L'évolution de Pedro sur le terrain est évidente. Celui que l'on critiquait parfois parce que sa seule qualité était son sens du but, s'est converti en un footballeur complet et équilibré. Il court, chasse le ballon, effectue le pressing, adresse des passes décisives, se rend disponible, vole des ballons à l'adversaire. Tout cela avec une grande intensité et toujours au moment adéquat.
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L'évolution de Pedro sur le terrain est évidente. Celui que l'on critiquait parfois parce que sa seule qualité était son sens du but, s'est converti en un footballeur complet et équilibré. Il court, chasse le ballon, effectue le pressing, adresse des passes décisives, se rend disponible, vole des ballons à l'adversaire. Tout cela avec une grande intensité et toujours au moment adéquat. Le joueur des îles Canaries n'a pas seulement évolué comme footballeur. Pedrito, comme on l'appelait à ses débuts, était un garçon d'une grande timidité, qui semblait presque gêné lorsqu'il se mettait en évidence. Les journalistes devaient lui arracher les mots de la bouche. Le titre de champion du monde, conquis l'an passé en Afrique du Sud, a fait de lui un autre homme. Pedro a su affirmer sa personnalité, a pris confiance en ses moyens tout en conservant sa principale caractéristique : l'humilité. Pedro : Je suis arrivé très jeune à Barcelone. D'une certaine manière, cette timidité peut s'expliquer. Ce n'est pas facile de débarquer dans une autre ville, d'entendre parler le catalan, de devoir s'adapter à une philosophie de jeu très particulière. Il faut du temps pour s'adapter, et encore davantage dans le cas d'un insulaire habitué à un certain isolement. Je me suis épanoui au fur et à mesure que j'ai appris à connaître mes partenaires et mon nouvel entourage. C'est possible. Dès mon arrivée, j'ai été très bien accueilli. Tout le monde, des coéquipiers à l'entraîneur, s'est efforcé à me mettre à l'aise. Après, j'ai voulu leur rendre la confiance qu'ils m'avaient donnée en travaillant et en me mettant au service de l'équipe. J'ai progressé. Au contact des meilleurs joueurs du monde, on apprend. Aujourd'hui, je pense que j'éprouverais des difficultés à m'adapter à un autre système ou à un autre club, car je me suis familiarisé à cette philosophie très particulière du Barça. Il y a deux ans, lorsque j'ai commencé à recevoir du temps de jeu que j'ai mis à profit pour inscrire des buts importants. Cela m'a donné confiance. Lorsque je jouais avec l'équipe C, une équipe très jeune. On perdait quasiment tous nos matches. Je me souviens d'une série de 15 ou 16 rencontres d'affilée sans victoire. Lorsqu'on porte le maillot du Barça, c'est dur. Je ne pense pas que, dans le monde du football, on fasse beaucoup de cadeaux. En effet. Il adore le football. Et pour lui, qui a dû travailler dur toute sa vie pour gagner un peu d'argent, c'est une sensation incroyable de voir son fils aux côtés des meilleurs du monde. Ce sentiment est partagé par toute la famille. La vie a changé pour eux. Aujourd'hui, tout le monde les connaît, on leur parle de moi. Beaucoup de gens viennent à la station pour discuter avec mon père, pour passer un moment. Cela ne le dérange pas, au contraire. Il y a quelques souvenirs de moi dans la station-service. Les gens de Ténérife sont heureux de ma réussite. Tout à fait. Je lui dois énormément. J'espère qu'il restera encore de longues années à Barcelone. Sans lui, qui sait ce qu'il serait advenu de ma carrière ? Le chemin pour arriver au sommet est long et semé d'embûches. On ne peut jamais se relâcher. Il faut aussi avoir la chance de tomber sur le bon entraîneur au bon moment. Tout à fait. Beaucoup de joueurs du noyau B ont atteint l'équipe Première, mais n'y ont été que des météores. Arriver en Liga n'est pas une fin en soi, il faut perpétuellement se remettre en question. Bojan est un grand joueur. Il est encore très jeune. Le voilà maintenant à l'AS Rome. J'espère qu'il réussira. Il est incroyable, c'est le meilleur du monde. On prétend que j'ai le sens du but, mais il inscrit encore beaucoup plus de buts que moi. C'est très compliqué de rivaliser avec lui, mais c'est un honneur de jouer à ses côtés. Quand on apporte quelque chose à l'équipe, on est forcément apprécié. Je me suis fondu dans le collectif, j'ai bâti des automatismes avec mes partenaires et j'ai été de plus en plus impliqué dans la construction du jeu. En certaines occasions, on a effectivement porté notre niveau de jeu à une hauteur rarement atteinte. A la fois grâce à la qualité des joueurs présents sur la pelouse et à la manière dont on a abordé les matches. J'espère qu'on pourra garder ce niveau encore longtemps. Pour tout dire, ma sélection m'a un peu surpris. L'équipe s'était formée sans moi durant les années antérieures et elle venait de remporter le Championnat d'Europe. On dit qu'on ne change pas une équipe qui gagne. Au fil du temps, des rumeurs de plus en plus persistantes ont fait état du fait que je pourrais malgré tout prendre le train en marche. Je n'en ai eu la confirmation que lorsque Vicente Del Bosque a dévoilé la liste. L'émotion s'est alors mêlée à la surprise. Je savais qu'au sein d'une équipe déjà rôdée, il me serait difficile de revendiquer un rôle de titulaire dès le départ, mais j'étais déjà heureux d'être là. Il m'a toujours beaucoup parlé lors des entraînements. J'ai toujours senti qu'il me faisait confiance et qu'il était susceptible, à tout moment, de miser sur moi comme sur d'autres joueurs. Ce fut le cas en demi-finale et en finale. Si, un peu quand même. Jouer une finale de Coupe du Monde, ce n'est pas rien. On ressent forcément beaucoup de tension et d'émotion, un peu d'anxiété aussi. Mais lorsque le coup d'envoi est donné, on oublie tout et on se concentre sur le jeu. Ce n'est pas un question de complexes, plutôt de routine. J'avais déjà une certaine expérience des grands matches, en Ligue des Champions notamment, mais une Coupe du Monde, c'est encore autre chose. J'ai ressenti la confiance de tous et cela m'a aidé à me libérer. En demi-finale, j'ai livré l'une de mes prestations les plus complètes. J'avais la sensation de pouvoir réussir tout ce que j'entreprenais. Cette Coupe du Monde fut une expérience qu'aucun membre de la sélection n'oubliera jamais. L'Afrique du Sud restera à jamais gravée dans nos mémoires, pour tout ce que cela a signifié, pour tout ce que nous avons vécu ensemble. Je ne suis pas rassasié. J'espère encore remporter de nombreux trophées, améliorer mon jeu et rester longtemps à Barcelone. Ce n'est pas gagné d'avance : une mauvaise saison et vous êtes oublié. Difficile à dire. Le Real Madrid est une grande équipe, mais même pour tout l'or du monde, je ne partirai jamais pour défendre ses couleurs. Après tout ce que j'ai vécu à Barcelone, tous les trophées que j'ai remportés avec ce club, je me sens Catalan. Je ne pense pas pouvoir trahir mes couleurs actuelles. PAR DANIEL DEVOS, ALFREDO MARTINEZ ET CESAR SANCHEZ (ESM)" Arriver en Liga n'est pas une fin en soi. Une mauvaise saison et vous êtes oublié. "