C'est un Neeskens Kebano détendu que nous retrouvons dans les travées de la Cristal Arena, son nouveau terrain de jeu. Deux jours plus tôt, il a disputé la première mi-temps du match de Coupe face à Dessel Sport. Le club anversois n'a pas posé problème aux hommes de Peter Maes qui se sont facilement imposés (5-2) et le tirage au sort du tour suivant a réservé une belle surprise au Franco-Congolais : le Sporting Charleroi. " Ce sera spécial puisque ce sera la première fois que je jouerai contre Charleroi vu que n'étais pas encore qualifié quand les Zèbres sont venus jouer à Genk. Je pense que ce sera un bon match. Que le meilleur gagne en tout cas ".
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C'est un Neeskens Kebano détendu que nous retrouvons dans les travées de la Cristal Arena, son nouveau terrain de jeu. Deux jours plus tôt, il a disputé la première mi-temps du match de Coupe face à Dessel Sport. Le club anversois n'a pas posé problème aux hommes de Peter Maes qui se sont facilement imposés (5-2) et le tirage au sort du tour suivant a réservé une belle surprise au Franco-Congolais : le Sporting Charleroi. " Ce sera spécial puisque ce sera la première fois que je jouerai contre Charleroi vu que n'étais pas encore qualifié quand les Zèbres sont venus jouer à Genk. Je pense que ce sera un bon match. Que le meilleur gagne en tout cas ". Le fait de nous retrouver en PO1 l'année dernière ce n'était que du bonheur. Mehdi Bayat m'avait dit que le projet était d'atteindre les PO1 en trois ans et on l'a réussi en deux ans. Se retrouver là, c'était presque inespéré donc on a pris match après match en essayant de faire les meilleurs résultats possibles. On a fait de bonnes choses et de moins bonnes mais globalement ça a été une saison réussie haut la main. C'était une vitrine importante. J'ai joué 8 matches, j'ai marqué 3 buts. Après, c'est dans ces PO1 que mes soucis de genou sont revenus. On n'avait pas vraiment d'objectif en les abordant mais on se disait qu'une place européenne ce serait l'idéal. On voulait être 4e pour y accéder directement. On a finalement dû passer par les barrages contre Malines. Ce n'était pas facile parce que cette équipe montait en puissance mais malgré ça, on y est parvenu. Bourré d'infiltrations, je ne dirais pas ça. J'ai dû en faire quelques-unes mais j'ai eu des avis de plusieurs spécialistes. Mon ancien docteur du PSG et de l'équipe de France : le professeur Rolland. J'ai vu aussi le docteur De Clercq à Anvers. Ils m'ont dit que les infiltrations... Enfin les termes exacts, je ne sais plus, mais disons par les fesses, les infiltrations directement dans le muscle, n'avaient pas de conséquences néfastes. J'étais un peu réticent au départ mais j'ai été rassuré donc je les ai faites sans hésitation. Ça s'est bien passé contre le Beitar puis moins bien contre le club ukrainien. Sortir de l'Europe de cette manière-là c'était... pfff. Les gens avaient tendance à dire qu'on était tombés sur plus fort que nous mais moi personnellement, je n'aime pas me dire ça. Qu'un adversaire est plus fort que moi. Je n'aime pas perdre à la base et cette mentalité, je l'ai depuis que je suis petit. Si je joue contre quelqu'un de supposé plus fort, je veux quand même gagner et si je perds je suis aussi déçu que si j'avais perdu contre un adversaire qui est supposé moins fort que moi. Je n'étais pas le seul à avoir cette mentalité à Charleroi et je pense que c'est ce qui nous a permis de faire nos meilleurs résultats contre les plus grosses équipes. Ouais il n'y avait pas photo, c'est vrai. On a joué contre de très bons joueurs, une très bonne équipe. On a été éliminé, on s'est dit 'Bon on a joué l'Europe quand même' mais pour moi ce n'était pas vraiment l'Europe. Pour moi, ça commence vraiment à partir de la phase de groupes. J'ai eu la chance de jouer l'Europe avec le PSG et je me souviens de ces matches, tous ces déplacements toutes les deux semaines, c'est quelque chose que j'aimerais revivre donc j'ai quand même quelques regrets par rapport à ça. Peut-être bien. Mais bon, on ne s'est pas qualifié... Il fallait bien que quelqu'un soit tenu responsable des mauvais résultats. C'était facile à dire. On parlait beaucoup de moi au niveau des transferts. 'Il va partir, il ne va pas partir'. Le fait que je sois moins bien les deux derniers matches, ça a donné l'occasion de dire 'ah voilà il est moins bien à cause des bruits de transfert'. Ce n'est pas grave, le foot c'est toujours comme ça. Les clubs me contactaient depuis la fin de saison dernière donc je ne pense pas que ce soit la cause. Ça arrive à tous les joueurs d'avoir un coup de moins bien. Si c'était arrivé au mois d'octobre, personne n'aurait pu parler sur mon dos. Ce que je sais, c'est que durant toute ma période à Charleroi, je n'ai jamais triché. De toute façon, je ne connais pas un joueur qui pourrait faire exprès de ne pas être bon. Ça n'existe pas. Oui, je les comprends mais je sais aussi qu'il y a beaucoup de supporters qui ne se faisaient pas de fausses idées. Surtout après l'élimination en Europa League. Souvent j'en voyais en fin de match ou dans la rue à Charleroi, ils me disaient 'on sait que tu vas partir mais on espère que tu ne vas pas aller dans tel ou tel club'. Je sais que ça n'a pas plu à tout le monde que je