Vous êtes toujours le recordman des sélections chez les Diables Rouges (96). Timmy Simons en compte désormais 91. Craignez-vous de perdre votre record ?

( Ilrit) Les records sont faits pour être battus. Le mien tombera un jour, j'en suis sûr.
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( Ilrit) Les records sont faits pour être battus. Le mien tombera un jour, j'en suis sûr. C'était l'époque où les Diables disputaient tous les grands tournois, c'est déjà un avantage. Après, il faut évidemment être épargné par les blessures et se rendre utile. Pourquoi pas ? Qui prévoyait une place de finaliste aux Italiens, cette année ? Ce Mundial mexicain a laissé un souvenir impérissable. Beaucoup de gens ont oublié que, sur sept matches, on n'en a gagné qu'un seul au terme des 90 minutes : 2-1 contre l'Irak. En poules, on avait perdu contre le Mexique et partagé contre le Paraguay. On avait terminé troisième. Sans la formule en vigueur à l'époque, on rentrait à la maison sur un énorme flop. On a ensuite éliminé l'URSS après prolongation, puis l'Espagne aux tirs au but, avant de perdre en demi-finales contre l'Argentine et contre la France lors du match pour la 3e place. L'affaire a été très exagérée dans la presse. Et aujourd'hui, avec le nombre de journalistes accrédités, c'est encore dix fois pire. Vandereycken avait simplement attiré l'attention sur le fait qu'Enzo Scifo et Franky Vander Elst rechignaient à accomplir leur tâche défensive. A mes yeux, ce serait plutôt celle de l'EURO 1984 en France. Ou plutôt : celle qui aurait dû disputer l'EURO 1984. Car cette équipe, dont tous les éléments arrivaient à maturité aux alentours de 25 ou 27 ans, avait été décapitée par l'affaire de corruption entre le Standard et Waterschei. On avait quasiment perdu toute notre défense et on avait dû lancer des jeunes comme Georges Grün et Enzo Scifo, qui n'ont pas fait tache, mais j'avais le sentiment qu'au complet, on aurait pu aller très loin. Je me suis souvent posé la question de savoir si j'aurais pu réussir. Et je n'aurai jamais la réponse. Bruges était prêt à me laisser partir, mais je ne m'estimais pas encore prêt pour relever ce défi et je voulais patienter. Lorsque d'autres occasions se sont présentées, je me sentais tellement bien à Bruges que je ne voulais plus partir. C'était une autre époque, les joueurs belges ne s'expatriaient pas autant. Si la même situation s'était présentée aujourd'hui, je pense que j'aurais sauté le pas.