La préparation pour les play-offs bat son plein mais, pendant une heure trente, HeinVanhaezebrouck fait le point avec nous. Souvent, avant de répondre, il marque une pause et fait tourner son alliance entre ses doigts. Les Buffalos visent-ils un deuxième titre consécutif ? " Nous sommes bien placés. Pas super bien mais il est difficile de faire des pronostics ", dit-il.
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La préparation pour les play-offs bat son plein mais, pendant une heure trente, HeinVanhaezebrouck fait le point avec nous. Souvent, avant de répondre, il marque une pause et fait tourner son alliance entre ses doigts. Les Buffalos visent-ils un deuxième titre consécutif ? " Nous sommes bien placés. Pas super bien mais il est difficile de faire des pronostics ", dit-il. VANHAEZEBROUCK : Oui, si ce n'est que le statut de certains joueurs a changé. Plusieurs ont été sélectionnés dans leur équipe nationale respective. VANHAEZEBROUCK : Pardon : trois points de retard sur Bruges car avec le nouveau règlement, si nous terminons à égalité de points, c'est le classement de la phase classique qui fait office de critère de départage. A juste titre, d'ailleurs. Genk compte six points de retard sur nous mais a terminé en force. Pour être champion, il devra pratiquement livrer un parcours sans faute. Remonter une ou deux équipes, c'est possible. Mais trois ? (il souffle) Le Standard y est presque arrivé une fois avec 26 sur 30. Et honnêtement, il aurait pu gagner ce dernier match à Genk. Celui qui fait ça ne sera pas loin du titre. VANHAEZEBROUCK : Quand on voit les résultats des matches qui ont opposé les six premiers, on peut dire que c'est serré. C'est un bon baromètre. Tout le monde est capable de faire quelque chose dans ces play-offs. La masse salariale d'Ostende est pratiquement aussi élevée que la nôtre, si pas plus. Zulte Waregem il y a un an aussi. Il ne manque que le Standard. Ça confirme que les clubs aux budgets les plus élevés terminent devant. Et celui qui prend un bon départ peut toujours surprendre, comme Zulte Waregem il y a quelques années. VANHAEZEBROUCK : Notre but était de l'amener au meilleur niveau possible mais pendant ces deux semaines avec l'équipe nationale, il ne s'est pas beaucoup entraîné. Ce n'est donc pas l'idéal. Le nouveau sélectionneur veut lui confier un rôle important, cela va peut-être lui permettre de relancer sa carrière car je ne pense pas qu'il soit chez nous pour trois ans. Financièrement, ce ne serait d'ailleurs pas tenable. VANHAEZEBROUCK : Ils se valent. VANHAEZEBROUCK : Nous avons terminé deuxièmes de la phase classique, ce n'est pas si mal. Je ne dois pas doper mon groupe. VANHAEZEBROUCK : Avec les nouveaux, surtout. VANHAEZEBROUCK : Non, pas vraiment. Sauf pour certains. Ça me surprend un peu. VANHAEZEBROUCK : (il rit) En effet. Mais bon, c'est le début, tout est nouveau. Certains ont besoin de davantage de temps alors qu'on place la barre plus haut. Car notre niveau actuel est plus élevé qu'en début de saison dernière. Quand on vient d'une équipe moyenne d'un petit championnat et qu'on doit s'adapter à une équipe qui dispute la Ligue des Champions, la différence est énorme. Elle fait même peur à certains. Après Wolfsburg, des gars sont venus me trouver pour me dire qu'ils avaient été surpris par le rythme. C'est un fameux défi pour eux. VANHAEZEBROUCK : A tous les niveaux. Mais c'est surtout une question de choix, d'intelligence de jeu, de timing. Nous utilisons beaucoup la vidéo et nous interrompons l'entraînement pour expliquer mais en match, je ne peux plus rien faire. Là, c'est une question de feeling. Certains prennent l'initiative, d'autres s'adaptent. En football, le talent, c'est avant tout le feeling et le timing. Le mieux, c'est d'agir sur les autres. C'est la différence entre un gars qui peut dribbler, centrer ou tirer et celui qui plonge dans les espaces. VANHAEZEBROUCK : C'est ça ! C'est de la répétition. Une fois qu'ils ont compris, il faut qu'ils reconnaissent les situations identiques en match. Après cela, seulement, ils peuvent penser. Quand il y a cinq options, tout l'art consiste à choisir la bonne. Et ce n'est pas toujours évident. Au début, malgré son expérience, même Bous a admis qu'il avait des problèmes : il courait partout. Maintenant, il commence à comprendre où je veux en venir. Preuve que ce n'est pas si compliqué. VANHAEZEBROUCK : Oh oui ! Ça a toujours été comme ça. Chaque équipe a son style et nous avons le nôtre, basé sur les mouvements. VANHAEZEBROUCK : Non. Ce secteur est bien fourni. Nous avons eu la chance de récupérer RamiGershon au moment où StefanMitrovic s'est blessé. Le risque, c'était de laisser partir ErikJohansson et UrosVitas sans prendre personne. Nous avons joué avec le feu. Mais maintenant, Mitrovic