" Il ne faudrait surtout pas croire que Saint-Trond n'avait jamais épaté la galerie en D1 avant de se qualifier avec brio pour les play-offs 1. Même si leurs attaquants n'avaient inscrit que 43 buts (88 pour Anderlecht), les Canaris sont montés sur la deuxième marche du championnat en 1965-66. Champions, les Mauves ont souffert cette année-là entre les vergers du Limbourg. Il faut dire qu'on y tombait souvent dans les pommes car, coaché par Raymond Goethals, Saint-Trond pressait bien, jouait magnifiquement le hors-jeu. Ce n'était pas une équipe...

" Il ne faudrait surtout pas croire que Saint-Trond n'avait jamais épaté la galerie en D1 avant de se qualifier avec brio pour les play-offs 1. Même si leurs attaquants n'avaient inscrit que 43 buts (88 pour Anderlecht), les Canaris sont montés sur la deuxième marche du championnat en 1965-66. Champions, les Mauves ont souffert cette année-là entre les vergers du Limbourg. Il faut dire qu'on y tombait souvent dans les pommes car, coaché par Raymond Goethals, Saint-Trond pressait bien, jouait magnifiquement le hors-jeu. Ce n'était pas une équipe de betteraves mais un de leurs joueurs planait quand même au-dessus du lot : Odilon Polleunis. C'était l'artiste, le meneur de jeu et souvent le finisseur d'une équipe qui mettait le paquet. On l'appelait Lon et, à une époque où on ne parlait pas de l'Arrêt Bosman, ce grand joueur est resté trop longtemps à Saint-Trond. Lon était populaire dans une région où on n'attend jamais le carnaval pour faire la fête. C'était samedi gras tous les 15 jours et Polleunis n'était pas le dernier à se lancer dans une tournée des grands ducs. Il avait le gosier en pente sèche et les supporters l'adoraient aussi pour son sens de la fête. Son père et son oncle ont joué à Saint-Trond et Lon s'identifiait à son Limbourg. Le club ne voulait absolument pas lâcher le Soulier d'Or 1968, international (22 caps, 10 buts dont un hat-trick contre l'Islande de 1968 à 1975). Or, je suis persuadé qu'il aurait brillé dans n'importe quel grand club belge ou même à l'étranger. Il fut de l'aventure du Mundial 70 et de l'Euro 72. Au Mexique, où la discipline fut trop stricte, chaque joueur n'avait droit qu'à une bière par repas. Moi, je n'ai jamais aimé le jus de houblon et je donnais toujours ma bière à Polleunis. Il y avait d'autres amateurs, comme Johan Devrindt, mais Lon était régulièrement le plus rapide pour s'asseoir à côté de moi. En 72, il a sauvé l'honneur des Belges contre l'Allemagne (1-2) lors de la phase finale de l'Euro qui se déroula chez nous. Un an plus tard, Saint-Trond estima qu'il était cuit pour de bon à la suite d'une opération au genou. Les Limbourgeois crurent réaliser une bonne affaire en le refilant au RWDM. Ils se trompaient lourdement... Après s'être cherchés durant une saison, Odilon, Johan Boskamp et leurs petits camarades ont survolé le championnat 1974-75. Et Polleunis assuma un rôle essentiel dans la conquête de ce titre. Lon n'a été champion qu'une fois mais il a quand même signé une belle carrière. A 66 ans, Polleunis reste le plu grand joueur de l'histoire de Saint-Trond. "l né en 1941, heylens fut un excellent back droit (67x diable rouge, équipe d'europe 65, mondial 70 au mexique, 7 titres et 3 coupes de belgique avec anderlecht). coacha une douzaine de clubs (passa 5 ans au losc et fut coach belge 1984 à seraing).propos recueillis par pierre bilic