Benoît Thans sursaute en découvrant un article publié dans L'Equipe en début de semaine dernière. Daniel Leclercq y confie son amertume. Il se déclare notamment "déçu par des joueurs qui ne savent pas tous souffrir, lassé par un climat délateur et malveillant". Evoquant le conflit Gaone- Verbist, il dit: "A côté, la guéguerre Tapie- Dubiton à l'OM ne devait pas être aussi horrible". Il conclut en affirmant: "Si j'avais imaginé un tel scénario, jamais je ne serais resté cette saison (...) Je ne voyais que des peaux de bananes. Depuis quelque temps, j'allais à La Louvière parce qu'il fallait travailler, mais le plaisir ne durait que vingt minutes, le temps de prendre mon café, le matin, avec le secrétaire du club" .
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Benoît Thans sursaute en découvrant un article publié dans L'Equipe en début de semaine dernière. Daniel Leclercq y confie son amertume. Il se déclare notamment "déçu par des joueurs qui ne savent pas tous souffrir, lassé par un climat délateur et malveillant". Evoquant le conflit Gaone- Verbist, il dit: "A côté, la guéguerre Tapie- Dubiton à l'OM ne devait pas être aussi horrible". Il conclut en affirmant: "Si j'avais imaginé un tel scénario, jamais je ne serais resté cette saison (...) Je ne voyais que des peaux de bananes. Depuis quelque temps, j'allais à La Louvière parce qu'il fallait travailler, mais le plaisir ne durait que vingt minutes, le temps de prendre mon café, le matin, avec le secrétaire du club" . Mais ce qui hérisse surtout Thans, c'est un passage du texte dans lequel il est personnellement mis en cause: Les relations de Daniel Leclercq avec certains joueurs étaient aussi tendues qu'avec le président. Surtout depuis qu'il avait écarté le capitaine de l'équipe, Benoît Thans, qu'il jugeait trop pris par ses activités de... consultant à la télévision belge. L'ancien Lensois est aujourd'hui pressenti pour succéder à l'entraîneur français. Le Liégeois vit très mal la situation actuelle de La Louvière. D'autant plus mal que sa blessure au talon va le tenir à l'écart des terrains durant un bon mois encore. Il peste contre ce pépin physique mais surtout contre toutes les rumeurs qui l'ont directement affecté depuis le début de la saison. A lire la presse ou le forum du site Internet officiel du club, on peut avoir l'impression qu'il est un des principaux responsables de tout ce qui s'est passé au Tivoli. Il répond à ces accusations.Thans a voulu remplacer Verbist, puis LeclercqC'est après la parution de ces informations que certains ont commencé à le mettre en cause. Il souffrait d'une blessure qui ne voulait pas guérir: l'occasion était belle de se reconvertir sur-le-champ.Benoît Thans: "Un jour, Daniel Leclercq m'a reproché d'avoir manoeuvré habilement pour écarter Marc Grosjean au début de cette année. Je suis tombé des nues. Marc fait partie de mes vrais amis pour la vie et je l'avais au contraire défendu de toutes mes forces. Entendre ça de la bouche de Leclercq, ça fait mal. Si j'avais voulu me reconvertir comme entraîneur au moment du départ de Marc, je me serais profilé et proposé officiellement au président. Mais cela ne m'intéressait pas et ne m'intéresse toujours pas aujourd'hui. Je me considère toujours comme joueur à 200%. Je ne veux absolument pas terminer ma carrière sur un échec. On en a déduit que, si j'avais voulu mettre Grosjean dehors pour le remplacer, je refaisais le même coup avec Leclercq au début de cette saison. Le Français ne me l'a pas reproché entre quatre-z-yeux, mais je sais qu'il en était persuadé. Si cela avait été mon but, encore une fois, j'aurais profité des mauvais résultats et je serais allé trouver le président pour lui proposer mes services. Ce club s'est séparé de deux entraîneurs en quelques mois, mais jusqu'à preuve du contraire, je suis toujours joueur. La rumeur a pris de l'ampleur dans la presse sans que j'aie l'occasion de me défendre. Seul Michel Dubois, de La Dernière Heure, m'a demandé si j'avais vraiment l'intention d'entraîner La Louvière. D'autres journaux se sont contentés d'accréditer cette thèse qui ne reposait sur rien de concret. C'est dur d'être jugé sur des rumeurs. Ma carrière m'a valu une certaine crédibilité, et je tiens à la préserver parce que, moi, je serai toujours en Belgique dans dix ans. Quant aux articles qui ont fait état de mon arrivée au poste de manager, je ne trouve même pas utile de les commenter. C'est n'importe quoi".Thans a saboté LeclercqQuand Leclercq dit que "c'est toujours dangereux d'avoir beaucoup de vieux loups de mer dans un équipage", il vise évidemment Thans, Karagiannis, Suray et quelques autres. On se doute qu'il pense aussi à eux lorsqu'il évoque les "pommes pourries" du noyau. Benoît Thans: "Leclercq m'a effectivement reproché de le saboter. Pourquoi inverse-t-il les rôles? S'il emploie ce mot, c'est sans doute qu'il en connaît très bien la définition... Me traiter de saboteur, c'est plus grave que me faire passer pour un voleur ou un meurtrier! En accusant certains joueurs, il essayait simplement de se couvrir. Qui fallait-il féliciter pour le maintien? Les joueurs ET l'entraîneur! Qui doit-on pointer du doigt aujourd'hui? Les joueurs ET l'ex-entraîneur. C'est trop facile de prendre la gloire et de refuser les critiques. La Louvière est mon onzième club et, partout où je suis passé, j'ai été respecté. Pourquoi ma mentalité