L'avantage d'évoluer à Madrid, c'est que même à quelques jours de Noël, on continue de s'entraîner sous près de 20 degrés. L'autre avantage, c'est que l'Atlético Madrid s'est rarement trompé dans ses transferts ces dernières saisons. Après les Forlan, Agüero, Falcao et Diego Costa, Yannick Carrasco (22 ans) pourrait bien être le dernier gros coup des Colchoneros.
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L'avantage d'évoluer à Madrid, c'est que même à quelques jours de Noël, on continue de s'entraîner sous près de 20 degrés. L'autre avantage, c'est que l'Atlético Madrid s'est rarement trompé dans ses transferts ces dernières saisons. Après les Forlan, Agüero, Falcao et Diego Costa, Yannick Carrasco (22 ans) pourrait bien être le dernier gros coup des Colchoneros. YANNICKCARRASCO : On a vraiment un chouette groupe, c'est clair. C'est ça qui fait notre force parce que tout le monde accepte de se défoncer pour l'autre. Au niveau sportif, cela se passe mieux qu'au début et je dois dire que je n'ai pas à me plaindre. Je pensais que ce serait dur, ça l'a été au début, mais je connais mes qualités et je sais ce que je veux. Cela a certainement joué dans ma réussite actuelle. CARRASCO : Non, et honnêtement, même lui, je ne crois pas qu'il s'attendait à ce que j'assimile si vite son style de jeu. Parce que c'est une manière de jouer qui lui est quand même fort spécifique. Je pense qu'une autre de mes forces, c'est de savoir m'adapter à plusieurs types de jeu sans trop de difficulté. CARRASCO : Le fait de devoir penser à défendre avant de se projeter vers l'avant. Le repli défensif, c'est quelque chose de très spécifique avec Simeone. Ce n'était pas la même chose à Monaco. Avec Jardim (son entraîneur à Monaco, NDLR), c'était une volonté des joueurs eux-mêmes de penser à défendre avant d'attaquer parce que Jardim, lui, prônait le beau football. C'était donc un style propre à l'équipe plus qu'à l'entraineur, sans doute une conséquence du championnat de France qui est réputé plus fermé. CARRASCO : L'équipe faisait match nul, j'étais le nouveau joueur et je pense que c'est normal. À ce moment-là, c'est plus facile de me faire sortir moi qu'un autre. C'est encore le cas aujourd'hui quand il y a des choses à changer, je suis souvent le premier joueur à être remplacé. Ce n'est pas pour ça que je ne serai pas titulaire au prochain match mais c'est sa manière de faire. Ce n'est pas un coach qui s'exprime beaucoup. Quand il a des choses à dire, même à un joueur en particulier, il le dit devant le groupe. Si tu es professionnel, tu sais encaisser les critiques. Cela a l'avantage de permettre à chacun d'être au courant des fautes à ne pas commettre. CARRASCO : Ici, déjà, ils ne sont pas trop pour la muscu parce qu'ils ne veulent pas que les joueurs prennent du poids et deviennent trop costauds, ils préfèrent avoir des joueurs fins et vifs. Ça n'empêche pas de retoucher quelques muscles, mais ce n'est pas pour prendre du volume. Après, c'est vrai que tout est plus strict ici. Le préparateur physique est plus sévère, le coach aussi et il y a plus de discipline qu'à Monaco, c'est évident. Ça n'empêche pas qu'il y a des moments où on peut rigoler. Comme lorsqu'on doit s'entraîner à marcher sur un fil de fer avec nos crampons, par exemple. Mais quand on bosse, on bosse pour de vrai. CARRASCO : Je pense que je sais ce que sont les valeurs de la vie et que j'ai toujours su ce que je voulais. Je me suis battu pour cela. Évidemment, je me sentirais capable de réitérer ça aujourd'hui. La preuve, c'est que petit à petit, je tire déjà quelques corners, quelques petits coups francs. Après, il y a de bons tireurs aussi, donc je ne vais pas me ruer sur tous les ballons. Ne fût-ce que pour avoir le respect des autres joueurs. CARRASCO : Au niveau footballistique oui, mais dans la vie de tous les jours, Madrid est une ville normale. Monaco, par contre, ça reste vraiment un autre monde. En