Lorsque GlenDeBoeck a signé jusqu'en fin de saison au Royal Mouscron-Péruwelz, fin janvier, on s'est dit que son come-back dans le monde du football ne durerait guère. Il lui restait huit matches pour sauver le club et une opération maintien est toujours une entreprise périlleuse. Mais l'homme est arrivé à ses fins. Avant terme, même. Il est vrai qu'il a pu compter sur DavidHubert, le médian sur lequel son prédécesseur n'avait guère pu tabler, et qu'il a bénéficié de l'arrivée de renforts comme ElimaneCoulibaly, Jean-CharlesCastelletto, ValentinViolaet FejsalMulic. Il n'empêche qu'il a réussi à construire une équipe, à imposer sa façon de travailler, ses principes, son occupation de terrain et son système. Son impact n'est pas négligeable et c'est pour cela qu'il était si heureux lorsque nous l'avons rencontré au restaurant Ferrier 30 à Anvers. " La mission était difficile, je le savais ", dit-il. " Mais j'ai fait de mon mieux et, quand je me retourne, je me dis que j'ai fait du bon boulot. "
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Lorsque GlenDeBoeck a signé jusqu'en fin de saison au Royal Mouscron-Péruwelz, fin janvier, on s'est dit que son come-back dans le monde du football ne durerait guère. Il lui restait huit matches pour sauver le club et une opération maintien est toujours une entreprise périlleuse. Mais l'homme est arrivé à ses fins. Avant terme, même. Il est vrai qu'il a pu compter sur DavidHubert, le médian sur lequel son prédécesseur n'avait guère pu tabler, et qu'il a bénéficié de l'arrivée de renforts comme ElimaneCoulibaly, Jean-CharlesCastelletto, ValentinViolaet FejsalMulic. Il n'empêche qu'il a réussi à construire une équipe, à imposer sa façon de travailler, ses principes, son occupation de terrain et son système. Son impact n'est pas négligeable et c'est pour cela qu'il était si heureux lorsque nous l'avons rencontré au restaurant Ferrier 30 à Anvers. " La mission était difficile, je le savais ", dit-il. " Mais j'ai fait de mon mieux et, quand je me retourne, je me dis que j'ai fait du bon boulot. " DE BOECK : Parce que je n'avais pas 36 autres possibilités et parce que j'étais persuadé de pouvoir y arriver, d'autant que bon nombre de clubs étaient encore impliqués dans la lutte pour le maintien. Je ne maîtrisais pas tout mais j'avais envie d'installer certaines choses. J'ai dit que j'allais essayer de travailler selon mes méthodes, en espérant que ça fonctionne. C'est ce qui s'est passé et c'est pourquoi nous nous sommes sauvés. DE BOECK : La première demi-heure à Ostende fut la plus mauvaise de nos huit matches mais je trouve que le staff a très bien réagi. Lorsque nous avons vu que nos choix tactiques ne fonctionnaient pas, nous avons tout changé et nous avons placé Teddy Mézague en marquage sur Frank Berrier. C'est ce qui nous a permis de rééquilibrer les échanges. DE BOECK : C'était dramatique, en effet, mais c'était aussi dû au fait qu'on laissait trop d'espace à Berrier. Nous avions donc toujours un temps de retard. DE BOECK : Contre Lokeren, Scepovic a entamé la partie mais je l'ai remplacé après une heure parce que sa mentalité n'était pas bonne. Dans sa situation, Mouscron avait besoin de joueurs qui se battaient les uns pour les autres et pas d'individualités. J'ai clairement expliqué ma façon de travailler à Scepovic, je lui ai dit comment je voyais le football et ce que j'attendais d'un joueur pro mais nous n'étions pas sur la même longueur d'ondes. Je pense qu'il a toujours été habitué à ce qu'on travaille pour lui mais, dans la situation dans laquelle nous étions, cela n'apportait rien. Filip Markovic a fait quelques bonnes entrées au jeu mais il joue par à-coups, il manque de constance. Quant à Nikola Aksentijevic, ce n'est pas un arrière droit pour une