Un thermostat en souffrance, un design minimaliste, de hauts plafonds façon ancien entrepôt, quelques jus de fruits et bouteilles d'eau déposés sur la table, sans oublier l'indispensable du footballeur 2.0, la PlayStation. Yassine El Ghanassy nous accueille dans sa nouvelle demeure, un loft logé à proximité du centre de Gand qu'il squatte depuis une semaine seulement, ceci expliquant sans doute la déco pour le moins épurée. " Je compte bien faire une salle de jeu à l'étage avec billards et tout et tout ", rassure-t-il. Son nouveau contrat à Gand paraphé jusqu'en 2016, un statut de joueur cadre renforcé, de nouveaux murs, reste cette même gouaille aux accents " méditerranéo-hennuyers ".
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Un thermostat en souffrance, un design minimaliste, de hauts plafonds façon ancien entrepôt, quelques jus de fruits et bouteilles d'eau déposés sur la table, sans oublier l'indispensable du footballeur 2.0, la PlayStation. Yassine El Ghanassy nous accueille dans sa nouvelle demeure, un loft logé à proximité du centre de Gand qu'il squatte depuis une semaine seulement, ceci expliquant sans doute la déco pour le moins épurée. " Je compte bien faire une salle de jeu à l'étage avec billards et tout et tout ", rassure-t-il. Son nouveau contrat à Gand paraphé jusqu'en 2016, un statut de joueur cadre renforcé, de nouveaux murs, reste cette même gouaille aux accents " méditerranéo-hennuyers ". Pelé M'boyo, le meilleur poto buffalo de Yassine, est également aux manettes. Alors que le dernier opus Fifa occupe l'écran, Pelé, incollable sur le foot européen, joue les conseillers sportifs en matière de transferts. Alik, ami d'enfance de Pelé, supervise le tout. Début de soirée : l'avatar Yassine El Ghanassy troque " son " OM (" Marseille, ça reste Marseille quand même ! ") pour Chelsea où le rejoignent un peu plus tard Eden Hazard et Marouane Fellaini. Aucune trace de Romelu Lukaku, par contre.... Voilà pour le foot virtuel. Et sinon dans la vraie vie, qu'est-ce que ça raconte ? Yassine El Ghanassy : Ah parce que tu crois les chiffres qui sont balancés dans la presse. Je sais ce que je gagne, le club aussi et mon père également. Pour le reste... Un très beau contrat même. Un très beau contrat pour la Belgique. Et j'en suis très heureux. Oui. Cet été, je ne trouvais pas chaussure à mon pied. Il y avait pas mal de clubs dans différents pays mais pas de quoi me faire quitter Gand. Je ne me voyais pas aller à Nice, par exemple. Sur la fin de saison dernière, j'ai fait quelques petites bêtises qui m'ont pénalisé. Exemple : j'aurais pu signer à Lille l'an dernier. Ce club me suivait de près jusqu'à ce que l'on joue chez eux en Europa League. Quand Francky Dury m'a sorti du terrain, j'ai retiré mon maillot et l'ai jeté de frustration. Lille m'a pris pour un fou ce soir-là ! J'ai déconné, c'est clair. Mais j'assume, ça fait partie des erreurs de jeunesse. Je restais le même avec mes proches mais dans le jeu, je me sentais très fort. Je me sentais " intouchable ". Mais j'ai vite compris qu'en foot, personne ne l'était. Même Messi... Quoique... C'était pas le Yassine qu'on veut voir. L'extra-sportif a aussi joué un rôle. Le fait qu'on ne me laisse pas partir à City en janvier, je l'ai mal pris. Je ne vais pas commencer à rentrer dans les détails mais je sais une chose, c'est que le 31 janvier je pouvais signer à Manchester. Malheureusement, on m'a mis des bâtons dans les roues... Oui, c'était trop tôt, j'en suis conscient. Mais il y avait moyen de trouver une solution intermédiaire. Que je signe en Angleterre et que je sois prêté à Gand en retour. Pourquoi pas ? Mais on n'a même pas voulu envisager cette possibilité. C'est différent de mon cas car Chelsea suit Romelu depuis longtemps. Et