L'entretien a lieu sur Skype, forcément. Marc-André ter Stegen a la banane. Le gardien allemand du FC Barcelone va nous parler de la vie en dehors du foot, de foot aussi, du Barça évidemment. Et de son nouveau rôle de père, qu'il adore. Derrière lui, on aperçoit son petit Ben, trois mois. " Il ne se réveille qu'une fois par nuit, c'est parfait. " Le football lui manque, mais il profite du lockdown pour s'adonner à ses hobbies, comme la cuisine et la lecture.

Comment tu vis le lockdown ?

MARC-ANDRÉ TER STEGEN : On peut voir la situation de façon négative en se disant qu'on n'a pas le droit de sortir. Mais j'analyse les choses autrement. C'est l'occasion de se reconcentrer sur d'autres valeurs. Pour ce qui est du boulot, on est en contact tous les jours avec les entraîneurs physiques du club. On doit rester en forme, même si on ne sait pas quand on pourra reprendre les entraînements.

Tu flippes ?

TER STEGEN : Pour le moment, je reste calme. Évidemment, je voudrais être sur le terrain et me battre à nouveau pour des trophées. On est dans la dernière ligne droite de la saison et c'est malheureux d'avoir dû tout stopper. Mais bon, le football n'est pas une priorité en ce moment. On doit rester chez nous, mais c'est le cas pour tout le monde, on n'est pas des exceptions.

Vu les circonstances, les footballeurs sont devenus des personnes comme les autres ?

TER STEGEN : C'est quoi, une personne comme une autre ? C'est relatif. Je vais faire mes courses, j'essaie de vivre de la façon la plus normale possible, de faire des choses qui me plaisent, de m'entourer de gens qui me disent ce que je fais de bien et de moins bien. Mes amis, je les ai depuis toujours. Je n'en ai pas beaucoup, mais ce sont des vrais.

" Trouver le juste milieu entre émotion et raison "

Les stars du sport ont des nouvelles responsabilités en cette période de crise ?

TER STEGEN : L'avantage, c'est qu'on a des millions de followers. Avec quelques messages bien sentis, on peut aider des gens. J'ai discuté récemment avec Alisson Becker, il m'a expliqué comment il fallait se laver les mains. Je n'y avais jamais vraiment réfléchi, et entre-temps, j'ai partagé sur mes médias sociaux. Ça peut avoir une influence sur les gens.

Comment tu fais pour être aussi fort dans la tête ?

TER STEGEN : Aucune idée. C'est peut-être parce que j'ai été élevé comme ça. L'important, c'est l'évolution que tu veux toi-même avoir. Quel genre de personne as-tu envie de devenir ? Je pense souvent à ça. Mais j'essaie toujours d'avoir des analyses neutres sur les choses de la vie. Parfois, on se laisse embarquer par nos émotions et on prend des décisions qui ne sont pas tout à fait réfléchies. Il faut trouver le juste milieu entre l'émotion et la raison.

Sur le terrain aussi ?

TER STEGEN : Évidemment. Je prends une situation qui se présente souvent dans le foot : tu viens de faire une erreur et tu as envie de la réparer directement. Tu veux te prouver à toi-même que tu peux le faire, c'est une question d'émotion. Mais en général, c'est la mauvaise décision. Dans ces moments-là, tu dois apprendre à combattre tes émotions, tu dois utiliser ta tête. Ce n'est pas toujours facile.

Dans le but, tu as beaucoup de temps pour réfléchir ?

TER STEGEN : Pas beaucoup, non. Un gardien ne s'ennuie pas. Les gens pensent qu'on est loin du reste de l'équipe, mais ce n'est pas vrai. Dans la vie de tous les jours, par contre, je réfléchis beaucoup. Par exemple, je parle beaucoup avec ma femme de son métier, elle est architecte. Ce sont des trucs que les gens de l'extérieur ne voient pas, mais pour moi, c'est le quotidien.

" J'aime quand le public adverse me fait la guerre "

Avec ta femme, vous parlez plus d'architecture ou de foot ?

TER STEGEN : Plus d'architecture.

Tu aimes parler de foot ?

