Le discours est devenu plus posé. Signe d'une maturité atteinte dans le club de son coeur. L'histoire de Dorian Dessoleil, c'est celle d'un défenseur qui a grandi sur les terrains de Marcinelle, passant finalement pour de bon des tribunes à la pelouse du Mambour au bout d'un détour par la D2 qui l'a fait passer par le Limbourg et la Gaume.

Aujourd'hui, l'enfant du Pays Noir arbore fièrement le brassard de capitaine du club de sa ville, et emmène sa solide défense vers une nouvelle participation en play-offs 1. L'occasion d'évoquer en sa compagnie des métamorphoses progressives. Celle de son club, et celle de sa carrière.

Tout le monde s'interroge sur le secret de Charleroi : comment est-ce qu'on passe d'une saison décevante à une qualification pour les play-offs acquise à quatre journées de la fin, en ne changeant presque pas l'équipe ?

DORIAN DESSOLEIL : Je ne sais pas si on peut vraiment l'expliquer. Il y a l'état d'esprit, le collectif... Et puis surtout, les années passées ensemble. Le groupe se connaît depuis longtemps, tout le monde tire dans la même direction y compris ceux qui ne jouent pas. C'est sans doute ça qui nous rend solides.

C'est donc vrai, tout ce qu'on dit sur l'ambiance exceptionnelle au sein du club cette saison ?

DESSOLEIL : Elle a rarement été aussi bonne. J'ai l'impression de faire partie d'une grande famille. Quand tout le monde a le sourire, même ceux qui ne sont pas sur le terrain, simplement parce qu'ils sont heureux de faire partie du projet du club et d'être dans un groupe qui fait partie des six meilleures équipes du championnat, ça facilite clairement les choses pour faire des résultats.

Quand on voit le banc fêter les buts, la frustration a l'air faible chez ceux qui n'ont pas beaucoup de temps de jeu...

DESSOLEIL : Il y a forcément des petites frustrations personnelles quand ils rentrent chez eux, parce qu'ils ne peuvent pas être complètement heureux dans ce qu'ils font alors qu'ils ne jouent pas, mais on est une famille. On est tellement heureux de se battre ensemble que quand on marque un but, tout le monde est content. Et puis, en y réfléchissant, si on arrive à faire quelque chose de bien cette année, c'est bénéfique pour tout le monde.

" On était tristes que les gens ne croyaient pas en nous "

En début de saison, il y avait pas mal de doutes sur le potentiel de Charleroi, pourtant. Ils n'ont jamais atteint le vestiaire ?

DESSOLEIL : Les gens ne croyaient pas forcément en nous. Le public avait des doutes sur l'équipe, sur le mercato, et ils l'avaient montré pendant le match amical contre Troyes. On était un peu triste parce qu'on n'avait pas encore joué en championnat, mais on en a parlé avec eux et ils nous ont expliqué que ce n'était pas contre nous, qu'ils voulaient simplement faire passer un message. Le moyen n'était peut-être pas le meilleur, mais au moins ça nous a amenés à discuter. Et si le club veut grandir, il aura besoin de tout le monde.

Le changement de staff, ça a apporté un coup de fraîcheur indispensable ?

DESSOLEIL : Mazzù a travaillé pendant six ans avec le même groupe. Pour lui comme pour le club, c'était bien de pouvoir connaître autre chose. La routine s'était installée mais après six ans, je pense que c'est normal.

Elle s'incarne comment, cette routine ? Par des exercices que tu as l'impression de faire pour la dixième fois à l'entraînement ?

DESSOLEIL : Oui, mais c'est logique. C'est difficile d'inventer des nouveautés tous les jours pendant six ans.

Qu'est-ce que le nouveau staff vous a amenés, à part cet effet de nouveauté ?

DESSOLEIL : Ils ont tous connus la D1 belge. Que ce soit le coach, le T2, l'entraîneur des gardiens... C'est pas mal d'expérience en plus, et un état d'esprit qui nous mène vers l'avant. Sur le terrain, c'étaient des guerriers, et c'est peut-être ça aussi qui fait qu'en match, on se bat sur tous les ballons.

