Christian Benteke est de retour aux affaires. Depuis plusieurs semaines, l'homme empile les buts : huit sur les neuf dernières journées qui permettent à Genk d'entrevoir les play-offs 1 avec sérénité. Les sifflets ont laissé place aux applausvervanging. Rencontre avec un jeune attaquant de 21 ans qui a déjà fait du chemin.
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Christian Benteke est de retour aux affaires. Depuis plusieurs semaines, l'homme empile les buts : huit sur les neuf dernières journées qui permettent à Genk d'entrevoir les play-offs 1 avec sérénité. Les sifflets ont laissé place aux applausvervanging. Rencontre avec un jeune attaquant de 21 ans qui a déjà fait du chemin. La différence ? Eh bien aujourd'hui les ballons je les mets au fond alors qu'avant je les envoyais à côté. Le travail de finition à l'entraînement que je m'impose a fini par payer mais je crois surtout que je me suis mis trop de pression à mon arrivée. Je voulais à tout prix marquer, je faisais les mauvais choix, je voulais prouver à la direction de Genk qu'elle avait le bon choix en m'engageant. Et pour finir, sur le terrain, je ne prenais plus de plaisir. Parce que c'est un club qui me connaissait. Parce que le discours de Monsieur Degraen tenait la route. Il était important de signer dans un club où tu es demandé plutôt que dans un club où tu es demandeur. Oui c'est vrai. Je me disais que je n'allais pas continuer à faire le tour de la Belgique. Mais la proposition de Genk était intéressante. Et je ne sais pas s'il y avait des propositions véritablement concrètes de l'étranger. Tout ça, c'est de la blague. Pour l'instant il n'y a rien. J'ai juste précisé qu'il ne fallait jamais dire jamais car Anderlecht, c'est le club top, le club numéro un en Belgique. Oui et j'étais très motivé. Après on doit s'incliner devant le choix du coach. Il m'avait dit que Nong devait jouer car il avait réalisé de bons play-offs, il y avait Leye aussi... Quand j'ai eu un entretien avec Riga, il me disait qu'il comptait sur moi. Mais c'est, je crois, le discours classique de tous les entraîneurs. Le but c'était de me mettre en confiance car Cyriac était encore blessé, et on ne savait pas encore que Batshuayi allait éclater. Mais c'est jamais bon quand je lis une de ses déclarations dans la presse où il dit que le meilleur attaquant de l'équipe est sur la touche. Ça veut tout dire sur la confiance qu'il vous porte. Non je ne peux lui en vouloir. C'est un être humain, il doit faire des choix. Dans chaque club, on trouve des joueurs insatisfaits qui ne reçoivent pas le même crédit que d'autres. Je n'ai jamais pu, comme d'autres, évoluer plusieurs matches de suite 90 minutes durant. Je ne suis pas entêté, j'ai rapidement compris qu'on ne comptait pas sur moi. Bien sûr que je suis déçu. Je suis Liégeois et j'aurais aimé percer dans mon club. Mais ce qui me " fatiguait " c'était de devoir à nouveau m'imposer quelque part, à nouveau repartir, découvrir un nouvel univers, s'adapter à d'autres coéquipiers. D'un point de vue sportif, je n'étais pas inquiet car je sais que j'ai des qualités. Je reste jeune même si je ne veux plus traîner en chemin. Quand on dit que je n'ai pas le niveau pour évoluer dans un grand club. On m'a parfois jugé un peu trop vite. C'est vrai qu'en début de saison je ne marquais pas avec le Standard mais je faisais des matches corrects dans un club qui se cherchait, qui était en pleine reconstruction. Il faut voir évoluer quelqu'un sur la continuité pas sur quelques matches. Oui. Je sais qu'il me reste pas mal d'aspects à améliorer mais je pense être un joueur correct. Je peux avancer un bon jeu de tête, je sais jouer dos au but, je ne suis pas maladroit des pieds. Je suis plutôt complet comme attaquant. Je suis belge et je suis donc content de représenter mon pays même si j'ai l'ambition d'être avec les A. J'ai lu dans la presse que si j'avais été sélectionné avec les Espoirs, c'est parce que l'enjeu du match est important, qu'à l'inverse j'aurai été repris avec les A. Je n'ai eu personne de la fédé pour me le confirmer. Je suis la preuve que dans le foot, ça peut aller très vite. Il n'y