Anderlecht n'aurait sans doute pas dû attendre la 79e minute pour plier le match au Tondreau si Jonathan Legear avait exploité d'entrée de jeu un bon centre de Mbark Boussoufa. Malchanceux, le flanc droit des Mauves botta au-dessus du but de Frédéric Herpoel, avant de céder sa place, quelques minutes plus tard, à Thomas Chatelle pour cause de légère contracture.
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Anderlecht n'aurait sans doute pas dû attendre la 79e minute pour plier le match au Tondreau si Jonathan Legear avait exploité d'entrée de jeu un bon centre de Mbark Boussoufa. Malchanceux, le flanc droit des Mauves botta au-dessus du but de Frédéric Herpoel, avant de céder sa place, quelques minutes plus tard, à Thomas Chatelle pour cause de légère contracture. Jonathan Legear : J'avais fait une course de trente mètres pour être à la réception du ballon, mais au moment de l'impact j'ai été gêné par Roberto Mirri. En reprenant ma position, je me suis rendu compte d'une petite raideur à hauteur du quadriceps. Sur la phase suivante, j'ai ressenti une pointe cette fois. Pour ne pas courir le risque d'aggraver les choses, j'ai préféré demander mon remplacement. En principe, je devrais être retapé en quelques jours à peine. Si j'étais resté au jeu, j'en aurais peut-être eu pour des semaines, voire des mois, qui sait ? Dans le passé, j'ai quelques fois eu tort de ne pas prêter suffisamment attention aux signaux de mon corps. Cela m'a valu de longues périodes d'indisponibilité. J'ai bien retenu cette leçon. A présent, au moindre contretemps, je prends les précautions d'usage. On a eu du mal à imposer notre rythme en première mi-temps car le match était sans cesse haché par les fautes des Montois. Après le repos, il y avait plus de liant chez nous, malgré des adversaires toujours aussi teigneux. Finalement, l'agressivité des Dragons aura aussi été leur perte, puisque nous sommes parvenus à faire la différence sur coup franc, comme nous l'avions déjà fait en fin de première mi-temps. Deux buts sur des phases arrêtées, ce n'est sans doute pas ce que les gens attendent d'une équipe comme la nôtre, qui essaie de développer du beau football. Mais, face aux Hennuyers, il n'y a pas moyen de jouer de manière académique. Ces gars-là sortent constamment la grande faucheuse et l'opposant ne s'en sort jamais sans casse. Dmitri Bulykin, blessé pour sa part aux ischios, en sait quelque chose, lui aussi. L'important, dans ces conditions, c'est de ramener les trois points et nous l'avons fait. Je peux me tromper mais je n'ai pas l'impression que tous nos rivaux empocheront le maximum des points à Mons. Et il m'étonnerait aussi qu'ils gagnent tous au Cercle Bruges, comme nous l'avons fait précédemment. Mine de rien, nous avons déjà parfaitement négocié deux déplacements périlleux. C'est bon signe. L'année passée, toutes compétitions confondues, j'avais joué 25 matches au premier tour et je m'étais donc installé dans le onze de base. Une vilaine déchirure encourue lors du déplacement européen à Getafe, au mois de décembre, est malheureusement venue couper cet élan et m'a privé de terrain pendant quatre mois. En raison de ma longue revalidation, le club s'est tourné vers des solutions de rechange : Thomas Chatelle et Stanislav Vlcek. Tous deux ont saisi leur chance alors que je n'ai refait surface qu'en fin de campagne. L'objectif que je me suis fixé pour les mois à venir est d'améliorer ce total. Ce ne sera pas évident, car Anderlecht est à présent privé de matches européens. Et sur mon flanc, je suis évidemment soumis à rude concurrence puisque je dois me farcir deux rivaux qui n'étaient pas là il y a un an. C'est le football, il faut pouvoir l'accepter. De toute façon, au Sporting, il est normal que deux ou trois joueurs se battent pour une seule place. Si ça n'avait pas été ces deux-là, d'autres auraient de toute façon été contactés dans le même but. C'eût été beaucoup plus difficile à encaisser, pour moi, s'il s'était agi d'éléments de mon âge mais Vlcek est trentenaire et Chatelle va sur ses 28 ans. Par rapport à eux, avec mes 21 ans, j'ai le temps. Je ne veux pas brûler les étapes. Je suis le plus jeune du noyau de Première actuellement. Je ne vais donc pas faire la fine bouche. D'autres, de