le club compte sur lui pour l'avenir, pas pour le moment. Je reste quand même convaincu qu'il aurait mieux fait d'être prêté à Anderlecht. Faut voir, évidemment, si c'était possible. Avec les gros calibres qu'Anderlecht a pris cette saison, il aurait mis des buts et serait arrivé à Chelsea avec plus de confiance. Aujourd'hui, il se retouve avec des Anelka, Torres, etc. Même s'il pouvait apporter quelque chose, ça reste des noms et c'est difficile de bouger un nom. Je ne vais pas te mentir que pas mal de gens pensent que j'ai fait le mauvais choix en restant ici. De mon côté, je crois plutôt que c'est rester pour mieux partir. De plus, j'ai la sécurité financière et puis je suis loin d'être dans un mauvais club. Le coach. Il a beau ne pas beaucoup parler, en stage on a discuté et il m'a dit qu'il voulait que je trouve une solution rapidement. Qu'il comptait sur moi. Oui. Ce que j'aime chez lui, c'est qu'il s'en fout des apparences, ce qui compte pour lui c'est le gazon, le terrain, il n'a aucun a priori. Et puis on voit direct qu'il connaît le foot : aux entraînements on s'amuse. Quand tu ne joues pas avec lui, c'est de ta faute, rien que de ta faute, il s'en fout des noms ou de la tête du joueur. Faut rappeler qu'il a fait de bons résultats en Coupe d'Europe, on a pris 7 points quand même dans les poules de l'Europa League. Mais ce qui a tué Dury, c'est qu'il a fait confiance à trop de gens qui, au final, lui ont mis des bâtons dans les roues. OK, il a déconné durant les play-offs. Il a voulu faire les choses trop bien et ça s'est mal passé.... Ce n'est pas uniquement de sa faute. Toute l'équipe était bizarre. Quand sur une semaine, t'as huit réunions de groupe, c'est qu'il y a quelque chose qui cloche. Dans la tête des joueurs, ça n'allait plus non plus. La discipline, il l'a mise, il l'a peut-être trop mise. Quand les résultats ont commencé à être négatifs, ça s'est retourné contre lui. Avec Sollied, tu fais ce que tu veux en-dehors du foot, il nous a bien dit que ce qui compte pour lui c'est le terrain, c'est tout. Avec Dury, il fallait prendre le petit-déjeuner ensemble, ne pas mettre d'écouteurs, arriver à 8 h 30 au terrain. Avec Sollied, c'est neuf heures quand il y a entraînement le matin mais la plupart du temps c'est 14 h 30, c'est d'ailleurs rare qu'on ait plus d'un entraînement sur la journée. Avec Sollied, l'ambiance quotidienne est détendue. Attention, c'est une bonne personne avec un grand c£ur. Et je reste convaincu que c'est un bon entraîneur. Mais je crois qu'il s'est mis trop de pression en arrivant à Gand. Quand il nous parlait des adversaires lors de théories d'avant-match, c'était systématiquement " le top en Belgique " qu'on allait affronter. Quand Dury a parlé à Jorgensen de Witsel, avant notre match en play-offs face au Standard, notre Danois croyait qu'il allait devoir tenir Messi. Il était " traumatisé " avant que le match ne débute. Il nous donne confiance. Il parle très peu de l'adversaire ou alors le strict minimum, ça ne dure pas plus de dix minutes. Franchement, c'est la classe. On a le sentiment qu'il sait ce qu'il doit faire pour gagner... C'est inné chez lui. Cette année, il n'y en a pas. Sollied est très respecté. Autant Dury pouvait passer pour un fan de certains joueurs, autant Sollied ne calcule pas. A un entraînement, on s'est mis à multiplier des gestes techniques. Il nous a balancé : J'ai coaché des Rivaldo, alors arrêtez d'essayer de m'impressionner, ça marchera pas. Sans en faire des tonnes, il en impose, il montre que c'est lui le boss. Tu peux marquer deux buts le week-end, faut pas croire que t'es sur un piédestal et que tu peux brosser les entraînements comme ça pouvait l'être précédemment. Sollied ne fonctionne avec ses favoris, il est