Si tout s'était passé comme Dennis Praet l'avait souhaité l'été dernier, nous aurions sans doute dû réaliser cette interview au Boodymoor Heath Training Ground, le centre d'entraînement d'Aston Villa. A moins que nous n'ayons dû traverser la moitié de l'Allemagne pour nous rendre à Wolfsburg. Mais Aston Villa a lâché prise tandis que Wolfsburg a préféré investir l'argent rapporté par le transfert de De Bruyne dans Julian Draxler, un garçon du cru. Les médias ont affirmé à tort que Praet voulait à tout prix quitter Anderlecht. " Je me sens toujours très bien au Sporting ", insiste le joueur. Il y met tellement de conviction qu'on a envie de le croire car le Louvaniste n'est pas du genre à tout idéaliser.
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Si tout s'était passé comme Dennis Praet l'avait souhaité l'été dernier, nous aurions sans doute dû réaliser cette interview au Boodymoor Heath Training Ground, le centre d'entraînement d'Aston Villa. A moins que nous n'ayons dû traverser la moitié de l'Allemagne pour nous rendre à Wolfsburg. Mais Aston Villa a lâché prise tandis que Wolfsburg a préféré investir l'argent rapporté par le transfert de De Bruyne dans Julian Draxler, un garçon du cru. Les médias ont affirmé à tort que Praet voulait à tout prix quitter Anderlecht. " Je me sens toujours très bien au Sporting ", insiste le joueur. Il y met tellement de conviction qu'on a envie de le croire car le Louvaniste n'est pas du genre à tout idéaliser. DENNIS PRAET(il acquiesce) : Cette large victoire contre Zulte Waregem nous a fait le plus grand bien. Le pire, c'est qu'on aurait pu mettre une raclée à Saint-Trond et à Malines. Mais à force de se créer des occasions, on devait bien finir par les mettre au fond. PRAET : Mes premiers matches n'étaient pas bons. Avec le recul, je dois admettre que la pression engendrée par un éventuel transfert a eu des répercussions sur mon jeu. Quand tout ça a été fini, je me suis repris. J'en suis à deux buts et deux assists, dont un en Europa League. Ce n'est pas si mal mais je dois pouvoir faire mieux. L'équipe progresse et moi aussi, on l'a vu avec cette victoire contre Zulte Waregem. PRAET : Ça a sans doute fait du bien à tous les internationaux de quitter un peu Anderlecht, de changer d'air, de ne pas lire des choses négatives dans les journaux. On en avait tous besoin. Ceci dit, en Espoirs, la pression commence à se faire sentir aussi. La Belgique fait désormais partie des grands et ça veut dire qu'on doit gagner tous nos matches. PRAET : Ce sont des choses qui arrivent dans tous les grands clubs. Citez-moi un grand club belge ou européen où il ne se passe jamais rien ? Il y a des hauts et des bas. Anderlecht n'échappe pas à la règle. Je ne vois pas bien comment les médias pourraient être positifs pendant dix mois consécutifs. Mais évidemment, on doit réagir. PRAET : Je ne suis pas sûr que je voudrais être à leur place. Et il n'y a pas longtemps, les supporters s'en sont pris à eux. Tout n'est donc pas aussi calme. PRAET : Mon penalty n'était pas bien tiré. En principe, Jean-François Gillet choisit un côté mais, cette fois, il s'est retenu. Si j'avais tiré au centre, à hauteur de l'épaule, il n'aurait rien pu faire. Mais c'est risqué. Même à onze mètres, on peut envoyer le ballon dans la tribune. Un penalty, c'est toujours un peu une loterie. PRAET : Cela n'avait rien à voir avec mon penalty. Ce qui m'énervait, c'était d'avoir perdu des points. On voulait prouver au public que notre défaite à Qarabag était un accident. En quittant le terrain, on pouvait lire la déception sur les visages des supporters. En plus, on a eu droit aux huées. PRAET(il hésite) : C'est normal que quand on ne joue pas bien, qu'on manque des occasions et qu'on perd, les supporters se fassent entendre. On ne peut pas leur en vouloir. Mais on soutiendra Besnik Hasi. Je suis convaincu qu'il peut inverser la tendance. La seule chose qu'on doit faire, c'est jouer à notre niveau et se mettre à marquer. On ne tire pas délibérément sur le poteau et on ne manque pas intentionnellement les penalties. PRAET : Ça va vous sembler ridicule mais, en première mi-temps, on a fait preuve de trop de respect à l'égard de l'adversaire. On n'a pas suffisamment joué sur nos qualités. Ils avaient un homme de plus dans l'entrejeu et ils ont bien exploité cette situation. Ils avaient toujours un homme libre. Ça nous a fait douter et ils ont pris confiance. Mais ce n'est pas normal qu'une équipe comme Qarabag joue mieux que nous. PRAET : On a sous-estimé cette équipe. On a été trop laxiste. Il n'y a pas d'autre explication. Ce genre d'équipes, il faut les mettre sous pression dès le départ, ne pas les laisser contrôler le ballon... Si on fait ça, on gagne neuf fois sur dix. PRAET : Soulagé