Les petits papiers de Régine Dubois : un rendez-vous tonique et sympa sur Vivacité. L'animatrice reçoit des personnalités de la chanson, du cinéma, de la littérature, leur soumet des thèmes et des noms inscrits sur ses petits papiers, ils y donnent leur éclairage, leurs commentaires. Le Montois Thomas Chatelle (32 ans, champion avec Genk et Anderlecht, 3 matches avec les Diables, au chômage entre mai et novembre 2012) s'est prêté au même jeu. C'est parti, il déplie les papelards, Tom Tom live.
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Les petits papiers de Régine Dubois : un rendez-vous tonique et sympa sur Vivacité. L'animatrice reçoit des personnalités de la chanson, du cinéma, de la littérature, leur soumet des thèmes et des noms inscrits sur ses petits papiers, ils y donnent leur éclairage, leurs commentaires. Le Montois Thomas Chatelle (32 ans, champion avec Genk et Anderlecht, 3 matches avec les Diables, au chômage entre mai et novembre 2012) s'est prêté au même jeu. C'est parti, il déplie les papelards, Tom Tom live. PAPIER : Chatelle vite dans le coup avec Mons après six mois d'arrêt." Ce n'était pas illogique parce que j'avais énormément bossé pendant ma période sans club. Je ne voulais pas faire les choses à moitié. Dans ma tête, c'était clair : ma carrière ne pouvait pas s'achever aussi subitement après la fin de mon contrat à Anderlecht. J'avais encore du jus. Mais travailler dur, tout seul, sans avoir d'objectif précis, ça n'a pas été simple. Surtout quand les années défilent. J'ai subi quatre grosses opérations, je suis chaque fois revenu en travaillant beaucoup pendant plusieurs mois. Mais l'année dernière, c'était particulièrement compliqué. Je n'aurais sans doute plus été capable, mentalement, de continuer encore longtemps si je n'avais pas retrouvé du boulot. Un jour, j'aurais conclu que ça ne servait à rien de m'accrocher. Quand j'ai signé mon contrat à Mons, ça a été un moment important de mon parcours parce que je me suis à nouveau senti important. " PAPIER : Play-offs, on se plaint mais on continue." Je suis peut-être un cas unique dans le football belge puisque j'ai connu les trois play-offs. Les PO1 avec Anderlecht, les PO3 avec Saint-Trond, puis les PO2 avec Mons. Je pense que je suis bien placé pour juger la formule, et pour moi, elle reste mauvaise ! Tout est fait en fonction des play-offs 1, les autres mini-championnats sont complètement dérisoires. Devoir se farcir cinq Westerlo - Saint-Trond en très peu de temps, c'est quelque chose ! Il y a un gros problème de motivation. Idem dans les play-offs 2. Avec Mons, nous avions terminé à une super septième place mais on a remis les compteurs à zéro pour les PO et nous avons été battus par La Gantoise qui avait complètement raté son championnat mais s'est quand même retrouvée en finale parce qu'elle avait le noyau pour le faire. Où est la logique ? Où est l'équité sportive ? Je ne suis même pas sûr que les joueurs qui disputent chaque année les play-offs 1 soient en majorité favorables au système. En tout cas, je l'ai constaté à Anderlecht ! Là-bas, on a toujours autant de mal à se remotiver après avoir perdu la moitié des points conquis à grands coups de sueur... En mars, il faut relancer la machine alors que les organismes sont fatigués. " PAPIER : Anderlecht sans Biglia, Jovanovic et Mbokani. " Une nouvelle ère commence, on va voir comment ils vont se reconstruire. J'entends qu'Anderlecht va jouer la carte jeunes mais je suis curieux de voir s'ils se donneront du temps. Est-ce que les jeunes sur lesquels ils misent sont déjà prêts pour le top ? Est-ce qu'ils supporteront la pression ? Est-ce que Dennis Praet et Massimo Bruno arriveront à confirmer leur bonne... partie de saison ? J'ai des doutes sur tout ça. Pour John van den Brom, ça va être un gros challenge. Avec les départs de Lucas Biglia, Milan Jovanovic et Dieumerci Mbokani, il perd énormément d'expérience. Qui prendra le relais ? Sacha Kljestan peut gérer une partie des choses. Olivier Deschacht est une figure emblématique et exerce son influence mais à sa manière : discrètement, dans l'ombre. Pour moi, le nouveau patron du vestiaire est clairement Silvio Proto. " PAPIER : Dury et un flirt avec Lille. " Il y a peu de séparations qui se passent bien en foot, c'est comme dans un couple. Souvent, une des deux parties se sent un peu flouée : le joueur ou le club. Les événements récents à Zulte Waregem illustrent bien la