Il a toujours été à part, dans le monde du tennis. Doué, généreux, il a signé une jolie carrière dans le sillage de son frère Olivier. " Je n'ai jamais caché que je jouais pour l'argent ", a-t-il déclaré. " Je n'aurais pourtant jamais imaginé que j'irais aussi loin. "
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Il a toujours été à part, dans le monde du tennis. Doué, généreux, il a signé une jolie carrière dans le sillage de son frère Olivier. " Je n'ai jamais caché que je jouais pour l'argent ", a-t-il déclaré. " Je n'aurais pourtant jamais imaginé que j'irais aussi loin. "La semaine dernière, à l'Ethias Trophy de Mons, Christophe Rochus a perdu son dernier match professionnel en Belgique contre Steve Darcis, faute d'avoir exploité une balle de match. Christophe Rochus : Il ne m'a rien fait. A la fin, je me suis contenté de regarder autour de moi et alors, j'ai pensé : zut, c'est fini. Mais bon, tout a une fin... Pas du tout. Il n'y a pas 10.000 possibilités en tennis. Soit vous êtes bon, soit vous êtes numéro 200, 300 ou 400 et cela n'a plus de sens. Je n'avais plus le niveau. Cette année, j'ai été éliminé au premier tour à 22 reprises en 30 tournois. Je n'avais plus le courage nécessaire pour ambitionner ce niveau non plus et en plus, à 31 ans, on est déjà vieux, en tennis. En mars, juste après la Coupe Davis contre la Tchéquie. Je souffrais du dos. Non, la tête. C'est elle qui décide et le corps s'adapte. Pour le moment, je ne suis pas blessé mais quand je ne m'entraîne pas suffisamment, je deviens moins bon, tout est plus difficile. Hier, je me suis entraîné une heure et pourtant, j'avais l'impression d'avoir beaucoup joué ! Non, plutôt parce que je possède une maison en Espagne et que je peux directement prendre mes vacances. Je conserve beaucoup de souvenirs agréables. Le moment où je suis arrivé dans le top 100, mon huitième de finale à l'Open d'Australie en 2000... Quelques rencontres de Coupe Davis, comme en Italie en 2000, où j'ai remporté le match décisif. Ma demi-finale aux Masters Series de Hambourg en 2005 était également très spéciale car elle m'a permis d'intégrer le top 50. Si j'ai un regret, c'est de n'avoir pas été meilleur en Coupe Davis car j'adorais cette compétition. Quand vous voyez comment certains joueurs parviennent à se sublimer, vous vous rendez compte que c'est un événement particulier. Toute l'année, on se bat pour soi-même mais cette Coupe nous permet de jouer en équipe. Gagner pour les autres confère un sentiment spécial. J'ai perdu quelques fois 6-0, 6-0, ce n'est pas vraiment marrant... C'est en effet ma pire défaite. J'atteins la finale d'un tournoi ATP et je la pers face à Radek Stepanek en 45 minutes : 0-6, 3-6. Rafael Nadal et Roger Federer. Parmi ceux qu'on sous-estime, Nikolay Davydenko. Je n'ai jamais vu personne prendre la balle aussi vite. J'ai joué contre lui à Paris Bercy en 2006 et j'ai perdu 0-6, 0-6. Incroyable ! Je dis toujours qu'il n'y a pas d'objectif stupide. L'essentiel est d'avoir en tête quelque chose qui vous permet d'évoluer. Ce n'est pas un secret, je jouais pour m'acheter une maison, prendre des vacances et offrir une belle vie à mes enfants. C'est ce que le tennis m'a le plus apporté. Il constitue évidemment une expérience de vie unique. Vous mûrissez spontanément quand, à 18 ans, vous faites le tour du monde avec votre sac et vos raquettes. Même si vous ne réussissez pas, vous apprenez à connaître vos points forts et vos points faibles, à vous défendre et à trouver des solutions aux problèmes qui se présentent. C'est une magnifique école de vie. Ici et là, en interclubs. Je vais aussi coacher Arthur Degreef, le petit-fils de feu Guy Thys, qui est un grand talent wallon, à raison d'une quinzaine de semaines par an. Mais je ne vais plus m'entraîner, seulement jouer pour ne pas grossir. Je ne sais pas. Gamin, si j'avais écouté les gens, je ne serais jamais devenu joueur de tennis. De toute façon, le public a une mauvaise image de moi. Quand il se passe quelque chose, c'est toujours pour ma pomme. Mais bon, à mes débuts, nul ne croyait en moi. Je n'ai guère été soutenu. J'ai appris à m'aider moi-même et à me débrouiller. Je prends mes distances par rapport à l'opinion des gens, qu'elle soit positive ou négative. Je suis arrivé plus loin que je ne l'imaginais mais je n'ai jamais placé la barre trop haut non plus. Cela a joué en ma faveur. Mon job de coach va me faire un peu voyager mais je suis heureux de pouvoir conduire mes enfants (Elena, trois ans et demi et Arthur, deux ans) à l'école et de leur donner le bain. J'aime consacrer du temps à mes enfants. Pour le moment, c'est ce qu'il y a de plus beau. PAR FILIP DEWULF - photo: belga"Je suis arrivé plus loin que je pensais, mais je n'ai jamais placé la barre trop haut. "