Charleroi a réalisé une belle opération financière en vendant François Sterchele, 24 ans, pour la coquette somme d'un million d'euros. Le Germinal Beerschot peut lui aussi se frotter les mains d'avoir acquis un vrai renard des surfaces comme en témoigne son premier but, face à Beveren. Désormais, le quotidien de Sterchele se situe à l'ombre de la cathédrale d'Anvers, à quelques pas de la Grand Place, où il a nous donné rendez-vous. C'est là qu'il a emménagé, lui, le bourlingueur qui découvre son quatrième club en quatre ans, après La Calamine (D3), Oud-Heverlee-Louvain (D3) et Charleroi. Et en vrai Belge, il a même soigné la parité linguistique.
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Charleroi a réalisé une belle opération financière en vendant François Sterchele, 24 ans, pour la coquette somme d'un million d'euros. Le Germinal Beerschot peut lui aussi se frotter les mains d'avoir acquis un vrai renard des surfaces comme en témoigne son premier but, face à Beveren. Désormais, le quotidien de Sterchele se situe à l'ombre de la cathédrale d'Anvers, à quelques pas de la Grand Place, où il a nous donné rendez-vous. C'est là qu'il a emménagé, lui, le bourlingueur qui découvre son quatrième club en quatre ans, après La Calamine (D3), Oud-Heverlee-Louvain (D3) et Charleroi. Et en vrai Belge, il a même soigné la parité linguistique. Je m'en rends compte. Récemment un journaliste m'a encore dit qu'il ne comprenait pas pourquoi j'avais pris le chemin d'un club moins fort que Charleroi. Mais attention, il faut savoir ce que l'on dit : l'an dernier, le Germinal Beerschot a terminé septième, soit quatre places plus haut que le Sporting, et un an auparavant, les Anversois avaient remporté la Coupe de Belgique. Ce qui ne fut jamais le cas de Charleroi. Les deux équipes se valent. Je ne dis pas que le Germinal Beerschot est dix fois plus fort mais il est davantage structuré et fait preuve d'ambition. Pour moi, il s'agit clairement d'un pas en avant. La mentalité flamande que je connais un peu car ma mère est flamande et parce que j'ai évolué un an à Louvain. On y retrouve plus de travail, de discipline, de rigueur. Et puis, la présence d'Aimé Anthuenis m'a influencé. Quand un homme qui possède un tel vécu arrive dans un club pour diriger l'aspect sportif, je crois que l'on peut avoir confiance. On sait où on met les pieds. Oui. Ici, on se dépense aux entraînements comme si c'était le match. On ne rigole pas et on ne se lâche qu'une fois la séance terminée. Les Flamands ont une mentalité de gagneur et cela fait du bien de travailler avec eux car cela nous permet de changer. A Charleroi, on mettait l'accent davantage sur l'ambiance, la convivialité et l'esprit de groupe. Quand on effectuait un tackle à l'entraînement, il y avait toujours quelqu'un pour calmer les ardeurs. Oui mais c'est le seul élément flamand du staff. Si l'équipe n'a pas envie de suivre ce chemin-là, cela coince inévitablement un jour ou l'autre. Mathijssen est assez intelligent pour comprendre cela. Il savait comment nous prendre et s'il travaillait en Flandre, je suis certain qu'il adopterait une autre méthode. Il sait s'adapter à son groupe et c'est pour cette raison que je le vois bien entraîner un grand club assez rapidement. Non puisque j'avais resigné jusqu'en 2009 mais c'est vrai qu'à un moment donné, Izzet Akgül et moi, on s'est posé des questions. Notre système de jeu ne laissait la place qu'à un seul attaquant axial et avec l'arrivée de Joseph Akpala, il y avait quatre joueurs pour une seule place. Puis, on voit que la direction décide de transférer encore un autre avant, en la personne de Cyril Théréau. Elle n'aurait pas agi de la sorte si elle n'avait pas eu une idée derrière la tête. On savait que soit moi, soit Izzet serions appelés à partir. Pas vraiment. C'est le monde du football. Je dis chapeau à Charleroi qui m'a acheté 15.000 euros et qui me revend pour une somme rondelette. Tout le monde s'y retrouvait dans le transfert. Evidemment. Le projet me plait beaucoup. Les dirigeants anversois veulent rejoindre le top-5 et rééditer l'exploit de la Coupe de Belgique. Et puis, tous les attaquant antérieurs se sont retrouvés dans de grands clubs, que ce soit Moumouni Dagano, Wesley Sonck, Paul Kpaka ou Tosin Dosunmu. C'est une belle carte de visite et si je peux encore me mettre en vitrine, pourquoi pas ? C'est le premier club qui m'a donné une chance en D1 et je ne l'oublierai jamais. Jacky Mathijssen m'a tout de suite fait confiance et j'en profite pour le remercier. Etonnement, je n'ai eu aucun contact avec lui depuis mon transfert. Je regrette également de ne pas avoir eu de discussion avec Dante Brogno avec qui j'avais une relation forte. C'est le monde du football. Mais qu'on ne me fasse pas dire que je suis parti en mauvais terme. Je garde un bon souvenir de Mathijssen. C'est un très bon tacticien qui sait s'adapter au jeu de l'adversaire. Quant au club, il a du potentiel. Il peut viser le top-5 avec l'appui de son public et puis il y