Ivan De Witte, explique Francky Dury, lui a posé la bonne question au terme de leur entretien d'embauche : était-il prêt à quitter le président de Zulte, Willy Naessens ? " J'ai répondu que oui. Si, ce samedi-là, Willy Naessens m'avait demandé une heure plus tôt si je quittais Zulte Waregem, j'aurais répondu par la négative. Si j'ai accepté la proposition gantoise, c'est parce que le bon club s'est présenté au bon moment, représenté par la bonne personne. Ce faisceau de circonstances m'a incité à relever le défi. En route, j'ai téléphoné à Naessens. Je lui ai dit que si je ne partais pas maintenant, je ne le ferais plus jamais. "
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Ivan De Witte, explique Francky Dury, lui a posé la bonne question au terme de leur entretien d'embauche : était-il prêt à quitter le président de Zulte, Willy Naessens ? " J'ai répondu que oui. Si, ce samedi-là, Willy Naessens m'avait demandé une heure plus tôt si je quittais Zulte Waregem, j'aurais répondu par la négative. Si j'ai accepté la proposition gantoise, c'est parce que le bon club s'est présenté au bon moment, représenté par la bonne personne. Ce faisceau de circonstances m'a incité à relever le défi. En route, j'ai téléphoné à Naessens. Je lui ai dit que si je ne partais pas maintenant, je ne le ferais plus jamais. "Francky Dury : Nous n'avons pas tellement parlé de la Coupe ni de la deuxième place, ce que je trouve très bien. ( NDLR : par la suite, après cette interview, De Witte allait déclarer publiquement qu'il visait le top 5 au minimum) On travaille de manière très professionnelle. Dès le premier jour, j'ai précisé que ce qui était bon le restait. L'essentiel dans un club, c'est l'équipe. D'emblée, je décide de l'itinéraire à emprunter mais il ne faut pas changer pour le plaisir. Tout l'art, quand on arrive dans un club, est d'effectuer un screening et d'accepter ce qui est bien. En route, je placerai mes accents personnels. Mes trois assistants, Manu Ferrera, Renaat Philippaerts et Jacky Munaron, et moi avons des accords bien précis. Je travaille méthodiquement, au sein d'un programme que les joueurs doivent connaître. Avant l'entraînement, j'explique toujours ce que nous allons faire. Si on fait de la pliométrie (NDLR : musculation dynamique pour les jambes à base de sauts, bonds, etc.), il faut dire aux joueurs ce qui suivra. Donc, pour en revenir à votre question, il y aura des changements progressifs mais si chacun avance, il ne faudra pas freiner volontairement l'évolution, par crainte que tout aille trop vite. Je ne débarque pas dans un club qui est 15e mais dans un grand club qui tourne bien et dont les joueurs sont heureux. Mon objectif est qu'ils le restent. Je vais les placer sur le terrain ainsi qu'en matière d'analyse des matches, sans que ce soit une critique à l'égard de mon prédécesseur. Je dois apporter un plus personnel. Je veux varier notre jeu. La saison passée, j'ai affronté Gand à quatre reprises. L'équipe était très forte et l'axe rapide. Le ballon arrivait dans le rectangle par une longue passe. Gand a beaucoup marqué grâce au second ballon. Coulibaly, Lepoint et Cie étaient redoutables dans le rectangle et Gand a terminé deuxième. Il faut donc comprendre que nos adversaires vont sans doute tenter de neutraliser ces aspects de notre jeu. Chacun devra travailler dur pour ambitionner un classement similaire. Nous devons donc varier et améliorer notre jeu de position et notre passing sans penser que tout a bien marché l'année passée et que cela continuera comme ça. L'attente est grande. Tout le club, le staff en tête, doit créer un cadre parfait au sein duquel chacun puisse s'épanouir. Pour moi, le football repose sur un bon timing et une bonne position, à partir desquels on utilise sa technique. En possession du ballon, il faut éviter le duel et en perte de balle, il faut le rechercher. Nous devons pouvoir opérer cette différence. Je prône une transition rapide. C'est ça, le football moderne. Les équipes qui maîtrisent cet art - on l'a d'ailleurs vu au Mondial - sont redoutables. L'Allemagne, le Brésil... Ces grandes formations ont un quatuor défensif d'où les arrières latéraux giclent. Les quatre attaquants sont alignés en 1-3 ou en 2-2, peu importe, mais le losange défensif forme l'organisation, la dorsale. C'est là-dessus que je me focalise : les transitions, un jeu soigné, la pression là où nous le voulons. Nous sommes dans une phase de développement. En quoi excelle cette équipe ? Dans les duels. Nous avons beaucoup de joueurs costauds. L'année dernière, Gand était redoutable dans le rectangle, fort sur le premier ballon mais combien de fois n'a-t-il pas marqué sur le rebond ou sur un ballon repoussé ? L'équipe maîtrise ces aspects et je vais continuer à les exercer mais je veux apporter un autre accent. Si on veut être régulier, il faut être souple, sans s'appuyer sur un seul aspect de son jeu. Voilà. Ce club est très motivé, il est animé par la rage de vaincre. Je le remarque à l'entraînement. La discipline et le professionnalisme sont inouïs. Dans trois ou quatre semaines, nous saurons exactement ce que nous pouvons améliorer par rapport à la saison passée. Je connais presque tous les footballeurs de l'extérieur et je pense que nous pouvons progresser. Quand on est mené 1-0, il faut parfois être capable d'oublier ce qui a été convenu mais je veux justement éviter que nous soyons menés aussi souvent. Il faut attaquer sans perdre son organisation. Nos adversaires seront sublimés. Durant mes cinq premières minutes avec les