" Belhocine veut qu'on fasse tout à 200% "

Cette expérience de joueur pour un coach, c'est vraiment un grand changement ?

DESSOLEIL : Forcément, ils sont amenés à gérer plus facilement certains moments. S'il y a un état de fatigue, ou au contraire un coup de mou qui fait qu'on doit travailler plus dur, ils vont mieux le sentir. Cette expérience du terrain, c'est la seule différence, mais ce n'est pas indispensable non plus pour être un bon coach.

Karim Belhocine a toujours été un joueur très fort physiquement. C'est un coach qui exige la même chose de ses joueurs ?

DESSOLEIL : Il veut toujours qu'on fasse tout à 200%. Même la première séance d'entraînement après un match. Il nous répète toujours qu'on joue comme on s'entraîne.

L'an dernier, ce n'était un secret pour personne : l'ambiance dans le staff était loin d'être au beau fixe. Ça semble avoir pas mal changé cette année. C'est quelque chose qui aide les joueurs ?

DESSOLEIL : Les résultats positifs, déjà, ça rend tout le monde heureux, donc c'est plus facile de déconner ensemble. Après, c'est sûr que pour nous, c'est plus gai de voir un staff qui rigole ensemble que des gars qui ne se tapent pas la main ou ne se disent pas bonjour, mais je pense qu'on n'a jamais ressenti ça. S'il y avait une tension l'an dernier dans le staff, ça n'a pas joué sur nous.

Un autre discours qui revient souvent, c'est celui qui dit que Karim Belhocine vous a aidés à prendre conscience de vos qualités.

DESSOLEIL : Il a vraiment apporté de la confiance à chaque joueur. Ça nous permet de nous libérer, de pouvoir jouer notre football. Quand il était T2 à Anderlecht, il était fort proche des joueurs et ça explique qu'il arrive toujours à remotiver ses troupes. Même moi, il me fait jouer un football plus libéré, et c'est aussi ce qui fait que j'ai encore passé un palier.

" Le capitanat, c'est ce qui me manquait pour encore grandir "

Tu sembles plus serein sur le terrain.

DESSOLEIL : Je suis encouragé à jouer mon football. Le coach sait très bien que j'ai un très bon pied gauche, et il m'incite à l'utiliser. C'est aussi la responsabilité qu'il m'a donnée en tant que capitaine, ma prise de conscience du fait que je suis un leader dans l'équipe, la maturité, l'expérience...

Avoir été promu capitaine de Charleroi, c'était une surprise ?

DESSOLEIL : Je ne m'y attendais pas forcément mais en y réfléchissant... C'est clair que j'y pensais un petit peu. Je suis un des seuls Carolos de l'équipe, j'ai pris de l'expérience. J'aurais compris que le coach le donne à Nicolas (Penneteau, ndlr) mais ça m'a vraiment fait plaisir. Je pense que c'est ce qui me manquait ici pour encore passer un palier et continuer à grandir.

Aujourd'hui, tu te considères comme un défenseur expérimenté ?

DESSOLEIL : Oui, j'ai quand même quelques années au compteur en tant que titulaire maintenant. Je commence à être un joueur un peu plus respecté, on va dire.

Tu es aussi devenu le patron de la défense, suite au départ de Martos. C'est une grosse responsabilité ?

DESSOLEIL : C'est un peu comme le brassard. Être capitaine, ça me demande d'être le leader de l'équipe, de tirer tout le monde vers le haut. J'essaie aussi de le faire avec ma défense. Il me semble que ça se passe plutôt pas mal, parce qu'on n'encaisse pas beaucoup. Mais bon, je ne suis quand même pas seul sur le terrain non plus. Nico parle énormément, devant moi il y a Marco (Ilaimaharitra, ndlr), qui est aussi un leader. On se passe le relais.

" J'ai un énorme respect pour Martos "

À quel moment on se rend compte qu'on est devenu un leader ?

