Toots Thielemans est parti et fait l'actu depuis une semaine mais ça n'a rien à voir ! " Notre nom se prononce de la même façon mais l'orthographe est différente ", rigole Youri Tielemans. " On m'a déjà demandé si nous étions parents, mais donc, non... " Le prodige mauve avoue qu'il a déjà maté l'un ou l'autre morceau de la légende du jazz sur Youtube, mais son truc musical, c'est plutôt " du rap français et américain, du R&B, un peu de tout en fait, en fonction de mes émotions du moment. "
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Toots Thielemans est parti et fait l'actu depuis une semaine mais ça n'a rien à voir ! " Notre nom se prononce de la même façon mais l'orthographe est différente ", rigole Youri Tielemans. " On m'a déjà demandé si nous étions parents, mais donc, non... " Le prodige mauve avoue qu'il a déjà maté l'un ou l'autre morceau de la légende du jazz sur Youtube, mais son truc musical, c'est plutôt " du rap français et américain, du R&B, un peu de tout en fait, en fonction de mes émotions du moment. " Il n'a pas encore 20 ans mais son compteur affole. Plus de 100 matches de championnat, près de 25 en Coupe d'Europe. Interview jeune mais pas fou. YOURI TIELEMANS : Je ne parlerais pas de nervosité mais d'énorme envie de gagner. Ce titre, il nous le faut. On a faim. On sait qu'on ne va pas gagner tous les matches mais on va tout donner pour arriver au bout. TIELEMANS : Une grosse pression, oui. Quand tu joues pour le plus grand club de Belgique, tu le sais. Mais j'arrive à gérer sans souci. Sans doute parce que je n'ai jamais connu que ça. Déjà chez les jeunes, on devait tout gagner. Chez moi, c'est une habitude. Ceux qui n'ont pas ce passé, ils doivent s'y faire. Apprendre à commencer tous les matches à fond, par exemple. TIELEMANS : Il s'est passé des trucs en interne, des trucs qui n'ont pas été réglés, tout simplement. Des petits soucis. Je n'ai pas envie d'en dire plus, ça reste au club. Je peux seulement dire que la mentalité n'était pas top tout le temps. Bouger les uns pour les autres, aborder les matches à 200 %, les terminer à 200 %, c'est ça qu'il faut absolument retrouver. TIELEMANS : Dans le feu de l'action, tu vois que le jeu n'est pas bon, que les résultats ne suivent pas. Avec le recul, tu te dis : -C'était vraiment mauvais et on n'avait aucune chance d'être champions comme ça. Quand tu prends le temps de réfléchir, tu arrives à te poser les bonnes questions. TIELEMANS : Il n'y a qu'à voir le match en fin de play-offs qu'on perd 4-0 chez eux. Ils étaient motivés à 2.000 %, ils voulaient vraiment être champions. Ils avaient un bon groupe. Et ils ont su le garder, donc on sait que ça va encore être très dur pour nous cette saison. TIELEMANS : Il n'y a pas que l'entraîneur. Il y a tout le staff, et surtout les joueurs. Tout le monde doit avoir envie de changer ça dans sa tête ! TIELEMANS : Il y a du lourd aussi en Europa League. On sait que ça ne sera pas simple. Mais on sait aussi qu'on peut réussir quelque chose. La preuve, la saison passée : on a quand même fini deuxièmes d'une poule où il y avait Tottenham et Monaco. TIELEMANS : Un changement ? Pourquoi ? Dans tous les clubs, il y a des joueurs qui partent, d'autres qui arrivent... TIELEMANS : Mais c'est une invention de journalistes, ça ! Il ne faut pas inventer des problèmes là où il n'y en a pas. TIELEMANS : C'est toi qui le dis. Tous les joueurs sont importants, sur le même pied. Le seul qui peut être plus important que tous les autres, c'est celui qui arrive à mettre trente buts. TIELEMANS : Je ne me suis jamais trouvé jeune ! Que j'aie 16 ou 25 ans, j'ai toujours su parler aux autres et prendre mes responsabilités. Ça n'a rien à voir avec l'âge. Je pense que le public me considère trop jeune pour jouer au leader, mais je suis prêt. TIELEMANS : J'ai toujours été capitaine, j'ai toujours été un joueur important. J'imagine que mes entraîneurs voyaient que je parlais facilement à tout le monde et que je savais assumer à tout moment. TIELEMANS : Je n'ai pas envie de critiquer ce qui s'est fait ici dans le passé. Maintenant, René Weiler est dur, mais tout ce qu'il fait est normal pour moi parce que j'ai toujours eu des règles. A la