" C'est vrai que c'est grâce à ces buts qu'on a commencé à parler de moi. " Intenable dans le rectangle adverse sur les phases arrêtées depuis le début de saison, NoëDussenneest plongé dans le paradoxe du défenseur central : il aura fallu attendre qu'il s'illustre devant le but adverse pour qu'on commence à regarder de plus près comment il défendait le sien.
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" C'est vrai que c'est grâce à ces buts qu'on a commencé à parler de moi. " Intenable dans le rectangle adverse sur les phases arrêtées depuis le début de saison, NoëDussenneest plongé dans le paradoxe du défenseur central : il aura fallu attendre qu'il s'illustre devant le but adverse pour qu'on commence à regarder de plus près comment il défendait le sien. NOË DUSSENNE : Je pense que je commence à avoir l'expérience de la D1. Je m'entraîne mieux aussi, et je connais mieux mon corps. Avant, je ne mangeais pas toujours très sainement par exemple. Pas des frites non plus hein, mais je fais beaucoup plus attention. Je fais la sieste, aussi... Ce sont des petits détails, mais tout ça m'aide à être plus costaud dans les duels et plus concentré dans mes matches. DUSSENNE : Oui, c'est sûr ! Avant, quand je montais sur corner, je me disais que j'allais peut-être pouvoir mettre la tête. Maintenant, je monte en étant déterminé à marquer. C'est tout à fait différent. Et défensivement, j'ai dû travailler sur moi-même pour être plus intransigeant dans mon positionnement. La balle ne peut pas passer, évidemment. Et si elle passe, c'est l'homme qui ne passe pas (il sourit). DUSSENNE : Déjà, je regarde beaucoup de football. Je vois presque tous les matches du championnat. Ça me permet de me créer une image mentale de l'attaquant contre qui je vais jouer. Parce que finalement, ses appels de balle seront souvent les mêmes d'un match à l'autre. Par contre, je ne change rien à ma préparation physique. Je ne fais pas augmenter le volume des séances de muscu pour jouer contre Depoitre ou travailler mes sprints avant d'affronter Cyriac. DUSSENNE : Avec mes qualités dans le jeu aérien, je suis très à l'aise face aux grands gabarits qui jouent en pivot, comme un De Camargo par exemple. Mais quand j'ai tenu Cyriac face à Ostende, ça s'est très bien passé aussi. Quoi qu'il arrive, je dois mettre l'attaquant dans ma poche. Le seul qui est vraiment parvenu à me faire souffrir, c'était Diaby avec Mouscron l'an dernier. DUSSENNE : C'est le genre de situation où tu fais doublement attention. Je ne sais pas s'il était moins en forme ou si c'est moi qui étais plus fort, mais j'ai eu beaucoup moins de difficultés cette fois-ci. C'est agréable, parce que c'est un genre de revanche personnelle. Mais l'an dernier, Mouscron était en pleine bourre quand je les ai affrontés avec le Cercle. Chaque match est un nouveau défi. DUSSENNE : C'est parfois difficile, oui. Mais je sais aussi que si un attaquant me met la misère, quel que soit son nom, tout le monde va parler de mon mauvais match. DUSSENNE : Il faut gagner le premier duel, déjà. C'est le plus important. Tous les défenseurs te le diront : si tu arrives à mettre ton impact physique dans le premier duel, l'attaquant va directement être un peu dérouté. Par contre, si tu le perds, c'est lui qui prend l'avantage. À ce moment-là, il faut être capable d'oublier ce duel et de jouer le suivant comme si c'était le premier. Ce n'est pas un problème pour moi. J'ai connu deux descentes d'affilée en étant très jeune et je suis toujours en D1, je pense que c'est la preuve que je suis fort psychologiquement. DUSSENNE : À Mons, j'ai joué les quinze derniers matches mais je ne pense pas avoir une grande responsabilité. Le début de saison du club avait été catastrophique. Au Cercle, par contre, j'ai tout joué. Après, de là à parler de malédiction... (Il réfléchit) Disons que la presse en a beaucoup parlé alors que d'autres ont fait plus de descentes que moi. Ce n'était pas facile à vivre, mais je sais aussi que ce n'était pas spécialement de ma faute. Si on ne marque pas de but, par exemple, ce n'est pas mon rôle d'aller marquer à tous les matches. DUSSENNE : J'aime bien me projeter vers l'avant. Et quand tu es en pleine confiance, tu oses des choses que tu ne te permettais pas avant. Je sais que j'ai une bonne relance, donc si je peux apporter le ballon plus haut, c'est bon pour l'équipe parce que ça apporte un plus. Quand les défenseurs adverses me voient monter, ils sont peut-être plus attentifs à me marquer s'ils voient qu'un centre va arriver. Du coup, ils laissent un espace supplémentaire pour nos attaquants. DUSSENNE : Bien sûr. Ça me permet de voir le jeu que pratiquent les équipes qu'on va rencontrer dans une ou deux semaines. Il ne faut pas découvrir l'équipe adverse en arrivant au match... Et puis, ça permet aussi d'avoir une idée du niveau de la compétition. DUSSENNE : D'habitude, il y a toujours une ou deux équipes qui se démarquent, que ce soit à l'avant ou à l'arrière du classement. Cette année, ce n'est pas le cas : le niveau est vraiment homogène et tout le monde prend des points. Et puis, il ne faut pas dénigrer notre championnat. Chaque année, on sort plusieurs joueurs qui partent jouer dans de grandes compétitions, et ce sera encore le cas cette année-ci. DUSSENNE : C'est toujours plus difficile pour un défenseur de se mettre en évidence. Parce que la première chose que tu regardes après un match, c'est le nom du joueur qui a marqué. Ensuite tu as les résumés, où tu vois les occasions de buts et donc les attaquants. Les défenseurs, on ne montre que leurs erreurs. Ce n'est pas une belle vitrine pour nous. Mais bon, si tu prestes à un haut niveau tout le temps, il y a des scouts qui viennent aux matches... DUSSENNE : Disons qu'on n'est pas obligé de balancer une chandelle devant quand on a la balle (rires). On sait jouer au pied et on a un triangle au milieu de terrain qui vient souvent nous demander le ballon. C'est beaucoup plus beau d'avoir un jeu posé que des longs ballons. Surtout que devant, on n'a pas un attaquant d'un mètre nonante qui peut garder la balle. Personnellement, je préfère jouer dans ce style-là. DUSSENNE : On répète beaucoup ces phases à l'entraînement, parce que le coach insiste énormément. Du coup, ça devient naturel et ça augmente mon capital confiance. Parce que ce jeu au pied, je l'avais déjà avant, c'est juste que je ne l'exploitais pas aussi bien. Maintenant, il y a beaucoup de mouvement devant moi, donc c'est plus facile pour relancer proprement. Et quand les espaces sont fermés, je sais que je suis capable de mettre une diagonale vers nos ailiers, qui sont souvent libres. DUSSENNE : Je travaille surtout les duels offensifs. Parce que les défensifs, c'est quelque chose d'un peu inné. Sur les dégagements du gardien adverse, je sais comment je dois me placer. Prendre le ballon de la tête à ce moment-là, c'est plutôt ma force. Mais en travaillant l'un, je travaille aussi l'autre puisque dans les deux cas, ton timing doit être bon. PAR GUILLAUME GAUTIER - PHOTOS BELGAIMAGE" Le jeu au pied, je l'avais déjà avant. Mais je ne l'exploitais pas bien. " NOË DUSSENNE