Le nettoyage effectué dans le noyau de Charleroi touche quelques joueurs sous contrat. Dont Marc Vangronsveld. Ce Limbourgeois y était arrivé en juillet de l'année dernière et avait signé pour trois ans. Aujourd'hui, il est invité à se trouver un autre club. Son plus grand regret est de ne pas avoir pu démontrer sa vraie valeur avec les Zèbres.
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Le nettoyage effectué dans le noyau de Charleroi touche quelques joueurs sous contrat. Dont Marc Vangronsveld. Ce Limbourgeois y était arrivé en juillet de l'année dernière et avait signé pour trois ans. Aujourd'hui, il est invité à se trouver un autre club. Son plus grand regret est de ne pas avoir pu démontrer sa vraie valeur avec les Zèbres. "Les journaux ont été les premiers à m'annoncer que je devais partir", dit-il. "La direction du Sporting me l'a ensuite confirmé. Je ne suis apparemment pas le style de joueur dont Enzo Scifo a besoin. Je suis extrêmement déçu parce que j'attendais énormément de cette saison. Mais, d'un côté, je peux comprendre sa décision. Je n'ai pas apporté grand-chose au Sporting". Si on tient compte du rapport matches joués/trophées, Marc Vangronsveld est l'un des joueurs les plus titrés du football belge! Ce défenseur de 28 ans a toujours été un footballeur de l'ombre. Le parfait douzième homme. Il ne totalise qu'une centaine de matches en première division. Et pourtant... "J'ai disputé les trois rencontres les plus importantes de l'histoire de Genk", dit-il fièrement. "J'étais sur la pelouse à Harelbeke quand nous sommes devenus champions en 98-99, et j'ai aussi joué les deux finales victorieuses de Coupe de Belgique, en 98 et 2000. Pas mal pour un réserviste, hein! Le fait de disputer des matches pareils, les apothéoses de chaque saison, me faisaient oublier mon statut de réserviste".Genk, c'est toute la vie sportive de Marc Vangronsveld, dont le frère Dirk fit aussi une carrière honnête en D1 (Waterschei, La Gantoise, RWDM) et évolue aujourd'hui en Provinciale. Marc s'est affilié à Waterschei à l'âge de 8 ans. Il a passé près de vingt années à Waterschei puis à Genk. "Je figurais régulièrement dans l'équipe du Racing qui a fait frissonner la Belgique, mais je n'ai jamais eu les honneurs d'une interview dans votre magazine, pas même dans l'édition flamande", rigole-t-il. "C'est bien la preuve qu'on m'a toujours considéré comme un second couteau". En fin de saison dernière, Marc Vangronsveld prit un fameux coup sur la tête quand Johan Boskamp lui annonça qu'il pouvait se chercher un autre club. "J'avais encore un contrat d'un an mais Boskamp m'a expliqué qu'il voulait bâtir une nouvelle équipe avec une majorité de jeunes joueurs. L'Eintracht Francfort avait voulu me transférer quelques mois plus tôt, mais à ce moment-là, Jos Heyligen n'avait pas voulu me laisser partir. Il n'était pas question de discuter avec les Allemands. Heyligen souhaitait même que je prolonge mon contrat à Genk. Quand Boskamp a débarqué, j'ai vite compris que tout allait changer pour moi. Je n'entrais pas dans ses plans, il me l'a dit sans y mettre beaucoup les formes. Je pensais que la direction allait faire un geste et m'accorder un transfert libre, pour services rendus. Mais ce ne fut pas le cas et Charleroi a dû payer pour me transférer. Ce n'était pas énorme, mais je n'étais pas gratuit non plus. Boskamp m'a toutefois fait un beau cadeau d'adieu en me titularisant en finale de la Coupe contre le Standard. J'ai ressenti des frissons au moment où j'ai enfilé pour la dernière fois le maillot de Genk. Pendant le match, je n'avais pas d'états d'âme particuliers: j'étais trop concentré sur ce qui se passait sur le terrain. Pendant la fête qui a suivi la victoire, je n'ai pas non plus pensé à mon avenir. L'ambiance était trop gaie pour que je sois triste... Par contre, la journée qui a suivi a été très difficile à vivre. Je n'étais pas mécontent de mon parcours avec Genk, mais j'avais l'impression qu'il allait me manquer quelque chose. On ne quitte pas comme ça le club de son coeur". L'intérêt de Charleroi lui avait vite fait oublier ses petits malheurs. " Manu Ferrera et Enzo Scifo me voulaient. Pour la première fois de ma carrière, un entraîneur me disait ouvertement qu'il comptait sur moi. Je n'ai jamais considéré ce transfert