situation. Francky Dury était censé rester mais il n'a pas pu s'empêcher d'écouter les gens de Lille. Et c'est humain. Tu donnes énormément et il est logique que tu vises le plus haut possible. Je comprends qu'il ait été intéressé par le championnat de France. Mais alors, il doit aussi accepter que certains joueurs aient le même raisonnement que lui, cherchent à aller le plus loin possible. Donc, Dury ne peut pas en vouloir à Junior Malanda qui a envie de bouger, de jouer dans un plus grand club. Mais tout est dans la manière : si le joueur va tout de suite au bras de fer, il y a un problème. On n'a pas non plus tous les droits !" PAPIER : Mons en play-offs 1. " Le club est à un tournant de son histoire. Pour la première fois, l'objectif ne se limite plus à une saison tranquille. Je le ressens dans les discours. C'est sain mais ce sera très compliqué à réaliser. Pour arriver en PO1, il faut de la quantité et de la qualité dans le noyau. Et cette nouvelle concurrence, elle doit se gérer. Il y aura aussi une nouvelle pression. Et sans doute une autre approche de la part des adversaires. La saison dernière, nous avons clairement bénéficié de notre étiquette de petit poucet et d'un effet de surprise. Ça va changer, vu le parcours que nous avons fait. Des entraîneurs imagineront certainement un plan bien précis pour nous contrer. " PAPIER : Tondreau, morne plaine." Quand tu joues un match de PO2 devant 2.000 personnes, tu dois chercher ta motivation ailleurs que dans la communion avec le public ! Mais j'y étais préparé après mon passage à Saint-Trond où c'était plutôt morose pendant les PO3. Un match devient directement différent quand on se sent soutenu, poussé. J'ai connu ça à Genk et à Anderlecht. Maintenant, ça peut aussi être une arme à double tranchant, ça peut se retourner contre les joueurs quand ça va mal. A Anderlecht, il y a eu des périodes où on préférait jouer en déplacement. Les gens pouvaient se mettre à siffler après trente secondes si on faisait une passe en retrait, ce n'était pas agréable. Je pense parfois aux joueurs du Standard, où c'est multiplié par cinq, dans les deux sens. Quand ça va bien, c'est fantastique, mais quand l'équipe ne tourne pas, les joueurs craignent parfois pour leur intégrité physique. " PAPIER : Marc Wilmots." La bonne personne au bon endroit, au bon moment. La Belgique n'aura peut-être plus jamais une telle collection de grands talents dans la même période. Donc, il faut viser haut, et tout de suite. On ne doit pas parler d'objectifs pour après le Brésil mais ambitionner quelque chose de grand dès cette Coupe du Monde. " PAPIER : Vanden Borre, le gâchis de la décennie. " Il peut s'estimer heureux d'avoir reçu une nouvelle chance à Anderlecht. Peu de joueurs ont eu autant de perches tendues et ça s'explique sûrement par le fait qu'il a un talent rare. J'espère pour lui qu'il s'en rend compte, et que cette chance-ci, il va vraiment la saisir. S'il revient à son meilleur niveau, il peut être le chaînon manquant de l'équipe nationale, notre nouveau back droit. " PAPIER : Iakovenko dans le Calcio, et moi, et moi, et moi ?" Oui, nous avons des points communs : Genk, Anderlecht, des caractéristiques typiques de joueurs de flanc. Et comme moi, il a eu du mal à s'imposer dans la durée à Anderlecht. Il a rencontré les mêmes problèmes que moi avec Ariel Jacobs. C'est étonnant qu'il obtienne un transfert dans un club du niveau de la Fiorentina alors qu'il n'a jamais su sortir de son rôle de joker au Sporting. Mais moi aussi, j'aurais pu signer en Italie ! A 19 ans, j'ai reçu une proposition de Brescia. Le club était en D2 mais avait des grandes ambitions et il les a d'ailleurs réalisées. J'ai passé un week-end sur place, puis au dernier moment, j'ai préféré signer à Genk où je pouvais retrouver Johan Boskamp, qui m'avait entraîné à Gand à mes débuts pros. Je trouvais que c'était un choix plus intelligent pour mon évolution. " PAPIER : Le match de ma vie." Sans hésiter, c'est le seizième de finale d'Europa League avec Anderlecht à Bordeaux. Je venais d'arriver, en janvier. Anderlecht sortait d'un premier tour compliqué en championnat, l'équipe se cherchait. J'ai marqué à Bordeaux et permis au Sporting de se qualifier. En fin de saison, j'ai à nouveau été décisif en finale de la Coupe de Belgique contre Gand. Je pensais que j'étais lancé, que j'allais devenir un pion important de cette équipe. Mais tout a basculé dès l'été. J'ai joué le match aller