mon âge, sont nettement moins bien lotis que moi. J'ai fait mes classes au Standard avec Sébastien Pocognoli et Kevin Mirallas, entre autres. Mais je n'échangerais pour rien au monde ma place contre la leur. Anderlecht, c'est mieux que l'AZ ou Saint-Etienne même s'ils gagnent peut-être mieux leur vie que moi. C'est vrai que plus d'un million d'euros net par an, ça donne à réfléchir. Mais aurais-je été prêt pour ce genre d'aventure ? Je ne le pense pas. L'aspect financier était très intéressant mais je ne sais pas si sportivement je me serais vraiment épanoui dans cet entourage. A Anderlecht, je sais à quoi m'en tenir. Vu le beau monde qu'il y a ici, je suis à peu près sûr de pouvoir progresser encore jusqu'à 23 ans. A ce moment-là, j'espère être titulaire à part entière ou être armé dans l'optique d'un transfert. Si ça ne tient qu'à moi, j'aimerais quand même me fixer dans la durée au club avant d'aller voir ailleurs. Je ne suis sûrement pas obnubilé par un transfert. Il sera encore temps d'y songer dans quelques années, quand j'aurai davantage de matches dans les jambes. Aujourd'hui, j'en suis à une centaine, dont le tiers comme titulaire. Ce n'est pas encore énorme pour briguer plus. Je suis sans doute moins polyvalent et expérimenté mais j'ai pour moi mon jeune âge et ma vitesse. Je suis à la fois le plus jeune et le plus rapide du groupe. Il en a d'ailleurs toujours été ainsi. En équipes d'âge, je courais plus vite avec le ballon que mon adversaire direct sans, c'est tout dire. Hormis la vitesse, j'ai toujours eu un beau volume de jeu aussi. Par match, je couvre régulièrement plus de 11 kilomètres. C'est plus que les autres attaquants. Seuls les médians se situent dans les mêmes parages. Comparativement à ceux qui occupent la même place que moi, ici ou ailleurs, je n'ai franchement pas, non plus, à rougir de la qualité de mes centres. Il n'y a que ma production personnelle qui me chagrine. J'ai toujours été davantage un remiseur qu'un buteur, dans des proportions de deux à trois contre un : quand j'inscrivais 5 buts en une saison, je délivrais entre 10 et 15 passes décisives. C'est un aspect qui fait l'objet d'un entretien journalier. Je répète constamment mes gammes. Pour le moment, j'en suis à la règle de trois : sur une dizaine de centres, trois sont toujours nickel, trois autres plus ou moins valables et les autres à améliorer. S'il y a parfois du déchet, c'est à cause des exigences du football moderne. En classes d'âge, je me souviens que je donnais des ballons en cloche sur les phases arrêtées. A présent, ce sont carrément des tirs qu'il faut délivrer afin que le gardien adverse n'ait pas, ou moins, l'occasion d'intervenir. Idem pour les services délivrés au ras du sol, qu'il s'agit d'appuyer pour les mêmes raisons. Dès l'instant où tout va plus vite et qu'il faut être plus sec, il est normal que tout ne soit pas parfait. J'essaie de gommer ces imperfections. J'ai le sentiment de m'améliorer mais je serais sans doute plus avancé sur ce point si je n'avais pas été freiné par des blessures. En équipes de jeunes, je n'ai pas souvent dû déclarer forfait pour cause de blessure. C'est depuis mon passage à Anderlecht, à 17 ans, que tout s'est soudain accéléré. Ce n'est pas anormal, dans la mesure où j'ai été soumis d'une campagne à l'autre à une charge de travail beaucoup plus intense. Je ne suis d'ailleurs pas le seul dans le cas. Kanu et Matias Suarez l'ont vérifié à leurs dépens aussi en ce début de saison. C'est le propre des jeunes joueurs explosifs. C'est lié à notre profil. Au Standard, Milan Jovanovic est fragile aussi, de ce point de vue-là. Et à Barcelone, j'ai cru comprendre que Lionel Messi avait été victime de pas moins de 7 déchirures en trois ans. Je n'ai donc pas à me plaindre. J'ai appris à me soigner. Au départ, je croyais que le mot ne concernait que ceux qui relevaient de blessure. J'ai compris depuis lors que le repos et la nourriture sont une manière de se soigner également. C'est 80 % du " professionnalisme invisible " comme on dit dans le jargon. Je tente aussi de me discipliner lors des séances d'entraînement et en match. J'ai souvent tendance à vouloir trop en faire. Le coach, Ariel Jacobs, m'encourage à mieux choisir mes moments, et à adopter une meilleure