Que faut-il penser de Tom De Mul, ce petit blondinet qui, à 20 ans, éclaboussait de sa classe et de ses dribbles le flanc droit de l'Ajax Amsterdam ? Depuis son passage au FC Séville, où il n'a jamais réellement eu voix au chapitre, une étiquette d'éternel espoir s'est progressivement collée à sa peau. Son passage de six mois au RC Genk, durant le premier semestre 2009, n'a pas entièrement convaincu les sceptiques. Il vient de débarquer à Sclessin, toujours sous forme de prêt, et a désormais une saison entière pour convaincre.
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Que faut-il penser de Tom De Mul, ce petit blondinet qui, à 20 ans, éclaboussait de sa classe et de ses dribbles le flanc droit de l'Ajax Amsterdam ? Depuis son passage au FC Séville, où il n'a jamais réellement eu voix au chapitre, une étiquette d'éternel espoir s'est progressivement collée à sa peau. Son passage de six mois au RC Genk, durant le premier semestre 2009, n'a pas entièrement convaincu les sceptiques. Il vient de débarquer à Sclessin, toujours sous forme de prêt, et a désormais une saison entière pour convaincre. TomDeMul : Surtout heureux. Le Standard m'offre une nouvelle chance. C'est un très beau club, un club du top belge. Plutôt le subtop. Cela ne va sans doute pas faire plaisir aux dirigeants limbourgeois, mais c'est tout de même un cran en dessous. C'est aussi un beau club, très ambitieux, mais à l'époque où j'avais débarqué, on ne pouvait pas dire que c'était le top : l'équipe se calfeutrait en milieu de classement et seule la victoire en Coupe de Belgique avait permis de sauver la saison. C'était évidemment fantastique de pouvoir évoluer dans une ambiance pareille, et j'ai pu me rendre compte que le Standard générait beaucoup de passion, mais je n'avais pas attendu ce match-là pour le savoir. Beaucoup : ma vitesse, mes dribbles, mes centres, mes passes, mes buts, mon expérience. J'ai effectué toute la préparation avec Séville, et cela s'est bien passé. Ce n'était pas une partie de plaisir, c'était très lourd : trois entraînements par jour. Lever à 7 heures du matin, cross sur la plage, puis entraînement à 10 h 30 et encore un deuxième entraînement - ou un match amical - le soir. Comme Séville est la ville la plus chaude d'Espagne, on était parti en stage à Cadix. C'est l'Andalousie aussi, mais comme c'est au bord de la mer, il y a plus d'air. J'ai aussi disputé deux matches amicaux. Enfin, deux mi-temps, car l'entraîneur avait fait tourner son effectif et aligné deux équipes différentes, avant et après le repos. Physiquement, je suis donc affûté. Je suis seulement contrarié par une gêne aux adducteurs qui m'a empêché d'affronter Lokeren, samedi. Probablement, oui. La préparation était tout de même très dure. Oui, il a procédé de cette manière avec les joueurs sur lesquels il ne comptait pas cette saison. J'ai eu une discussion avec lui, je lui ai signifié que ma priorité était de jouer. Il a été honnête avec moi, il m'a expliqué que ce serait difficile. On a donc cherché une solution. Deux jours plus tard, je signais au Standard. C'est un monument là-bas, un gars de la région et un footballeur de grande classe. En plus, il n'est jamais blessé. Entre lui et moi, la lutte était inégale. Navas n'avait pas encore la même importance qu'aujourd'hui, dans l'équipe. Je savais que je franchissais un échelon en partant pour l'Espagne et que je devrais élever mon niveau par rapport à l'Ajax, mais j'estimais avoir mes chances. Je me disais aussi que, si une équipe dépensait cinq millions pour acquérir mes services et me proposait un contrat de cinq ans, ce n'était pas pour me laisser cinq ans sur le banc. Mon expérience à Séville ne s'est pas déroulée comme je l'espérais, je dois l'avouer. C'est une excuse un peu trop facile. Au début, j'ai eu du mal à m'y faire, c'est exact, car j'avais toujours évolué en 4-3-3. Mais, si j'avais pu jouir d'une certaine continuité dans l'équipe, le système de jeu n'aurait pas constitué un obstacle insurmontable. Je vais vous étonner : pas grand-chose. J'ai tourné la page, je me concentre pleinement sur le Standard. Je garde malgré tout de très