aurait-elle subitement changé? Le même raisonnement s'applique à Suray et Olivieri: s'est-on plaint d'eux à Beveren ou à Genk? Leclercq me traitait de meneur: d'accord, je suis un meneur... positif. Et là, je ne fais qu'assumer mon rôle de capitaine. J'encourage, je conseille, je mets de l'ambiance. J'aurais accepté qu'il me reproche quelques mauvais matches. Mais je ne tolère pas qu'il soit allé bien plus loin dans ses affirmations. Il revenait sans arrêt avec ses notions-clés: bonne ambiance, respect, plaisir, bloc, communication. C'est beau, mais la définition qu'il avait de ces mots ne correspondait pas du tout à ma façon de voir les choses".A 37 ans, Thans est finiOn n'a pas encore revu le meilleur Benoît Thans depuis l'ouverture du championnat. Physiquement, il n'a jamais été à 100%. La déduction est inévitable: quand un joueur de 37 ans traîne une blessure, il ne reviendra peut-être plus jamais.Benoît Thans: "Je n'ai pour ainsi dire jamais été blessé. Et le problème au talon qui me fait souffrir aujourd'hui est tout à fait bénin. Si certains avaient compris qu'on n'impose pas le même régime à un gars de 37 ans et à un jeune de 20 ans, je serais sans doute rétabli depuis longtemps... J'ai dû jouer alors que je n'étais pas prêt: je l'ai fait, sous infiltration, dans l'intérêt du club. Cela se retourne contre moi aujourd'hui. Quand je suis en pleine possession de mes moyens, je reste un des plus performants aux entraînements physiques. Lorsque nous courons au bois, je fais invariablement partie du peloton de tête. Yves Buelinckx m'a encore confié récemment qu'il n'en revenait pas. Il se souvient que, lors de son séjour à Bruges, Franky Van der Elst ne supportait généralement pas plus d'un entraînement par jour. Moi, je participe toujours à tout". Thans passe trop de temps au volantChaudfontaine-La Louvière, c'est une heure et demie de route. A raison de cinq jours de travail par semaine, cela fait pas mal de temps passé dans la voiture. L'homme de Douai n'a jamais apprécié le rythme de vie des navetteurs de la RAAL.Benoît Thans: "Quand je jouais à l'Antwerp, à Westerlo ou à Beveren, je faisais aussi les trajets chaque jour. Malgré cela, je crois pouvoir dire que je ne me débrouillais pas trop mal sur le terrain. Lorsque j'étais en Suisse, je revenais en Belgique pratiquement une fois par semaine, en voiture. La saison dernière aussi, il y avait plusieurs joueurs de La Louvière qui venaient de loin. Mais cela ne se voyait pas sur le terrain. Alors, pourquoi faut-il venir avec cet argument aujourd'hui?" Thans se disperse tropFoot 2000, l'école de Benoît Thans, c'est un ensemble bien huilé avec 45 entraîneurs et moniteurs, 300 gamins, 5 centres dans la grande banlieue liégeoise, une école de gardiens, etc. Le capitaine des Loups organise aussi le Sljivo, un tournoi de foot en salle qui prend chaque année un peu plus d'ampleur. Et il est le consultant attitré de la RTBF lors des matches de l'équipe nationale. Trop pour un seul homme? Benoît Thans: "J'ai besoin de toutes ces activités pour mon équilibre. J'ai toujours fait un tas de choses en dehors de mon métier de joueur. Pourquoi tout cela me serait-il subitement néfaste aujourd'hui? Je sais me gérer. Les Diables Rouges ont joué en Finlande le 15 août mais je n'ai même pas demandé à l'entraîneur l'autorisation de les accompagner car nous devions affronter Anderlecht le week-end suivant. La saison dernière, je procédais au coup par coup: je lui demandais s'il ne voyait pas d'inconvénient à ce que je rate l'un ou l'autre entraînement pour effectuer les déplacements avec l'équipe nationale. Il me donnait généralement sa bénédiction. Si je suis bien informé, il est lui aussi consultant pour Canal+ en France, non? Leclercq m'avait autorisé à reprendre les entraînements deux jours plus tard que les autres joueurs, vu que je devais encore être en Suisse avec des gosses au moment de la reprise. J'avais bloqué les dates du stage en fonction du calendrier que nous avions reçu au club en fin de saison, mais la date du retour à l'entraînement a entre-temps été avancée de deux jours. C'est finalement Jean-Claude Verbist qui m'a imposé de revenir pour le premier entraînement de la saison. Pas de problème". Que voulait Leclercq?Le comportement qu'a adopté Daniel Leclercq depuis le mois de juillet ressemblait plus à un suicide qu'à autre chose. L'homme a plus d'une fois quitté l'entraînement (et même un match amical) parce qu'il estimait que ses joueurs ne valaient rien. Les affronts pleuvaient. Exemple: "Mais c'est quoi, ces Belges, putain?..." Et il prenait un malin plaisir à monter les joueurs français contre les autres. Par exemple, il fut à l'origine de la bagarre entre Nicolas Ouédec et Manu Karagiannis. A force de dire aux Français que les autres joueurs étaient jaloux de leur contrat, il ne pouvait qu'y avoir de l'électricité dans l'air! Benoît Thans résume son sentiment en quelques mots: "Je ne comprends rien. J'ai beau retourner le problème dans tous les sens. Je ne trouve aucune explication cohérente à son changement de comportement par rapport à la saison dernière. En attendant, nos supporters et le grand public réagissent par rapport à des mensonges et des rumeurs, pas en face de faits concrets. Et c'est ça, le plus grave. Le seul fait concret, pour moi, c'est que nous n'avions qu'un seul point en sept matches quand Leclercq est parti".Pierre Danvoye