Vadis Odjidja se laisse diriger par le destin. Il est convaincu que les méandres de la vie l'ont conduit au Legia Varsovie. Dix mois après son surprenant transfert en Pologne, il a remporté le premier titre de sa carrière. Il a en plus été élu meilleur médian et meilleur joueur du championnat. Pourtant, ses prestations en Ekstraklasa ne reçoivent pas l'écho qu'elle méritent. " Beaucoup de Belges ont été surpris que j'opte pour le Legia Varsovie. Ils ne savent pas que le championnat polonais est en plein boom. Les stades y sont d'ailleurs beaucoup plus modernes qu'en Belgique. Notre parcours européen en est la meilleure preuve : on a survécu à une poule qui comportait le Real, le Borussia Dortmund et le Sporting Lisbonne. Ensuite, on a été éliminés de justesse par l'Ajax en Europa League. Ce n'est pas vraiment un indicateur du niveau du championnat mais quand même.

La vie en Pologne te plaît ?

VADIS ODJIDJA : J'ai été agréablement surpris. Je m'étais fait une idée de la Pologne sur base d'un match du Club Bruges contre Lech Poznan. On avait joué dans un trou perdu, le stade était super vieux. Mais une fois à Varsovie, je me suis rendu compte que l'image négative que j'avais du pays ne correspondait pas à la réalité. La langue est le seul problème : le polonais est difficile à apprendre. Il n'y a pas beaucoup de bons coiffeurs non plus. Donc, je porte souvent une casquette. J'en ai toujours une en réserve dans la voiture.

LE PASSAGE ÉCLAIR DE HASI

Tu as pensé quoi quand le Legia s'est manifesté ?

ODJIDJA : L'offre est arrivée au bon moment. Je voulais partir loin de chez moi pour pouvoir me concentrer sur le football. La proposition m'a tout de suite intéressé. La veille de mon voyage pour Varsovie, j'ai demandé à mon agent, Christophe Henrotay, si je devais prendre une valise. Il m'a dit de la cacher pour ne pas perdre notre avantage psychologique pendant les négociations. Je me suis donc contenté d'un petit sac. Je n'avais même pas de chaussures de rechange.

Personne n'aurait imaginé que tu te retrouverais en Pologne à 28 ans.

ODJIDJA : Je suis le premier surpris. Mon transfert n'aurait jamais eu lieu sans Besnik Hasi. C'est lui qui a insisté auprès de la direction pour m'enrôler. Ce virage de ma carrière m'incite à penser qu'il faut vivre au jour le jour, en football. Il ne faut jamais voir plus loin que demain.

Pourquoi Hasi a-t-il été renvoyé aussi vite ?

ODJIDJA : L'objectif prioritaire était la qualification pour les poules de Ligue des Champions. Hasi voulait que les titulaires soient frais pendant les tours préliminaires et il a aligné des jeunes et des réservistes à quelques reprises en championnat. Le jeu n'était pas bon. Un moment donné, on a même été avant-derniers et les supporters ont fait pression. Ils ne comprenaient pas les décisions de Hasi. Quelques jours après la défaite à domicile contre Lubin, il a été viré alors qu'il était le premier entraîneur en vingt ans à avoir qualifié le Legia pour la phase de poules de la Champions League.

Tu as craint que son limogeage en septembre te soit fatal ?

ODJIDJA : Jacek Magiera, le nouvel entraîneur, avait joué avec mon concurrent direct... J'ai donc craint que ça se termine mal pour moi mais tout s'est bien déroulé. J'ai commencé sur le banc quelques fois mais après une bonne entrée au jeu contre le Sporting Lisbonne, je n'ai plus quitté l'équipe.

MAL ENTOURÉ

Tu as longtemps été considéré comme un grand talent. On peut dire que tu ne t'es pas pleinement exprimé ?

ODJIDJA : J'ai eu de la poisse aux moments cruciaux. À Bruges, je me suis systématiquement blessé en fin de championnat, ce qui a fait reculer pas mal d'équipes. Je crois au destin. Tout le monde n'est pas prédestiné à jouer au Real Madrid. Je n'ai pas été gâté non plus dans ma vie privée : ma belle-mère est décédée puis, l'année passée, ça a été le tour de ma mère. J'ai fait mon deuil à l'entraînement. Je ne pouvais me vider la tête que sur le terrain. Parfois, j'avais besoin de calme, d'autres fois, j'avais besoin de mon crew. Entre-temps, j'ai accepté mon destin et j'essaie de sortir plus fort de ces épreuves.

Tu as parfois fait les mauvais choix ?