a de très bons éléments dans le noyau. Pour moi, le plus talentueux, c'est Gregory Christ. Si je prends l'ensemble des noyaux de Charleroi et du Germinal Beerschot, il serait sur le podium. Sans conteste Daniel Cruz. Un joueur pareil derrière les attaquants, c'est un régal ! Très bien. Je n'ai jamais connu de problèmes d'intégration. Ici, il y a des Argentins, Brésiliens, Colombiens, Ivoiriens, soit toutes des nationalités qui ont cette culture de la parole et de la discussion et qui aiment faire la fête. Il n'y a donc aucun problème. Même au niveau de la communication. Il suffit d'enfiler un mot français, un anglais et un espagnol et on se comprend. J'ai toujours eu la chance de recevoir des demandes qui m'ont enchanté. J'aime bien changer d'air, relever des défis, des nouveaux challenges. Un peu de piment, cela ne fait pas de tort. Quelle que soit l'identité du club, je fonce. Avec Brys, on travaille énormément. Parfois, je me suis dit que c'était trop ! D'ailleurs, il a fallu s'y habituer et ce n'est pas pour rien que les Argentins, Justice Wamfor et moi avons connu des petites blessures. Au contraire de tous les joueurs qui étaient présents l'année passée. Pendant le stage, on subissait trois entraînements par jour. Je suivais le rythme mais quand je rentrais chez moi, j'aimais retrouver mon lit. Je n'aurais plus pu faire la route pour voir mes amis ou ma famille à Liège. J'ai affaire à quelqu'un qui parle beaucoup avec les joueurs. Il n'hésite pas à nous replacer ou, au contraire, à nous féliciter. Je pense. Nous possédons une équipe équilibrée qui allie des joueurs très physiques avec la finesse technique des Sud-Américains. C'est vrai que les cinq Argentins sont tous des médians mais parfois, on évolue en 3-5-2. Il nous faut donc un entrejeu renforcé. Et puis, pour le reste, c'est à l'entraîneur à faire des choix et à gérer la concurrence. Oui. Nous sommes quatre pour deux places. Pour le moment, Marc Brys a opté pour moi et Jurgen Cavens mais s'il y a une méforme d'un de nous deux, il y a d'autres possibilités. Comme Bjorn De Wilde ou le jeune Vincenzo Verhoeven. Il a inscrit quatre buts en préparation. Moi je ne suis arrivé en D1 qu'à 23 ans et lui, à 19 ans, il fait déjà partie d'un noyau pro. Je suis très différent de lui. A la base, Cavens est plus un pivot qu'un homme de profondeur. Moi, je tourne autour de lui et je vais davantage dans les espaces. Le but est de ne faire, avec Jurgen, qu'un seul homme. On essaie de bien se parler et de bien se placer en repli défensif. Non. Au Sporting, je devais beaucoup plus chasser le ballon. Ce fut d'ailleurs un élément prépondérant dans mon choix. Le Germinal m'a présenté les choses en me disant - Nous, on veut t'utiliser en pointe, pas sur les flancs. C'est vraiment dans le carré que je me sens le mieux. Je me suis dit l'année passée que la polyvalence n'était pas toujours une bonne chose. Certains se posaient la question de savoir si j'étais finalement un vrai attaquant. Et je ne voulais pas qu'on rentre dans ce débat. Je suis un centre-avant spécifique et je l'ai d'ailleurs prouvé lors de la première journée. Pas vraiment. Même quand j'ai connu une période plus moyenne en fin de saison passée, tout le monde me disait de ne pas me tracasser. Je me souviens toujours de cette phrase de Mathijssen : -Un joueur dans un mauvais jour doit courir. Il voulait dire que même quand on a des mauvaises sensations, on sait toujours courir et gêner l'adversaire, se battre et travailler pour l'équipe. Ici, je sens une énorme attente mais je n'ai jamais eu de pression et ce n'est pas maintenant que je vais me la mettre. Si je dois penser à la somme de mon transfert, au fait que je dois remplacer Dosunmu, je ne fais plus que penser... J'étais frustré devant la répétition des goals annulés. Il y avait aussi la pression que les dirigeants nous mettaient sur les épaules pour la Coupe de Belgique. Je devais aussi supporter beaucoup de provocations. Les défenseurs savaient que j'étais plus nerveux et ils espéraient que je pète les plombs. Stefan Leleu de Zulte Waregem n'a pas arrêté pendant toute la rencontre. Sur les corners, il me marchait sur les pieds ou il me donnait sans cesse des coups de coude. Il me parlait tout le temps et disait - Tu n'es qu'un joueur de D3. Quand on n'est pas habitué, c'est normal qu'on explose. Maintenant, j'ai fait le tour de la question et j'arrive à me canaliser. Quand tu es fort dans ta tête, c'est plus facile de répondre balle au pied. Non. Ogushi Onyewu est peut-être une armoire à glace mais il est super correct : propre sur l'homme et à la fin du match, il vient te serrer la main. Même remarque pour Joao Carlos Chaves de Lokeren. Ce sont les deux défenseurs les plus propres et ce sont aussi les deux plus difficiles à passer. Comme quoi... C'est un objectif. L'entraînement avec le noyau en fin de saison passée m'a beaucoup plu. Pourquoi pas y regoûter. J'ai appris que je faisais partie de la présélection. C'est déjà un bon signe. STÉPHANE VANDE VELDE