TER STEGEN : Les gens rigolent toujours quand je dis que je n'y connais rien en foot. Je ne regarde pas beaucoup de matches à la télé, seulement quand je devine que ce sera un bon match ou si je veux suivre quelqu'un en particulier, un bon pote par exemple. Parfois, on me demande le nom d'un joueur bien précis et je suis incapable de répondre. J'oublie beaucoup de noms de gars du championnat d'Espagne, par exemple. Je ne sais plus comment s'appellent certains adversaires. Par contre, si on me montre une vidéo, je vois directement de qui il est question. Je me souviens alors de la façon dont le type bouge, de la façon dont il tire au but, de la façon dont il se démarque. Mais pas nécessairement de son nom.

J'oublie beaucoup de noms de gars du championnat d'Espagne. " Marc-André ter Stegen

À côté de ça, tu aimes parler de stades !

TER STEGEN : C'est culturel, je trouve. Par exemple, le Camp Nou est unique. L'atmosphère dans ce stade est différente de ce qu'on trouve en Allemagne. En Bundesliga, les gens se concentrent d'abord sur leur équipe. Ici, les supporters du Barça s'intéressent plus à des détails individuels. Je trouve ça très bien. Par exemple, ils montrent quand ils apprécient une belle action de Frenkie de Jong.

Quel est le stade qui t'impressionne le plus ?

TER STEGEN : Le San Paolo de Naples n'est pas vraiment moderne, mais il a quelque chose de spécial. Et puis ça dépend assez fort de la façon dont les spectateurs se comportent. J'aime bien, par exemple, les matches contre l'Athletic Bilbao parce que les gens sont à fond derrière leur équipe. Les supporters de l'autre équipe te font la guerre et ça me plaît.

" Sur certains points, je reste complètement allemand "

Le championnat s'est arrêté au moment où le Barça reprenait du poil de la bête, c'est aussi ton analyse ?

TER STEGEN : On est en tête, c'est le plus important. Et en Ligue des Champions, on est bien. On espère pouvoir rejouer bientôt. C'est quand même ça qu'on aime faire en priorité !

En quoi es-tu devenu espagnol ?

TER STEGEN : Dès mon premier jour à Barcelone, j'ai tout fait pour m'adapter à la culture espagnole, à la mentalité catalane. Si tu parles la langue, c'est plus facile de comprendre tout ce qui se passe autour de toi. Ma famille et moi, on s'est toujours super bien sentis dans cette ville. Il y a des trucs vraiment sympas, comme la nourriture, le climat, la mer. Mais sur certains points, je reste complètement allemand.

Par exemple ?

TER STEGEN : La ponctualité. Je ne supporte pas d'être en retard.