DESSOLEIL : À partir du moment où le coach te le fait sentir en début de saison. Qu'il te met capitaine une fois sur deux en préparation. Que c'est toi qui prends les échauffements... Et puis, c'est quand tu te sens respecté dans un groupe, où tout le monde écoute ce que tu dis.

Prendre le relais de Martos, c'était nécessaire ?

DESSOLEIL : Quand je jouais avec lui, je n'aurais jamais essayé de prendre son rôle, parce que c'est quelqu'un d'énorme, de très bien humainement. Mais suite à son départ, on m'a demandé de reprendre ce rôle-là, et c'est ce que j'essaie de faire. Au début, ça n'a pas été facile parce que ce n'était pas spécialement dans ma nature, mais au fur et à mesure ça devient de plus en plus simple. En plus, on a ce groupe qui s'entend bien et ça m'aide à oser parler. Je sais que personne ne le prendra mal.

Martos t'a beaucoup aidé à progresser ?

DESSOLEIL : Tactiquement, il était super bon. Un arrière central aussi petit qui n'a jamais été mangé dans un duel au cours d'un match, c'est la preuve de sa qualité et de son expérience. J'ai un énorme respect pour lui, et il m'a appris énormément de choses dans mon positionnement, dans ma façon de parler et dans ma manière de voir les choses pendant un match.

Sur les centres de l'adversaire, tu es toujours parfaitement placé. Tu es d'ailleurs l'un des joueurs qui gagne le plus de duels dans son rectangle cette saison.

DESSOLEIL : En début de saison, le coach m'a montré quelques trucs par rapport à ce qu'il avait mal fait dans sa carrière. Ça m'a fait prendre conscience de certaines choses dans le marquage dans le rectangle. Après, il y a peut-être aussi un peu de chance qui fait que le ballon arrive souvent sur ma tête (il sourit).

" À Virton, j'ai repris du plaisir et relancé ma carrière "

Quand tu regardes dans le rétroviseur, ça reste un petit regret de ne pas avoir fait toute ta carrière à Charleroi ?

DESSOLEIL : On ne doit jamais regretter ses choix. J'ai pris la décision de partir à Saint-Trond, puis d'aller à Virton dans un plus petit club de D2, et c'est là que j'ai repris du plaisir et relancé ma carrière.

L'ancienne D2, c'était une bonne école pour un défenseur ?

DESSOLEIL : Dans le championnat à 18 équipes, quand on allait jouer à Heist ou à Dessel, les terrains étaient catastrophiques et c'était vraiment la guerre. Pour moi, ça a vraiment été une bonne école, surtout dans les duels.

Le rêve, maintenant, ce serait de jouer un match de Coupe d'Europe à Charleroi avec le brassard de capitaine ?

DESSOLEIL : C'est clair que j'aimerais vraiment pouvoir jouer un match en Europe. Il y a quelques années, quand on y a goûté, je n'avais pas joué, et c'est une chose que j'ai envie de vivre.

"Le nouveau stade sera un très grand tournant "

Le nouveau stade et le centre d'entraînement, ce sont des échéances attendues avec impatience dans le vestiaire ?

DORIAN DESSOLEIL : Au niveau des infrastructures, on n'est pas encore au même niveau que le reste du top 6. Le Sporting passera forcément encore un palier quand le stade et le centre d'entraînement seront présents. C'est attendu, parce que quand on doit se taper une demi-heure de car par jour pour aller à Marcinelle et revenir, alors que le terrain n'est pas top, ce n'est pas facile. Mais c'est aussi ça qui fait qu'on est des guerriers.

En tant que Carolo, ne plus avoir le Mambour, ça te fera un pincement au coeur ?

DESSOLEIL : Ce sera un très grand tournant dans l'histoire du club. Depuis que je suis petit, je connais le Mambour, c'est déjà ici que je venais voir les matches à l'époque. Là, je n'y pense pas encore forcément parce que c'est dans quatre ans mais le jour où on changera, ça fera bizarre pour tout le monde.

