Un détail futile laisse immédiatement deviner qui porte la culotte à Bruges. Ce détail apparaît à chaque match du Club. Il est si manifeste qu'on ne le voit plus. C'est la poignée de main. La manière dont Timmy Simons approche quelqu'un. Que ce soit dans le rond central, avec l'arbitre et l'adversaire ou maintenant, à la sortie du vestiaire, Simons se dirige vers vous, se penche légèrement en avant, ouvre sa paume droite et vous la tend, avant de serrer fermement votre main. " Bonjour, je suis Timmy. " Le leader du Club estime cette poignée de main très importante. Elle lui permet de prendre la mesure de quelqu'un. " Tout en montrant comment je suis. "
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Un détail futile laisse immédiatement deviner qui porte la culotte à Bruges. Ce détail apparaît à chaque match du Club. Il est si manifeste qu'on ne le voit plus. C'est la poignée de main. La manière dont Timmy Simons approche quelqu'un. Que ce soit dans le rond central, avec l'arbitre et l'adversaire ou maintenant, à la sortie du vestiaire, Simons se dirige vers vous, se penche légèrement en avant, ouvre sa paume droite et vous la tend, avant de serrer fermement votre main. " Bonjour, je suis Timmy. " Le leader du Club estime cette poignée de main très importante. Elle lui permet de prendre la mesure de quelqu'un. " Tout en montrant comment je suis. " TIMMY SIMONS : Les photos avec le trophée sont un chouette plus mais elles donnent une fausse image. On y voit un capitaine qui rit en soulevant un trophée mais un capitaine a bien plus de responsabilités que celle de poser avec une coupe. La médaille a son revers. SIMONS : Je suis le relais de l'entraîneur, le porte-parole des joueurs et le leader sur le terrain. Il ne faut pas sous-estimer ces tâches mais je m'en acquitte avec plaisir. J'aime vraiment enfiler ce brassard. SIMONS : Souder le groupe. C'est la plus difficile. Il y a parfois trente joueurs, aux personnalités différentes, qui doivent fonctionner un an ensemble et être unis. Or, il n'y en a que onze qui jouent. Les autres sont déçus. La responsabilité n'incombe pas à moi seul, naturellement. Le staff technique, médical, le team manager, tout le monde oeuvre à l'unité. SIMONS : En effet et cette confiance m'a fait plaisir. Je n'ai pas été nommé sur décision des entraîneurs ni sur base de mon âge ou du nombre de matches. C'était le choix du noyau. J'ai donc débuté dans d'excellentes conditions. SIMONS : Pas du tout. Je n'en avais aucune envie, d'ailleurs. SIMONS : C'était une situation étrange. J'étais arrivé à Bruges de Diest, dans la camionnette de mon père. Je suis entré dans le vestiaire et j'y ai découvert des noms comme Gert Verheyen, Sven Vermant et Danny Verlinden, qui regorgeaient d'expérience. Donc, au début, je me suis tu. Au fil du temps, Sollied et Verheyen, le capitaine, sont entrés en conflit. Danny Verlinden a joué les négociateurs et a repris la tâche de Verheyen, en sa qualité de vieux serviteur mais ensuite, Sollied a voulu me confier le brassard. Pour préserver la paix, Danny est resté capitaine un an de plus. J'ai donc pu me préparer à ce poste, comme stagiaire, en quelque sorte. J'ai beaucoup appris, en voyant comment Verlinden et Verheyen géraient les conflits. Franky Van der Elst est mon exemple aussi. Quand intervenir ? Pourquoi ? J'étais prêt le moment venu. SIMONS : Je ne sais pas et ça ne m'a jamais préoccupé. Est-ce que j'étais un leader pendant l'enfance ? Non mais mon comportement m'a poussé dans ce rôle. J'ai toujours été à l'heure. Toujours présent, toujours motivé. Leading by example. Je ne suis pas capable de réaliser des trucs incroyables comme d'autres joueurs de l'équipe mais je suis toujours là et je me comporte bien. SIMONS : Oui mais malheureusement pas grâce à mes qualités footballistiques. SIMONS : Non. Je n'étais pas fait pour l'école. SIMONS : Pardon ? SIMONS : Euh, pardon ? SIMONS : Ha ha. Je ne confirme ni ne démens. Davy Gilles était beaucoup plus avancé que moi en la matière. SIMONS : Euh, oui. Autre question. SIMONS : Pour le moment, ce sont surtout Ruud Vormer et Claudemir. Nous sommes en contact étroit. Ils sont proches des différents groupes de l'équipe et en préservent l'unité. Je ne pourrais pas bien faire mon job sans eux. Vormer et Claudemir sont très importants. Il y a