rejoigne Genk qui est un adversaire direct pour les PO1. On m'a dit que ce n'était pas une progression dans ma carrière parce que c'est le même niveau que Charleroi mais moi je sais que je continue à avancer. Genk joue beaucoup plus souvent l'Europe que Charleroi depuis de nombreuses années. C'est un club régulier en D1, il a joué la Ligue des Champions, il a été champion en 2011, il est habitué aux play-offs 1. Niveau infrastructures, c'est un autre niveau aussi. Ici, je sentais qu'il y avait une réelle envie de me recruter. J'ai parlé avec le directeur sportif, il m'a présenté le projet qui m'a plu directement. J'ai senti qu'ici tout serait mis en oeuvre pour que je me sente le mieux possible et que je puisse être le meilleur possible sur le terrain. Oui. (il grimace) Non. J'avais d'autres possibilités en Belgique mais je pense que tout le monde sait de quels clubs il s'agissait. La première saison, ça a été une année pendant laquelle, bien que je sois titulaire, il fallait que je m'adapte. J'étais encore en post-formation, je n'avais jamais fait de saison complète en D1. J'ai emmagasiné des matches et de l'expérience. La deuxième saison, j'ai réussi à continuer ces bonnes performances avec encore plus de constance et les play-offs au bout donc c'est très positif. En arrivant en Belgique, je n'avais aucune idée d'où j'allais atterrir. Donc je ne savais pas si j'allais rester dans ce pays ou si j'allais me retrouver ailleurs. De toute façon, j'ai appris à ne plus réfléchir sur le long terme. Je me contente de faire ce qu'il faut dans le présent et quant à l'avenir, on verra. Oui c'est vrai, je suis à Genk. C'est un club flamand mais beaucoup de gens ici parlent le français donc je ne suis pas trop dépaysé, ça va. (il rit) Le néerlandais c'est vraiment difficile, je trouve. Je pense que je vais me contenter de l'anglais. Pour l'instant, je suis encore à l'hôtel, le temps de trouver une maison. Au début, je cherchais plus du côté de la Wallonie mais comme ce n'est pas juste à côté, j'ai recentré mes recherches sur les alentours de Genk. Non mais il m'a fait passer des messages. J'ai discuté avec le directeur sportif, Dimitri De Condé, et il m'a transmis ce que le coach disait sur moi, pourquoi il voulait que je rejoigne Genk. Il attend de moi que j'apporte de la créativité, que je marque, que je débloque la situation quand c'est compliqué. Oui, il est dur mais j'ai déjà eu beaucoup de coaches et certains étaient très durs également, surtout pendant ma formation. Y'en a un en particulier, dont je tairais le nom, qui avait tendance à beaucoup crier. J'ai vraiment souffert avec lui mais avec le recul, j'ai progressé au niveau mental grâce à lui. Ce coach m'aimait beaucoup et il savait que j'avais besoin d'être endurci. Forcément ça ne me pose pas de problème ici. D'autant plus que j'ai connu Antoine Kombouaré à Paris et ce n'est pas le dernier pour pousser une gueulante. Felice Mazzu parle beaucoup avec les joueurs, il essaie de les comprendre, c'est un psychologue. Peter Maes, lui, est très exigeant. Il place la barre très haut pour obtenir un bon rendement de son groupe. Il fait aussi beaucoup d'analyse. Ça fait deux semaines que je suis à Genk et il m'a déjà conseillé de modifier mes déplacements sur le terrain dans certaines situations, il me repositionne, il a un oeil tactique affûté. Ce sont deux bons coaches avec des méthodes différentes. Le club a payé ce qu'il avait à payer. Après l'argent, ce n'est pas moi qui l'ai touché, hein. La pression, je n'en ai pas forcément plus. Quand je suis sur le terrain, je ne pense pas au montant qui a été payé pour moi. Je suis dans une nouvelle équipe, j'essaye juste de faire les meilleurs matches possibles. Je connaissais juste un peu Christian Kabasele. Et puis Enes Unal aussi parce qu'il était dans mon équipe à FIFA quand je jouais dans le mode carrière (il rit). Sinon, je ne connaissais personne mais mon intégration se passe bien, les gens sont cools avec moi. (il coupe) Non je n'étais pas LA star. A moi d'essayer de prouver sur le terrain que je suis indispensable à l'équipe. Refaire des performances comme le match de Malines. Marquer, faire marquer, qu'on gagne des matches et le reste suivra tout seul. C'est comme le Soulier d'Or africain (il rit). Non, je plaisante, c'est un honneur. Je suis très content de l'avoir remporté même si je ne jouais pas avec cet objectif-là en tête. Je ne me dis pas que je vais tenter de le regagner à nouveau ou que je vise le Soulier d'Or. Je fais juste les meilleures prestations possibles et après les récompenses viennent si je les mérite. Tout est possible dans la vie mais je n'en fais pas une obsession. Comme je viens de le dire, je ne joue pas en pensant à ça. Si je l'ai tant mieux, si je ne l'ai pas tant pis. Puis, il y a le Maestro du championnat : Victor Vazquez. Je l'appelle comme ça parce que je le trouve vraiment très fort. Quand il est dans un bon jour c'est le meilleur du championnat. Parfois on ne le voit pas, il se cache et puis d'un coup il sort une passe de fou. Il est très intelligent, c'est un joueur que j'aime beaucoup. PAR JULES MONNIER - PHOTOS KOEN BAUTERS" Genk est un pas en avant par rapport à Charleroi " NEESKENS KEBANO" Le Congo à la Coupe du Monde, ce serait une fête énorme " NEESKENS KEBANO