n'est pas le mot exact. Etre Soulier d'Or, c'est un honneur et personne ne me l'enlèvera. Mais depuis que je l'ai gagné, j'ai eu ma dose de malchance. J'ai d'abord été blessé au dos puis j'ai eu du mal à retrouver mon niveau de l'année précédente. PRAET : C'est vrai qu'on attend plus du Soulier d'Or. Thorgan Hazard a connu ça aussi. Pendant tout un temps, il n'était plus le même. (il réfléchit). Peut-être que le Soulier d'Or change un joueur, même si je refuse de croire qu'il est maudit. Je ne veux pas non plus me servir de ça pour expliquer mes moins bonnes prestations. Ça fait des années qu'on dit du bien de moi à Anderlecht et le Soulier d'Or n'a pas changé grand-chose à ça. PRAET : Vous savez ce qui s'est passé ? Après le Soulier d'Or, j'ai été blessé pendant près de trois mois. Et quand je suis revenu, je n'ai pas pu confirmer. L'enquête a été faite à ce moment-là et c'est ce que les joueurs ont retenu. Je peux les comprendre, donc je relativise. Mais j'ai quand même livré de très bons matches en Ligue des Champions. PRAET : L'équipe est restée la même donc je ne suis pas surpris. La Gantoise n'est pas arrivée là par accident mais on ne peut pas non plus dire qu'elle balaye tout sur son passage. En début de saison, elle ne jouait pas très bien et a concédé pas mal de nuls. Par contre, son dernier match face au Club Brugeois était très bon. Mais elle ne compte qu'un point de plus que nous, alors qu'on n'a pas livré un parcours extraordinaire. Ce qui me frappe surtout, c'est la façon dont, en toutes circonstances, La Gantoise peut se reposer sur ses automatismes. Même en Ligue des Champions. Mais c'est un peu la même histoire pour tous les clubs belges à ce niveau : on prend rarement les points qu'on mérite. PRAET : Ce sont des phases. Si on rejoue ce match avec les vingt-deux mêmes joueurs, il est possible qu'on ne touche pas un ballon. C'est ça qui fait la beauté du football et qui passionne les gens. Si vous me demandez quelle équipe pratique le plus beau football, je vous répondrai La Gantoise. Mais je n'ai pas peur : on a suffisamment de talent pour être champions. PRAET : Kums, Depoitre et Sels méritent leur sélection. Ils la doivent en grande partie à la Ligue des Champions. L'an dernier, quand on a fait souffrir Dortmund et Arsenal, Youri (Tielemans, ndlr), Leander (Dendoncker, ndlr) et moi avons également été appelés. PRAET : Des clubs étrangers étaient intéressés et certains ont contacté Anderlecht mais j'ai souvent répété que je ne partirais que si les trois parties y trouvaient leur compte. Et ce n'était pas le cas. Ça m'ennuie donc qu'on ait déclaré à l'époque que je voulais forcer un transfert, que j'en avais marre d'Anderlecht. Ce n'était pas du tout le cas ! Je me sens très bien à Anderlecht. On verra comment la situation va évoluer au cours des prochains mois. Je veux partir au bon moment et dans un bon club. PRAET : Au contraire, je prends ça comme un défi ! Chaque joueur a besoin d'être titillé. Peut-être que je vais me planter mais j'aurai au moins essayé. Celui qui reste dans son village pendant toute sa carrière ne saura jamais s'il a tiré le maximum de son potentiel. Croire en ses possibilités, c'est aussi une qualité. PRAET : Séville est une grande équipe. Elle a remporté l'Europa League la saison dernière et se distingue en Ligue des Champions cette saison. Tout le monde sait que j'aime beaucoup le championnat d'Espagne. Séville aurait donc constitué un très beau défi mais, une fois de plus, je ne veux pas être transféré si une des parties n'est pas à l'aise au moment des négociations. Je connais les règles du jeu mais je ne veux pas trop en parler, sinon on va encore dire que je ne pense qu'à partir. PRAET : J'aime l'Espagne. Pas seulement pour le climat mais aussi pour son mode de vie. Quand je fais un city trip, c'est souvent en Espagne. J'ai déjà visité Madrid, Valence, Séville et Barcelone. Barcelone est ma ville préférée. J'aime Madrid aussi mais à Barcelone, il y a la mer, la plage, les petits marchés catalans. C'est une ville fantastique et elle n'est qu'à 1 h 30 d'avion de Bruxelles. En plus, il y a trois ou quatre vols par jour. PRAET : Depuis tout petit, j'ai toujours rêvé d'être footballeur pro, j'accepte donc tout ce qui est lié à ce métier. Cristiano Ronaldo ne peut pratiquement pas sortir en rue. En Belgique, ça va encore. A Barcelone, des touristes belges m'ont reconnu. Mais c'est vrai que passer inaperçu, ça fait parfois du bien. PAR ALAIN ELIASY - PHOTOS BELGAIMAGE - CHRISTOPHE KETELS" Nous soutenons Hasi. Je suis convaincu qu'il peut inverser la tendance. " DENNIS PRAET " Je refuse de croire que le Soulier d'Or est maudit. " DENNIS PRAET " Peut-être que je vais me planter à l'étranger mais j'aurai au moins essayé. " DENNIS PRAET