contre Borisov en éliminatoires de la Ligue des Champions, on a perdu chez nous, je me suis retrouvé sur le banc pour le match retour puis je n'ai plus jamais retrouvé la confiance totale d'Ariel Jacobs. Borisov restera un des pires souvenirs de ma carrière. " PAPIER : La griffe Scifo. " Vu son passé de joueur, il a énormément de crédibilité aux yeux du groupe, il parvient facilement à convaincre et à se faire respecter. Il est très fort pour influencer un joueur, pour l'amener à faire ce qu'il attend de lui. Et il perçoit très vite ce qui se passe dans les têtes, ce qui lui permet par exemple de piquer au bon endroit s'il estime que c'est nécessaire. Il l'a montré l'année passée avec Jérémy Perbet. Il l'a touché dans son orgueil, c'était la bonne approche, la suite l'a montré. " PAPIER : Famille des Rouches. " Le Standard reste un club à part, et ce qu'on y voit aujourd'hui, je trouve que c'est beau ! Une telle effervescence autour d'une équipe de foot, voir des supporters qui arrivent à faire bouger les choses à ce point-là, c'est bien. Et c'est sain. La preuve qu'un club, c'est avant tout ses fans. Il y a des limites, évidemment. Les tags sur les murs du stade, l'entrée de force dans le bureau de Roland Duchâtelet, c'est trop. Malheureusement, comme dans toutes les actions de protestation ou les révolutions, ce sont parfois les débordements qui permettent de faire bouger les choses. A un autre niveau, on vient encore de le voir en Egypte. La situation politique a changé à partir du moment où il y a eu des morts. " PAPIER : Coaches hollandais. " J'ai découvert la façon de travailler des Hollandais avec Johan Boskamp à Gand, plus tard j'ai été champion à Genk avec Sef Vergoossen, puis j'ai retrouvé un coach de ce pays, Wiljan Vloet, pendant mon année à Nimègue. Il y a une constante chez eux, une marque de fabrique : ils sont très sûrs d'eux. Et ils ont une vision précise. Le résultat est important, mais la manière l'est tout autant. Parfois, on a l'impression qu'ils ont inventé le foot. C'est une force parce que leur confiance déteint sur les joueurs. Etre têtu, c'est une qualité dans ce métier. Le revers, c'est que ça les empêche parfois de se remettre en question, de s'adapter. " PAPIER : Adieu Jules Otten." L'ancien stade de Gand restera un monument de ma carrière. J'y ai découvert la D1 à 17 ans, j'étais encore en humanités, et quelques semaines avant, je ne rêvais même pas de devenir professionnel, ça me semblait inaccessible. J'ai découvert un milieu que je ne connaissais pas, j'étais comme un gosse. Marc Degryse était une de mes idoles quand j'allais voir les matches d'Anderlecht, et subitement, je me suis retrouvé à côté de lui dans le vestiaire. C'était la grande époque de Gand avec Frédéric Herpoel, Cédric Roussel, Ivica Dragutinovic, Ole-Martin Aarst,... Ce stade restera aussi un repère de mon parcours à cause de l'agression de Stephen Laybutt, quand je jouais pour Genk. Un de mes pires moments de footballeur. Grosse frayeur, grosse douleur, grosse opération, grosse rééducation. Il m'a fallu plus de huit mois pour revenir sur les terrains, j'ai beaucoup douté, je me suis demandé si je pourrais rejouer. Quand j'ai repris, je boitais encore. Finalement, j'ai eu besoin d'un an pour récupérer entièrement. " PAPIER : 7 entraîneurs étrangers en D1. " Autant les Hollandais croient en eux, autant les dirigeants belges n'ont pas confiance en ce qu'ils peuvent trouver ici. La vague hollandaise revient, il y a aussi la nouvelle mode espagnole, à Bruges et à Gand. Ce sont deux choix que je n'ai pas du tout compris. Quand tu es dans une situation délicate, tu as besoin de personnes qui connaissent notre D1, qui connaissent éventuellement un peu le noyau. Ces découvertes-là demandent du temps. Alors que la saison passée, Bruges et Gand n'avaient pas du tout le temps, il fallait redresser la barre très vite. Je ne dis pas que Juan Carlos Garrido et Victor Fernandez sont des mauvais entraîneurs mais ils devaient tout découvrir, tout comprendre en arrivant. Ils n'ont pas fait tout de suite des résultats, ce n'est pas étonnant. Aujourd'hui, c'est le Standard qui confie son noyau à un coach qui ne sait rien de notre championnat. J'ai aussi du mal à comprendre. Dans toutes ces transactions, il faut voir le pouvoir sans cesse grandissant des agents. " ?PAR PIERRE DANVOYE - PHOTOS : IMAGEGLOBE" La révolution rouche, c'est beau. Le Standard reste un club pas comme les autres. "