position aussi. Je dois doser mes efforts et écarter le jeu le plus possible, alors que j'ai parfois tendance à rentrer. C'est permis dans les 16 mètres, quand il s'agit d'être à deux, trois ou même davantage à la réception du cuir. Mais en dehors du rectangle, il m'incombe de me confiner à la ligne. J'ai déjà été utilisé à cette place. Contre le Vigor Hamme en Coupe de Belgique, notamment, et lors du match d'ouverture de la saison 2006-07 à Westerlo. Nous avions gagné 3-4 là-bas et j'avais délivré deux assists à Mémé Tchité. Dans une défense à quatre où l'accent est mis sur la pénétration des backs, je suis à même de tirer mon épingle du jeu. Mais quand la mission est purement défensive ou que l'arrière-garde est composée de trois hommes, je ne suis pas à mon affaire. J'ai toujours été un joueur à vocation offensive et il est difficile, à 21 ans, de développer de nouveaux automatismes défensifs. Guillaume Gillet, qui a été appelé à cette place également, éprouve manifestement les mêmes difficultés. Face au BATE, j'ai été amené à reculer suite à l'exclusion de Marcin Wasilewski. Et, à 10 contre 11, cela ne s'était pas trop bien passé, en ce sens que ma responsabilité était quand même engagée sur le deuxième but. Honnêtement, je ne vois pas d'avenir à cette place pour moi. Sauf en fin de carrière, quand je jouerai en Provinciales ( il rit). Je pense que c'est une question de cycles. En catégories de jeunes, j'ai toujours été confronté à une pénurie de gauchers alors qu'il y avait souvent embarras du choix de l'autre côté. Les droitiers étaient alors casés à gauche. Au plus haut niveau, aujourd'hui, c'est l'inverse : il y a plein de bons joueurs à gauche et c'est le désert sur le flanc opposé. Non seulement au back mais aussi dans une position plus avancée. Pour ça, il faudrait d'abord que je sois sélectionné. Jusqu'à présent, je ne suis pas arrivé plus loin qu'une place dans le groupe élargi. Depuis, le sélectionneur a chaque fois trouvé la parade en titularisant sur les ailes des éléments qui occupent une position axiale dans leur club, tant à gauche qu'à droite. On ne peut pas lui en vouloir, dans la mesure où les résultats suivent pour le moment. Mais je suis quand même très étonné de l'absence totale de joueurs excentrés à droite puisque ni Tom De Mul, ni Gillet ni moi-même n'avons été retenus. J'espère quand même que le jour viendra où des joueurs typiques de flancs seront amenés à jouer dans les couloirs. Ce serait alors ma chance, effectivement. Ou celle, évidemment, de De Mul. Je bosserai pour y parvenir car les Diables Rouges, c'est le top. Quand je vois l'expérience qu'on peut emmagasiner dans un match comme en Turquie, je me dis que je dois vivre ça. Non. Désolé, mais ce stade de 5.000 places à peine ne cadrait pas avec la Ligue des Champions. Et l'adversaire non plus, même s'il nous a éliminés. Si nous avions été bien en jambes au moment d'affronter cette équipe, jamais nous n'aurions été éliminés. Il s'en est fallu de peu. Si nous avions pu compter sur Nicolas Frutos ou si Dmitry Bulykin avait déjà répondu présent, jamais nous n'aurions été éliminés. Le Russe, c'est du pain béni pour moi. Il est sans doute moins mobile que l'Argentin, mais quelle présence dans les 16 mètres adverses. Il parvient même à faire bon usage d'un mauvais centre ! A un moment donné, j'étais un peu partagé parce que les Jeux, c'est une chance qui ne se présente qu'une seule fois dans une carrière. Vu le parcours des Diablotins, il y a de quoi saliver. Pour des raisons d'implications avec les équipes nationales de jeunes, j'avais toutefois loupé à trois reprises, dans le passé, la période de préparation du club. Or, c'est un moment-clé de la saison. Je ne voulais pas courir le risque d'être à nouveau freiné suite à une convocation. C'est pourquoi j'ai privilégie mon club. Sans regrets. Je ne suis pas superstitieux. Ce numéro était tout simplement libre cette année. Et comme il coïncide avec ma date de naissance, je l'ai pris. Ce qui ne gâte rien, il a porté chance aussi, autrefois, à un joueur qui a le même profil que moi en matière de vitesse : Tomasz Radzinski. Si je peux m'inspirer de son exemple, je n'aurai pas à me plaindre à l'heure des bilans. par bruno govers - photos : reporters/hamers