joueurs, j'ai spécifié que si leur deuxième place constituait une surprise, nous avions un problème mais que, dans le cas contraire, ils recelaient maintes qualités, qu'ils devaient dé-sormais confirmer. Car, selon moi, leur deuxième place n'était pas surprenante. Si chacun réédite les mêmes prestations, en y ajoutant un pourcent, nous serons forts. J'ai des jeunes, des éléments chevronnés mais encore avides de succès, des étrangers qui veulent faire carrière. C'est un bon mix. Nous devons lutter chaque saison pour le top 4 tout en étant performants dans les autres compétitions. Nous verrons. L'année dernière, Anderlecht et Gand ont été les meilleures phalanges mais les défaites contre Lyon et l'AS Rome ne relèvent pas du hasard. On en a tiré les leçons. Le championnat doit rester la base de la saison car c'est lui qui permet de se qualifier pour l'Europe. Cependant, nous serons satisfaits si nous jouons mieux, terminons troisièmes et nous qualifions pour la phase par poules de la coupe d'Europe. Les défis ne manquent pas. Je connais Stijn car nous le suivions quand il jouait au Cercle mais il était impayable. Il déborde de qualités et je suis heureux qu'il ait pu entamer la préparation sans blessure. C'est ça qui compte pour lui : réaliser une préparation complète. Je m'occupe du cadre mais les joueurs doivent également réfléchir. Stijn est à l'aube d'une année décisive pour sa carrière. La presse s'interroge à son sujet mais nous allons y répondre ensemble. Leye s'est épanoui à Zulte Waregem. Il a marqué 14 ou 15 buts, confirmé avec neuf goals la saison suivante avant d'être transféré à Gand. Ici, alors qu'il était habitué à toujours progresser, il s'est parfois retrouvé sur le banc. Mais il a bien géré cette situation, il a réagi positivement. Quand je vois la manière dont il a clôturé la saison, je me dis qu'il a encore franchi un cap. Il est sans doute plus fort mentalement, il mène une vie plus sereine et ne s'attarde plus trop sur les occasions ratées. Or, il sera crucial cette saison de ne plus trop penser à la précédente. Nous allons être confrontés à une situation différente. Pas a priori. Je n'en ai d'ailleurs pas demandé. Je connais Gand, le président et le manager. Ils savent anticiper. Je ne me tracasse donc pas. Durant notre deuxième entretien, nous avons passé le noyau en revue et le président a sorti une belle conclusion : - Trainer, nous ne pouvons pas descendre notre niveau. Nous sommes donc sur la même longueur d'ondes. Lepoint a vu sa saison couronnée par une sélection en équipe nationale et il a marqué. Je lui ai déjà dit que s'il continuait sur sa lancée cette année, il signerait une belle carrière. Non mais faut-il aligner un joueur raffiné à ce poste ? Il est capable de s'infiltrer et il a de la présence dans le rectangle. Citez-moi les joueurs de D1 qui possèdent ces qualités de même que le sens du but. Il est important pour l'équipe. En effet. Pourvu qu'il n'arrive plus rien. Nous verrons si une opportunité se présente. J'ai deux ou trois positions en tête pour lesquelles il faut y réfléchir mais je ne vous les dirai pas. Si vous me demandez, aujourd'hui, si je suis content du groupe que j'ai, je répondrai immédiatement oui. Avec Duarte, qui est en forme, et Skarabot en plus, les positions sont doublées. J'ai toujours procédé ainsi mais nous devrons être souples. On doit pouvoir muer un 4-3-3 en 4-4-2 mais en restant clair. Si je complique les choses, les joueurs ne me comprendront plus. On peut cependant nuancer un 4-3-3, un 4-5-1 ou un 4-2-3-1. Berrier n'était pas un numéro sept à mes yeux, même s'il a beaucoup joué à ce poste, mais il était constamment dans la zone de l'arrière gauche adverse et créait donc beaucoup d'espaces entre les lignes. Je peux demander la même chose à un attaquant. Si je procède avec trois avants et que l'un d'entre eux vient appeler le ballon pendant que les deux autres restent en pointe, nous varions déjà le jeu. Avant le transfert de Yaya Soumahoro, je n'avais pas de numéro onze qui tire du gauche. A priori, El Ghanassy n'est pas un gaucher qui met tous les ballons devant le but. Idem pour Ljubijankic et Leye : ils ont un énorme potentiel mais ne sont pas des ailiers. Ils ne doivent peut-être pas jouer sur le flanc et laisser des brèches à Rosales. Robben, qui joue à droite pour les Pays-Bas, marque aussi du gauche en rentrant dans le jeu. Je peux demander à un attaquant d'adopter la même trajectoire derrière le dos des défenseurs. Ce sont des accents... Avec tout mon respect pour Brouwers, je ne suis pas d'accord. Je n'ai pas un groupe différent. Je m'intéresse beaucoup à la psychologie quand même : comment motiver un groupe, gérer le stress ? Nous avons un avantage : la victoire en Coupe nous a dispensé la principale leçon de team building. Ce fut une soirée inoubliable et je vais continuer à resserrer les liens qui se sont créés. C'est exact et je pense que Michel en était conscient. Quand on obtient le succès par l'émotion, on ne peut plus beaucoup repousser ses limites l'année suivante mais peut-être Michel avait-il des atouts en réserve. Moi aussi, je dois trouver de nouveaux stimuli. J'ai l'avantage de débarquer dans une équipe structurée que nul ne quittera, je l'espère, et je dois la guider jour après jour. Vraiment. Le jour où je ne rayonnerai plus de passion, je permettrai à mes joueurs d'être insatisfaits. par raoul de groote"Si chacun réédite les mêmes prestations, en y ajoutant un pourcent, nous serons forts." "Gand a beaucoup marqué sur des ballons repoussés. Je veux un jeu plus soigné."