A Gand, le sort de Franck Boeckx (25 ans) semblait scellé depuis que, la saison dernière, il avait commis quelques bourdes flagrantes contre le Standard. Francky Dury avait envoyé Sébastien Bruzzese s'échauffer en première mi-temps. Ensuite, Sergio Padt est arrivé des Pays-Bas avec un gros retard de préparation, Bruzzese n'a pas été convaincant pendant la préparation, Bojan Jorgacevic s'est blessé et Boeckx a retrouvé la cage. A la fin de la campagne de transfert, Jorgacevic a retrouvé sa place et Boeckx le banc (sauf en Coupe de Belgique)... jusqu'à ce que le Club Bruges se manifeste.
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A Gand, le sort de Franck Boeckx (25 ans) semblait scellé depuis que, la saison dernière, il avait commis quelques bourdes flagrantes contre le Standard. Francky Dury avait envoyé Sébastien Bruzzese s'échauffer en première mi-temps. Ensuite, Sergio Padt est arrivé des Pays-Bas avec un gros retard de préparation, Bruzzese n'a pas été convaincant pendant la préparation, Bojan Jorgacevic s'est blessé et Boeckx a retrouvé la cage. A la fin de la campagne de transfert, Jorgacevic a retrouvé sa place et Boeckx le banc (sauf en Coupe de Belgique)... jusqu'à ce que le Club Bruges se manifeste. Frank Boeckx : Je pense avoir fait mes preuves. La direction a déclaré vouloir oublier rapidement Jorgacevic, ajoutant que Padt avait du talent. Il n'a pas encore vraiment reçu sa chance mais moi aussi, j'ai dû patienter, en travaillant d'arrache-pied. Je mets tout en £uvre pour conserver cette position, même si je ne jouis pas encore de la confiance totale du club. Frank Boeckx : Un gardien doit avoir plus de patience qu'un joueur de champ. Il est rare d'être titulaire à 18 ans comme Thibaut Courtois. Je l'ai été un moment mais j'ai été surpassé par Simon Mignolet. Ensuite, j'ai rejoint Gand, une formation plus cotée, au sein de laquelle mes chances de m'imposer étaient fatalement moindres. Je ne suis qu'en début de carrière. Certains jugent que j'ai attendu deux ou trois ans de trop mais j'ai suivi mon instinct. Mes amis et ma famille pensent que pour apprendre, il faut jouer mais une grande équipe vous sanctionne quand vous commettez des erreurs. Je l'ai expérimenté la saison passée alors que je n'ai disputé qu'un seul mauvais match. Maintenant, il m'appartient de saisir ma chance et de rester dix ans dans le but, comme Frédéric Herpoel. C'est une étape logique. Au Lierse, Marcel Vets a joué un rôle important. A huit ans, je me suis retrouvé dans le but mais il m'a expliqué qu'un gardien était en fait un libéro et que je devais participer aux entraînements avec le groupe. A l'issue de l'entraînement, il dispensait une séance aux joueurs en qui il croyait. Jurgen Cavens en faisait partie. Un gaucher devait répéter mille fois un exercice du pied droit. Par exemple, laisser rebondir un ballon au petit rectangle puis tirer. Moi, je devais courir une demi-heure, ayant tendance à grossir. J'ai appris qu'il faut toujours en faire plus que ce qu'on demande même si au début, je l'ai ressenti comme une punition. Imaginez-vous : vous avez 12 ans, les autres sont à la cantine et jouent au flipper pendant que vous courez... Non, je suis calculateur. Si je ne suis pas sûr de ce que je fais, je préfère envoyer le ballon dans la tribune. J'ai trouvé le bon équilibre. A l'entraînement, c'est différent : je ne dégage pas au loin et je commets parfois des erreurs mais j'en tire les leçons, même si ceux qui font partie de mon camp enragent. J'essaie de trouver des solutions à employer en match. Tim Smolders et moi avons eu une discussion à ce sujet l'année dernière, d'ailleurs. Si je ne peux plus rire, je cesse de vivre, je crois. Il m'est arrivé de ne pas avoir envie de me rendre à l'entraînement, sachant que je n'étais que le troisième ou quatrième choix. Après ce fameux match contre le Standard, je n'ai quand même pas tardé à retrouver le sourire. Je suis capable de relativiser les bonnes et les mauvaises choses. J'ai compris que l'attention dont je peux jouir après un bon match n'est qu'un instantané. Gand m'a protégé de la presse, après ce match. J'ai compris pourquoi par la suite. Il valait mieux me taire, puisque j'allais quand même me retrouver sur le banc ou dans la tribune. Passer de numéro un à numéro trois, c'est dur. J'ai eu le mérite de continuer à travailler. Dury m'a fourni une explication avec laquelle je n'étais pas d'accord mais je n'ai pas eu voix au chapitre. Il m'a dit que je restais sur plusieurs