Malgré quelques prestations convaincantes en fin de saison passée, il avait reçu le maillot 33 l'été dernier, un numéro prédestiné au noyau C. Le nouvel entraîneur avait amené son propre arrière gauche, un coûteux international polonais. Olivier Deschacht (22 ans) a quand même prouvé qu'il était le meilleur. Ce qui n'a pas empêché Anderlecht de visionner un arrière gauche de Rosenborg, un international finlandais, cher lui aussi, il y a quelques semaines... L'atmosphère a été lourde au stade Constant Vanden Stock, récemment.
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Malgré quelques prestations convaincantes en fin de saison passée, il avait reçu le maillot 33 l'été dernier, un numéro prédestiné au noyau C. Le nouvel entraîneur avait amené son propre arrière gauche, un coûteux international polonais. Olivier Deschacht (22 ans) a quand même prouvé qu'il était le meilleur. Ce qui n'a pas empêché Anderlecht de visionner un arrière gauche de Rosenborg, un international finlandais, cher lui aussi, il y a quelques semaines... L'atmosphère a été lourde au stade Constant Vanden Stock, récemment.Olivier Deschacht : Non, mais nous avons beaucoup travaillé notre homogénéité. Nous avons été poursuivis par la poisse quatre ou cinq matches: comme à Mouscron ou contre St-Trond, qui force un seul corner et marque. Quand la réussite nous a boudés, nous n'avons pas au assez de rage de vaincre pour revenir. Avant, tout allait de soi. Ce n'est plus le cas depuis quelques années. Nous devons donc afficher plus de caractère. Certains ont voulu forcer une action à tout prix, n'ont pas voulu toujours céder le ballon au bon moment et puis se sont lancé des reproches à la tête... Quand nous ouvrons la marque, nous ne perdons pratiquement jamais. C'est dans le cas contraire que nous devons être plus forts, ne pas baisser les bras. Pourriez-vous être plus précis?L'entraîneur nous répète de jouer simplement, de penser en termes collectifs. L'entraîneur y travaille mais certains ne l'ont pas toujours écouté.Anderlecht a-t-il trop de joueurs égocentriques?Disons plutôt qu'ils jouent trop égoïstement. Ils peuvent jouer simplement mais ne le font pas toujours. Certains pourraient aussi se battre davantage. C'est aussi une question de disponibilité mentale. Il faut comprendre que le football moderne exige une collaboration accrue pour gagner. S'ils pensent: -C'est Anderlecht, ça va aller de soi, ils se trompent lourdement. Heureusement, il y a eu de gros progrès depuis la trêve. Ce n'est pas à moi d'en parler mais quand je lisais les journaux je me disais que ce n'était pas la faute de l'entraîneur. Notez qu'il n'y a pas eu de sabotage ni de mauvaise volonté. Simplement, tout le monde ne pensait pas assez en termes collectifs. Vous parlez du terrain, mais en dehors, vous ne formez pas un bloc?Je regrette l'ambiance qui animait le vestiaire du noyau B. C'est trop compassé: arriver, dire bonjour, s'entraîner, repartir. On ne peut rien y changer. Il n'est pas possible de transformer d'un coup ses collègues en amis. La réalité quotidienne de l'entraînement, c'est, dit-on, que tout le monde a déjà tâté du coude de Jestrovic. Vous vous seriez déjà battu avec lui.C'est faux et vous pouvez me passer au détecteur de mensonge.Des collègues, pas des amis. Est-ce la réalité de l'élite?C'est propre à Anderlecht. Il y a 50 joueurs sous contrat. La concurrence est impitoyable. Si vous n'obtenez pas de rendement direct, on achète un autre. On ne peut pas faire confiance à tout le monde. Avant de s'en rendre compte, on est dehors. En principe, on n'a pas le droit de livrer un mauvais match.Le retard qu'accuse le Sporting sur le Club constitue quand même un affront.Le mérite en revient au Club. Ceci dit, la presse est plus critique à notre égard. Elle attend de grandes performances