comme un pas en arrière. Le Sporting avait de grandes ambitions, son stade est sûrement aussi beau que celui de Genk et on m'offrait un contrat plus intéressant que dans mon ancien club. J'ai aussi été séduit par cette région. J'avoue que je me faisais une image négative de Charleroi. J'avais toujours pensé que c'était une ville sale et peu accueillante. J'ai été surpris dès mon premier jour ici. Il y a des coins très agréables et j'ai trouvé une population très ouverte. Je me suis installé à la campagne, à quelques kilomètres de Charleroi. Ma femme aussi s'est très bien adaptée. Et ça compte énormément. Combien de joueurs n'ont pas échoué dans leur nouvel environnement parce que leur épouse était nostalgique?" Marc Vangronsveld n'a finalement guère joué avec le Sporting. Il fut titularisé quelques fois en fin de saison, mais tout son premier tour avait été pourri. "J'étais handicapé dès mon arrivée. J'étais suspendu pour le premier match du championnat, à cause d'une carte rouge prise la saison passée avec la Réserve de Genk. Charleroi a gagné son premier match à Beveren, puis le deuxième en atomisant Harelbeke. Manu Ferrera n'avait pas de raison de changer son équipe. Il m'a quand même fait jouer la semaine suivante contre l'Antwerp, puis j'ai commencé à souffrir des abdominaux. Je ne pouvais m'entraîner qu'à 50 ou 60% de mes possibilités et j'avalais des boîtes entières de Voltaren. Cette blessure me gênait déjà à Genk. On m'avait d'ailleurs fait une infiltration pour que je puisse jouer la finale de la Coupe. Je n'ai donc pas pu être très utile au Sporting en début de saison. Les médecins ont envisagé une opération, mais j'aurais alors perdu une année complète. C'est toujours catastrophique quand on vient d'arriver et qu'on a tout à prouver. J'ai choisi l'option d'une rééducation de deux mois et je suis aujourd'hui totalement guéri".En mars, Vangronsveld n'avait pas encore apporté grand-chose au Sporting. Malgré son contrat courant jusqu'en juin 2003, il se doutait qu'on ne comptait plus vraiment sur lui. " Didier Frenay, mon manager, m'avait signalé que le club ne me retiendrait pas si je trouvais de l'embauche ailleurs. Pour moi, ce discours voulait clairement dire que mon transfert à Charleroi était un échec. La nouvelle fut dure à encaisser. Quelques jours plus tard, nous devions disputer un match amical à Auxerre. Scifo m'a dit qu'il me ferait jouer là-bas. J'ai préparé cette rencontre comme une finale de Coupe de Belgique. Puisque je n'avais pas l'occasion de démontrer ma valeur en championnat, je devais le faire dans les matches amicaux. J'ai signé une bonne prestation là-bas. Dans le car qui nous ramenait en Belgique, Scifo m'a dit qu'il ne m'avait jamais vu à un tel niveau. Je l'avais étonné: c'était, à mes yeux, un premier pas dans la bonne direction. Pour moi, cela restera le meilleur souvenir de la saison. Auxerre a relancé la carrière de Scifo... et je pensais que ce club allait aussi relancer celle de Vangronsveld. Je m'étais vraiment bien intégré ici et j'avais une terrible envie de m'imposer dans ce club. Je suis conscient d'avoir déçu Ferrera, Scifo et la direction du Sporting. Ils n'étaient pas contents de moi et c'est tout à fait normal. Mais je pense quand même avoir prouvé une certaine utilité au cours des derniers matches". En arrivant au Mambourg, Vangronsveld espérait, pour la première fois de sa carrière, être un vrai titulaire dans une équipe de D1. "A Genk, je devais compter sur une blessure ou une suspension pour être dans l'équipe. J'étais le premier réserviste et je dépannais un peu partout en défense. Aimé Anthuenis avait son équipe-type mais je n'ai jamais démérité quand je devais remplacer Olivieri, Van Geem ou Kimoni. Et quand tous les titulaires étaient disponibles, j'entamais la plupart des rencontres sur le banc mais je montais généralement au jeu en cours de match. Si le Racing gagnait avec moi dans l'équipe de base, l'entraîneur hésitait à me titulariser de nouveau la semaine suivante. En cas de défaite, par contre, je retrouvais automatiquement le banc. J'étais le douzième homme par excellence. J'ai eu l'impression que cela allait changer quand je suis arrivé à Charleroi. Tout au long de la saison, j'ai entretenu cet espoir. Aujourd'hui, je dois tout reprendre à zéro". Pierre Danvoye