bons souvenirs. J'entretenais une très bonne relation avec mes coéquipiers, je vivais dans une très belle ville. Le FC Séville est aussi un magnifique club et le championnat d'Espagne est l'un des plus beaux d'Europe. Oui, même lorsqu'on ne joue pas. Ou pas souvent, car il m'est tout de même arrivé de jouer et même de marquer. J'ai affronté le Real Madrid et le FC Barcelone, j'ai inscrit un beau but contre Getafe. Tout cela reste gravé dans ma mémoire. Bien sûr, lorsqu'on se retrouve sur le banc ou dans la tribune, c'est moins drôle. Surtout qu'en Espagne, il n'y a pas de championnat de Réserve comme on le conçoit en Belgique. Sevilla Atlético, qui a évolué en D2 et qui est redescendu en D3, est l'équipe filiale, mais les joueurs qui n'ont pas joué avec l'équipe Première ne peuvent pas redescendre pour accumuler du temps de jeu, comme cela se fait ici. Ténériffe a été très concret à un moment donné, Majorque aussi l'an passé. Moi, j'étais partant. Mais les deux clubs ne sont pas parvenus à un accord. Oui, mais comme doublure. J'aurais été le premier remplaçant de Luis Suarez. Quand on connaît l'importance que revêt l'Uruguayen pour l'Ajax, on peut deviner que je n'aurais pas eu beaucoup de possibilités de prendre sa place. Personne ne peut se prétendre indiscutable, mais j'ai en tout cas senti, dès les premières discussions, que l'on comptait beaucoup sur moi. Ces joueurs-là n'ont pas le même profil que moi. Carcela peut aussi évoluer sur le flanc gauche. Moi aussi, je peux évoluer sur le flanc gauche. ( Ilfroncelessourcils). Je préfère tout de même le flanc. Cela restera un bon souvenir pour tous ceux qui l'ont vécu. C'est, jusqu'à présent, le sommet de ma carrière. J'en ai encore parlé, récemment, avec Jan Vertonghen. Lui aussi se souvient encore de Pékin avec beaucoup de nostalgie. On se voit encore de temps en temps, car j'ai gardé une maison à Amsterdam, pas bien loin de la sienne. Je garde aussi un bon souvenir de la conquête de la Coupe de Belgique avec Genk. C'est tout de même un trophée que j'ai accroché à mon palmarès. Non, malheureusement. J'avais largement contribué à la qualification, en inscrivant trois buts lors des demi-finales : un à l'aller à Genk et deux au retour au Lierse. Mais je me suis blessé 15 jours avant la finale, lors d'un match de championnat contre Courtrai. Oui, effectivement. On pensait qu'elle allait guérir avec le temps. J'avais repris les entraînements, mais cette gêne revenait de façon chronique. J'ai finalement été opéré en février de cette année. J'en veux un peu au médecin du FC Séville de ne pas avoir découvert plus tôt que l'opération s'imposait. En comptant les deux mois de rééducation, je suis redevenu opérationnel en avril. Autant dire que la saison était terminée. J'ai perdu une saison entière. Si j'avais été opéré tout de suite, j'aurais pu rejouer bien plus tôt, à Séville ou ailleurs. J'en ai perdu beaucoup, oui. Il n'est pas trop tard pour effectuer ma percée, mais il est temps. La chance n'a pas toujours été avec moi, avec cette éclosion de Jesús Navas, ces blessures au mauvais moment, ce mauvais diagnostic après ma blessure à Genk. Je ne veux pas incriminer mes entraîneurs. Ce serait trop facile de leur attribuer la responsabilités de mon échec. S'ils ne m'ont pas fait jouer, ils avaient sans doute leurs raisons. C'est peut-être ma faute également. Un échec est toujours lié à un ensemble de circonstances. Je crois avoir fait le maximum pour me soigner, j'ai toujours travaillé pour progresser, mais voilà : je ne veux pas accuser les autres, ce n'est pas mon style. Oui. Comme tout le monde, je pense. Il est encore beaucoup trop tôt pour penser à cela. Je dois d'abord percer au Standard. Mais il est vrai que cette place d'ailier droit, pour laquelle Georges Leekens semble encore chercher un postulant régulier, me tente. Exact. Un mauvais match, où il était difficile de se mettre en évidence. Mais je ne veux plus regarder derrière. Seulement devant. J'ai encore un avenir, un bel avenir devant moi. lPar Daniel DevosEntre Navas et moi, la lutte était inégale. Lui, c'est un monument, un footballeur de grande classe.