de fonctionnement (...) Notre dernière place n'est pas un hasard, ça ne sert à rien de chercher des excuses (...) Il y a une part de vérité dans cette banderole (...) Je ne connais pas de club dernier au classement dont les supporters applaudissent, sauf peut-être à Tubize où il y a encore une certaine naïveté (...) C'est difficile de rentrer les mains vides après avoir marqué deux buts à Anderlecht et autant à Roulers ; je peux comprendre que les gars baissent les bras (...) On va maintenant préparer le match contre le Standard : un match perdu d'avance puisque personne ne nous voit de toute façon prendre quelque chose. "Le point avec le président. Domenico Leone : Mais non, tout reste possible. Il y a encore 30 points à prendre et le fossé qui nous sépare des barragistes n'est pas trop profond. Ce sont surtout les verdicts des matches contre Courtrai et Roulers qui me restent sur l'estomac. Un point chez nous contre Courtrai, ce n'était pas assez. Et la défaite à Roulers... On se fait avoir comme des cons dans les dernières minutes ! Peut-être impardonnable, mais certainement compréhensible. Les joueurs avaient la peur au ventre, ils n'étaient pas du tout libérés. Quand Roulers a égalisé, j'ai lu dans leurs regards : -C'est catastrophique. Si mon équipe mène 1-2 là-bas en ayant 10 points d'avance, elle gagne à coup sûr. Je ne suis pas d'accord. Nous avions fait le maximum pour garder notre base. Frédéric Herpoel est un des meilleurs gardiens de Belgique. Roberto Mirri a une sacrée expérience. Hocine Ragued, on sait ce qu'il vaut. Alessandro Cordaro aussi. Nous avions su convaincre Mohamed Dahmane de rester. Nous avions offert des nouveaux contrats à Frédéric Jay et à Fadel Brahami. A côté de cela, il y avait des joueurs que nous ne pouvions pas conserver. Adriano Duarte et Benjamin Nicaise voulaient goûter à autre chose. Reste Wilfried Dalmat : je l'ai encouragé à partir car j'estimais qu'il méritait un grand club. Philippe Saint-Jean a travaillé pour compléter le noyau, il l'a meublé avec ce qu'il pouvait trouver sur le marché. Notre drame, c'est qu'il est parti après un seul match. C'est comme le mec qui fait une armée pour aller à la guerre mais qui abandonne ses soldats dès que la bataille vient de commencer... Après son départ, il a fallu se débrouiller. Thierry Pister n'avait pas été engagé comme entraîneur principal potentiel, simplement comme adjoint. Il a dû colmater les brèches. Comme Dessy après lui. Ni l'un, ni l'autre n'avait choisi les joueurs : c'est toujours un problème. Le recrutement aurait sans doute été complètement différent s'ils avaient eu leur mot à dire. C'est en tout cas décourageant après s'être battus d'une aussi belle façon au deuxième tour de la saison dernière. Pour moi, le premier grand tournant a été le match aller contre Charleroi. Si nous marquons notre penalty, nous prenons nos distances et nous sommes sans doute partis. Au lieu de cela, le doute s'installe. A Anderlecht, l'équipe a surtout montré qu'elle savait faire de très belles choses quand les joueurs n'avaient pas la peur au ventre. Et sur le match à Roulers, il faut aussi savoir rester honnête : si nous gagnons là-bas, c'est un hold-up. Le dernier du classement n'est pas toujours le plus mauvais : il y a vraiment des qualités dans cette équipe. Non, je ne suis pas résigné. Mais à quoi cela aurait-il servi de transférer des joueurs qui n'auraient signé à Mons que pour l'argent ? Je veux bien prendre des gars motivés. Pas des types qui veulent avant tout s'en mettre plein les poches. Nous étions sur Christophe Grégoire mais Charleroi lui a finalement donné plus : c'est comme ça. Nous avons essayé d'avoir Paul Kpaka. Il se tâtait, il est allé à l'église, il a fait des prières, et des bougies lui ont dit de ne pas venir chez nous... Et d'autres qui nous intéressaient étaient vraiment hors de prix. D'accord, mais qu'est-ce qu'ils ne m'ont pas coûté ? L'année passée, Ali Lukunku m'a coûté beaucoup d'argent. Pour quel rendement ? Il est peut-être monté au jeu trois fois une demi-heure. Idem avec Alessandro Pistone. Au