Battu 5-1 au Standard durant la phase classique de la compétition, Anderlecht a subi dimanche passé, sur son terrain, une plus grande humiliation encore face à cet adversaire. Une défaite 1-3 en première journée des PO1 ! Au-delà des chiffres, pour le moins inquiétants devant une équipe liégeoise volontairement privée de cinq de ses titulaires habituels, comment ne pas mettre en exergue les manquements criards du RSCA. Comme l'absence totale de pénétration offensive, car exception faite du but de Guillaume Gillet, Sinan Bolat a passé une soirée tranquille dimanche. Mais ce qui a frappé, par-dessus tout, c'est la passivité des Sportingmen, amorphes d'un bout à l'autre de la partie.
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Battu 5-1 au Standard durant la phase classique de la compétition, Anderlecht a subi dimanche passé, sur son terrain, une plus grande humiliation encore face à cet adversaire. Une défaite 1-3 en première journée des PO1 ! Au-delà des chiffres, pour le moins inquiétants devant une équipe liégeoise volontairement privée de cinq de ses titulaires habituels, comment ne pas mettre en exergue les manquements criards du RSCA. Comme l'absence totale de pénétration offensive, car exception faite du but de Guillaume Gillet, Sinan Bolat a passé une soirée tranquille dimanche. Mais ce qui a frappé, par-dessus tout, c'est la passivité des Sportingmen, amorphes d'un bout à l'autre de la partie. Tom De Sutter : Je ne parviens pas à expliquer ce laisser-aller. A l'entraînement, en semaine, tout le monde avait pourtant fait preuve d'une énorme détermination. Nous avons tout simplement été surpris par une formation inédite des Rouches où quelques-uns avaient manifestement à c£ur de démontrer qu'ils valaient mieux qu'un statut de réserviste. Les Standardmen ont maîtrisé le jeu aérien. Pour les contrer, nous aurions dû procéder par un football au sol mais on n'a pas pris suffisamment d'initiatives en ce sens. Les Liégeois n'ont dès lors pas volé leur victoire. On peut voir les choses comme ça... Depuis mon arrivée, les fans ne m'ont jamais marchandé leur soutien. Les dirigeants aussi, sans quoi ils ne se seraient pas opposés, lors du dernier mercato, à un prêt au PSV, voire à un transfert au Club Bruges, qui était lui aussi intéressé. Avec mes partenaires, je n'ai pas le moindre souci non plus. Il n'y a que le coach que je dois pouvoir convaincre de mes qualités... A peu près, même si les matches les plus récents tendent à prouver le contraire. Au départ de cette saison, il n'y avait pas l'embarras du choix, puisque Rom était indisponible à ce moment. J'ai donc commencé dans la position la plus avancée jusqu'à ce que je me blesse à la cheville après quatre journées face au Germinal Beerschot. Du coup, j'ai perdu ma place. Après ma revalidation, j'ai été la plupart du temps la doublure de notre jeune avant. Ce n'est que depuis le déplacement à Eupen, le mois passé, que nous jouons ensemble. Je ne faisais pas figure de priorité en début de match et c'était une déception. Bon nombre de garçons manquaient à l'appel et j'espérais être titularisé. Mon père avait d'ailleurs fait le trajet jusque-là, au départ de Zottegem, car il était persuadé de me voir à l'£uvre. Avant le match, je lui avais envoyé un sms : - Je ne joue pas. Il n'en revenait pas. Pour moi, c'était difficile à avaler aussi. Le coach avait préféré repêcher Ziguy Badibanga à gauche et poster Gillet sur l'aile droite, tout en maintenant le seul Lukaku devant, avec Kanu en soutien. C'est d'ailleurs dans ce rôle-là que je l'avais relayé et non comme deuxième attaquant. Par la suite, cette disposition a été maintenue contre La Gantoise et le Standard. C'est une question que je me suis quelquefois posée, au