Parfois, BenoîtPoulain (28 ans) ne sait pas trop que répondre lorsque nous lui demandons son avis sur les prestations et les résultats de Courtrai. " Hmmm... que puis-je dire ?... Hmmm... le début de saison était mauvais, nous jouions mal. Et quand on joue mal, on n'éprouve pas de plaisir, même si l'on gagne. Cela m'a beaucoup dérangé, à l'époque. Je suis quelqu'un qui aime construire depuis l'arrière. Aujourd'hui, cela va mieux, cela laisse peut-être augurer d'un avenir meilleur. Le déclic s'est produit à Ostende. Malgré la défaite, une amélioration dans le jeu était perceptible. Jusque-là, nous avions souffert de la comparaison avec la saison dernière, lorsque nous développions un football agréable et offensif. Lorsque notre niveau a baissé, cela a été dur à accepter. YvesVanderhaeghe a poursuivi le travail de HeinVanhaezebrouck, désormais nous avons un nouveau coach avec lequel il a fallu repartir de zéro, sur base d'une nouvelle philosophie. Changer quelque chose qui fonctionnait bien n'est pas évident. Je comprends le coach, car ce qu'il demandait était cohérent. Mais je comprends aussi les joueurs, qui éprouvaient des difficultés à accepter une autre méthode de travail. "
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Parfois, BenoîtPoulain (28 ans) ne sait pas trop que répondre lorsque nous lui demandons son avis sur les prestations et les résultats de Courtrai. " Hmmm... que puis-je dire ?... Hmmm... le début de saison était mauvais, nous jouions mal. Et quand on joue mal, on n'éprouve pas de plaisir, même si l'on gagne. Cela m'a beaucoup dérangé, à l'époque. Je suis quelqu'un qui aime construire depuis l'arrière. Aujourd'hui, cela va mieux, cela laisse peut-être augurer d'un avenir meilleur. Le déclic s'est produit à Ostende. Malgré la défaite, une amélioration dans le jeu était perceptible. Jusque-là, nous avions souffert de la comparaison avec la saison dernière, lorsque nous développions un football agréable et offensif. Lorsque notre niveau a baissé, cela a été dur à accepter. YvesVanderhaeghe a poursuivi le travail de HeinVanhaezebrouck, désormais nous avons un nouveau coach avec lequel il a fallu repartir de zéro, sur base d'une nouvelle philosophie. Changer quelque chose qui fonctionnait bien n'est pas évident. Je comprends le coach, car ce qu'il demandait était cohérent. Mais je comprends aussi les joueurs, qui éprouvaient des difficultés à accepter une autre méthode de travail. " BENOÎT POULAIN : La semaine précédente, rien n'allait à l'entraînement, une fois de plus. L'équipe qui était censée commencer le match était toujours battue. Sans entrer dans le détail : nous sentions que nous faisions fausse route et certains choix ont été remis en cause. D'abord entre les joueurs, puis lors d'une discussion avec le coach. La période des transferts était déjà clôturée, les joueurs savaient qu'ils resteraient au moins jusqu'en janvier et se sont dit : si nouscontinuons de la sorte, nous allons terminer en queue de classementet cela ne serait bon pourpersonne. Tout le monde avait intérêt à ce que la situation s'améliore et elle s'est améliorée. POULAIN : Je ne voulais pas partir à tout prix. Même lorsque j'ai reçu des propositions d'autres clubs, ce n'était pas à moi à exercer une pression. POULAIN : J'étais mécontent car on ne nous a pas expliqué clairement quelles étaient les intentions des nouveaux propriétaires. Au départ, nous avons entendu les choses les plus folles à propos de leurs motivations. Le départ du coach n'a pas été bien négocié non plus, selon moi. Cela a brisé notre élan durant les play-offs 1. Je suis ambitieux et je veux améliorer ma situation, mais je sais qu'aussi longtemps que je suis sous contrat, c'est le club qui décidera de mon avenir. POULAIN : (il rit) C'est difficile à expliquer. Un jour, j'ai même refusé de m'entraîner parce que je ne me sentais pas respecté au sein du club. PatrickTurcq m'avait promis un nouveau contrat, mais je n'ai rien vu venir. Pendant ce temps, les clubs qui s'intéressaient à moi ont choisi, l'un après l'autre, d'autres défenseurs. POULAIN : Exactement. POULAIN : Je n'en sais rien. J'ai discuté avec KenChoo et je lui ai promis que je donnerais le maximum jusqu'en janvier. Je n'ai pas fermé la porte à