défense à quatre. J'étais venu à Mouscron avec un objectif clair : assurer le maintien. Pour cela, je devais déterminer une ligne de conduite et m'y tenir. Je suis convaincu que, si nous nous sommes sauvés, c'est en grande partie parce que tout le monde a travaillé dur. Pour cela, j'avais besoin de joueurs assidus. C'est bien d'être félicité pour le football qu'on prône mais la seule chose dont tout le monde se souvient, c'est le classement. Je voulais poursuivre avec des gars qui se battaient à 100 %, pas à 60 ou à 70. Quand on ne prend qu'un point sur dix-huit à domicile face à des concurrents directs, on a un gros problème. Le football est fait de résultats. DE BOECK : Je ne m'en suis pratiquement pas aperçu. Je me suis toujours senti soutenu, jamais manipulé. DE BOECK : Un contact très étroit et chaleureux. Je me suis rendu compte que ces gens s'intéressaient très fort au sort de ce club familial. J'entends dire qu'ils veulent poursuivre avec moi et j'aimerais poursuivre mon travail également mais cela va dépendre des négociations qui auront lieu prochainement. Quand je vois qu'il y avait huit mille spectateurs contre Anderlecht, je me dis qu'il y a du potentiel. A l'époque de GeorgesLeekens et de HugoBroos, il y avait même dix à douze mille personnes et je pense que, si nous intéressons les gens au projet, nous parviendrons à refaire la même chose. Les conditions de travail sont excellentes également, nous ne manquons pas de terrains, il y a même un synthétique, une magnifique salle de sports au stade même et des bénévoles extraordinaires. DE BOECK : J'ai rarement ressenti quelque chose d'aussi intense en football qu'au moment du coup de sifflet final contre Anderlecht. C'était formidable : nous avions huit matches pour nous sauver et après sept rencontres, c'était fait. J'étais tellement heureux. DE BOECK : Toutes proportions gardées, c'est un peu la même chose que lors de la qualification pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde au Japon, après le match face à la Russie. Une sorte d'euphorie. DE BOECK : Bien sûr. Dans la vie, il n'y a pas de plus belle drogue que la victoire. Et c'est vrai que ça me manquait, même si j'ai connu de bons moments en tant que manager de Herculean. En huit mois, j'ai beaucoup voyagé, j'ai mené des discussions de très haut niveau et j'ai contribué à l'organisation de très beaux événements. Après mon expérience à Waasland Beveren, j'éprouvais le besoin de m'éloigner un peu du football. Maintenant, j'y reprends du plaisir. A l'époque, j'étais frustré et c'était logique : j'avais maintenu Beveren, ce qui n'était pas évident, mais trois mois après, j'étais viré. DE BOECK : Je pense que j'ai eu besoin de cette période pour comprendre que, ma passion, c'était toujours le football. C'est d'ailleurs pour cela que je suis fait. Dès lors, pourquoi ne pas y revenir ? Mais bien sûr, entre vouloir le faire et être accepté, il y avait un monde de différence. En effet. DE BOECK : Tout ce que je peux faire, c'est lui témoigner ma reconnaissance car j'ai appelé d'autres managers qui m'ont dit qu'ils ne pouvaient rien faire, que les portes m'étaient fermées. Mogim'a remis en selle. DE BOECK : J'essaye d'être plus relax, d'accepter les limites des gens et certaines situations. Je suis toujours un perfectionniste et un gagneur, je tente toujours d'atteindre le sommet. Mais j'ai appris qu'il faut pouvoir accepter les limites d'une mission ou d'un résultat. DE BOECK : Oui. Je n'irai pas jusqu'à dire qu'il est désormais facile de travailler avec moi car je suis toujours aussi exigeant mais j'aborde les situations différemment. C'est aussi plus agréable pour moi : je suis moins frustré. J'essaye de voir les choses comme elles sont et de composer avec au lieu de m'énerver parce