Paul Van Himst n'avait que seize ans quand il a fait ses débuts en équipe première d'Anderlecht. Et 17 jours après son 17e anniversaire, il disputait son premier match en équipe nationale. C'était un pur produit de l'école d'Anderlecht. Où il a, au final, passé 24 saisons, en comptant ses années en catégories d'âge.
...

Paul Van Himst n'avait que seize ans quand il a fait ses débuts en équipe première d'Anderlecht. Et 17 jours après son 17e anniversaire, il disputait son premier match en équipe nationale. C'était un pur produit de l'école d'Anderlecht. Où il a, au final, passé 24 saisons, en comptant ses années en catégories d'âge. Charles De Ketelaere avait 18 ans quand on l'a vu débarquer en équipe première du Club Bruges. Un an plus tard, il a reçu ses premières minutes avec les Diables. Il avait sept ans quand il a été transféré en provenance de Varsenare. Il soufflera sa 21e bougie le 10 mars prochain et on sait déjà qu'il passe ses derniers mois au Club. Van Himst / De Ketelaere: deux footballeurs issus de deux générations différentes. Entre les débuts pros de PVH et ceux de CDK, il y a... soixante ans. Deux époques opposées, mais une classe comparable. Deux joueurs subtils, dégoulinant de technique et de vision du jeu. Ils jouent à l'intuition, sont en permanence à la recherche du beau geste. Deux gars pour lesquels le foot est d'abord un art. Le fait qu'ils évoluent à des ères totalement différentes ne peut nous empêcher de les comparer. C'est aussi l'avis de Jan Mulder, qui a côtoyé Van Himst pendant ses saisons au Sporting et passe pour l'un des meilleurs consultants au nord du pays. "Quand on se met à comparer, c'est directement un compliment énorme pour Charles. Et c'est vrai qu'ils ont pas mal de trucs en commun. Par exemple leur façon de manier le ballon. Il n'est pas loin de leur coller au pied. On n'a pas là des sprinteurs exceptionnels, je parlerais plutôt de faux lents, mais balle au pied, ils vont vraiment très vite. Comme Van Himst en son temps, De Ketelaere maîtrise le slalom et la rotation. Ce sont des joueurs d'instinct, des esthètes, c'est magnifique tout simplement. De Ketelaere a un peu plus de mal avec ces aspects-là, mais c'est normal parce que le foot est aujourd'hui beaucoup plus rapide et il y a moins d'espaces. Malgré cela, il cherche toujours à rester élégant. Van Himst le faisait aussi, mais c'était à un tempo bien moins élevé et il dribblait de l'extérieur du pied. C'est une différence importante. Mais l'essentiel est ailleurs: ils cherchent toujours à marquer des buts, ils se baladent entre la ligne médiane et la ligne d'attaque, ce sont deux faux avants-centres qui excellent dans le jeu de tête. Ce qui ne gâte rien, ils restent très humbles." Le critique néerlandais relève des différences au niveau du rayonnement. "Van Himst jouait à Anderlecht, il incarnait le football belge, aussi bien en Wallonie qu'en Flandre et dans la capitale. De Ketelaere joue à Bruges." Mais le Flandrien fera une autre carrière que son aîné. Parce que Van Himst n'a jamais envisagé de se déraciner. "C'était difficile à l'époque. Une fois que tu avais signé un contrat dans un club, tu étais lié, tu n'avais plus ton sort entre tes mains. Pourtant, Van Himst aurait pu jouer au Real Madrid. De Ketelaere va continuer sa carrière à l'étranger, ça ne fait pas un pli. Je suis curieux de voir la destination qu'il choisira. Les championnats d'Espagne et d'Italie ne sont plus aussi intéressants qu'avant. Et c'est en Angleterre qu'on paie le mieux. Surtout, la Premier League est la compétition qui permet de progresser le plus. Robin van Persie est passé de Feyenoord à Arsenal, et six mois plus tard, il était deux fois plus fort. De Ketelaere pourrait aussi tenir le rythme de la Bundesliga, mais sa progression serait plus soutenue en Angleterre."