Courtrai, mais je prendrai alors le temps de réfléchir à une éventuelle proposition. POULAIN : En tout cas, j'ai été très bien accueilli. POULAIN : Ce qui m'a plu d'emblée, en arrivant, c'est qu'on y joue de manière plus offensive qu'en Ligue 2. Et en Ligue 1, on trouve désormais pas mal de clubs anonymes. Si je ressens plus de plaisir ici, je ne vois aucune raison de retourner en France. Certains stades sont un peu vieillots, mais les supporters y créent une bonne ambiance. Des supporters qui chantent après une défaite, comme ceux de Charleroi après le match perdu à Courtrai, cela ne se voit pas en France.Impossible ! L'équipe battue est toujours sifflée. POULAIN : C'est plus familial, ici. Plus amical, aussi. Je vois plus de familles dans les stades. Des femmes et des enfants. En France, les gens viennent plus au stade pour éliminer le stress accumulé durant la semaine, que pour le jeu stricto sensu. C'est une autre approche. POULAIN : Lorsque j'ai débuté en D3 à Nîmes, et qu'on a été promus, on m'a proposé un beau contrat de quatre ans. Mais lorsque Bordeaux et Lens se sont intéressés à moi, cela m'a bloqué. Et, lorsqu'on joue continuellement le maintien en D2, c'est difficile de démontrer ses qualités. Pourtant, au cours des cinq dernières saisons, j'étais toujours élu parmi les trois meilleurs joueurs de l'équipe. Mais, à la fin, il y avait beaucoup de problèmes dans le club, et en tant que capitaine, essayer de les résoudre m'a coûté beaucoup d'énergie. Comme jeune joueur, j'étais peut-être moins bon aussi, moins sûr de moi balle au pied. Les recruteurs qui sont venus me visionner ont peut-être retenu cette image-là de moi. J'ai progressé à mon rythme, et j'ai l'impression de ne pas encore avoir atteint mon sommet. POULAIN : J'ai toujours été ambitieux, mais lorsqu'on est " installé " dans un club et que l'on ne ressent aucune concurrence, c'est parfois compliqué de se faire mal. La vie à côté du football a toujours été plus importante pour moi que le football lui-même. Je vois beaucoup de jeunes professionnels qui vivent en dehors de la réalité. Ils ont l'impression de mener une vie merveilleuse mais, selon moi, ils éprouvent des difficultés à se construire en tant qu'hommes. Je rêvais peut-être moins que d'autres de devenir footballeur professionnel. Pourtant, j'ai toujours aimé le football, m'entraîner, répéter des exercices. J'avais toujours un ballon au pied. Lorsque je ne jouais pas au football avec les amis, j'y jouais tout seul, dans la cour. Il m'est même arrivé de me rendre à l'école en jonglant. POULAIN : Oui. Ma mère, mon père, mon oncle : tout le monde a joué, dans la famille, mais à un niveau très bas. J'ai grandi à Pérols, un petit village du sud de la France, à cinq minutes de la mer en voiture. Mes grands-parents étaient communistes ! (il rit) Mon grand-père était dans la résistance pendant la guerre. Lorsque j'avais huit ans, mes parents ont divorcé, mais je n'en ai pas souffert. Ils continuent d'ailleurs à travailler ensemble. J'aimais faire du sport, jouer et... gagner. Le tennis, le tennis de table, le basket, le handball, le ski, la pétanque, les cartes... J'aimais tous les sports. Après les humanités, j'ai commencé des études universitaires, en physique et en chimie, mais j'ai dû arrêter lorsque j'ai signé un contrat professionnel à Nîmes et que je devais m'entraîner le matin. Pendant ma carrière, j'ai cependant obtenu un diplôme universitaire en gestion des organisations sportives, avec la perspective de devenir manager d'un club après ma carrière. Je préfère me fixer des objectifs que rêver. Au début, je ne me suis pas dit : Je veux jouer en première division et devenir une vedette. Arriver en équipe Première à Nîmes et jouer en D3, c'était plus réaliste. Ensuite, on peut placer la barre plus haut. POULAIN : Je ne me fixe pas de limites. J'ai l'impression d'encore progresser. A une époque, j'ai souffert de pubalgie et j'ai joué en ayant mal, mais ces deux ou trois dernières années, j'ai rarement été blessé. Mes meilleures années doivent encore venir et je me sens prêt à relever de nouveaux défis. PAR CHRISTIAN VANDENABEELE - PHOTO KOEN BAUTERS" Si je ressens plus de plaisir ici, je ne vois aucune raison de retourner en France. " BENOÎT POULAIN