Le jeu que tu mets en place peut être influencé par la présence d'un public qui paie un prix conséquent pour aller au stade ? Tu leur dois quelque chose, finalement ?

MAZZU : Dans tous les clubs du monde, un joueur de foot doit aller au charbon. Parce que le public paie sa place et a envie de voir des joueurs se donner à fond. Le contraire est anormal. Mais cette valeur-là est plus importante à Charleroi. Parce que tous les gens qui sont derrière le but, ce sont des gens qui sont comme moi sur le plan social. Moi, je suis fils de mineur, et là se retrouvent des gens qui sont du même niveau social que ma famille. Cette valeur, j'essaie de la transmettre au...

MAZZU : Dans tous les clubs du monde, un joueur de foot doit aller au charbon. Parce que le public paie sa place et a envie de voir des joueurs se donner à fond. Le contraire est anormal. Mais cette valeur-là est plus importante à Charleroi. Parce que tous les gens qui sont derrière le but, ce sont des gens qui sont comme moi sur le plan social. Moi, je suis fils de mineur, et là se retrouvent des gens qui sont du même niveau social que ma famille. Cette valeur, j'essaie de la transmettre aux joueurs. Quel que soit le score, à aucun moment je ne pourrai accepter qu'un joueur ne se donne pas à 100 %. Après, la manière dont tu joues, l'identité du club, c'est bien. Mais il faut avoir les moyens pour pouvoir le faire. Si tu ne les as pas, tu te reposes sur la valeur fondamentale. Et dans la région de Charleroi, c'est aller au charbon. MAZZU : La même équipe qu'à Charleroi ? Oui, je joue de la même façon. Parce que tu fais ton équipe en fonction des qualités de tes joueurs. Mon dispositif favori, c'est de jouer avec deux attaquants. Deux vrais attaquants hein, pas avec un neuf et demi. Mais il faut pouvoir le faire. Tous les ans, j'ai commencé en 4-4-2 à Charleroi. J'ai toujours essayé. MAZZU : On ne le voit pas assez souvent en Belgique. Mais pour moi, c'est le dispositif dans lequel tu quadrilles le mieux le terrain. Tu as déjà tes deux lignes de quatre, qui sont là dans presque tous les systèmes. Et les deux attaquants, si le travail est bien fait, te permettent d'avoir deux joueurs très haut sur la défense adverse en possession de balle. Les défenseurs adverses sont emmerdés parce qu'ils hésitent entre la prise en charge homme contre homme ou le fait de faire reculer un milieu pour être en supériorité numérique. Et en perte de balle, tu peux reformer ton triangle au milieu quand le travail est bien fait. Mais tout le monde sait que l'attaquant est une race de joueurs qui ne pense qu'à marquer. Donc, c'est très difficile de les faire se replacer 99 % du temps dans les bonnes zones en perte de balle. Pour jouer le 4-4-2, il faut de la grosse qualité. Parce que si tu joues bas et que les attaquants se replacent mal, il y a un espace dans l'entrejeu qui permettra au triangle de l'adversaire de prendre tout le temps le dessus au milieu. Mais si tu es dominant, et que tu joues tout le temps dans le camp adverse, ce triangle est moins préjudiciable. Donc, il y a tout un ensemble de facteurs qui font que je n'arrive pas à l'installer à Charleroi.