quelques autres joueurs comme eux. Ils font aussi partie du conseil des joueurs qui négocie les primes avec la direction. Jusqu'à l'année dernière, Thomas Meunier en faisait aussi partie. Il faut aussi impliquer des jeunes. SIMONS : Ce n'était pas l'objectif initial. Je pensais ouvrir un restaurant ou un café en Espagne, près de Benidorm, où nous allions en vacances avant. J'ai compris l'utilité de cette langue après. Ça me permettait de mieux communiquer avec quelqu'un comme Andres Mendoza, par exemple. SIMONS : Ce n'était pas facile dans le cas de Mendoza ! SIMONS : Non. Encore qu'il m'arrive de me joindre à eux mais grâce à Vormer et à Claudemir, je suis au courant. Claudemir est proche des hispanophones. SIMONS : Absolument. Je suis discret mais ça ne vous étonnera pas. Les infos délicates restent entre nous, elles ne sont pas transmises automatiquement au coach ou à la direction. SIMONS : Oui. Je représente les joueurs, personne d'autre. Dans les négociations, je suis dur. Je suis joueur, pas dirigeant. SIMONS : Le coach ne parle pas tactique avec le seul capitaine. Il en parle à différents joueurs. Je remarque vite où il veut en venir pendant la préparation d'un match. Surtout Preud'homme. Il a posé des bases tactiques si solides que les discussions éventuelles portent sur des détails, des nuances, pas sur le concept. SIMONS : Oui et je peux difficilement nier ce titre. 22 ans me séparent des joueurs de 18 ans. Ils pourraient être mes fils. SIMONS : Mais on parle de football. Nous avons le même job. Nos jeunes sont raisonnables. Ils comprennent vite. Je les teste quand même quand ils intègrent le noyau A. Je les bouscule un peu à l'entraînement. Ça ne peut pas faire de tort. Je vois ainsi ce qu'ils ont dans le ventre. SIMONS : Il ne faut surtout pas les prendre par la main ! Un capitaine n'est pas responsable de tout. Il y a assez de personnes qui s'y connaissent en diététique au club. Je ne suis pas la belle-mère de l'équipe. Je ne me mêle pas de tout. SIMONS : Nous suivons des règles non écrites. Celui qui arrive en retard est puni. SIMONS : Une seule fois. Je suis arrivé avec deux minutes de retard à l'entraînement au PSV et c'était un cas de force majeure. Il neigeait. En arrivant, j'ai payé tout de suite, pour qu'on ne m'embête pas. Entrer, payer, accepter. Force majeure ou pas. Un match commence à 20 heures, pas à 20h05. C'est une question de mentalité. Il suffit de partir plus tôt. Un joueur n'a pas besoin d'une voiture de sport pour être ponctuel. SIMONS : : Soyez tranquille : j'ai été jeune aussi et j'ai parfois fait des choses limites. SIMONS : Je ne vais pas tout raconter mais j'ai parfois fait des choses qui ne sont plus permises, je pense. SIMONS : Je ne le dirai pas. J'aime la discrétion, comme le savent les joueurs. SIMONS : J'ai été assez direct. SIMONS : En aparté. On discute ce genre de choses tout de suite, pour faire table rase et éviter les rancunes. Mais le joueur concerné doit en tirer des leçons. SIMONS : Je ne crie pas, je n'insulte pas mais ça ne veut pas dire que je n'ai pas d'autorité. Il y a différents courants. Le calme de Phillip Cocu au PSV me plaisait bien. Raphael Schäfer était capitaine à Nuremberg et il volait dans les plumes des autres. Si ça ne marchait pas, il allait à la confrontation. Schäfer était très exigeant. Je suis calme. Davantage que durant mon premier passage au Club. Je ne m'énerve plus à propos de détails. SIMONS : Kompany avait été critiqué parce qu'il se présentait avec le mauvais sac à dos ou qu'il oubliait sa cravate. Il serait dommage de classer Vincent sur base de son comportement extra sportif. Je l'avais dit à l'époque. Regardez où il est maintenant. Le fait que les gens reviennent encore là-dessus montre qu'on n'a pas beaucoup de trucs de ce genre à raconter à mon sujet. SIMONS : Oui, certainement. Il est aussi un modèle de leading by example. Il est jouette en dehors du terrain mais il sait très bien ce qu'il veut. Il a déjà beaucoup gagné. Son CV force le respect. PAR MATTHIAS M.R. DECLERCQ - PHOTOS BELGAIMAGE - CHRISTOPHE KETELS" Je ne crie pas, je n'insulte pas mais ça ne veut pas dire que je n'ai pas d'autorité ". - TIMMY SIMONS " Je teste les jeunes quand ils intègrent le noyau A. Je les bouscule un peu à l'entraînement. Ça ne peut pas faire de tort ". - TIMMY SIMONS