Depuis le début de la saison, le jeune Christopher Fernandez (18 ans) est titulaire sur le flanc gauche du SC Charleroi. Une percée amorcée en fin de saison dernière. "J'ai disputé mon premier match en D1 à Genk, à six journées de la fin du défunt exercice", se souvient-il. "Nous avons été menés 3-0 avant de revenir à 3-2 et de louper de peu une égalisation à 3-3. On n'oublie pas ses débuts parmi l'élite, et en ce qui me concerne, je me rappellerai donc toujours que c'est Enzo Scifo qui, le premier, m'a donné ma chance. Ce n'était pas un match facile pour débuter. C'est au Stade Fenix que l'on trouve l'une des plus belles ambiances du pays. En outre, Genk était engagé à fond dans la lutte pour le titre en cette période-là. J'étais un peu stressé au moment de monter sur la pelouse. Heureusement, j'ai bien négocié mon premier ballon. Je me suis alors décrispé. Si j'avais adressé une mauvaise passe, je crois que j'aurais mis une demi-heure à m'en remettre".
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Depuis le début de la saison, le jeune Christopher Fernandez (18 ans) est titulaire sur le flanc gauche du SC Charleroi. Une percée amorcée en fin de saison dernière. "J'ai disputé mon premier match en D1 à Genk, à six journées de la fin du défunt exercice", se souvient-il. "Nous avons été menés 3-0 avant de revenir à 3-2 et de louper de peu une égalisation à 3-3. On n'oublie pas ses débuts parmi l'élite, et en ce qui me concerne, je me rappellerai donc toujours que c'est Enzo Scifo qui, le premier, m'a donné ma chance. Ce n'était pas un match facile pour débuter. C'est au Stade Fenix que l'on trouve l'une des plus belles ambiances du pays. En outre, Genk était engagé à fond dans la lutte pour le titre en cette période-là. J'étais un peu stressé au moment de monter sur la pelouse. Heureusement, j'ai bien négocié mon premier ballon. Je me suis alors décrispé. Si j'avais adressé une mauvaise passe, je crois que j'aurais mis une demi-heure à m'en remettre". Pour Christopher Fernandez, avoir été lancé par Enzo Scifo demeure un événement en soi. "Lui aussi avait débuté fort tôt en D1. C'était un joueur d'exception, l'un des plus grands que l'on ait connus en Belgique. Je laisse à d'autres le soin de le juger comme entraîneur. Pour ma part, je retiendrai simplement qu'il a cru en moi". Christopher Fernandez n'avait encore que 17 ans, mais il avait déjà été introduit progressivement parmi les grands. "Avant ces grands débuts en compétition officielle, j'avais déjà joué 20 minutes lors d'un match amical contre Auxerre. Je participais aussi, de temps en temps, aux entraînements du noyau A". Prêt pour Genk et Anderlecht Sur sa lancée de la saison dernière, Christopher Fernandez s'attendait à recevoir sa chance cette saison. "J'avais effectué une bonne préparation, en jouant tous les matches amicaux. C'était un signe. En outre, la concurrence n'est pas énorme sur le flanc gauche. La saison dernière, il y avait surtout Daryuosh Yazdani, mais l'Iranien occupe désormais une place un peu plus centrale, dans un rôle qui se rapproche de celui d'un numéro 10. Les résultats ont laissé un goût de trop peu en ce début de saison, mais le fonds de jeu me semble déjà meilleur que la saison dernière. Je sens que l'on prendra des points contre Genk et Anderlecht. La motivation est là. Etienne Delangre est un entraîneur que j'apprécie énormément. Il est très près des joueurs et nous parle énormément. Il est honnête, établit ses sélections en fonction de ce qu'on lui montre à l'entraînement et de la mentalité qu'on affiche, sans tenir compte de l'âge ou de l'ancienneté. Il n'accorde aucun privilège. Il sait se montrer sévère lorsqu'il le faut, mais sait aussi détendre l'atmosphère lorsque c'est nécessaire. Ses discours sont clairs... et il me fait confiance, que demander de plus? Certains prétendront que je profite