ODJIDJA : J'ai commis des erreurs, c'est vrai, mais je n'ai pas eu prise sur tout. Adolescent, j'étais mal entouré. Je ne parlerai pas d'exploitation car c'est moi qui ai demandé à cet homme de se charger de mes affaires, en pleine conscience, mais il n'est pas normal qu'un manager te taise des choses ou te pousse dans la mauvaise direction parce qu'il en tire plus de profit. Je l'ai souvent dit : j'aime le football mais je ne supporte pas le milieu, ce qui l'entoure.

Ce discours revient souvent dans la bouche des joueurs. Qu'est-ce qui te dérange le plus ?

ODJIDJA : Trop de gens essaient de se faire de l'argent sur le dos des joueurs. Ce n'est pas une situation saine. Heureusement, je suis à un âge qui me permet de mieux juger de la compétence des gens. Quand j'avais 18 ans, mon manager n'a pas transmis une offre de contrat d'Anderlecht et quand j'ai signé mon contrat à Hambourg, je n'y ai pas retrouvé les chiffres qui avaient été négociés.

Tu n'as pas voulu sauter des étapes à Anderlecht ?

ODJIDJA : J'ai été repris dans le noyau A à seize ans et j'ai attendu ma chance pendant des années. Franky Vercauteren a été limogé et son successeur, Ariel Jacobs, m'a immédiatement fait jouer mais c'était trop tard : j'avais déjà signé pour Hambourg.

Vercauteren t'a préféré Yves Vanderhaeghe et Mark De Man.

ODJIDJA : Mais l'entraîneur a aussi préféré De Man à Cheik Tioté... Tout le monde pouvait voir que Tioté était meilleur. Mais on n'a rien dit. À 18 ans, ça ne sert à rien de demander à l'entraîneur pourquoi on ne joue pas. C'est toujours le même refrain : attends patiemment ton heure. Ceux qui parlent trop sont renvoyés en Espoirs. Maintenant, avec l'âge, j'ose m'adresser à l'entraîneur et lui dire ce que je pense.

UNE IMAGE ENTACHÉE

Pourquoi est-ce que tu entretiens une relation amour-haine avec la presse ?

ODJIDJA : Je supporte mal le screening permanent de la presse. On m'a tenu à l'oeil très tôt et je l'ai mal vécu. Quand ça va bien, cette attention est chouette, mais je ne suis absolument pas fan des médias.

C'est pourtant un instrument utile quand on sait comment s'adresser à eux.

ODJIDJA : J'ai déjà eu de nombreux débats à ce sujet avec des journalistes et j'en arrive toujours aux mêmes conclusions. Un : tout ce que tu dis peut être mal interprété. Deux : si tu dis ce que tu penses, ça te revient comme un boomerang. Alors, quelle est l'utilité d'une interview ?

Tu tires des leçons du passé. Avant, tu étais très ouvert avec les journalistes.

ODJIDJA : Je racontais surtout des bêtises. Ou je m'exprimais mal. Mais au moins je disais ce que je pensais. De nos jours, plus personne n'ose donner son opinion. Vous avez déjà entendu un joueur dire que la composition d'équipe était mauvaise ou que l'entraîneur avait commis des erreurs tactiques ? Des joueurs se taisent pendant des mois puis ils parlent dès que l'entraîneur est limogé...

Un moment donné, tu es devenu la cible de la presse. On a même écrit que tu ne te soignais pas et que tu étais trop gros.

ODJIDJA : Au Club Bruges, mon poids est toujours resté dans les normes. Un joueur trop lourd ne joue pas tous les matches ! Mes blessures n'étaient pas liées à un quelconque surpoids. Je me suis notamment fracturé un os du métatarse. J'ai aussi souffert d'une dislocation du tibia. Ce sont des blessures rares. Quand on est trop gros, on s'expose surtout à des blessures musculaires.

Ton image a souffert des rumeurs selon lesquelles tu manquais de professionnalisme.

ODJIDJA : Je n'ai jamais voulu me défendre contre ces allégations. C'est un combat impossible à gagner. Il faut répondre sur le terrain. J'ai toujours tout donné pour le Club Bruges. Vous savez quel est mon problème ? Je suis direct. Quand je suis témoin d'une injustice, je la dénonce. Ce n'est pas apprécié dans un milieu aussi hypocrite que le football. Beaucoup de footballeurs jouent le jeu. Moi, je préfère être fidèle à mes principes. Je n'ai pas besoin d'être apprécié par tout le monde, pour autant qu'on me juge sur mes prestations sportives. Ce que je fais en dehors du terrain ou la voiture que je conduis, c'est mon affaire.

