Racheté fin mai par un fonds d'investissement qatari, le Paris Saint Germain a désormais les moyens de ses ambitions. Après avoir cassé sa tirelire pour s'offrir Pastore, Gameiro, Douchez, Sissoko, Matuidi, Sirigu, Bisevac et Menez, les dirigeants parisiens ont lâché trois derniers millions en fin de période des transferts pour Diego Lugano.
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Racheté fin mai par un fonds d'investissement qatari, le Paris Saint Germain a désormais les moyens de ses ambitions. Après avoir cassé sa tirelire pour s'offrir Pastore, Gameiro, Douchez, Sissoko, Matuidi, Sirigu, Bisevac et Menez, les dirigeants parisiens ont lâché trois derniers millions en fin de période des transferts pour Diego Lugano. " Je suis venu ici pour gagner des titres. Je donnerais mon sang pour y arriver. " Une semaine seulement après avoir débarqué en France, l'Uruguayen montrait déjà qu'il avait le sens de la punchline. De quoi immédiatement se faire adopter par les supporters parisiens pour qui le nom du Sud-Américain n'était pas forcément aussi ronflant que ceux des Pastore, Gameiro ou Menez. Il faut dire que le beau gosse sait se faire apprécier. Pour preuve, lors de son départ de Turquie après cinq années à Fenerbahçe, des centaines d'ultras stambouliotes sont venus l'acclamer à l'aéroport. Ces mêmes supporters qui, déçus de la non-qualification de leur pays à la Coupe du Monde 2010, s'étaient mis à soutenir l'Uruguay... Conclu trois jours avant la date fatidique du 1er septembre, le transfert du capitaine de la Céleste était une belle opportunité que Leonardo, le nouveau DT, s'est empressé de saisir. Le club de la capitale avait déjà fait péter le carnet de chèque pour étoffer son noyau mais rayon défense, Milan Bisevac, venu de Valenciennes, était la seule nouvelle tête offerte aux habitués du Parc. Dans ce contexte, l'exclusion du club stambouliote de la CL pour corruption était une aubaine. Les gros poissons italiens ne s'y étaient pas trompés : tant la Juventus que la Lazio avaient flairé le bon coup. Lugano avait donc l'embarras du choix au moment de quitter les rives du Bosphore et ce sont finalement les pétrodollars qataris qui l'auront convaincu. Du haut de ses 30 ans, il devrait rapidement former une charnière centrale explosive avec le talentueux Mamadou Sakho, une fois l'international français remis de sa blessure à la cuisse. Car le grand blond est loin de faire mentir la réputation rugueuse des défenseurs sud-américains. Si sa relance est précise, son placement chirurgical et son jeu de tête dévastateur, le tackle deux pieds en avant à hauteur du genou fait aussi partie de sa panoplie ! Né le 2 décembre 1980 dans le sud de l'Uruguay, El Canario n'y fait pas de vieux os. A 18 ans, il rejoint le Nacional Montevideo, club le plus titré du pays. Ses débuts sont loin d'être prodigieux et il ne participe que très peu aux deux titres remportés par l'équipe. Il part en prêt se faire les dents à Plaza et revient un an plus tard dans la peau d'un titulaire, au point d'attirer le regard des Brésiliens de Sao Paulo. C'est donc chez les Paulistas que sa technique et son tempérament éclatent au grand jour en 2005 aux côtés des Rogerio Ceni, Cicinho et autre Grafite. Auteur d'une saison tonitruante, Sao Paulo remporte tout : le championnat paulista, la Copa Libertadores et la Coupe du Monde des clubs, au détriment de Liverpool. L'Uruguayen brille de mille feux et est élu pour la deuxième fois consécutivement dans l'équipe type du championnat auriverde. Le temps de remporter un championnat du Brésil supplémentaire et l'heure est venue pour Diego " la faucheuse " Lugano de prendre le chemin de l'Europe. En août 2006, il débarque au Fener où il vient de parapher un contrat de quatre ans. Il s'impose dès sa première année comme titulaire indiscutable et ajoute le championnat de Turquie à son palmarès. S'ensuivront quatre années d'une véritable histoire d'amour avec les ultras. Point d'orgue : les quarts de la Ligue des Champions en 2008. Mais le Diego le plus célèbre d'Uruguay après Diego Forlán ne serait pas la star qu'il est au pays sans ses performances sous le maillot national. Et avec son physique, il est particulièrement apprécié de la gent féminine. 8.000 membres sur Facebook rêvent de le voir jouer torse nu. Fin 2004, il fait ses débuts pour la Céleste à l'occasion d'une rencontre de qualification pour la Coupe du Monde 2006 gagné 1-0. Mais l'histoire tourne au vinaigre puisque l'Uruguay est battue par l'Australie lors de l'ultime match de barrage pour accéder au Mondial allemand. Au lendemain du désastre, Lugano porte pour la première fois le brassard de capitaine pour affronter l'Angleterre à Anfield Road alors qu'il ne compte encore que 9 caps. Lors de la Copa America qui suit, l'Uruguay est sorti par le Brésil en demi-finale et Lugano loupe un penalty. Malgré ce contretemps, il reste capitaine et conduit son pays à la Coupe du Monde sud-africaine en inscrivant un but lors des barrages contre le Costa Rica. L'histoire est lancée. La Céleste accède aux demi-finales de la Coupe du Monde après un match épique face au Ghana et rentre quatrième au pays. Une performance de taille qui en appelle rapidement une autre. En août dernier, l'Uruguay triomphe à la Copa America qu'elle remporte en éliminant l'éternel rival argentin sur ses terres en quarts. JULES MONNIER - PHOTO: REPORTERS Le tackle deux pieds en avant à hauteur du genou fait partie de la panoplie de La Faucheuse !