a pas longtemps, j'étais dans la cave maintenant je suis dans la lumière. J'espère le rester mais je ne mets plus la pression comme avant. Non car cela voudrait dire que ma carrière est terminée. C'est évidemment une fierté surtout que l'équipe a de la gueule. Ce sont tous des joueurs que je respecte pour ce qu'ils ont déjà démontré, pour ce qu'ils démontrent, sans pour autant être impressionné par mes équipiers. Oui même si on a beaucoup de bons attaquants avec des profils différents. Mais je dois d'abord mériter d'être sélectionné. Si c'est le cas, on verra après ce qu'il y a moyen de faire... Oui même si je n'ai jamais par exemple été un sorteur ou un fêtard. A part en vacances, on ne me verra pas en boîte. Ma vie hors du foot, ça se résume à aller dans ma famille, soit aller voir mes amis Regi ou Mehdi (Carcela). On a exagéré. C'est pas le Bronx, c'est pas les Etats-Unis. On n'est qu'à Liège. Les médias ont aimé grossir les faits alors que franchement c'est une histoire plutôt banale. Je ne dis pas que je vois ça tous les jours mais c'était une embrouille entre jeunes comme il en existe souvent. Ma plus grosse erreur, c'était ma présence. Oui car mes parents étaient malheureux. Mon image a été salie mais je n'ai pas trop prêté attention à ce qu'il se disait dans les médias. C'est la vie, il faut que j'assume, c'est tout. Non je ne pense pas. C'est davantage un avertissement, qu'une sanction. C'est un mal pour un bien. J'ai compris que je devais faire attention avec qui je traîne, je ne peux plus mettre les pieds n'importe où. J'ai une image à soigner. Heureusement que j'ai pu compter sur mon agent, Kismet Eris, qui s'est occupé de tout, de toutes les démarches, des avocats, etc. Le soutien de ma famille a aussi été très important. Honnêtement, je n'ai pas compris ce qui se passait. Ce n'est qu'après coup que j'ai réalisé quand les journalistes m'en ont parlé. J'entendais les sifflets et je m'y étais préparé. Je ne l'ai pas mal pris, ça fait partie du jeu. Je serai toujours critiqué ! Si je devais me plaindre à chaque fois qu'on me critique, autant arrêter le foot. Quand je suis monté au jeu et que ça s'est mis à siffler, j'ai pu compter sur Anthony Vanden Borre qui a traversé le terrain pour m'encourager. Anthony, je le respecte énormément. Je ne le connaissais pas avant de venir et je me demandais s'il était vraiment comme on le décrivait. Pas du tout, c'est quelqu'un de discret, il s'entraîne et puis il rentre chez lui. Il ne parle à personne. Je ne dis pas pour autant que toutes ses réactions sont justifiées, c'est quelqu'un d'impulsif, mais qui a été trop vite catalogué. Si Been est tout le temps derrière lui, c'est parce qu'il l'aime beaucoup. Je crois même qu'Anthony est son joueur préféré. Il n'a pas envie de le voir gâcher son talent et il veut le recadrer dès le moindre écart de conduite. Le fait d'être sans arrêt convoqué dans le bureau du coach, ça peut lasser Anthony mais je peux vous assurer qu'ils s'apprécient mutuellement. Franchement non. Je n'ai pas compris son coup de gueule. Le coach en a parlé dans le vestiaire et a répété que tenir de tels propos devant les caméras, ça ne se faisait pas. Qu'on lavait le linge sale en famille. C'est quelqu'un qui aime bien le beau foot, le foot offensif. C'est un Hollandais, c'est logique. Je n'ai jamais eu aucun reproche à lui faire. Je ne marquais pas, au contraire de Vossen et Barda. Il était donc normal que je me retrouve sur le banc. Et de toute façon, je suis pas du genre à aller me plaindre dans la presse ou auprès de l'entraîneur. Attaquant, c'est le poste le plus compliqué. Un milieu ou un défenseur peut se permettre de se cacher davantage quand ça va moins bien. Pour un attaquant, c'est impossible, car on lui demande une chose : marquer. Et sur ce point je dois encore progresser, je ne suis pas assez killer, je suis encore trop gentil dans le rectangle. Je dois travailler, être plus méchant dans le dernier geste. Je suis un peu à la vie comme sur le terrain, un mec trop coolé... PAR THOMAS BRICMONT - PHOTOS: IMAGEGLOBE" Si je devais me plaindre à chaque fois qu'on me critique, autant arrêter le foot. "