Branko Strupar a le spleen. Les yeux rivés sur son quartier de Precko où s'abattent des trombes d'eau, le quasi quinqua préfère se replonger dans les quelques jours lumineux qu'il vient de vivre à Genk, pour fêter le quatrième titre de l'histoire du club. " Je garde une relation très spéciale avec le Racing. J'y vais souvent avec des amis : ils adorent parce qu'ils sont aussi bien reçus que moi ", lance l'ancien attaquant, qui se tape les quelques 1200 kilomètres qui séparent Zagreb de Genk en voiture. " C'est long, surtout que je ne m'arrête qu'une ou deux fois sur les 13-14 heures de trajet, mais je reçois tellement d'écharpes, maillots et photos à distribuer que si je fais l'aller-retour en avion, je vais devoir payer d'énormes amendes pour tout ramener. " Le Zagrébois ne craint pas les kilomètres. À l'annonce de la mort de Tony Greco, l'illustre team manager du club en 2016, il s'embarque dans l'heure qui suit sur la E59 pour quitter la Croatie direction Genk. Aujourd'hui pourtant, les conséquences de la route se lisent sur le visage de l'ancien attaquant. " Je suis malade ", râle-t-il en s'asseyant dans le lobby de l'hôtel Antunovic. Un coup de spray dans le nez plus tard, Branko s'offre 45 minutes de répit physique. Et de souvenirs immuables.
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