Une semaine est passée depuis la prise de contact pour fixer l'interview, mais la surprise est toujours de mise. " Je ne gagne jamais quoi que ce soit ", lance Jany Andries-Tossens avec un grand sourire. Cette habitante de Warsage, un petit village de la commune de Dalhem, en Province de Liège, est tellement heureuse de partager ses souvenirs de lectrice qu'elle a invité une dizaine de membres de sa famille, parmi lesquels son neveu Marc-Antoine, le fils de Roger Claessen.

Nièce de Roger-la-Honte par sa mère, Jany se souvient parfaitement de l'effet qu'elle créait auprès des supporters du Standard quand son oncle y empilait les buts. " À l'école, on m'en parlait souvent, même l'abbé qui donnait le cours de religion, qui était un grand supporter des Rouches "", confirme-t-elle en servant un petit apéritif.

" Je ne vais pas dire qu'on était privilégiée avec ma soeur, mais on ne se faisait jamais engueuler... Et quand il y avait un cours du soir le jour d'un match du Standard, on en était souvent exemptée. " Pour Jany, son oncle est intrinsèquement lié à Sport/Foot Magazine puisque du plus profond de sa mémoire, elle se rappelle y avoir découpé le moindre billet qui évoquait la vedette liégeoise des années 60.

" Il n'y avait pas une semaine sans un article sur lui... Mon oncle, lui, s'en foutait. Ça lui glissait dessus, même quand il était écrit qu'il aimait sortir et faire la fête. "

Pigeons

Un enthousiasme nocturne que la Warsagienne - de 7 ans sa cadette - a pu vérifier à quelques reprises en accompagnant Roger aux bals du mardi. " Parfois, il venait sonner à 3 h du matin à la maison. On rigolait en se disant qu'il était encore saoul, puis ma mère se levait, lui faisait des frites, du poulet, des harengs, etc. Pour le dessaouler et le renvoyer chez lui. Il adorait ma mère.

Quand il avait bu un verre, il disait souvent à notre papa : Dommage que tu as marié ma soeur, sinon c'est moi qui l'aurais fait ! Mais il adorait mon père aussi : il lui demandait personnellement d'être présent au stade lors des gros duels de l'équipe nationale belge contre les Pays-Bas."

En échange de ce soutien, Roger a pu faire fructifier à sa manière l'activité principale de son beauf à la ferme familiale du hameau de Heye. " Un jour, il débarqué avec son ancien coéquipier allemand Bernd Patzke ( passé par le Standard de 1962-64, NDLR) venu de Berlin uniquement pour acheter des pigeons à mon père, dont la popularité était mondiale puisqu'il avait participé à quatre concours à Taïwan et apparaissait régulièrement dans les journaux. "

Foot féminin

Roger Claessen est également en partie à l'origine de la création de l'équipe féminine de Warsage puisqu'il en a organisé le premier match avec Léon Semmeling au début des années 1970 lors d'un week-end de kermesse. " Il y avait 400 personnes et on a gagné 5-0 contre Fourons ", chiffre Jany.

" Ma soeur a marqué les cinq buts et ça s'est tellement bien passé que l'équipe a continué à jouer... à une époque où le foot féminin était bien moins développé qu'aujourd'hui. Moi, je n'ai jamais joué, j'étais la mendiante ", plaisante-t-elle en faisant référence au temps passé assise à la billetterie ou à chercher des sponsors pour l'équipe.

Jany ne conserve pas tous les exemplaires de Sport/Foot Magazine. Sur la table basse qui lui fait face, elle empile donc les numéros qu'elle a préférés. Il y a le Spécial Play-Offs 2012, un autre relatif à la lutte pour le maintien entre Mons, Charleroi, l'Antwerp et Heusden-Zolder en 2003-2004, ou encore un plus récent où figure Steven Defour en première page.

Le Sportif 1967

" J'ai toujours eu un magazine sportif à la maison ", glisse-t-elle. " Mes parents lisaient déjà Le Sportif 1967 quand je vivais à la ferme. " Plus de 60 ans plus tard, la Warsagienne est toujours fidèle à l'hebdomadaire qu'elle dévore le mercredi après-midi dans sa véranda.

