COACH - Alberto Zaccheroni

Attractive ! Nous avons une équipe excitante, surprenante, qui distrait les gens. La plupart des équipes développent un style précis et ont du mal à en changer mais le Japon est capable d'évoluer dans différents registres et de signer un résultat. Les qualités individuelles des joueurs ont beaucoup progressé ces quatre dernières années, plus vite que je ne l'espérais. Il m'est difficile d'être objectif car je suis le premier supporter de l'équipe nationale ! Notre principale force, c'est que nous ne nous adaptons jamais à notre adversaire. Jamais !
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Attractive ! Nous avons une équipe excitante, surprenante, qui distrait les gens. La plupart des équipes développent un style précis et ont du mal à en changer mais le Japon est capable d'évoluer dans différents registres et de signer un résultat. Les qualités individuelles des joueurs ont beaucoup progressé ces quatre dernières années, plus vite que je ne l'espérais. Il m'est difficile d'être objectif car je suis le premier supporter de l'équipe nationale ! Notre principale force, c'est que nous ne nous adaptons jamais à notre adversaire. Jamais ! Il y a quand même un aspect négatif : nous n'avons pas assez de joutes internationales de haut niveau. Nous n'avons gagné aucun match à la Coupe des Confédérations mais nous avons beaucoup appris durant nos trois parties (3-0 contre le Brésil, 4-3 contre l'Italie, 2-1 contre le Mexique, ndlr). Un enfant qui ne tombe jamais n'apprend pas comment tomber sans se faire mal. L'Italie, par exemple, a parfaitement exploité quelques occasions. Nous aurions dû conserver le ballon plus longtemps. Ses quatre buts sont issus d'erreurs de notre part car elle n'avait pas de meilleurs joueurs que nous. Nous devons tirer des leçons de nos erreurs. Peu d'équipes au monde évoluent en 3-4-3. La plupart des joueurs ne sont donc pas habitués à fonctionner dans ce système, mes internationaux pas plus que les autres. Or, un sélectionneur dispose de peu de temps pour expliquer à ses joueurs toutes les facettes d'une occupation de terrain. J'ai donc été obligé d'opter pour une tactique plus habituelle. Nous sommes dans un groupe équilibré, au sein duquel la Colombie possède sans doute plus de qualités individuelles. Même ses réserves peuvent faire basculer un match. Je m'attends à un match ouvert contre la Côte d'Ivoire, à un combat contre la Grèce car elle se bat pour chaque ballon. Mais il ne faut pas trop anticiper : nous devons nous concentrer sur le premier match. Le Japon va être attrayant sur la scène mondiale. Bon à savoir? Keisuke Honda avait un faible pour l'AC Milan de Dejan Savicevic mais préfère le Real tandis que Pelé est son idole. Avec son père, il regardait des vidéos reprenant les actions du Brésilien. ? Son arme fatale est un coup franc doté d'effet. Regardez sur YouTube. ? Sef Vergoossen (ex-Genk) l'a fait venir en Europe. Vergoossen entraînait son club japonais, Nagoya Grampus Eight, et l'a renseigné au VV Venlo, aux Pays-Bas. ? Il a développé son propre langage. Il appelait son anglais le Honglish, à Venlo. Honda est rapidement devenu capitaine, bien qu'il ne parle pas néerlandais et que son anglais soit limité. Après les matches, il accordait des interviews sans interprète mais personne ne le comprenait. ? Il a fait connaître le footballeur néerlandais Sandro Calabro au Japon. L'ancien joueur du VVV avait piqué Honda au vif : " Tu ne marques que sur YouTube ! " Du coup, Honda a commencé à trouver le chemin des filets dans la réalité aussi. ? Il aime les films style The Godfather et Scarface. ? Il lit les biographies des hommes d'affaires à succès. ? Il est inséparable de Tetsu. Le petit chien l'a suivi du Japon aux Pays-Bas puis en Russie et maintenant, il se plaît beaucoup à Milanello. ? Il dirige treize filiales de son école de football Soltilo au Japon. ? Honda ne parle guère à la presse mais quand il s'y met, il est intarissable. " Nous devons tirer des leçons de nos erreurs. "