même titre que d'autres. Durant la semaine qui a suivi la rencontre à Eupen, Jacobs m'a convoqué dans son bureau pour expliquer sa vision des choses. Afin de maintenir un certain équilibre au sein de l'équipe, il est tout simplement d'avis que le 4-2-3-1 est préférable au 4-4-2. C'est un point de vue qui se respecte puisque le Sporting a bâti pas mal de ses succès sur cette base. Ce n'est pas parce qu'un autre schéma de jeu me semble préférable que je vais pousser l'entraîneur à revoir son dispositif. C'est vrai mais sauf le respect que je dois à cette équipe, ce n'était que le Lierse. Contre ce genre d'adversaire, on peut se permettre une tactique plus audacieuse. Mais pas face à un ténor. Changer pour le plaisir de changer n'est pas indiqué non plus, même si ça peut faire l'affaire de l'un ou l'autre, comme pour moi cette fois-là. Il vaut mieux rester fidèle à un système et le travailler, histoire de rôder les automatismes. C'est l'avis du coach et je m'y range. Chacun ses opinions. Pas vraiment. Besnik Hasi me reproche parfois de ne pas être assez salopard en match. Mais si j'adopte cette attitude, je ne suis plus moi-même. Au quotidien, je suis un gars sympa aussi. Peut-être trop sympa, même. C'est du moins ce que ma copine me dit. Elle trouve même que je lui donne trop facilement raison. Elle n'a pas tort car je suis de bonne composition. Je ne m'emporte pas facilement. La preuve : vous avez fait de moi votre flop anderlechtois de la saison et pourtant je vous accorde quand même cette interview. A ma place, d'autres vous auraient envoyé promener ( il rit). Mais je ne vais pas me fâcher pour ça. De toute façon, tout peut évoluer très vite, dans un sens comme dans l'autre. Je mets tout en £uvre pour persévérer. Mais la concurrence y est rude aussi avec Kanu et Matias Suarez qui ont déjà joué en retrait du centre-avant. Mon atout, peut-être, c'est d'avoir déjà joué à ces deux positions dans ma carrière. En classes d'âge du Club Bruges, j'ai longtemps officié derrière Janvion Yulu Matondo et Bart Six. Au Cercle, j'ai alterné aux avant-postes avec Stijn Desmet, tandis qu'Oleg Iachtchouk et Honour Gombami occupaient les flancs. Entre nous, tout était parfaitement huilé. Smetje est d'ailleurs devenu un ami pour la vie. En partie sans doute. Nous avons dû nous adapter à la fois à de nouveaux partenaires et à d'autres méthodes. Entre le Cercle et La Gantoise ou Anderlecht, les charges de travail ne sont pas du tout les mêmes. Du coup, les organismes s'en ressentent. Wesley Sonck m'a dit un jour qu'il n'avait jamais encouru de blessure avant l'âge de 24 ans. Il a eu quelques accrocs ensuite avant de se stabiliser. J'espère qu'il en ira de même pour moi et qu'après tous les malheurs que j'ai connus, je repartirai enfin du bon pied. Non, cette pensée ne m'a jamais effleuré. Contrairement à Nico, je n'ai jamais subi de contretemps ou de coup d'arrêt lors de mes diverses rééducations. J'ai toujours bien progressé et toujours repris avec un temps d'avance. A aucun moment, je n'ai broyé du noir non plus. Et je ne pense pas être plus fragile qu'un autre. Je n'ai jamais eu de blessure musculaire. Les blessures aux cartilages et ligaments, ça fait partie du métier. Surtout quand on pèse 90 kilos, comme moi. Dans ce cas, les réceptions au sol sollicitent les articulations. Je ne suis pas le seul attaquant à y être exposé. Il faut pouvoir encaisser. A la limite, le plus dur n'est pas de revenir dans le parcours. Etre privé de temps de jeu, c'est ça qui est beaucoup plus difficile à avaler. C'est là que je me sens vraiment privé du plaisir que le football me procure. Et plus ça dure, plus cette joie s'estompe. Or, elle est mon moteur. Elle peut toujours se terminer en apothéose, pour