d'Anderlecht alors que nous bâtissons une équipe. Je trouve ça un peu injuste. Récemment, Anderlecht a eu tendance à répondre présent dans les grands matches.Ce qui prouve que nous avons une équipe.. Il y a quelques semaines, j'ai constaté que chacun comprenait mieux, qu'un déclic s'était produit. L'entraîneur fait du bon boulot, avec un groupe difficile. Au début de la saison, il était dur d'accepter certaines choses les uns des autres. Nous nous écoutons mieux. Vous êtes en train de vous imposer à Anderlecht, ce qui n'est pas donné à tout le monde.J'ai déjà eu beaucoup de bol dans la vie. La saison passée, Aimé Anthuenis m'a donné deux chances. Mon début à l'Antwerp n'était pas bon, j'étais trop nerveux. Quand j'ai été remplacé, au repos, j'ai cru que j'avais galvaudé ma chance mais j'ai subi une métamorphose. J'ai été meilleur en Réserves et un mois plus tard, contre Lommel, j'ai obtenu une seconde chance. Cette fois, je n'étais plus nerveux. Je suis monté sur le terrain en pensant: - Vous allez voir! J'ai bien joué et je suis resté dans l'équipe. "Broos me respecte"Pour le moment, il a la vie un peu plus facile. Il profite du fait que mes parents investissent toute leur énergie en moi. Mon frère n'est pas non plus vraiment obligé de réussir, vous comprenez. Mon père raisonne ainsi: -Si Olivier est indépendant, je peux impliquer Xavier dans mon entreprise. En football, il lui permet donc d'en faire à sa guise, mais au sein de l'entreprise, il devra travailler dur pour faire ses preuves car mon père ne lui fera certainement pas de cadeau. Mon père est tout sauf un homme facile. Qu'avez-vous pensé quand Hugo Broos est devenu entraîneur d'Anderlecht, in extremis, et qu'il a obtenu l'arrière gauche qu'il convoitait, Michal Zewlakow?Je l'ai vécu comme une gifle en pleine figure. J'ai pensé: alors qu'enfin, un de leurs jeunes émerge en équipe fanion, qu'ils ne doivent donc pas investir, ils le font quand même! Mais pourquoi? Si encore ça avait été une bonne affaire, mais ce n'était pas le cas. C'était un transfert très coûteux. J'ai pensé qu'un joueur amené par l'entraîneur constituait une concurrence déloyale. Aussi dur pouvais-je travailler, je n'allais pas réussir. Je me suis un peu moins bien entraîné à ce moment car je n'imaginais pas pouvoir m'imposer face à Zewlakow. Puis il s'est blessé, Ilic a été aligné à l'arrière gauche et j'ai commencé à penser à d'autres équipes. Je n'imaginais plus avoir d'avenir ici. A cette époque, j'ai eu une conversation avec mon père et mon manager, Jacques Lichtenstein, mais c'est Franky Vercauteren qui m'a vivement déconseillé de songer à un transfert. Il était vraiment convaincu que je recevrais ma chance. Une fois de plus, donc, il a eu raison.Si Franky Vercauteren était tellement convaincu de votre réussite à l'arrière gauche, à Anderlecht, pourquoi n'en a-t-il pas touché mot à Hugo Broos?Il l'a fait mais il semble que Broos avait pris sa décision. Deux jours après sa signature à Anderlecht, j'ai lu dans Sport/Foot Magazine qu'il voulait un attaquant et un arrière gauche, les deux Zewlakow, en fait. Il n'en a obtenu qu'un, le défenseur. Depuis lors, vous sentez-vous estimé à votre juste valeur par l'entraîneur?Oui, je sens qu'il me respecte et également qu'il s'occupe plus de moi qu'au début de la saison.Vous avez signé un nouveau contrat l'année dernière. Est-il décent?Euh, je pense que de tout le vestiaire, c'est moi qui gagne le moins. éa doit être parce que j'ai un passeport belge, non? (Il éclate de rire).En 2005, vous êtes libre...Oui, libre et gratuit. Lors des prochaines négociations de contrat, je poserai quelques questions aux autres titulaires.Christian Vandenabeele"Je regrette l'ambiance qui animait le vestiaire du noyau B""A Anderlecht, avant de s'en rendre compte, on se retrouve dehors"