L'entretien a lieu sur Skype, forcément. Marc-André ter Stegen a la banane. Le gardien allemand du FC Barcelone va nous parler de la vie en dehors du foot, de foot aussi, du Barça évidemment. Et de son nouveau rôle de père, qu'il adore. Derrière lui, on aperçoit son petit Ben, trois mois. " Il ne se réveille qu'une fois par nuit, c'est parfait. " Le football lui manque, mais il profite du lockdown pour s'adonner à ses hobbies, comme la cuisine et la lecture. Comment tu vis le lockdown ? MARC-ANDRÉ TER STEGEN : On peut voir la situation de façon négative en se disant qu'on n'a pas le droit de sortir. Mais j'analyse les choses autrement. C'est l'occasion de se reconcentrer sur d'autres valeurs. Pour ce qui est du boulot, on est en contact tous les jours avec les entraîneurs physiques du club. On doit rester en forme, même si on ne sait pas quand on pourra reprendre les entraînements. Tu flippes ? TER STEGEN : Pour le moment, je reste calme. Évidemment, je voudrais être sur le terrain et me battre à nouveau pour des trophées. On est dans la dernière ligne droite de la saison et c'est malheureux d'avoir dû tout stopper. Mais bon, le football n'est pas une priorité en ce moment. On doit rester chez nous, mais c'est le cas pour tout le monde, on n'est pas des exceptions. Vu les circonstances, les footballeurs sont devenus des personnes comme les autres ? TER STEGEN : C'est quoi, une personne comme une autre ? C'est relatif. Je vais faire mes courses, j'essaie de vivre de la façon la plus normale possible, de faire des choses qui me plaisent, de m'entourer de gens qui me disent ce que je fais de bien et de moins bien. Mes amis, je les ai depuis toujours. Je n'en ai pas beaucoup, mais ce sont des vrais. Les stars du sport ont des nouvelles responsabilités en cette période de crise ? TER STEGEN : L'avantage, c'est qu'on a des millions de followers. Avec quelques messages bien sentis, on peut aider des gens. J'ai discuté récemment avec Alisson Becker, il m'a expliqué comment il fallait se laver les mains. Je n'y avais jamais vraiment réfléchi, et entre-temps, j'ai partagé sur mes médias sociaux. Ça peut avoir une influence sur les gens. Comment tu fais pour être aussi fort dans la tête ? TER STEGEN : Aucune idée. C'est peut-être parce que j'ai été élevé comme ça. L'important, c'est l'évolution que tu veux toi-même avoir. Quel genre de personne as-tu envie de devenir ? Je pense souvent à ça. Mais j'essaie toujours d'avoir des analyses neutres sur les choses de la vie. Parfois, on se laisse embarquer par nos émotions et on prend des décisions qui ne sont pas tout à fait réfléchies. Il faut trouver le juste milieu entre l'émotion et la raison. Sur le terrain aussi ? TER STEGEN : Évidemment. Je prends une situation qui se présente souvent dans le foot : tu viens de faire une erreur et tu as envie de la réparer directement. Tu veux te prouver à toi-même que tu peux le faire, c'est une question d'émotion. Mais en général, c'est la mauvaise décision. Dans ces moments-là, tu dois apprendre à combattre tes émotions, tu dois utiliser ta tête. Ce n'est pas toujours facile. Dans le but, tu as beaucoup de temps pour réfléchir ? TER STEGEN : Pas beaucoup, non. Un gardien ne s'ennuie pas. Les gens pensent qu'on est loin du reste de l'équipe, mais ce n'est pas vrai. Dans la vie de tous les jours, par contre, je réfléchis beaucoup. Par exemple, je parle beaucoup avec ma femme de son métier, elle est architecte. Ce sont des trucs que les gens de l'extérieur ne voient pas, mais pour moi, c'est le quotidien. Avec ta femme, vous parlez plus d'architecture ou de foot ? TER STEGEN : Plus d'architecture. Tu aimes parler de foot ? TER STEGEN : Les gens rigolent toujours quand je dis que je n'y connais rien en foot. Je ne regarde pas beaucoup de matches à la télé, seulement quand je devine que ce sera un bon match ou si je veux suivre quelqu'un en particulier, un bon pote par exemple. Parfois, on me demande le nom d'un joueur bien précis et je suis incapable de répondre. J'oublie beaucoup de noms de gars du championnat d'Espagne, par exemple. Je ne sais plus comment s'appellent certains adversaires. Par contre, si on me montre une vidéo, je vois directement de qui il est question. Je me souviens alors de la façon dont le type bouge, de la façon dont il tire au but, de la façon dont il se démarque. Mais pas nécessairement de son nom. À côté de ça, tu aimes parler de stades ! TER STEGEN : C'est culturel, je trouve. Par exemple, le Camp Nou est unique. L'atmosphère dans ce stade est différente de ce qu'on trouve en Allemagne. En Bundesliga, les gens se concentrent d'abord sur leur équipe. Ici, les supporters du Barça s'intéressent plus à des détails individuels. Je trouve ça très bien. Par exemple, ils montrent quand ils apprécient une belle action de Frenkie de Jong. Quel est le stade qui t'impressionne le plus ? TER STEGEN : Le San Paolo de Naples n'est pas vraiment moderne, mais il a quelque chose de spécial. Et puis ça dépend assez fort de la façon dont les spectateurs se comportent. J'aime bien, par exemple, les matches contre l'Athletic Bilbao parce que les gens sont à fond derrière leur équipe. Les supporters de l'autre équipe te font la guerre et ça me plaît. Le championnat s'est arrêté au moment où le Barça reprenait du poil de la bête, c'est aussi ton analyse ? TER STEGEN : On est en tête, c'est le plus important. Et en Ligue des Champions, on est bien. On espère pouvoir rejouer bientôt. C'est quand même ça qu'on aime faire en priorité ! En quoi es-tu devenu espagnol ? TER STEGEN : Dès mon premier jour à Barcelone, j'ai tout fait pour m'adapter à la culture espagnole, à la mentalité catalane. Si tu parles la langue, c'est plus facile de comprendre tout ce qui se passe autour de toi. Ma famille et moi, on s'est toujours super bien sentis dans cette ville. Il y a des trucs vraiment sympas, comme la nourriture, le climat, la mer. Mais sur certains points, je reste complètement allemand. Par exemple ? TER STEGEN : La ponctualité. Je ne supporte pas d'être en retard.