" Ça me permet de décompresser ", assure-t-elle. " Je lis tout sauf la NBA, que je ne connais pas du tout. J'aime bien quand je peux découvrir des choses en tennis ou en vélo, mais ça me plairait que l'on parle un peu plus du sport en région germanophone. Je suis abonnée à Sport/Foot Magazine depuis 40 ans pour les reportages et la manière dont ils sont écrits. La présentation et la qualité du papier font également la différence avec les quotidiens. "

James Storme, Lucien Spronck, Jean Nicolay... Jany cite toujours avec autant de facilité les noms des joueurs - de la génération Claessen, championne de Belgique en 1961 et 63 - dont elle a suivi le parcours de semaine en semaine.

Présente à Gand-Tottenham

Une fois que son oncle a quitté le Standard, Jany a un peu perdu son âme de supportrice des Rouches. " J'ai alors appris à m'intéresser au football européen et même mondial. Je suis très branchée Bundesliga, ça remonte à l'époque où je regardais tous les résumés dans le Sportschau les samedis à 18h00. Aujourd'hui, je peux voir les matchs en direct. "

La Warsagienne se rend encore parfois au stade, comme ce jour de février 2017 où elle a reçu des tickets pour aller voir Gand-Tottenham en seizième de finale de l'Europa League. " C'est l'année où les Gantois ont fait un super parcours européen donc on était toute excitée avec ma soeur... Mais on a failli rater le coup d'envoi parce que le GPS nous a emmenées à l'ancien stade Jules-Otten ! "

Jany Andries-Tossens

Depuis quand êtes-vous abonnée ?

Jany Andries-Tossens : J'ai quitté la ferme familiale pour me marier en 1976 et je me suis abonnée à Foot Magazine à sa création, il y a quarante ans.

Quel est votre club favori ?

Andries-Tossens : Le Bayern Munich et Dortmund.

Quelle est votre rubrique préférée ?

Andries-Tossens : La chronique de Frédéric Waseige ! On sent qu'il s'y connaît mieux en football que beaucoup d'autres consultants, puis il a joué à Aix-la-Chapelle comme mon oncle Roger. J'apprécie aussi les analyses de Marc Degryse, une icône du football belge.

Quelle a été la Une la plus marquante ?

Andries-Tossens : J'ai principalement des bons souvenirs, mais le titre " Roger Claessen s'était suicidé " ( en 2007, ndlr) nous a fort choqués avec les membres de ma famille parce que ce n'est pas le cas, ça a été prouvé. Avec la vie qu'il a menée, ce n'était pas anormal qu'il ait fait un infarctus.