bout du compte, ce sont deux hommes qui ont sauvé Mons : Albert Cartier et Dahmane. Quand on a un stade et un terrain dans un état pareil, quand la crise économique frappe, quand on est le seul à faire des efforts depuis des années, on finit par s'essouffler. Aujourd'hui, c'est priorité à mes entreprises. Je ne suis pas d'accord. Est-ce qu'il faut des grands noms pour réussir sa saison ? Quels sont les grands noms à Courtrai ? Quel est le niveau d'expérience dans cette équipe ? Il n'est pas élevé mais ça marche. J'estime que nous n'avons pas mal transféré en été. Tout le monde disait que Mustapha Jarju était un bon attaquant qui avait largement le niveau de la D1. Moussa Gueye était décrit comme un diamant brut. Kevin Oris avait prouvé qu'il savait marquer des buts. Je me répète : mon problème, c'est que mon capitaine est parti et a laissé le bateau s'enfoncer. Evidemment, puisqu'aucun secteur n'est épargné. Mais j'ai quand même la chance de faire travailler beaucoup de sous-traitants. Quand il n'y a plus assez de boulot, je ne leur passe plus de commandes. C'est moins grave que si je devais licencier du personnel. Il continuera à exister. Pas de problème. Saint-Trond, le Lierse, Metz et Lens sont aussi en D2 mais ce n'est que temporaire. Je préfère la D2 qu'un cancer ! Ce n'est que du sport, finalement. Bien sûr. C'est mon club. J'assumerai. Johan Vermeersch n'a pas quitté le Brussels. Roland Duchâtelet est resté à Saint-Trond. Je ferai comme eux. Mais j'aurais peut-être de nouvelles exigences. Surtout par rapport à la Ville. Elle nous aide mais elle n'en fait pas assez. Il faut terminer notre stade. A ce moment-là, les gens viendront. Pour le moment, même si j'arrivais à remplir la nouvelle tribune derrière un but, ça ne me suffirait même pas pour payer le salaire annuel d'un Herpoel. Mes entreprises réalisent un chiffre d'affaires de 80 à 90 millions, je sais traiter des chiffres, je fais des budgets tous les jours. La grande vérité, c'est que Mons n'a pas de recettes suffisantes pour se maintenir en D1. On ne peut pas faire tourner une équipe avec 3 millions... Des joueurs payeront. Il y a des options à lever avant le 31 mars. A cette date-là, on ne connaîtra pas le verdict, donc nous ne lèverons pas les options sur les joueurs qui ont un beau salaire. C'est pratiquement impossible de faire autrement la première saison parce qu'il y a toujours beaucoup de charges. Surtout les contrats de joueurs qu'il faut continuer à honorer. Quand nous étions descendus en 2005, nous avions été obligés de conserver plus ou moins le même budget la saison suivante en D2, vu que beaucoup de joueurs étaient encore sous contrat. Si certains trouvent mieux ailleurs, ils peuvent partir demain. Mais c'est plus facile à dire qu'à faire. Prenez Cédric Roussel : il a un bon contrat qui court encore sur plus d'un an, mais il ne s'en va pas vu qu'il ne trouve pas mieux dans un autre club. Je suis sûr que certains préféreront rester chez nous, même en D2. Mais pas tous, je suppose. Ragued, David Fleurival et Jarju sont internationaux : ils feront peut-être tout pour retrouver une place en première division, je trouverais cela logique. Pour la plupart, une diminution de salaire est stipulée. Ils gagneraient entre 15 et 20 % de moins qu'aujourd'hui. Mais ça reste très cher. Je n'en sais rien. Mais la crise jouera, c'est sûr. Notre budget actuel tourne autour des 6,5 millions. Il devrait redescendre à 4 millions en D2. Nous travaillons toujours avec des contrats de sponsoring courant sur une seule saison. Des sponsors nous quitteront s'il y a chute en D2. D'autres partiront sans doute, même si nous nous maintenons, à cause du contexte économique. Et ceux qui resteraient en D1 donneraient de toute façon moins d'argent qu'aujourd'hui. Dessy est notre directeur sportif. Il ne fait qu'assumer un dépannage. Sans que cela soit un problème. Au Cercle Bruges aussi, il y a Glen De Boeck qui combine les deux fonctions. Mais si nous restons en D1, il est probable que nous chercherons un nouvel entraîneur. par pierre danvoye - photos: belga