Après José Arribas et Guy Roux, Joël Muller est depuis 2001 président de l'Unecatef (Union nationale des entraîneurs et cadres du football français) fondée en 1972. En Belgique, Robert Waseige, Georges Leekens, Urbain Hasaert et René Taelman, lancèrent un syndicat des entraîneurs dont les statuts furent publiés au Moniteur mais l'essai ne fut pas transformé. Plus récemment, Jacky Mathijssen a accepté le poste de président d'un nouveau syndicat qui a brillé par son silence assourdissant quand Philippe Collin a estimé que " 95 % des coaches étaient corrompus " avant qu' Abbas Bayat ne dénigre vertement la professio...

Après José Arribas et Guy Roux, Joël Muller est depuis 2001 président de l'Unecatef (Union nationale des entraîneurs et cadres du football français) fondée en 1972. En Belgique, Robert Waseige, Georges Leekens, Urbain Hasaert et René Taelman, lancèrent un syndicat des entraîneurs dont les statuts furent publiés au Moniteur mais l'essai ne fut pas transformé. Plus récemment, Jacky Mathijssen a accepté le poste de président d'un nouveau syndicat qui a brillé par son silence assourdissant quand Philippe Collin a estimé que " 95 % des coaches étaient corrompus " avant qu' Abbas Bayat ne dénigre vertement la profession. Qui ne dit mot consent ou n'existe pas. En France, l'Unecatef aurait réagi avec vigueur ! Joël Muller : " C'est grave et, en France, nous exigerions des explications et des preuves. On ne peut pas laisser dire n'importe quoi. Corrompus ? En quoi ? Si un coach prend de l'argent sur un transfert, cela se sait vite. Pour un dirigeant, lancer cela, ce n'est pas une attitude responsable. Moi, je porterais plainte en justice. En 1972, l'Unecatef a élaboré un statut des éducateurs avec la définition des droits et devoirs de l'employeur et de l'employé et imposé l'obtention des diplômes. Après ma carrière de joueur, je me suis tourné vers le métier d'entraîneur et je suis entré à l'Unecatef présidée par Roux. La formation est exigeante et cela a posé des problèmes à des coaches venus de l'étranger n'ayant pas un cursus équivalent. L'ouverture de l'Europe a changé la donne. Bien formés, nos entraîneurs, boostés par le succès de la Coupe du Monde 98 et de la formation à la française, sont partis à l'image d' Arsène Wenger, et il était normal d'accepter des techniciens étrangers chez nous. Quand je suis devenu coach en 1989, l'entraîneur des gardiens était boucher. Je respecte cela mais il fallait professionnaliser. A partir de 2001, l'Unecatef a regroupé les entraîneurs des clubs pros mais aussi tous les diplômés qui ne vivent que du football, ce qui nous permet d'avoir un panel des gros contrats de la L1 à ceux qui gagnent 1.500 euros en National ou en Division d'Honneur. On ne peut pas défendre ceux qui ont un autre métier principal. Nous avons fixé des contrats planchers avec les clubs. Cela dit, sur les 500 membres de l'Unecatef, 120 sont chômeurs dont 45 détiennent le diplôme qui permet d'entraîner un club professionnel. Nous avons créé une commission foot-expats pour s'ouvrir sur le monde extérieur et trouver des débouchés. C'est une priorité. Après les soucis des Bleus en Afrique du Sud, la cote de nos coaches a pâli à l'étranger. Il y a des pays qui sont plus adroits que nous. Je songe, par exemple, à l'Allemagne qui dit à beaucoup de pays africains : - Nous payons le coach. Cela se fait grâce au soutien du service national ou régional à la Coopération, via les équipementiers, etc. L'entraîneur va être reçu à un moment par les hommes d'affaires et le président et il y a ensuite des retombées économiques. Nous nous refusons à cela mais cela nous pose des problèmes même dans les pays francophones. Quand les Chinois arrivent dans un pays, ils construisent aussi le stade, ce qui intéresse grandement les Africains. " " A la Ligue professionnelle ou à la fédération, où nous sommes présents, l'Unecatef agit de façon constructive. En cas de problèmes, notre avocat appelle immédiatement le coach qui, comme pour Antoine Kombouaréau PSG, par exemple, est écarté. Si notre membre le désire, nous organisons sa défense. Les dirigeants français considèrent leur entraîneur comme un cadre de haut niveau. Le métier a évidemment changé et est très exposé médiatiquement, notamment dans des émissions où n'importe qui dit n'importe quoi. Les agents sont omniprésents et songent surtout à leur commission. La pression est énorme au niveau des résultats, de ceux qui ne jouent pas, etc. Les joueurs sont plus agressifs, les médias et le public aussi. Nous sommes donc en remise en question permanente. " PAR PIERRE BILIC - PHOTO: IMAGEGLOBE" Après les soucis des Bleus en Afrique du Sud, la cote de nos coaches a pâli à l'étranger. "