Wolfsbourg, élue en 2013 comme la ville la plus prospère d'Allemagne, vit des moments difficiles. Le scandale des moteurs diesel de Volkswagen l'a frappée de plein fouet. Le Motown allemand doit encore se remettre de ce coup de marteau et ce n'est pas évident pour une ville qui vit au rythme de l'usine Volkswagen. Lors de la relève de 14 heures, les 70.000 travailleurs du plus grand fabricant automobile au monde s'adonnent à une gigantesque transhumance sur les rives du Mittelland Kanal, qui engendre souvent de très longues files. La Volkswagen Arena et le VfL Center - le centre d'entraînement de Wolfsbourg - sont situés à proximité du complexe industriel de Volkswagen. La firme, qui est propriétaire et sponsor principal du VfL, injecte chaque année 100 millions d'euros dans le club. Le crash financier, qui a précipité une chute spectaculaire des actions et la démission du CEO Martin Winterkorn - un grand amateur de football - ne restera sans doute pas sans conséquences pour le budget du club qui compte un titre de champion d'Allemagne à son palmarès. Casteels hausse les épaules. " Volkswagen est le plus grand pourvoyeur d'emplois de la région, et il est donc normal que le football soit momentanément relégué au second plan des préoccupations. "
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Wolfsbourg, élue en 2013 comme la ville la plus prospère d'Allemagne, vit des moments difficiles. Le scandale des moteurs diesel de Volkswagen l'a frappée de plein fouet. Le Motown allemand doit encore se remettre de ce coup de marteau et ce n'est pas évident pour une ville qui vit au rythme de l'usine Volkswagen. Lors de la relève de 14 heures, les 70.000 travailleurs du plus grand fabricant automobile au monde s'adonnent à une gigantesque transhumance sur les rives du Mittelland Kanal, qui engendre souvent de très longues files. La Volkswagen Arena et le VfL Center - le centre d'entraînement de Wolfsbourg - sont situés à proximité du complexe industriel de Volkswagen. La firme, qui est propriétaire et sponsor principal du VfL, injecte chaque année 100 millions d'euros dans le club. Le crash financier, qui a précipité une chute spectaculaire des actions et la démission du CEO Martin Winterkorn - un grand amateur de football - ne restera sans doute pas sans conséquences pour le budget du club qui compte un titre de champion d'Allemagne à son palmarès. Casteels hausse les épaules. " Volkswagen est le plus grand pourvoyeur d'emplois de la région, et il est donc normal que le football soit momentanément relégué au second plan des préoccupations. " KOEN CASTEELS : Ce n'est pas nécessaire, nous comprenons par nous-mêmes que la situation est relativement grave. Lorsque le sponsor principal d'un club connaît des problèmes financiers, ce n'est jamais bon signe. CASTEELS : Je roule actuellement en Touareg. Nous pouvons choisir une voiture du Groupe Volkswagen, qui comprend aussi Audi, Bentley, Lamborghini, Porsche, Skoda, Seat... Ne venez donc pas avec une Mercedes ou une BMW. (il rit) Après l'accident dont a été victime Junior Malanda, de nouvelles règles ont cependant été dictées. Les joueurs de moins de 23 ans doivent choisir une voiture dont le moteur ne dépasse pas les 200cv. Cela aura-t-il un impact sur leur comportement au volant ? Je l'espère. Mais le club a envoyé un signal fort vers le monde extérieur. CASTEELS : Lewandowski, c'est la classe, bien sûr ! Mais après le 2-0 ou le 3-0, quelqu'un d'entre nous aurait pu se lever et dire : maintenant, on ferme la porte. C'étaient dix minutes anormales et, dans ces conditions, un gardien se sent impuissant. Mais, tout bien réfléchi, j'aurais quand même préféré être entre les perches. CASTEELS : Avant ma blessure, j'ai joué cinq matches : la Supercoupe contre le Bayern, trois matches de championnat et un match de coupe. Nous en avons gagné quatre et je n'ai encaissé que quatre buts. J'étais bien parti, tout le monde - le staff, la direction - en était convaincu. Dieter Benaglio est le numéro 1 depuis mes années, mais je veux saisir toutes les occasions qui se présenteront à moi. Wolfsbourg est un grand club et doit disposer de deux bons gardiens. CASTEELS : J'espère que le club le voit de cette manière. Selon les normes en vigueur pour les gardiens de but, Wolfsbourg a dépensé une jolie somme pour acquérir mes services (NDLR : 1,5 millions d'euros). J'ai l'ambition de devenir le numéro 1, mais il est normal que Benaglio reprenne sa place lorsqu'il est apte à jouer. CASTEELS : Un peu surpris, oui, car le jour où la sélection a été annoncée, j'étais titulaire pour la cinquième fois : contre Schalke 04. Mais le sélectionneur n'a peut-être pas voulu apporter trop de changements à son effectif. Je pars du principe que, si je deviens