On sent que tu as un rapport privilégié avec les tribunes. Tu as même passé la fin de match contre Ostende dans la T4, alors que tu étais suspendu.

DESSOLEIL : C'est un plaisir, parce que j'ai fait toute ma formation à Charleroi, et maintenant je suis un des leaders de l'équipe de ma ville, j'en suis devenu le capitaine. Pour moi, c'est magnifique. Comme on était en période de fêtes, que le public a toujours été derrière nous, c'était important de pouvoir leur dire merci. C'était un petit cadeau pour eux. J'ai vu que ça avait rendu des gens heureux, et ça m'a fait plaisir. Et puis, ça m'a aussi permis de me rendre compte de ce qu'il se passe dans la tribune. Avec la concentration, sur le terrain, on fait un peu abstraction et donc on ressent moins cette ambiance. Même si quand on est dans un temps fort et que le public pousse, on le sent. Mais une fois dans la tribune, on réalise que l'ambiance est vraiment magnifique.

Dorian Dessoleil : " S'il y avait une tension l'an dernier dans le staff, ça n'a pas joué sur nous. ", BELGA/VIRGINIE LEFOUR
Dorian Dessoleil : " S'il y avait une tension l'an dernier dans le staff, ça n'a pas joué sur nous. " © BELGA/VIRGINIE LEFOUR
Le discours est devenu plus posé. Signe d'une maturité atteinte dans le club de son coeur. L'histoire de Dorian Dessoleil, c'est celle d'un défenseur qui a grandi sur les terrains de Marcinelle, passant finalement pour de bon des tribunes à la pelouse du Mambour au bout d'un détour par la D2 qui l'a fait passer par le Limbourg et la Gaume. Aujourd'hui, l'enfant du Pays Noir arbore fièrement le brassard de capitaine du club de sa ville, et emmène sa solide défense vers une nouvelle participation en play-offs 1. L'occasion d'évoquer en sa compagnie des métamorphoses progressives. Celle de son club, et celle de sa carrière. Tout le monde s'interroge sur le secret de Charleroi : comment est-ce qu'on passe d'une saison décevante à une qualification pour les play-offs acquise à quatre journées de la fin, en ne changeant presque pas l'équipe ? DORIAN DESSOLEIL : Je ne sais pas si on peut vraiment l'expliquer. Il y a l'état d'esprit, le collectif... Et puis surtout, les années passées ensemble. Le groupe se connaît depuis longtemps, tout le monde tire dans la même direction y compris ceux qui ne jouent pas. C'est sans doute ça qui nous rend solides. C'est donc vrai, tout ce qu'on dit sur l'ambiance exceptionnelle au sein du club cette saison ? DESSOLEIL : Elle a rarement été aussi bonne. J'ai l'impression de faire partie d'une grande famille. Quand tout le monde a le sourire, même ceux qui ne sont pas sur le terrain, simplement parce qu'ils sont heureux de faire partie du projet du club et d'être dans un groupe qui fait partie des six meilleures équipes du championnat, ça facilite clairement les choses pour faire des résultats. Quand on voit le banc fêter les buts, la frustration a l'air faible chez ceux qui n'ont pas beaucoup de temps de jeu... DESSOLEIL : Il y a forcément des petites frustrations personnelles quand ils rentrent chez eux, parce qu'ils ne peuvent pas être complètement heureux dans ce qu'ils font alors qu'ils ne jouent pas, mais on est une famille. On est tellement heureux de se battre ensemble que quand on marque un but, tout le monde est content. Et puis, en y réfléchissant, si on arrive à faire quelque chose de bien cette année, c'est bénéfique pour tout le monde. En début de saison, il y avait pas mal de doutes sur le potentiel de Charleroi, pourtant. Ils n'ont jamais atteint le vestiaire ? DESSOLEIL : Les gens ne croyaient pas forcément en nous. Le public avait des doutes sur l'équipe, sur le mercato, et ils l'avaient montré pendant le