1 Vous avez joué sept ans à Lommel, quatre à Genk et trois à Anderlecht mais vous n'êtes resté qu'une saison à Lokeren et au Germinal Beerschot. Pourquoi ?

A Lokeren, on m'a dit que je devais partir mais je n'en connais toujours pas la raison. Pourtant, je m'y plaisais bien et j'y serais volontiers resté quatre ans. Mais soudain, le président Roger Lambrecht a estimé qu'il n'avait plus besoin de moi, alors que je restais sur une bonne saison. Heureusement, le Germinal Beerschot était d'accord de reprendre mon contrat. Le Beerschot est, de loin, le club le plus correct que j'aie connu. On n'y discute jamais longtemps. Si quelque chose est possible, on fonce. Et si ce n'est pas possible, on vous le dit, tout simplement. Lorsque St-Trond s'est intéressé à moi, j'ai dû réfléchir mais, d'un point de vue personnel et pratique, c'était mieux : je pouvais jouer près de chez moi, éviter les files sur le ring d'Anvers. De plus, je m'étais toujours juré de porter à nouveau le maillot d'un club limbourgeois.
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A Lokeren, on m'a dit que je devais partir mais je n'en connais toujours pas la raison. Pourtant, je m'y plaisais bien et j'y serais volontiers resté quatre ans. Mais soudain, le président Roger Lambrecht a estimé qu'il n'avait plus besoin de moi, alors que je restais sur une bonne saison. Heureusement, le Germinal Beerschot était d'accord de reprendre mon contrat. Le Beerschot est, de loin, le club le plus correct que j'aie connu. On n'y discute jamais longtemps. Si quelque chose est possible, on fonce. Et si ce n'est pas possible, on vous le dit, tout simplement. Lorsque St-Trond s'est intéressé à moi, j'ai dû réfléchir mais, d'un point de vue personnel et pratique, c'était mieux : je pouvais jouer près de chez moi, éviter les files sur le ring d'Anvers. De plus, je m'étais toujours juré de porter à nouveau le maillot d'un club limbourgeois. Oui. St-Trond a des ambitions identiques à celles du Beerschot : investir dans l'aspect sportif et progresser au classement. C'était ma première exigence et St-Trond y a répondu en transférant de bons joueurs. Je crois qu'ils ont compris que tout se joue d'abord sur le terrain. A la fin de cette saison, le stade sera rénové et il y aura encore des travaux un an plus tard. C'est la preuve que St-Trond travaille sérieusement. Nous méritons plus de points. Nous ne devons pas douter de nos qualités, nous devons continuer à croire en nous. Si nous nous posons trop de questions, ce sera pire : la qualité du jeu s'en ressentira. Nous devons veiller à ce que cela n'arrive pas. Il est impossible que nous restions aussi bas au classement. Quand les choses vont se mettre à tourner, nous allons effectuer une belle remontée. Cette équipe a une bonne mentalité et, rien qu'avec cela, on va déjà très loin. Nous devons simplement veiller à être un peu plus précis et plus bagarreurs devant. (Il sourit) Je n'ai jamais eu peur de devoir jouer à plusieurs places différentes. Chacune a ses avantages et ses inconvénients. Quand on joue devant, on a peu d'espaces. Quand on vient de derrière, on est souvent libre. Mais on ne doit pas oublier qu'il s'agit d'abord de défendre tandis qu'un attaquant peut se permettre de faire des choses qui ne rapportent rien immédiatement à l'équipe. Ces dernières années, on m'a déjà posé la question un millier de fois. Jouer arrière droit ne me déplaît pas. Aujourd'hui, je peux jouer à plusieurs places. Evidemment, il y a aussi un inconvénient : quand on a l'occasion de jouer cinq ou six semaines d'affilée à la même place, on est plus vite dans le rythme. Quand les gens de St-Trond m'ont contacté, ils m'ont dit que c'était pour jouer sur les flancs. Devant ou derrière ? Ils ne le savaient peut-être pas encore. (Il rit). Il travaille très bien et je sais de quoi je parle car j'ai eu 15 entraîneurs en 15 ans ! Ceux qui ont vu tous nos matches savent que nous ne sommes pas récompensés de nos efforts. Je trouve que Caers est un entraîneur moderne et qu'il convient parfaitement à la jeune génération. Il demande de se donner à fond. J'aime aussi sa façon de corriger les gens : lorsqu'il signale un point faible, il parle également du positif. Il parvient ainsi à créer un lien avec ses joueurs. A ce point de vue, il me fait un peu penser à Jos Daerden qui, au Beerschot, avait tout le groupe derrière lui. Peter est l'un des joueurs avec qui je m'entends le mieux. Il a un peu le même caractère que moi. Quand nous étions adversaires, nous nous battions sans cesse. C'est pourquoi je suis heureux de porter le même maillot que lui. Je lui souhaite de tout c£ur de récupérer une place dans l'équipe mais c'est l'entraîneur qui choisit. Non, je crois que j'ai toujours fait les bons choix. Lorsque j'ai quitté Genk, j'aurais également pu aller à l'étranger mais j'ai opté pour Anderlecht. Je ne pense pas que c'était une erreur. J'y ai livré de bons matches, surtout au cours des deux premières saisons. J'avais le niveau mais pas le style maison. Au sein de la direction, seules quelques personnes étaient d'accord d'introduire un nouveau style. A un certain moment, on ne m'a plus fait jouer et on a voulu me bazarder. C'était David contre Goliath. Hugo Broos a voulu me protéger mais sa situation a commencé à devenir intenable. Nous avons donc cherché une solution. Lorsque les trois parties s'y retrouvent, il n'y a pas de perdant. Je me suis toujours senti à l'aise dans le Limbourg. Le fait d'être le plus âgé ne me donne pas de cheveux blancs car je ne le sens pas. Je ne me place pas au-dessus de la mêlée, même si j'ai un vécu plus important que les autres joueurs. Si chacun peut apporter quelque chose à l'autre, c'est l'idéal. Je serais très heureux de pouvoir jouer ici pendant dix ans. J'ai signé pour trois ans et, après, je resignerai pour cinq (il rit). J'ai 32 ans et je pète la forme. Mes cuisses n'ont toujours pas connu la moindre déchirure musculaire. Mais c'est vrai que j'ai beaucoup de kilomètres au compteur... l Jan Hauspie