juste, c'est tout. Ça ne fait évidemment pas plaisir sur le coup. A Saint-Trond, il me retire alors que je ne faisais pas un mauvais match. Yaya Soumahoro rentre : on commet le penalty sur lui et on gagne 3-4. T'as plus rien à dire, il sent quand un de ses joueurs du banc peut faire la différence... Il connaît le foot y a pas à dire. Il a coaché des grands et a été plusieurs fois champion. Son palmarès impose le respect. C'est offensif mais pas désordonné. Les attaquants travaillent énormément les automatismes avec les défenseurs. Quand le ballon vient des ailes, quand un centre arrive, on est comme des robots, on sait exactement où se placer. Et il insiste pour qu'il y aitdu monde dans le rectangle. Il faut que sur chaque centre, il y ait au minimum trois personnes dans la surface. Non, je ne suis pas d'accord. On a peut-être moins de talent qu'Anderlecht mais pas que Bruges. Notre banc, par exemple, est bien plus fort. Pour moi, on a deux équipes qui peuvent jouer les play-offs 1. Premièrement : Gand, ce n'est pas un grand club. Anderlecht, Standard, Bruges, Genk et puis Gand, voilà l'ordre. Notre place actuelle est logique. Pourquoi voudrait-on qu'on soit champion alors qu'on dispose seulement du cinquième budget de D1. Je parle ici de ce qui entoure ce club, pas de l'équipe en elle-même qui peut rivaliser avec les meilleures en Belgique. Le Stade, nos infrastructures, ça fait peur quand même ! Demande aux visiteurs ce qu'ils pensent de nos vestiaires. On ne boxe pas dans la même catégorie qu'Anderlecht, Bruges ou le Standard sur ce point. Tu ne peux pas être champion avec 11.000 spectateurs par match, tu dois avoir des stades de ouf ! Quand le nouveau stade sera construit, ce sera autre chose : les joueurs, le staff, les dirigeants, seront enfin sur le même pied. Oui. Mais c'est aussi de ma faute, je veux toujours le ballon. J'ai besoin de le toucher pour me sentir bien. Oui, je fais moins d'erreurs en dehors du foot... Si j'ai pris un loft c'est pour pouvoir rester à la maison, par exemple. Je voulais du changement par rapport à l'an dernier et je me sens mieux. Je suis devenu plus efficace dans le jeu. Et je ne m'emballe plus comme l'année dernière où je voulais trop en faire. Si je pars en fin de saison, j'espère que c'est pour l'étranger. Oui, Anderlecht me voulait. Gand était au courant. Jusqu'à ce quelqu'un aille dire à leurs dirigeants que j'étais un sorteur, un buveur, que j'avais une mauvaise hygiène de vie. C'est un manager, il se reconnaîtra. Le jour où je l'ai en face de moi, je lui dirai mes quatre vérités. Salir mon nom auprès d'un club, c'est pitoyable. Oui évidemment, je ne vais pas être hypocrite. Personne. Le seul à qui je fais confiance aujourd'hui, c'est mon père. Et si un club me veut, il doit passer par Michel Louwagie. Preud'homme, c'est mon padre. C'est lui qui m'a fait passer de la Réserve chez les pros, c'est lui qui a dit : Je veux ce petit, après une semaine d'entraînement chez les pros. Il a voulu que je le rejoigne à Twente, à Al-Shabab. Je le retrouverai peut-être un jour, j'espère. Je fais attention à ce que je mange, à ce que je bois. Tu vois qu'ici il n'y a que de l'eau ou des jus par exemple. En vacances c'est différent ( il rit). Et c'est pour ça que ça s'appelle des vacances. Là, je m'amuse et je ne fais attention à rien. Ce que les gens ne savent pas c'est que je me soigne beaucoup. J'arrive peut-être pas à l'entraînement le premier mais je quitte le dernier. Je ne rigole pas avec mon corps ! PAR THOMAS BRICMONTPHOTOS : IMAGEGLOBE" Quand tu ne joues pas avec Sollied, c'est de ta faute, rien que de ta faute.Il s'en fout des noms ou de la tête du joueur. "" Tu peux pas être champion avec 11.000 spectateurs par match ! "" J'aurais aimé venir à Anderlecht. "