match amical contre Troyes. On était un peu triste parce qu'on n'avait pas encore joué en championnat, mais on en a parlé avec eux et ils nous ont expliqué que ce n'était pas contre nous, qu'ils voulaient simplement faire passer un message. Le moyen n'était peut-être pas le meilleur, mais au moins ça nous a amenés à discuter. Et si le club veut grandir, il aura besoin de tout le monde. Le changement de staff, ça a apporté un coup de fraîcheur indispensable ? DESSOLEIL : Mazzù a travaillé pendant six ans avec le même groupe. Pour lui comme pour le club, c'était bien de pouvoir connaître autre chose. La routine s'était installée mais après six ans, je pense que c'est normal. Elle s'incarne comment, cette routine ? Par des exercices que tu as l'impression de faire pour la dixième fois à l'entraînement ? DESSOLEIL : Oui, mais c'est logique. C'est difficile d'inventer des nouveautés tous les jours pendant six ans. Qu'est-ce que le nouveau staff vous a amenés, à part cet effet de nouveauté ? DESSOLEIL : Ils ont tous connus la D1 belge. Que ce soit le coach, le T2, l'entraîneur des gardiens... C'est pas mal d'expérience en plus, et un état d'esprit qui nous mène vers l'avant. Sur le terrain, c'étaient des guerriers, et c'est peut-être ça aussi qui fait qu'en match, on se bat sur tous les ballons. Cette expérience de joueur pour un coach, c'est vraiment un grand changement ? DESSOLEIL : Forcément, ils sont amenés à gérer plus facilement certains moments. S'il y a un état de fatigue, ou au contraire un coup de mou qui fait qu'on doit travailler plus dur, ils vont mieux le sentir. Cette expérience du terrain, c'est la seule différence, mais ce n'est pas indispensable non plus pour être un bon coach. Karim Belhocine a toujours été un joueur très fort physiquement. C'est un coach qui exige la même chose de ses joueurs ? DESSOLEIL : Il veut toujours qu'on fasse tout à 200%. Même la première séance d'entraînement après un match. Il nous répète toujours qu'on joue comme on s'entraîne. L'an dernier, ce n'était un secret pour personne : l'ambiance dans le staff était loin d'être au beau fixe. Ça semble avoir pas mal changé cette année. C'est quelque chose qui aide les joueurs ? DESSOLEIL : Les résultats positifs, déjà, ça rend tout le monde heureux, donc c'est plus facile de déconner ensemble. Après, c'est sûr que pour nous, c'est plus gai de voir un staff qui rigole ensemble que des gars qui ne se tapent pas la main ou ne se disent pas bonjour, mais je pense qu'on n'a jamais ressenti ça. S'il y avait une tension l'an dernier dans le staff, ça n'a pas joué sur nous. Un autre discours qui revient souvent, c'est celui qui dit que Karim Belhocine vous a aidés à prendre conscience de vos qualités. DESSOLEIL : Il a vraiment apporté de la confiance à chaque joueur. Ça nous permet de nous libérer, de pouvoir jouer notre football. Quand il était T2 à Anderlecht, il était fort proche des joueurs et ça explique qu'il arrive toujours à remotiver ses troupes. Même moi, il me fait jouer un football plus libéré, et c'est aussi ce qui fait que j'ai encore passé un palier. Tu sembles plus serein sur le terrain. DESSOLEIL : Je suis encouragé à jouer mon football. Le coach sait très bien que j'ai un très bon pied gauche, et il m'incite à l'utiliser. C'est aussi la responsabilité qu'il m'a donnée en tant que capitaine, ma prise de conscience du fait que je suis un leader dans l'équipe, la maturité, l'expérience... Avoir été promu capitaine de Charleroi, c'était une surprise ? DESSOLEIL : Je ne m'y attendais pas forcément mais en y réfléchissant... C'est clair que j'y pensais un petit peu. Je suis un des seuls Carolos de l'équipe, j'ai pris de