est de retour et nos six défenseurs sont prêts. VANHAEZEBROUCK : Évidemment ! Un élément de sa trempe aurait pu nous être utile. VANHAEZEBROUCK : Non, pas du tout. Le club a sa façon de travailler, les rôles sont bien définis. Ce n'était pas une question d'argent mais certains n'étaient pas convaincus. Je mange chaque semaine avec le président et le manager, nous arrivons à une conclusion et le président tranche, je comprends tout à fait ça. VANHAEZEBROUCK : Certainement ! Nous arrivons à peine au sommet et il y a donc encore du chemin à parcourir, même à long terme et bien après moi. Gand doit rester un grand club qui veut gagner un trophée chaque année. Pour cela, il y a du boulot. Il faut élargir le noyau, la cellule de scouting. Nous sommes passés d'un championnat à l'autre. Quand on ne vise pas le titre, on peut se permettre d'acquérir des joueurs gratuits. Ils apportent une plus-value mais ne sont pas assez forts pour faire la différence dans la cour des grands. Nous pêchions dans un étang où tous les poissons avaient une taille moyenne. Maintenant, il nous faut des cannes à pêche plus solides et nous ne les avons pas. Nous utilisons les nôtres mais elles cassent parce qu'elles ne sont pas assez fortes. Et puis, elles coûtent plus cher et nous ne les connaissons pas bien. C'est pour ça que je n'aime pas la pêche : je suis trop impatient. VANHAEZEBROUCK : Nous sommes dans une phase de transition. Certains veulent y aller, d'autres hésitent. Pourtant, je pense que c'est nécessaire. Nous en parlions encore récemment avec le staff technique : Gand réagit encore comme un club du sub-top, qui engage des joueurs dans une fourchette comprise entre 250.000 et 1 million d'euros. Mais le Club Bruges, lui, a dépensé 4 millions pour Hans Vanaken et 3 pour Jelle Vossen. Côté gantois, on n'a jamais excédé le million, voire un peu plus, alors qu'Anderlecht, le Standard, Bruges et même Genk sortent parfois trois à quatre millions. A part Zulte Waregem, tous les clubs de play-offs I ont un budget transferts plus élevé que le nôtre. Même Ostende. VANHAEZEBROUCK : Pour pêcher ces poissons, oui. Car rater un transfert à 500.000 euros, c'est moins grave qu'en rater un à quatre millions. Mais les grands clubs le font. Je trouve qu'en fonction de notre budget transferts, ce que nous avons réalisé est remarquable. VANHAEZEBROUCK : La saison dernière, après le titre, tout le monde était convaincu que plusieurs joueurs partiraient. Pourquoi ne les convaincrions-nous à nouveau pas de rester ? Tout dépendra aussi de l'intérêt des autres clubs. La force de Gand, c'est son collectif. Nous n'avons pas un joueur qui fait la différence et les autres clubs le savent. A nous de proposer un beau projet sportif mais rien ne garantit qu'il en ira toujours ainsi. VANHAEZEBROUCK : Le niveau belge moyen a progressé. Mon équipe, en tout cas, est meilleure et plus complète. Le noyau est plus large mais il est resté homogène. Certains nouveaux n'ont pas encore le rendement escompté, ils sont un peu timides et manquent de confiance mais ils ne posent pas de problème et nous espérons que le déclic va se produire. Pour moi, nous encaissons trop, surtout en raison d'un manque de communication. Tout au long de l'année 2015, c'était là notre point fort. A présent, c'est un aspect qu'il nous faut travailler. Tout le défi va consister à retrouver cette stabilité défensive et c'est l'affaire de toute l'équipe. Si nous le faisons, nous réussirons nos play-offs. VANHAEZEBROUCK : Bruges est plus fort car il a bien transféré. Son gardien est meilleur, Poulain apporte quelque chose et ils ont bien fait de vendre Vazquez, quoi qu'on pense du joueur. Cela a rendu le groupe plus homogène. Anderlecht, lorsqu'il est au complet, est plus fort que l'an dernier aussi. Ostende a transféré de nombreux joueurs de talent, qui étaient autant de chaînons manquants, et Genk a bien acheté aussi. Il a payé le prix fort mais ça commence à porter ses fruits. Enfin, FranckyDury a fait très fort avec Zulte Waregem. Les joueurs expérimentés comme ChristopheLepoint, MbayeLeyeet OnurKaya répondent toujours présents, SteveDeRidder prouve sa valeur et il y a encore les Français. Tous les clubs qui participent aux play-offs I le méritent. Genk, Ostende et Zulte Waregem valent au moins le Standard, Charleroi et Courtrai. Ils sont capables de battre tout le monde. Ce sera donc très tendu, d'autant que la cinquième et la sixième places ne donneront droit à rien. PAR CHRISTIAN VANDENABEELE ET FRÉDÉRIC VANHEULE - PHOTOS BELGAIMAGE" Quand cinq options se présentent, tout l'art consiste à choisir la meilleure. " HEIN VANHAEZEBROUCK " A part Zulte Waregem, tous les autres clubs de PO1 ont un budget transferts plus élevé que le nôtre. Même Ostende... " HEIN VANHAEZEBROUCK