maison, à l'école. Il n'y a rien d'extraordinaire dans ce que le coach nous impose. TIELEMANS : Il est proche des joueurs mais on ne le sent pas proche... Il voit tout et il ne dit rien au moment même. Le lendemain, s'il n'est pas content, il en parle devant tout le monde. Et quand c'est bien, il le dit aussi. TIELEMANS : Il y a des joueurs qui n'acceptent pas la critique en public. Sans doute parce qu'ils n'ont jamais connu ça. Mais le coach a été clair en arrivant, il a demandé si ça dérangeait quelqu'un qu'il fasse ses critiques devant tout le groupe. Personne n'a réagi. TIELEMANS : A la dure, c'est exagéré. C'était simplement une éducation avec des principes et des règles. Des choses banales. Manger sain, se coucher à temps, faire son boulot à l'école, ne pas répondre à ses parents. Et accepter les remarques. TIELEMANS : Peut-être. Dans le judo, c'est très strict. Tu dois toujours être fair-play. Avec tes adversaires, avec l'arbitre. Si tu réponds à l'arbitre, tu prends une pénalité. Ça te donne une éducation ! TIELEMANS : C'était une passion, j'étais bon, ceinture bleue à quinze ans, et je pense que j'aurais pu faire une carrière à un haut niveau. Si je n'étais pas devenu footballeur, je serais probablement judoka aujourd'hui. Mais je préférais quand même faire du sport avec un ballon. TIELEMANS : Oui, je confirme. Ça m'a apporté de la souplesse, de la mobilité. Si je suis rarement blessé, c'est en partie grâce au judo. Il m'a appris à connaître mon corps, à me soigner, à m'étirer, à savoir quand il faut dire stop. En foot, tu peux toujours te cacher. Pas en judo. Si tu n'as pas une hygiène de vie parfaite, tu es sûr de ne pas réussir. Tu ne gagnes pas un gros combat si ton corps n'est pas top. TIELEMANS : Il est réaliste et très ouvert. Ce qu'il dit devant les médias, il le dit aussi au club. TIELEMANS : Pas du tout. Je ne pense ni à Vadis, ni à Vanden Borre. S'ils sont partis à ce moment-là, c'est qu'ils se sentaient prêts pour découvrir autre chose. Je partirai quand je sentirai que c'est le bon timing, quand je me sentirai tout à fait prêt. TIELEMANS : Il faut bien vendre du papier. Maintenant, c'est vrai qu'il y a eu certaines approches. Mais jamais rien de concret. TIELEMANS : Oui, il m'aurait appelé pour que je le rejoigne à Manchester... N'importe quoi. Le type qui a raconté dans la presse que je lui avais confié ça, je ne le connais même pas. Il dit qu'on a joué ensemble chez les jeunes d'Anderlecht mais ce n'est même pas vrai. TIELEMANS : Pour le gars, peut-être... TIELEMANS : La saison dernière, par exemple, j'en attendais plus. Je sais que le manque de constance, c'est mon point faible. Il faut que j'arrive à être bon dans chaque match. Mais bon, je suis content de ce que j'ai déjà accompli ! TIELEMANS : Oui, je me sens toujours bien quand le championnat commence, puis il y a des trucs qui font que je suis moins bien. TIELEMANS : Je me suis déjà posé la question. TIELEMANS : Je n'ai pas encore trouvé la réponse... TIELEMANS : Je l'ai lu aussi mais je ne l'ai jamais dit. J'ai expliqué que je devais gagner en constance, c'est différent. TIELEMANS : Il y a peut-être des moments où je veux trop bien faire, c'est peut-être à cause de ça que je deviens moins bon. TIELEMANS : Mon père l'a vu jouer et m'en a beaucoup parlé, il dit que c'est le meilleur joueur de l'histoire du club. En plus, c'est un vrai Bruxellois. Avoir détrôné une légende comme lui, c'est un honneur. On se voit parfois au stade. Et dans l'avion qui nous ramenait de Prague, on a parlé un moment. Il était assis à ma rangée, avec Eddy Merckx. Lui, il parlait surtout de son petit-fils qui venait de gagner le tournoi de hockey aux Jeux avec l'Argentine... Il était très, très fier. TIELEMANS : Oui mais je n'ai pas été déçu de ne pas être repris. Pour avoir une chance d'y aller, il aurait fallu que je fasse des play-offs de fou. J'ai joué quelques bons matches mais je n'ai pas tout cassé. Si on avait tout cassé, c'est bien simple, on aurait fini champions. PAR PIERRE DANVOYE - PHOTOS BELGAIMAGE - CHRISTOPHE KETELS" Bouger les uns pour les autres, aborder les matches à 200 %, les terminer à 200 %, c'est ça qu'il faut absolument retrouver. " - YOURI TIELEMANS