l'expérience. J'aurais compris que le coach le donne à Nicolas (Penneteau, ndlr) mais ça m'a vraiment fait plaisir. Je pense que c'est ce qui me manquait ici pour encore passer un palier et continuer à grandir. Aujourd'hui, tu te considères comme un défenseur expérimenté ? DESSOLEIL : Oui, j'ai quand même quelques années au compteur en tant que titulaire maintenant. Je commence à être un joueur un peu plus respecté, on va dire. Tu es aussi devenu le patron de la défense, suite au départ de Martos. C'est une grosse responsabilité ? DESSOLEIL : C'est un peu comme le brassard. Être capitaine, ça me demande d'être le leader de l'équipe, de tirer tout le monde vers le haut. J'essaie aussi de le faire avec ma défense. Il me semble que ça se passe plutôt pas mal, parce qu'on n'encaisse pas beaucoup. Mais bon, je ne suis quand même pas seul sur le terrain non plus. Nico parle énormément, devant moi il y a Marco (Ilaimaharitra, ndlr), qui est aussi un leader. On se passe le relais. À quel moment on se rend compte qu'on est devenu un leader ? DESSOLEIL : À partir du moment où le coach te le fait sentir en début de saison. Qu'il te met capitaine une fois sur deux en préparation. Que c'est toi qui prends les échauffements... Et puis, c'est quand tu te sens respecté dans un groupe, où tout le monde écoute ce que tu dis. Prendre le relais de Martos, c'était nécessaire ? DESSOLEIL : Quand je jouais avec lui, je n'aurais jamais essayé de prendre son rôle, parce que c'est quelqu'un d'énorme, de très bien humainement. Mais suite à son départ, on m'a demandé de reprendre ce rôle-là, et c'est ce que j'essaie de faire. Au début, ça n'a pas été facile parce que ce n'était pas spécialement dans ma nature, mais au fur et à mesure ça devient de plus en plus simple. En plus, on a ce groupe qui s'entend bien et ça m'aide à oser parler. Je sais que personne ne le prendra mal. Martos t'a beaucoup aidé à progresser ? DESSOLEIL : Tactiquement, il était super bon. Un arrière central aussi petit qui n'a jamais été mangé dans un duel au cours d'un match, c'est la preuve de sa qualité et de son expérience. J'ai un énorme respect pour lui, et il m'a appris énormément de choses dans mon positionnement, dans ma façon de parler et dans ma manière de voir les choses pendant un match. Sur les centres de l'adversaire, tu es toujours parfaitement placé. Tu es d'ailleurs l'un des joueurs qui gagne le plus de duels dans son rectangle cette saison. DESSOLEIL : En début de saison, le coach m'a montré quelques trucs par rapport à ce qu'il avait mal fait dans sa carrière. Ça m'a fait prendre conscience de certaines choses dans le marquage dans le rectangle. Après, il y a peut-être aussi un peu de chance qui fait que le ballon arrive souvent sur ma tête (il sourit). Quand tu regardes dans le rétroviseur, ça reste un petit regret de ne pas avoir fait toute ta carrière à Charleroi ? DESSOLEIL : On ne doit jamais regretter ses choix. J'ai pris la décision de partir à Saint-Trond, puis d'aller à Virton dans un plus petit club de D2, et c'est là que j'ai repris du plaisir et relancé ma carrière. L'ancienne D2, c'était une bonne école pour un défenseur ? DESSOLEIL : Dans le championnat à 18 équipes, quand on allait jouer à Heist ou à Dessel, les terrains étaient catastrophiques et c'était vraiment la guerre. Pour moi, ça a vraiment été une bonne école, surtout dans les duels. Le rêve, maintenant, ce serait de jouer un match de Coupe d'Europe à Charleroi avec le brassard de capitaine ? DESSOLEIL : C'est clair que j'aimerais vraiment pouvoir jouer un match en Europe. Il y a quelques années, quand on y a goûté, je n'avais pas joué, et c'est une chose que j'ai envie de vivre.