le club comme pour moi. A près de 26 ans, mes plus belles années s'annoncent. Et je n'ai pas à c£ur de les passer sur le banc de touche. En fin de saison, une mise au point s'impose avec la direction afin que je sache exactement à quoi m'en tenir. Je me rends fort bien compte qu'on ne peut pas faire de promesses dans le milieu du football. Mais je ne veux pas non plus être la doublure toute désignée. J'ai pris connaissance de ses commentaires et c'est sûr qu'ils ne me laissent pas insensible. Je ne cache pas non plus que je me sens bien à Anderlecht. J'ai toujours été supporter de ce club et j'éprouve franchement une grande fierté à porter son maillot. Quand je vois l'attachement envers moi, à tous niveaux, je me dis que je ne quitterai pas facilement cet entourage. Si je pars, ce ne sera jamais sur un coup de tête. J'ai lu ça également mais je n'en sais pas plus car je ne l'ai plus entendu ces derniers temps. Je sais qu'il a du mal aussi à digérer cette situation. Il estime que je suis davantage qu'une simple roue de secours et aimerait sans doute que je me révolte. Ce n'est pas mon truc. En plus, je ne peux pas dire que je suis malheureux au Sporting. Bien entendu, je serais plus heureux si j'y bénéficiais de plus de temps de jeu. Je ne l'avais pas relevé. Tout ce que je sais, c'est que si je suis épargné par la poisse, je ne serai jamais loin du titre de meilleur buteur chaque saison. A condition de faire partie des onze, bien sûr. Ce qui est moins évident. A moins qu'il me rejoigne à Anderlecht ! A mon avis, il y a une place pour un joueur comme lui ici. Je l'accueillerais à bras ouverts en tout cas car il n'y avait pas plus complémentaires que nous. Cela vaut d'ailleurs pour toute l'équipe du Cercle car tous les joueurs s'y trouvaient les yeux fermés. Glen De Boeck avait réussi là un petit chef-d'£uvre. Anderlecht et le Cercle c'est un monde de différence. Ici, 26 joueurs entrent en ligne de compte pour une place de base alors que les Vert et Noir reposaient sur 16 éléments à peu de choses près. Tout y était axé aussi sur le mouvement tandis qu'au Sporting la plupart des joueurs demandent le ballon dans les pieds. Tous les ballons passaient par lui. Il n'hésitait d'ailleurs jamais à se replier pour qu'on l'alerte plus facilement. Maintenant qu'il n'est plus là, d'autres devront prendre la relève. Sans doute pas dans le même style, mais il faudra bien que quelqu'un s'érige comme patron. Kanu sait bien garder un ballon aussi. Suarez également. Une acquisition logique. Le club cherche des solutions de rechange pour chaque position. D'autant plus que Lukaku ne va pas rester éternellement ici. Bonne. On a beau être concurrents, ça ne m'empêche pas de le tuyauter. Il est d'ailleurs très réceptif aux conseils. J'ai joué contre la Hongrie et le Qatar, en effet. Mais en raison des blessures que j'ai subies, c'est resté sans suite. Et d'autres ont pris la relève. Je suis donc lancé dans une nouvelle course-poursuite. J'ai été agréablement surpris que Georges Leekens se soit rabattu sur moi pour remplacer Lukaku lors des matches contre l'Autriche et l'Azerbaïdjan. Etre rappelé alors que je n'avais que deux matches de championnat dans les jambes, c'était une énorme satisfaction. Je relève plus de maturité et d'expérience. De classe aussi. Vincent Kompany, par exemple, c'est le top. Il était déjà tout bon en Belgique mais depuis qu'il est passé par Hambourg et Manchester City, c'est un monstre. Il pourrait jouer avec un égal bonheur partout, même dans des clubs plus prestigieux encore. Il a tout. Même Lukaku se sent tout petit à ses côtés. Ce qui n'est pas peu dire. PAR BRUNO GOVERS" Si je suis épargné par les blessures, je ne serai jamais loin du titre de meilleur buteur. "