fait, tout ce qui a trait au foot est plus pro ici, mais mon quotidien à Monaco, c'était encore autre chose. Ici, les attentes sont plus nombreuses et je n'ai pas vraiment de vie en dehors du foot. C'est maison, entraînement, maison entraînement et rien d'autre. CARRASCO : Non, pas spécialement. Parce qu'indépendamment du temps que je peux passer à la maison, je dois dire que le quotidien monégasque me manque un peu. Surtout qu'ici, dès qu'on doit aller faire un truc dans le centre de Madrid, c'est 30-40 minutes de voiture. À Monaco, j'avais tout ce que je voulais à 2 minutes. L'avantage, c'est qu'ici, je vis à deux pas du centre d'entraînement du club. C'est le plus important pour moi, parce que cela me permet de vivre dans un quartier ultra sécurisé. CARRASCO : Attention, à Monaco aussi il y avait aussi des supporters. Ils étaient moins nombreux, mais ceux qui étaient présents nous étaient vraiment fidèles. Ici, à l'Atlético, on parle de 50,60.000 personnes dans un stade qui crient votre nom, forcément ça donne la chair de poule. CARRASCO : Très clairement, ça m'aide à me dépasser. Quand je compare à Monaco, je me souviens que quand quelqu'un criait dans la tribune, je l'entendais. L'ambiance avait parfois une influence négative sur le rythme du match. Encore maintenant, quand je regarde des matchs de Monaco, parce que cela reste mon club, celui dans lequel je suis arrivé à 16 ans, j'ai plus facile à m'endormir que devant un match de l'Atlético Madrid. CARRASCO : C'est vrai que je voulais partir parce que je sentais que je n'apprenais plus grand-chose à Monaco. Tout était déjà acquis, et même si je m'entraînais mal pendant la semaine, j'étais sûr de jouer le week-end. Et en tant que joueur, c'est bien pendant un temps, mais tu veux toujours te dépasser. C'est surtout pour ça que je voulais partir. Et d'un autre côté, j'hésitais parce qu'il y avait l'Euro qui arrivait en fin d'année et que tout le monde sait qu'en arrivant dans un grand club, tu n'as aucune garantie. Mais quand l'Atlético est arrivé avec une belle offre, je n'ai pas hésité une seule seconde parce que quand un club comme ça s'intéresse à toi, tu ne peux pas refuser. Tout peut aller très vite en foot, tu ne sais jamais si un tel club s'intéressera encore à toi l'année d'après. Bref, j'étais convaincu et en un soir l'affaire était entendue. CARRASCO : C'était un problème entre le club et moi, un problème de contrat, oui. Comme dans beaucoup de clubs, quand tu n'es pas d'accord avec ce qu'on te propose, on te met en tribune. Mais je savais que je n'allais pas lâcher, j'ai toujours été fort mentalement et je pouvais tenir tête au club. Moi, ce n'est pas parce qu'on me met en tribune que je vais accepter de signer un contrat. Quand je sais ce que je veux, je me bats pour, même quand il y a une Coupe du Monde en jeu. Et si c'était à refaire, je le referais sans hésiter. CARRASCO : Franchement, chaque joueur est déçu de ne pas faire une Coupe du Monde, mais tu ne peux pas faire des miracles. Si tu ne joues même pas une minute dans ton club, c'est normal de ne pas être appelé en sélection. Si j'étais rentré régulièrement, j'aurais été plus déçu, mais là je m'y attendais. C'était plus dur en septembre et octobre de cette année ou malgré des rentrées régulières avec l'Atlético, je n'ai pas été repris (ni contre la Bosnie et Chypre en septembre ni contre Andorre et Israël un mois plus tard, NDLR). CARRASCO : On va dire que je suis un joueur célèbre, comme beaucoup de joueurs pros. Mais je ne suis pas encore une star emblématique, de celles qui écrivent l'histoire d'un club. Pour cela, il faut que je marque plus, que je sois plus régulier et évidemment que je devienne un titulaire indiscutable. PAR MARTIN GRIMBERGHS À MADRID - PHOTOS BELGAIMAGE" J'ai plus facile à m'endormir devant un match de Monaco que de l'Atlético Madrid. " YANNICK CARRASCO " C'est sur le côté gauche que je me sens le mieux. "YANNICK CARRASCO