Espoir de l'Année, Koen Daerden a acquis de l'expérience en une saison. Il a participé à la Ligue des Champions et il fait désormais partie du noyau des Diables.
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Espoir de l'Année, Koen Daerden a acquis de l'expérience en une saison. Il a participé à la Ligue des Champions et il fait désormais partie du noyau des Diables. Koen Daerden : Avant, on aurait estimé que prendre quatre unités face au Real, à l'AEK Athènes et à l'AS Rome, ce n'était pas si mal, mais nous avons le sentiment de n'avoir pas montré tout ce dont nous étions capables. Nous n'avons pas eu ce brin de chance qui nous a accompagnés la saison passée en championnat. Avec lui, nous avions une chance d'atteindre le deuxième tour car nous n'avons vraiment été dominés qu'une mi-temps, par le Real. J'aime bien ce rythme de deux matches par semaine: il vous oblige à vous concentrer immédiatement sur un autre objectif, même si ce n'est pas toujours évident. Le mardi, on affronte le Real, le samedi Virton, en Coupe de Belgique. Chaque fois, il faut s'adapter au changement de niveau. Comme l'entraîneur le rappelle, on accepte une erreur contre Madrid, on vous applaudit même, parfois. Mais contre Virton, une faute est synonyme de huées. Même si nous jouons de la même façon, les gens modifient leur jugement en fonction de l'adversaire. On s'est demandé si Genk ne devait pas se départir de son 4-4-2 en Coupe d'Europe, si Skoko ne devait pas monter d'un cran, grâce au soutien de deux médians défensifs. Qu'en pensez-vous?En Ligue des Champions, c'est clair: il faut défendre beaucoup plus. On veut monter mais on est repoussé. Combler sans cesse de grandes distances finit par peser et les deux attaquants se retrouvent esseulés. C'est un choix. Au Real, contre Figo, je me retrouvais souvent avec Akram Roumani en couverture. A Rome, contre Cafu, qui entraînait Tommasi, il était vital de soutenir Akram. Dans ce cas, on ne peut se vouer constamment à l'attaque. Il faut être réaliste: quand ça ne va pas, il faut envoyer un homme dans l'entrejeu. En seconde mi-temps contre Westerlo, ainsi, Josip Skoko était derrière les deux avants et Seyfo Solley aux côtés de Bernd Thijs, ce qui a accentué la pression sur la défense campinoise et empêché l'adversaire de sortir. Mirsad Beslija et moi pouvons évoluer plus haut, dans ce cas, ce qui est important aussi. Quand tout est verrouillé, il faut assouplir le système. Nous disons que nous jouons en 4-4-2 mais, souvent, c'est un 4-2-4 ou un 4-5-1, voire un 5-4-1, quand, en Ligue des Champions, nous avons dû nous replier. Si chacun accomplit sa tâche, nous pouvons réussir quelque chose contre n'importe qui. Sinon, nous sommes fragiles."On garde le même système"L'entraîneur a dit que modifier le système serait injuste vis-à-vis de certains joueurs. La saison passée, cette vision nous a permis d'aller loin. Pourquoi ne serait-ce plus possible? Mais les lignes doivent être serrées. Les deux attaquants doivent aider Josip et Bernd contre Simons. Quand l'un de ceux-ci presse l'adversaire, la dernière ligne doit se rapprocher, afin que Didier Zokora ou Igor Tomasic puissent placer Stoica ou Englebert sous pression -pour prendre cet exemple. Ce ne fut pas le cas en première mi-temps et nous avons trop souvent effectué les mauvais choix, octroyant trop de liberté à Bruges. La saison passée, l'entraîneur avait dit à Mirsad, Thomas Chatelle et moi que nous ne devions plus rejoindre l'axe comme Boskamp le voulait: en perte de balle, nous étions au milieu, ce qui laissait l'arrière droit libre. Si celui-ci obtenait le ballon, je devais piquer un sprint à gauche et je passais mon temps à courir en triangle. J'occupe maintenant une position intermédiaire, afin de garder mon homme à l'oeil. Mais à Bruges, ça n'a pas toujours bien marché. Sur le but de De Cock, j'arrive trop tard sur Stoica. La saison passée, Franky Vercauteren a déclaré que vous étiez en mesure d'assumer le flanc seul en 3-5-2.Tout dépend de la façon dont vous voyez les choses: en 3-5-2, il est important que les trois défenseurs gèrent l'arrière droit et gauche, comme du temps de Hasi et Delbroek. J'ai été constamment sur le flanc en Ligue des Champions en 4-4-2. Je ne pense pas que ça constituerait un problème. Cependant, dans cette épreuve, on a moins l'occasion d'attaquer, ce que j'aime. Je suis satisfait de mes prestations. "Goor est meilleur"Non, je ne trouve pas. Il est facile de dire: défensivement, c'était OK, dommage que ça n'allait pas mieux offensivement. Avec de pareils raisonnements, on ne va pas loin dans la vie. L'entraîneur a quand même raison de dire que j'ai mûri. L'année dernière, quand j'avais le ballon, je voulais à tout prix réaliser une action. Maintenant, il m'arrive de simplement conserver le ballon. L'entraîneur m'a demandé, comme il le fait souvent, ce que je pensais de mes prestations. J'avais le sentiment que l'aspect défensif était correct mais que j'effectuais trop peu de choses en attaque, que la dernière passe était mauvaise, à force d'avoir comblé tant d'espaces pendant le match. A Athènes, cette passe à Mirsad aurait dû être bonne. Nous aurions pu gagner, car c'était une situation de but. Offensivement, des tas de phases peuvent être meilleures mais j'ai beau le vouloir, il est parfois impossible d'y parvenir, un moment donné. Donc, je dois effectuer des choix: j'attaque ou je me repose. Si Wesley Sonck, Moumou Dagano et Mirsad sont devant, je ne dois pas me présenter devant le but mais me contenter de suivre le mouvement.Au début de l'année, quand il a été question de vous en équipe nationale, vous en avez ri. Une fois appelé, contre la Bulgarie, comme doublure de Goor, qui a finalement pu jouer, vous avez dit: "J'aurais préféré Goor à moi-même. Il constitue la meilleure option". C'est honnête et juste mais n'êtes-vous pas trop modeste?Je suis ainsi fait. Peut-être devrais-je me mettre en valeur mais je ne suis pas de ceux qui tapent du poing sur la table. Avant le match, j'ai appris que je pouvais rejoindre la tribune. J'ai été déçu. Joos Valgaeren aussi mais il est maintenant dans l'équipe. éa peut aller vite. Ceci dit, Bart Goor est une certitude pour un bout de temps. Il y a Tom Soetaers à Roda, Jelle Van Damme à l'Ajax, Stijn Huysegems au Lierse, tous des gauchers qui jouent bien. Il faut donc se battre pour être repris. Je ne suis pas dénué d'ambition mais je connais ma place et mes qualités. Je ne suis pas un marathonien, je ne dois pas passer deux ou trois hommes. Oui, en Minimes, je fonçais le long de la ligne (il rit). Marco Ingrao est plus fin technicien, moi, je mise sur la profondeur. . Raoul De Groote