que ça ne marche pas comme je le souhaiterais. DE BOECK : J'estime que, dans l'équipe actuelle d'Anderlecht, il y a trop peu de gens qui se montrent dans les moments difficiles. Ce groupe a des qualités, c'est indéniable, mais un joueur d'Anderlecht doit pouvoir répondre présent chaque semaine. Aujourd'hui, ils se révoltent quand on les critique mais ça ne dure jamais longtemps. C'est un problème énorme. Quand on porte le maillot d'Anderlecht, on doit être là à chaque match et afficher une mentalité exemplaire. Tout le monde a droit à un mauvais match mais perdre 35 points sur une saison, c'est indigne d'Anderlecht. Pourquoi Anderlecht n'a-t-il pas réussi à jouer dix fois de suite comme au Club Bruges (1-4, ndlr) ? Selon moi, c'est parce que les joueurs ne se rendent pas compte de la responsabilité qu'ils portent. J'en entends certains prétendre qu'ils veulent évoluer à l'étranger la saison prochaine mais ils feraient mieux, d'abord, d'être réguliers au sein du club qu'ils représentent actuellement. Après, ils pourront songer à franchir une étape. S'ils n'en sont pas capables, à quoi bon essayer ? Ils ne joueront de toute façon pas. DE BOECK : Oui, mais je me demande s'il est suffisamment encadré. J'ai pris Lorenzo(Staelens, ndlr) à Mouscron parce que je sentais que, vu l'ampleur de la tâche qui nous attendait, j'avais besoin de quelqu'un de plus et c'est grâce à ce staff fort que nous sommes parvenus à nos fins. Je me pose donc la question : Besnik est-il suffisamment entouré ? DE BOECK : Il ne s'agit pas de moi. DE BOECK : J'ai bien pris Lorenzo. Pourtant, il a aussi été entraîneur principal. Et vous avez vu les adjoints de Louis vanGaal en équipe des Pays-Bas lors de la Coupe du monde ? Je suis de plus en plus convaincu qu'au plus haut niveau, les coaches doivent fonctionner en binôme. DEBOECK : Oui. DE BOECK : Parce que, à l'instar de ce qui se passe dans la société, tout est devenu plus complexe et parce qu'on n'est pas trop de deux pour diriger un tel groupe. A l'avenir, je veillerai toujours à m'entourer de quelqu'un de fort car je suis convaincu que c'est nécessaire. DE BOECK : Non. J'ai connu trois belles années au Cercle. Par la suite, j'ai pris un certain nombre de décisions qui n'étaient pas toutes les bonnes mais ainsi va la vie : chaque jour, on fait 30 à 40 choix et tous ne sont pas bons. Quitter le Cercle pour le Beerschot, par exemple. Mais pas aller à Venlo. Et à Beveren, j'ai réussi dans ma mission mais ma vision de l'avenir était différente de celle du club et ça m'a coûté ma tête. Je suis comme ça, j'assume mes choix. Pour le même prix, il en aurait été différemment, on m'aurait critiqué et ma carrière aurait été terminée. Mais ça s'est bien terminé, j'ai réussi une mission difficile et on verra ce que la suite nous réserve. DE BOECK : Il serait ridicule de répondre autre chose que oui à cette question. Je pense que chaque coach rêve d'entraîner Anderlecht. Raison de plus pour le faire quand on a porté ce maillot pendant 13 ans et qu'on connaît le club jusque dans ces moindres recoins. Ce serait formidable mais la décision ne m'appartient pas. DE BOECK : J'ai dit un jour dans une interview que j'entamerais ma carrière de coach à 45 ans. DE BOECK : Oui. Beaucoup d'entraîneurs actuels ont entamé leur carrière aux alentours de 45 ans. Moi, j'ai commencé à 35 ans. J'ai dix ans d'expérience de plus. PAR CHRISTIAN VANDENABEELE - PHOTOS BELGAIMAGE - CHRISTOPHE KETELS" J'ai rarement ressenti quelque chose d'aussi fort qu'au coup de sifflet final contre Anderlecht. " GLEN DE BOECK " Je suis de plus en plus convaincu qu'au plus haut niveau, les coaches doivent fonctionner en binôme. " GLEN DE BOECK " Je ne peux qu'être reconnaissant envers Mogi Bayat de m'avoir recasé à Mouscron. " GLEN DE BOECK