titulaire à Wolfsbourg, j'entrerai de nouveau en ligne de compte. CASTEELS : Plus ou moins, oui. Avec le nombre de Belges qui jouent en Angleterre, il est normal que les médias s'intéressent surtout à la Premier League. Mais je suppose que tous les scouts connaissent et suivent tous les joueurs belges qui jouent en Europe. La Bundesliga fait partie, comme la Première League, des meilleurs championnats au monde. A cette différence près que les équipes allemandes, au contraire des équipes anglaises, sont performantes en Europe. Le championnat allemand est sans doute un peu sous-estimé. CASTEELS : Si un footballeur belge prétend le contraire, il doit se choisir un autre métier. Mais je ne pense pas encore à l'EURO. Juin 2016, c'est encore loin. Beaucoup de choses peuvent encore se passer d'ici là. La première condition pour revendiquer une sélection, c'est de se mettre en évidence dans son club. Si je suis de nouveau appelé, je répondrai à l'invitation avec plaisir. Mais, en cas contraire, je n'en ferai pas une maladie. CASTEELS : Je ne sacrifierai pas mon plan de carrière pour être à tout prix présent au Championnat d'Europe. CASTEELS : Je pars du principe que les trois meilleurs gardiens doivent être sélectionnés. Si Wilmots me sélectionne, je veux me mesurer aux deux gardiens qui me précèdent dans la hiérarchie, afin de garder tout le monde en éveil. Je ne suis pas un garçon difficile. Pas un amuseur public non plus, mais je ne foutrai pas la m... en cas de contretemps. CASTEELS : Enlever cette vis, c'était la dernière étape. Ensuite, j'ai entamé ma revalidation avec mon frère Matthijs, qui travaille comme kiné au cabinet de Lieven Maesschalck. Je n'avais pas trop envie de rester en Belgique et de faire tous les jours la route jusqu'à Anvers. Après une longue saison, j'avais besoin de décompresser. Je suis donc parti dix jours en Espagne avec mon frère et c'est là que j'ai poursuivi ma revalidation. CASTEELS : Il pouvait se permettre un peu plus que d'habitude (il grimace) Le matin, j'étais un patient comme les autres, pas son frère. Lorsque je n'accomplissais pas l'exercice de façon correcte, il me corrigeait. Avoir un kiné dans la famille, c'est très pratique. Je lui demande souvent conseil sur les meilleurs exercices à accomplir pour certains types de muscles. CASTEELS : Mon péroné droit est un peu plus gros que le gauche à cause du calcaire qui s'est formé autour de l'os. Mais cela ne m'a pas traumatisé. Même s'il m'a fallu un certain temps pour chasser la peur lors de mes sorties. CASTEELS : C'est impossible, comme gardien. Je n'oublierai jamais ma fracture de la jambe de l'an passé. Mais, d'après les médecins, j'ai surtout joué de malchance ce jour-là. Neuf fois sur dix, on ne se casse pas la jambe dans un tel duel. Le joueur du Hertha Berlin, Adrian Ramos, n'y pouvait rien. Il a, involontairement, touché l'endroit le plus fragile de ma jambe avec son genou. ' CASTEELS : Aujourd'hui, un joueur de champ encourt plus de risques de se blesser. J'ai l'impression que le football est devenu plus rugueux. On voit plus de tacles appuyés, plus d'horribles fractures, plus de joueurs qui se déchirent les ligaments. Un gardien doit davantage se protéger. L'attaquant ne regarde pas toujours qui se trouve entre les perches. C'est chacun pour soi. CASTEELS : Elle n'aurait pas pu survenir à un pire moment, avec la nouvelle saison qui débutait trois mois plus tard. Non seulement j'ai raté la Coupe du Monde, mais Hoffenheim a directement engagé un nouveau gardien. J'ai compris, à ce moment-là, que c'était terminé pour moi là-bas. Du 6 avril 2014 - le jour de ma blessure - jusqu'à mon prêt au Werder Brême en janvier, j'ai stagné dans mon évolution. Ce fut une saison perdue. CASTEELS : J'ai gagné une certaine sécurité d'emploi, en effet. Mais ce n'est pas venu tout seul. Lorsque j'ai débarqué à Hoffenheim à 19 ans, je n'étais pas prêt pour la Bundesliga. Après quatre années d'entraînements et de matches en Allemagne, j'ai la conviction d'être devenu un autre gardien, bien meilleur. Il n'y a pas de comparaison avec la Belgique : la différence de niveau n'est pas grande, elle est immense. CASTEELS : (fermement) J'ignore qui a prétendu cela. Nos routes se sont séparées et nous nous débrouillons très bien, tous les deux à notre manière. La progression de Courtois a été très rapide, j'ai eu besoin d'un peu plus de temps. Je ne peux pas me plaindre : à 23 ans, je fais partie du petit cercle très fermé des gardiens expérimentés de la Bundesliga. PAR ALAIN ELIASY À WOLFSBOURG - PHOTO GETTY" Les équipes allemandes, au contraire des équipes anglaises, sont performantes en Europe. " KOEN CASTEELS " Il m'a fallu un certain temps pour chasser la peur lors de mes sorties. " KOEN CASTEELS