du dégraissage du noyau, opéré en fin de saison dernière pour alléger la masse salariale. Personnellement, je constate que d'autres joueurs nous ont déjà rejoints, depuis lors. Le noyau comporte à nouveau 25 ou 26 joueurs. J'ai donc conquis mes galons de titulaire grâce à mes propres mérites.Mes qualités? Ma vitesse et mes débordements, ponctués de centres. Je pense également avoir une bonne frappe. En revanche, je dois encore améliorer mon jeu de tête et ma résistance dans les duels physiques. J'éprouve parfois encore des difficultés dans le dernier quart d'heure. Sans doute une conséquence du changement de régime brutal auquel j'ai été soumis". Pour la première fois, Christopher Fernandez a effectué la préparation avec le noyau A. "Et il y a un monde de différence avec celle effectuée en Juniorsl'an passé", assure-t-il. "Tout va beaucoup plus vite. Les séances sont plus longues, plus intensives. Pendant la période de préparation, j'ai pu suivre le rythme. Mais tous les efforts consentis m'ont sans doute un peu fatigué. Mes ambitions, dans l'avenir immédiat? Conserver ma place de titulaire au Sporting et essayer de participer au Championnat d'Europe des -19 ans".Les -19: une sélection dont il fait désormais partie et avec lesquels il a disputé un tournoi en Yougoslavie, voici dix jours. "Cela se passait à Valjevo, à deux heures de bus de Belgrade. Le voyage fut assez éreintant et la nourriture, sur place, était infecte. Je n'ai quasiment rien avalé pendant quatre jours. Sur le plan sportif, cela s'est beaucoup mieux passé. Contre l'Italie (1-1), j'ai probablement livré ma meilleure prestation à ce niveau. J'étais dans un jour de grâce, j'ai réussi tout ce que j'ai entrepris. Malheureusement, je n'ai pas pu m'aligner contre la Turquie (défaite 2-0), car je m'étais blessé".Barcelone et l'AC Milan en têteNé en Belgique de père espagnol et de mère italienne, Christopher Fernandez porte un prénom anglais et est belge depuis l'âge de huit ans. Voilà quatre saisons qu'il défend les couleurs des Diablotins. "Je fais partie de la génération de JonathanBlondel (Tottenham), DriesBernaert (La Gantoise), MaxenceCoveliers (Mons), JanDeLanghe (Westerlo) et LokmanAtasaver (Charleroi). Au vu de la réussite de Jonathan Blondel, je me dis que tout peut aller très vite. Il a eu la chance d'être rapidement mis en valeur, la saison dernière, et regardez où il se trouve déjà. C'est encourageant car je me dis que, moi aussi, je pourrais y arriver". Pour l'avenir à plus long terme, Christopher Fernandez sait ce qu'il veut. "L'un de mes premiers objectifs était de signer un contrat professionnel à 18 ans. Je l'ai réalisé. Je me donne deux ans pour réussir au Sporting et attirer l'attention de clubs plus huppés. D'abord, j'aimerais franchir une étape supplémentaire en Belgique et rejoindre l'un des grands clubs de notre championnat. De préférence, Anderlecht ou Genk. Le premier parce que c'est le club belge le plus prestigieux et le second pour son ambiance. Le Standard ne m'intéresse pas trop. Bruges non plus. Si je m'impose dans le top belge, il sera toujours temps d'envisager un départ à l'étranger. Disons vers... 23 ou 24 ans. Le championnat qui recueillerait mes suffrages est la Liga espagnole. Elle n'a guère réussi aux footballeurs belges? Tant pis, je serai alors le premier à réussir. Je ne veux pas tirer de conclusions de ce qui est survenu à ceux qui ont tenté l'aventure. Des joueurs comme FrédéricPeiremans ou DominiqueLemoine n'ont pas eu de chance, ils ont été blessés au mauvais moment. Mon père est originaire de Galice, mais davantage que le Deportivo, c'est le FC Barcelone qui me fait rêver depuis que je suis tout petit. L'Italie, le pays de ma mère, où j'ai encore une grande partie de ma famille, me plairait aussi. En particulier l'AC Milan. Mais je crois que le jeu espagnol me conviendrait mieux: il y a davantage d'espaces et j'en ai besoin. Je ne tire pas de plans sur la comète. A l'heure actuelle, cela relève davantage du rêve. Mais, dans quelques années, qui sait?" Pour l'aider dans son entreprise, Christopher Fernandez s'est adjoint les services d'un manager, Freddy Luyckx, depuis trois ans déjà. "Avoir un manager est presque indispensable dans le football moderne", estime-t-il. "Même à mon âge. Il y a tellement de papiers à remplir, de règlements à respecter. Le plus important est de se lier avec un bon manager, qui veille à vos intérêts et prend de vos nouvelles de temps en temps, et ne se contente pas uniquement de prendre sa commission sur les transferts. Avec Freddy Luyckx, je suis comblé. Il m'a aidé à me sortir du guêpier de Nancy et, depuis lors, nous sommes demeurés en contact". Plus jamais à NancyNancy: la seule évocation de cette ville donne des boutons à Christopher Fernandez. C'est, sans doute, le plus mauvais souvenir de sa carrière. "J'avais 14 ans lorsque Christophe Dessy m'a fait un appel du pied. Je me suis empressé d'y répondre. Malheureusement, lorsque j'avais signé, il ne m'a pratiquement plus fait jouer. En janvier, j'étais tellement dépité que j'ai décidé de tout arrêter. J'ai été obligé de revenir au mois d'août. Mais l'histoire s'est répétée: durant la deuxième partie de la saison, j'ai à nouveau tout laissé tomber. Je ne pouvais plus rester. Au total, j'ai passé deux années là-bas mais je suis resté totalement inactif durant douze mois. Avec mes coéquipiers, cela ne se passait pas trop mal. J'ai conservé des amis qui, aujourd'hui, ont intégré le noyau A du club lorrain, comme le Sénégalais SambaSow ou le Français d'origine marocaine MehdiTaouil. Mais, sportivement, ce fut un désastre. Je ne jouais pas et je m'ennuyais à mourir dans ce centre de formation situé loin de tout, au milieu d'un bois. Cela ne me convenait pas du tout. J'ai besoin de contacts. La famille me manquait également. Oui, j'ai sans doute quitté le giron familial trop tôt. Je n'étais pas préparé à vivre seul. J'ai aussi eu des problèmes avec les dirigeants. J'estime qu'ils n'ont pas fait le maximum pour que je me sente à l'aise. Quoi qu'il advienne, je ne retournerai plus jamais là-bas. Je préfère effacer ce souvenir de ma mémoire ". De quoi faire réfléchir les candidats à l'exil précoce, qui sont de plus en plus nombreux? "Chaque cas est différent", estime Christopher Fernandez. "En ce qui me concerne, il est clair que ce fut une erreur. Avec quelques années de plus, j'aurais sans doute été mieux préparer. L'étranger, cela peut être un progrès, mais il ne faut pas partir pour partir. Il faut tout de même avoir certaines garanties de jouer. Si c'est pour être 25e homme, cela ne sert à rien. L'argent? Il faut d'abord songer à s'imposer sportivement. Après, le compte en banque se garnira de lui-même. Mais, parfois, il y a aussi des propositions qui ne se refusent pas. Si, demain, j'ai l'AC Milan au bout du fil, il est clair que je ne demanderai pas de rappeler dans quelques années. Mais, à l'heure actuelle, on ne m'a pas encore appelé d'Italie. Jadis, j'ai entendu quelques bruits selon lesquels l'Udinese se serait intéressée à moi, mais c'était demeuré très vague".Ses idoles? " Ronaldo et DiegoMaradona. Le Brésilien est le meilleur footballeur actuel. L'Argentin est, à mes yeux, le meilleur que le monde ait connu. Il m'arrive encore de visionner des cassettes de lui. J'attrape des frissons en constatant tout ce qu'il est capable de faire avec un ballon. En dehors de ces deux-là, je n'ai pas véritablement d'idole. Sur le flanc gauche, ma place de prédilection, j'apprécie Marc Overmars pour ses facultés de débordement. Il est capable d'écarteler une défense à lui tout seul. En plus, il joue au FC Barcelone..." Daniel Devos"J'ai débuté très tôt en D1, comme celui qui m'a lancé: Enzo Scifo!"