Bien que son père ait joué avec Guy Mangelschots et qu'il ait lui-même côtoyé Peter Van Houdt dans les équipes d'âge de Herk, Bart Deelkens n'a jamais porté le maillot de St-Trond. Westerlo fut le premier sur la balle, ce qui lui permet aujourd'hui de compter en ses rangs un gardien de 23 ans, révélation de la saison malgré des fractures du nez puis du doigt.
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Bien que son père ait joué avec Guy Mangelschots et qu'il ait lui-même côtoyé Peter Van Houdt dans les équipes d'âge de Herk, Bart Deelkens n'a jamais porté le maillot de St-Trond. Westerlo fut le premier sur la balle, ce qui lui permet aujourd'hui de compter en ses rangs un gardien de 23 ans, révélation de la saison malgré des fractures du nez puis du doigt."Notre entraîneur des gardiens dit toujours qu'un gardien qui n'est pas blessé n'est pas un gardien", commente-t-il. "J'estime pourtant que j'ai eu ma part de malchance cette saison".Comment avez-vous fait pour vous imposer aussi vite?Bart Deelkens : Je suis toujours resté calme. Je sais que je dois beaucoup à Westerlo, à mes entraîneurs et aux joueurs qui ont toujours été derrière moi, à un entraîneur des gardiens qui a joué en D1 pendant 15 ans et qui sait de quoi il parle. Il faut oser titulariser un jeune de 23 ans quand son substitut n'en a que dix-neuf. Chez les aspirants, on n'a cessé de me le répéter. A Herk Sport, étiez-vous au-dessus du lot?Vous devriez le demander à Jos Heyligen. Westerlo avait Rondags et Diallo. Il cherchait un jeune troisième gardien qui sache jouer au pied et qu'il puisse former. J'avais 19 ans et j'avais joué dans le jeu jusqu'à l'âge de 13 ans. Cela m'a peut-être servi. A Herk, j'avais été titularisé à la mi-saison parce que Stefaan Bollen s'était blessé au doigt. Je faisais de mon mieux mais je dois reconnaître que j'ai eu de la chance. Nous sommes descendus et j'ai eu beaucoup de travail. Je n'oserais pourtant pas dire que je figurais chaque semaine parmi les meilleurs, même si j'ai été élu Joueur de la Saison. A 18 ans, c'était beau car j'étais déjà content de pouvoir jouer. Il faut de la chance pour pouvoir commencer très tôt.N'est-ce pas aussi une question de confiance en soi?Mouais... Quand on est sur le terrain, on ne doit avoir peur de rien. Evidemment, on prend parfois des risques et on finit par se casser quelque chose. A Westerlo, ils disent toujours qu'ils n'ont jamais vu un gardien normal. Il faut sans doute être un peu fou pour faire ce métier.Mais vous êtes plus calme que Franky Frans.Oui, je suis calme et je veux rester moi-même. Je ne fais pas le malin et je travaille dur à l'entraînement car on n'est pas là pour paresser.Il me semble pourtant avoir lu que vous aviez voulu devenir gardien parce que c'était le poste le moins fatigant et qu'il ne fallait pas courir.C'est vrai: avant, je n'aimais pas et je ne savais pas courir. Pendant un tournoi de jeunes, on a chamboulé toute l'équipe et j'ai joué au but. Mais quand je vois comment je souffre aujourd'hui... C'est différent d'un joueur de champ, évidemment. J'estime néanmoins que celui qui n'est pas fatigué après l'entraînement n'a pas bien travaillé.Vous pouvez toujours travailler votre technique...Le vendredi, nous nous entraînons en fonction du match et c'est vrai que c'est moins fatigant. Mais en début de semaine, il faut se faire crever de façon à bien dormir la nuit.Erwin Lemmens est également passé très vite d'un bas niveau à la D1 et, aujourd'hui, il évolue à l'étranger. A Beveren, on dit que c'est un bon gardien mais qu'il manque de technique parce qu'il n'a pas été bien formé.C'est possible. Quelqu'un qui a toujours évolué dans les séries nationales est peut-être mieux préparé mais j'estime qu'on apprend toujours, même à 30 ans. A 23 ans, on n'est pas formé. D'ailleurs, un gardien progresse toujours. Je suis gaucher, je dois travailler mon pied droit et mes sorties sur les ballons aériens. Je dois également être plus audacieux.En tout cas, on ne peut pas dire que vous soyiez nerveux