Les footballeurs ont quand même un rôle de modèles ?

ODJIDJA : Je ne suis pas d'accord. Jordan Lukaku est critiqué de toutes parts parce qu'il a le pied lourd au volant. Je suis certain que ceux qui le condamnent ont déjà dépassé les limites de vitesse. Mais on est plus dur avec nous parce que nous sommes des footballeurs et que nous gagnons beaucoup d'argent. Je tente d'en faire abstraction et de mener ma vie comme je l'entends. Quand j'ai envie de faire quelque chose, je ne me demande pas ce que les gens vont en penser.

LE TOURNANT EVERTON

Ton transfert raté à Everton est-il le tournant de ta carrière ?

ODJIDJA : Le transfert a été enregistré avec quatre minutes de retard. Si j'avais signé à Everton un jour plus tôt, ma carrière aurait été complètement différente.

Après toutes ces années, tu as compris pourquoi ce transfert a échoué ?

ODJIDJA : Vous devez poser la question aux responsables (Bart Verhaeghe et Vincent Mannaert, ndlr). Deux semaines avant la clôture du marché des transferts, on m'avait dit que je pouvais partir et Georges Leekens ne m'a plus aligné. C'est pour ça que je ne comprends pas pourquoi la transaction a duré aussi longtemps. Le dernier jour de cette période, je me tenais prêt à signer quelque part. Cinq minutes avant minuit, mon manager a enfin obtenu le feu vert. j'ai signé un contrat en blanc, qui ne mentionnait que la durée de mon séjour. Je ne savais même pas combien j'allais gagner : nous devions en discuter après avec Everton. Par la suite, j'ai appris qu'une personne avait délibérément bloqué le transfert.

Au lieu d'un beau transfert à Everton, tu as rejoint Norwich City, en D2, à l'été 2014. Pourquoi ça n'a pas marché là-bas ?

ODJIDJA : La première saison a été gâchée par des blessures. J'ai bien entamé la préparation de la suivante. J'ai même été élu homme du match lors d'un amical contre West Ham. Au début du championnat, le manager Alex Neil m'a convoqué. Il m'a expliqué qu'il pouvait tout au plus me garantir une place sur le banc car il devait aligner certains joueurs, que le club comptait vendre, pour augmenter leur valeur marchande. Je pouvais accepter cette explication. Après trois semaines, j'étais dans la tribune, et en septembre, le manager m'a loué pour un mois à un autre club de la série, Rotherham United. Soi-disant parce que je devais m'habituer au football anglais. Je ne pouvais pas refuser sinon je n'aurais plus jamais joué sous ses ordres mais cette location a brisé quelque chose. Neil m'a demandé de rester mais je n'avais plus confiance en lui et j'ai demandé à partir.

Tu es rancunier ? Tu pourrais aller boire un verre avec Alex Neil, Georges Leekens et Franky Vercauteren ?

ODJIDJA : Les trois ensemble ? C'est trop demander. (Il rigole). Je ne suis pas rancunier mais je ne vois pas pourquoi je devrais être dans leurs bons papiers. Ils n'ont été que des passants dans ma carrière. Je préfère aller boire une chope avec des gens que j'apprécie.