Une semaine est passée depuis la prise de contact pour fixer l'interview, mais la surprise est toujours de mise. " Je ne gagne jamais quoi que ce soit ", lance Jany Andries-Tossens avec un grand sourire. Cette habitante de Warsage, un petit village de la commune de Dalhem, en Province de Liège, est tellement heureuse de partager ses souvenirs de lectrice qu'elle a invité une dizaine de membres de sa famille, parmi lesquels son neveu Marc-Antoine, le fils de Roger Claessen. Nièce de Roger-la-Honte par sa mère, Jany se souvient parfaitement de l'effet qu'elle créait auprès des supporters du Standard quand son oncle y empilait les buts. " À l'école, on m'en parlait souvent, même l'abbé qui donnait le cours de religion, qui était un grand supporter des Rouches "", confirme-t-elle en servant un petit apéritif. " Je ne vais pas dire qu'on était privilégiée avec ma soeur, mais on ne se faisait jamais engueuler... Et quand il y avait un cours du soir le jour d'un match du Standard, on en était souvent exemptée. " Pour Jany, son oncle est intrinsèquement lié à Sport/Foot Magazine puisque du plus profond de sa mémoire, elle se rappelle y avoir découpé le moindre billet qui évoquait la vedette liégeoise des années 60. " Il n'y avait pas une semaine sans un article sur lui... Mon oncle, lui, s'en foutait. Ça lui glissait dessus, même quand il était écrit qu'il aimait sortir et faire la fête. " Un enthousiasme nocturne que la Warsagienne - de 7 ans sa cadette - a pu vérifier à quelques reprises en accompagnant Roger aux bals du mardi. " Parfois, il venait sonner à 3 h du matin à la maison. On rigolait en se disant qu'il était encore saoul, puis ma mère se levait, lui faisait des frites, du poulet, des harengs, etc. Pour le dessaouler et le renvoyer chez lui. Il adorait ma mère. Quand il avait bu un verre, il disait souvent à notre papa : Dommage que tu as marié ma soeur, sinon c'est moi qui l'aurais fait ! Mais il adorait mon père aussi : il lui demandait personnellement d'être présent au stade lors des gros duels de l'équipe nationale belge contre les Pays-Bas." En échange de ce soutien, Roger a pu faire fructifier à sa manière l'activité principale de son beauf à la ferme familiale du hameau de Heye. " Un jour, il débarqué avec son ancien coéquipier allemand Bernd Patzke ( passé par le Standard de 1962-64, NDLR) venu de Berlin uniquement pour acheter des pigeons à mon père, dont la popularité était mondiale puisqu'il avait participé à quatre concours à Taïwan et apparaissait régulièrement dans les journaux. " Roger Claessen est également en partie à l'origine de la création de l'équipe féminine de Warsage puisqu'il en a organisé le premier match avec Léon Semmeling au début des années 1970 lors d'un week-end de kermesse. " Il y avait 400 personnes et on a gagné 5-0 contre Fourons ", chiffre Jany. " Ma soeur a marqué les cinq buts et ça s'est tellement bien passé que l'équipe a continué à jouer... à une époque où le foot féminin était bien moins développé qu'aujourd'hui. Moi, je n'ai jamais joué, j'étais la mendiante ", plaisante-t-elle en faisant référence au temps passé assise à la billetterie ou à chercher des sponsors pour l'équipe. Jany ne conserve pas tous les exemplaires de Sport/Foot Magazine. Sur la table basse qui lui fait face, elle empile donc les numéros qu'elle a préférés. Il y a le Spécial Play-Offs 2012, un autre relatif à la lutte pour le maintien entre Mons, Charleroi, l'Antwerp et Heusden-Zolder en 2003-2004, ou encore un plus récent où figure Steven Defour en première page. " J'ai toujours eu un magazine sportif à la maison ", glisse-t-elle. " Mes parents lisaient déjà Le Sportif 1967 quand je vivais à la ferme. " Plus de 60 ans plus tard, la Warsagienne est toujours fidèle à l'hebdomadaire qu'elle dévore le mercredi après-midi dans sa véranda. " Ça me permet de décompresser ", assure-t-elle. " Je lis tout sauf la NBA, que je ne connais pas du tout. J'aime bien quand je peux découvrir des choses en tennis ou en vélo, mais ça me plairait que l'on parle un peu plus du sport en région germanophone. Je suis abonnée à Sport/Foot Magazine depuis 40 ans pour les reportages et la manière dont ils sont écrits. La présentation et la qualité du papier font également la différence avec les quotidiens. " James Storme, Lucien Spronck, Jean Nicolay... Jany cite toujours avec autant de facilité les noms des joueurs - de la génération Claessen, championne de Belgique en 1961 et 63 - dont elle a suivi le parcours de semaine en semaine.Une fois que son oncle a quitté le Standard, Jany a un peu perdu son âme de supportrice des Rouches. " J'ai alors appris à m'intéresser au football européen et même mondial. Je suis très branchée Bundesliga, ça remonte à l'époque où je regardais tous les résumés dans le Sportschau les samedis à 18h00. Aujourd'hui, je peux voir les matchs en direct. " La Warsagienne se rend encore parfois au stade, comme ce jour de février 2017 où elle a reçu des tickets pour aller voir Gand-Tottenham en seizième de finale de l'Europa League. " C'est l'année où les Gantois ont fait un super parcours européen donc on était toute excitée avec ma soeur... Mais on a failli rater le coup d'envoi parce que le GPS nous a emmenées à l'ancien stade Jules-Otten ! "