ou que vous manquiez d'assurance.Quand je sors, j'en assume les conséquences. Un nez cassé, ce n'est pas grave mais la main, c'est autre chose. Je me rappelle encore ce moment. Pendant quelques semaines, j'ai été dans le creux. J'avais bien entamé la saison, tout se passait bien et, en cinq secondes, mon univers basculait. Heureusement, mes parents, ma copine et les gens de Westerlo m'ont beaucoup parlé. Quand je suis revenu, j'ai joué sans retenue, j'ai cessé de raisonner sans quoi je n'y serais pas arrivé.Avez-vous craint que ce soit la fin de votre carrière?Oui car j'étais jeune et c'était ma première blessure. De plus, le doigt, c'est important pour un gardien. Au début, je n'arrivais pas à le plier et j'avais besoin qu'on me rassure. J'ai repris l'entraînement après quatre semaines et j'ai rejoué après un mois et demi. Alors, je me suis dit que je m'étais fait du mourron pour pas grand-chose.Mais vous avez dû souffrir.Mon annulaire était cassé à trois endroits et je souffrais d'une déchirure entre les doigts. Quand le chirurgien m'a dit qu'il craignait une fracture, je me suis dit que ce n'était pas trop grave mais quand j'ai entendu qu'il y en avait trois et qu'il fallait me mettre six vis qu'on n'enlèverait que dans un an, je me suis posé des questions. Aujourd'hui, je ne ressens plus rien mais quand j'ai enlevé mon gant, j'ai vu ma main. J'ai continué à jouer parce que je ne sentais presque rien mais mon doigt était plat d'un côté et bombé de l'autre. Finalement, après dix minutes, j'ai dû arrêter tellement j'avais mal et cela ne cessait d'enfler.Un gardien n'est pas normal, dit-on.C'est dans mon caractère: je n'abandonne pas facilement. Ce fut pareil avec mon nez. Tout le monde disait qu'il fallait me remplacer car il était ouvert mais je ne voulais pas louper la demi-finale de la Coupe. Après, on a essayé de me le redresser mais ce ne fut pas possible. Il faudra donc à nouveau m'opérer car la cloison est déviée et je ne parviens pas à bien respirer. J'ai toujours le nez bouché et je ne peux pas prendre trop de gouttes sous peine de dépendance.Filip De Wilde s'est étonné de voir Anderlecht transférer Pavlovic alors que le club dispose d'un bon gardien belge.Le Sporting fait ce qu'il veut mais je ne comprends pas qu'en Belgique, on n'achète que des étrangers. Les gardiens belges mériteraient de recevoir davantage leur chance, comme à Westerlo. Lebegge (Malines), Schollen (St-Trond) et Renard (Charleroi) n'ont que très peu joué. Les étrangers sont peut-être moins cher mais il leur faut une voiture et un appartement. Enfin... Ce ne sont pas mes affaires.Les gardiens expérimentés étudient le jeu de l'adversaire sur phase arrêtée. Où en êtes-vous dans ce domaine?Comme nous avons beaucoup de joueurs expérimentés, nous en parlons beaucoup et des gars comme Rudy Janssens ou Marc Schaessens me préviennent parfois.Est-il intéressant pour vous d'avoir un substitut de 19 ans?Ce serait plus difficile avec un gardien expérimenté car la pression serait plus forte. Mais il y a quand même de la concurrence: Jonathan Bourdon a très bien joué pendant mon absence, il faut le dire. Mais il était content que je revienne car nous nous entendons très bien en dehors du terrain. Nous allons même parfois prendre un verre ensemble.Vous avez la descente facile?Non, non. Je ne sais pas boire. Je prends une bière de temps en temps, sans plus. Nous avons dignement fêté la victoire sur le GBA en demi-finale mais j'ai pour ainsi dire dû rentrer en taxi car je suis vite saoûl.Qu'en sera-t-il en cas de victoire en finale, alors?Pour nous, c'est le match de la saison. Nous devons être réalistes: Janssens, Schaessens, et Milosevic ont disputé une finale et disent que c'est inoubliable mais nous devons nous méfier: Lommel a éliminé quatre équipes de D1 et a terminé largement en tête de son championnat. J'ai vu cette équipe à l'oeuvre: c'est du solide. Mais le fait de jouer la finale est déjà une grande fête en soi et nous ne pouvons que faire mieux. Photo 1Photo 2Raoul De Groote.