matches médiocres. Trond Sollied, lui, m'a immédiatement fait confiance. Il s'occupe de football, pas de ce qu'on peut faire ou non. Si Yassine El Ghanassy a envie de jouer avec des chaussures fluo, c'est son problème. So be it.Je suis très ambitieux mais il ne faut pas le répéter. Mieux vaut se taire et agir. Je n'ai besoin que de la confiance que je puise en moi-même, bien qu'il soit chouette de se sentir soutenu. Je ne demande pas le respect des autres : je dois le forcer. Le football n'est pas tout dans la vie... A 18 ans, mon père était un gardien talentueux mais il s'est fracturé le bras et n'a plus joué. Je suis des cours de cuisine le soir pour avoir un diplôme. Je ne veux pas seulement être considéré comme un footballeur, surtout que l'étiquette d'un gardien est pire que celle d'un joueur de champ ! Quand il joue le dimanche à domicile, nous allons le voir en bande. Cela fait plaisir à son club. Nous buvons une bière puis nous rentrons. C'est comme ça que je meuble mon week-end. J'ai eu un accident à Saint-Trond, je ne le nie pas. Cela a peut-être donné une mauvaise image de moi mais j'en ai tiré des leçons. N'est-ce pas l'essentiel ? Notre bande supporte l'Uruguay. La Belgique n'étant pas qualifiée pour le Mondial, nous avons regardé sur Unibet le pays le moins bien coté afin de le supporter. Nous avons tous acheté un maillot pour assister au match diffusé sur écran géant à Gand. L'Uruguay a terminé troisième puis a gagné la Copa America il y a quelques mois ! Il ne vit que de beaux moments depuis le Mondial. Il a battu l'Italie quand la Belgique jouait contre la France. Jelle et moi avons suivi le match des Diables Rouges à la télé et celui d'Italie-Uruguay grâce à l'ordinateur. Mes copains ont fondé une fédération de supporters belges de l'Uruguay sur Facebook. Un mauvais match : 0-0 contre Swansea, une rencontre dénuée d'occasions et d'ambiance. Je n'ai pas encore souvent eu la chair de poule dans un stade, si ce n'est en finale de la Coupe avec Gand, en entendant 45.000 personnes chanter de tout leur c£ur " You'll never walk alone ". Il nous a dit bonjour pendant l'échauffement puis nous l'avons laissé tranquille. C'est lui qui nous a invités. César Arzo nous a accompagnés car il a joué avec lui à Villarreal. Il nous a donné des places au point de corner où il s'échauffe. Une chouette expérience. J'ai toujours été supporter de Liverpool et Reina est le gardien parfait, à mes yeux : il m'inspire. J'ai appelé mon chien Reina - reine en espagnol. Il est brillant sur les hauts ballons et sa transition est fantastique. Il est capable de relancer le jeu du sol ou des mains. Il n'est pas longiligne mais athlétique et explosif, costaud. ... El Gordito... C'est peut-être pour ça que je l'aime bien ! Pas pour son style mais parce que, comme moi, il a longtemps patienté avant de recevoir et de saisir sa chance. Il est travailleur. Il a vécu dans l'ombre de Butina et de Verlinden mais ensuite, il n'a plus quitté le but jusqu'à l'affaire. Certains ont besoin de plus de temps que d'autres pour s'imposer. J'ai pourtant expliqué en quoi il était un modèle mais bon, on retire parfois les choses de leur contexte. Il est de ceux qui m'ont envoyé un SMS après ce match au Standard : - N'oublie pas que tu joueras encore demain. Il était lui-même dans la mouise mais il a eu le courage de m'envoyer un mot d'encouragement. Il reste donc un modèle, sur certains aspects. Aucun gardien n'intercepte un penalty bien botté. Les Brugeois en ont envoyé trois au milieu. Il suffisait donc de rester sur place pour les arrêter. Au Beerschot, quand Kagelmacher, un excellent joueur uruguayen par ailleurs, s'est approché du point de penalty, Yassine m'a conseillé de ne pas bouger car il a l'habitude de tirer au centre. J'ai plongé à droite et il a effectivement tiré tout droit. J'ai trouvé la phrase sur Twitter. Ma devise est plutôt : -Dirige, suit ou dégage. On peut toujours devenir un leader mais je ne le suis pas de nature. Je n'ai encore jamais vu d'officier plaisanter avec ses soldats. Je suis plutôt un suiveur. Je ferais tout pour soutenir un bon leader. Je m'entends bien avec Arzo. Melli et lui sont des défenseurs qui osent anticiper et avancer. Moi, je pense être capable de combler les brèches qu'ils laissent. Achever la saison à mon poste. C'est ma première ambition. PAR RAOUL DE GROOTE " C'est à moi de saisir ma chance et de défendre le but dix ans, comme Herpoel. "" Je ne suis pas qu'un footballeur, je suis aussi un être humain. "