par Alain Eliasy - photos getty images

Vadis Odjidja se laisse diriger par le destin. Il est convaincu que les méandres de la vie l'ont conduit au Legia Varsovie. Dix mois après son surprenant transfert en Pologne, il a remporté le premier titre de sa carrière. Il a en plus été élu meilleur médian et meilleur joueur du championnat. Pourtant, ses prestations en Ekstraklasa ne reçoivent pas l'écho qu'elle méritent. " Beaucoup de Belges ont été surpris que j'opte pour le Legia Varsovie. Ils ne savent pas que le championnat polonais est en plein boom. Les stades y sont d'ailleurs beaucoup plus modernes qu'en Belgique. Notre parcours européen en est la meilleure preuve : on a survécu à une poule qui comportait le Real, le Borussia Dortmund et le Sporting Lisbonne. Ensuite, on a été éliminés de justesse par l'Ajax en Europa League. Ce n'est pas vraiment un indicateur du niveau du championnat mais quand même. VADIS ODJIDJA : J'ai été agréablement surpris. Je m'étais fait une idée de la Pologne sur base d'un match du Club Bruges contre Lech Poznan. On avait joué dans un trou perdu, le stade était super vieux. Mais une fois à Varsovie, je me suis rendu compte que l'image négative que j'avais du pays ne correspondait pas à la réalité. La langue est le seul problème : le polonais est difficile à apprendre. Il n'y a pas beaucoup de bons coiffeurs non plus. Donc, je porte souvent une casquette. J'en ai toujours une en réserve dans la voiture. ODJIDJA : L'offre est arrivée au bon moment. Je voulais partir loin de chez moi pour pouvoir me concentrer sur le football. La proposition m'a tout de suite intéressé. La veille de mon voyage pour Varsovie, j'ai demandé à mon agent, Christophe Henrotay, si je devais prendre une valise. Il m'a dit de la cacher pour ne pas perdre notre avantage psychologique pendant les négociations. Je me suis donc contenté d'un petit sac. Je n'avais même pas de chaussures de rechange. ODJIDJA : Je suis le premier surpris. Mon transfert n'aurait jamais eu lieu sans Besnik Hasi. C'est lui qui a insisté auprès de la direction pour m'enrôler. Ce virage de ma carrière m'incite à penser qu'il faut vivre au jour le jour, en football. Il ne faut jamais voir plus loin que demain. ODJIDJA : L'objectif prioritaire était la qualification pour les poules de Ligue des Champions. Hasi voulait que les titulaires soient frais pendant les tours préliminaires et il a aligné des jeunes et des réservistes à quelques reprises en championnat. Le jeu n'était pas bon. Un moment donné, on a même été avant-derniers et les supporters ont fait pression. Ils ne comprenaient pas les décisions de Hasi. Quelques jours après la défaite à domicile contre Lubin, il a été viré alors qu'il était le premier entraîneur en vingt ans à avoir qualifié le Legia pour la phase de poules de la Champions League. ODJIDJA : Jacek Magiera, le nouvel entraîneur, avait joué avec mon concurrent direct... J'ai donc craint que ça se termine mal pour moi mais tout s'est bien déroulé. J'ai commencé sur le banc quelques fois mais après une bonne entrée au jeu contre le Sporting Lisbonne, je n'ai plus quitté l'équipe. ODJIDJA : J'ai eu de la poisse aux moments cruciaux. À Bruges, je me suis systématiquement blessé en fin de championnat, ce qui a fait reculer pas mal d'équipes. Je crois au destin. Tout le monde n'est pas prédestiné à jouer au Real Madrid. Je n'ai pas été gâté non plus dans ma vie privée : ma belle-mère est décédée puis, l'année passée, ça a été le tour de ma mère. J'ai fait mon deuil à l'entraînement. Je ne pouvais me vider la tête que sur le terrain. Parfois, j'avais besoin de calme, d'autres fois, j'avais besoin de mon crew. Entre-temps, j'ai accepté mon destin et j'essaie de sortir plus fort de ces épreuves. ODJIDJA : J'ai commis des erreurs, c'est vrai, mais je n'ai pas eu prise sur tout. Adolescent, j'étais mal entouré. Je ne parlerai pas d'exploitation car c'est moi qui ai demandé à cet homme de se charger de mes affaires, en pleine conscience, mais il n'est pas normal qu'un manager te taise des choses ou te pousse dans la mauvaise direction parce qu'il en tire plus de profit. Je l'ai souvent dit : j'aime le football mais je ne supporte pas le milieu, ce qui l'entoure. ODJIDJA : Trop de gens essaient de se faire de l'argent sur le dos des joueurs. Ce n'est pas une situation saine. Heureusement, je suis à un âge qui me permet de mieux juger de la compétence des gens. Quand j'avais 18 ans, mon manager n'a pas transmis une offre de contrat d'Anderlecht et quand j'ai signé mon contrat à Hambourg, je n'y ai pas retrouvé les chiffres qui avaient été négociés. ODJIDJA : J'ai été repris dans le noyau A à seize ans et j'ai attendu ma chance pendant des années. Franky Vercauteren a été limogé et son successeur, Ariel Jacobs, m'a immédiatement fait jouer mais c'était trop tard : j'avais déjà signé pour Hambourg. ODJIDJA : Mais l'entraîneur a aussi préféré De Man à Cheik Tioté... Tout le monde pouvait voir que Tioté était meilleur. Mais on n'a rien dit. À 18 ans, ça ne sert à rien de demander à l'entraîneur pourquoi on ne joue pas. C'est toujours le même refrain : attends patiemment ton heure. Ceux qui parlent trop sont renvoyés en Espoirs. Maintenant, avec l'âge, j'ose m'adresser à l'entraîneur et lui dire ce que je pense. ODJIDJA : Je supporte mal le screening permanent de la presse. On m'a tenu à l'oeil très tôt et je l'ai mal vécu. Quand ça va bien, cette attention est chouette, mais je ne suis absolument pas fan des médias. ODJIDJA : J'ai déjà eu de nombreux débats à ce sujet avec des journalistes et j'en arrive toujours aux mêmes conclusions. Un : tout ce que tu dis peut être mal interprété. Deux : si tu dis ce que tu penses, ça te revient comme un boomerang. Alors, quelle est l'utilité d'une interview ? ODJIDJA : Je racontais surtout des bêtises. Ou je m'exprimais mal. Mais au moins je disais ce que je pensais. De nos jours, plus personne n'ose donner son opinion. Vous avez déjà entendu un joueur dire que la composition d'équipe était mauvaise ou que l'entraîneur avait commis des erreurs tactiques ? Des joueurs se taisent pendant des mois puis ils parlent dès que l'entraîneur est limogé... ODJIDJA : Au Club Bruges, mon poids est toujours resté dans les normes. Un joueur trop lourd ne joue pas tous les matches ! Mes blessures n'étaient pas liées à un quelconque surpoids. Je me suis notamment fracturé un os du métatarse. J'ai aussi souffert d'une dislocation du tibia. Ce sont des blessures rares. Quand on est trop gros, on s'expose surtout à des blessures musculaires. ODJIDJA : Je n'ai jamais voulu me défendre contre ces allégations. C'est un combat impossible à gagner. Il faut répondre sur le terrain. J'ai toujours tout donné pour le Club Bruges. Vous savez quel est mon problème ? Je suis direct. Quand je suis témoin d'une injustice, je la dénonce. Ce n'est pas apprécié dans un milieu aussi hypocrite que le football. Beaucoup de footballeurs jouent le jeu. Moi, je préfère être fidèle à mes principes. Je n'ai pas besoin d'être apprécié par tout le monde, pour autant qu'on me juge sur mes prestations sportives. Ce que je fais en dehors du terrain ou la voiture que je conduis, c'est mon affaire. ODJIDJA : Je ne suis pas d'accord. Jordan Lukaku est critiqué de toutes parts parce qu'il a le pied lourd au volant. Je suis certain que ceux qui le condamnent ont déjà dépassé les limites de vitesse. Mais on est plus dur avec nous parce que nous sommes des footballeurs et que nous gagnons beaucoup d'argent. Je tente d'en faire abstraction et de mener ma vie comme je l'entends. Quand j'ai envie de faire quelque chose, je ne me demande pas ce que les gens vont en penser. ODJIDJA : Le transfert a été enregistré avec quatre minutes de retard. Si j'avais signé à Everton un jour plus tôt, ma carrière aurait été complètement différente. ODJIDJA : Vous devez poser la question aux responsables (Bart Verhaeghe et Vincent Mannaert, ndlr). Deux semaines avant la clôture du marché des transferts, on m'avait dit que je pouvais partir et Georges Leekens ne m'a plus aligné. C'est pour ça que je ne comprends pas pourquoi la transaction a duré aussi longtemps. Le dernier jour de cette période, je me tenais prêt à signer quelque part. Cinq minutes avant minuit, mon manager a enfin obtenu le feu vert. j'ai signé un contrat en blanc, qui ne mentionnait que la durée de mon séjour. Je ne savais même pas combien j'allais gagner : nous devions en discuter après avec Everton. Par la suite, j'ai appris qu'une personne avait délibérément bloqué le transfert. ODJIDJA : La première saison a été gâchée par des blessures. J'ai bien entamé la préparation de la suivante. J'ai même été élu homme du match lors d'un amical contre West Ham. Au début du championnat, le manager Alex Neil m'a convoqué. Il m'a expliqué qu'il pouvait tout au plus me garantir une place sur le banc car il devait aligner certains joueurs, que le club comptait vendre, pour augmenter leur valeur marchande. Je pouvais accepter cette explication. Après trois semaines, j'étais dans la tribune, et en septembre, le manager m'a loué pour un mois à un autre club de la série, Rotherham United. Soi-disant parce que je devais m'habituer au football anglais. Je ne pouvais pas refuser sinon je n'aurais plus jamais joué sous ses ordres mais cette location a brisé quelque chose. Neil m'a demandé de rester mais je n'avais plus confiance en lui et j'ai demandé à partir. ODJIDJA : Les trois ensemble ? C'est trop demander. (Il rigole). Je ne suis pas rancunier mais je ne vois pas pourquoi je devrais être dans leurs bons papiers. Ils n'ont été que des passants dans ma carrière. Je préfère aller boire une chope avec des gens que j'apprécie. par Alain Eliasy - photos getty images